<?xml version='1.0' encoding='UTF-8'?><?xml-stylesheet href="http://www.blogger.com/styles/atom.css" type="text/css"?><feed xmlns='http://www.w3.org/2005/Atom' xmlns:openSearch='http://a9.com/-/spec/opensearchrss/1.0/' xmlns:georss='http://www.georss.org/georss' xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'><id>tag:blogger.com,1999:blog-3301097922628147045</id><updated>2012-02-16T04:55:16.232+01:00</updated><category term='Journal'/><category term='La parole aux enfants...'/><title type='text'>Si d'aventure, à la voile...</title><subtitle type='html'>Journal de bord de la famille Delacour avant et pendant son voyage d'une année sabbatique (juillet 2008-juillet 2009)autour de l'Atlantique sur un ketch Vagabond 42, nommé "Vanguard".
Support des échanges avec et entre les adhérents de l'association "Si d'aventure, à la voile..." créée à cette occasion.</subtitle><link rel='http://schemas.google.com/g/2005#feed' type='application/atom+xml' href='http://sidaventurealavoile.blogspot.com/feeds/posts/default'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3301097922628147045/posts/default?max-results=100'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://sidaventurealavoile.blogspot.com/'/><link rel='hub' href='http://pubsubhubbub.appspot.com/'/><author><name>fanny</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><generator version='7.00' uri='http://www.blogger.com'>Blogger</generator><openSearch:totalResults>93</openSearch:totalResults><openSearch:startIndex>1</openSearch:startIndex><openSearch:itemsPerPage>100</openSearch:itemsPerPage><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3301097922628147045.post-4325536938033697837</id><published>2009-07-14T23:44:00.002+02:00</published><updated>2009-07-14T23:57:22.760+02:00</updated><title type='text'>Patchwork de remerciement  (par Jean-Elie)</title><content type='html'>&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/Slz_KXfdKKI/AAAAAAAAB2w/oxm1dSKvKPc/s1600-h/patchwork+du+remerciement.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5358438210233772194" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 400px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/Slz_KXfdKKI/AAAAAAAAB2w/oxm1dSKvKPc/s400/patchwork+du+remerciement.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3301097922628147045-4325536938033697837?l=sidaventurealavoile.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://sidaventurealavoile.blogspot.com/feeds/4325536938033697837/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=3301097922628147045&amp;postID=4325536938033697837' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3301097922628147045/posts/default/4325536938033697837'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3301097922628147045/posts/default/4325536938033697837'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://sidaventurealavoile.blogspot.com/2009/07/patchwork-de-remerciement-par-jean-elie.html' title='Patchwork de remerciement  (par Jean-Elie)'/><author><name>fanny</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/Slz_KXfdKKI/AAAAAAAAB2w/oxm1dSKvKPc/s72-c/patchwork+du+remerciement.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3301097922628147045.post-7937794041944415419</id><published>2009-07-14T23:39:00.001+02:00</published><updated>2009-07-14T23:41:24.919+02:00</updated><title type='text'>LA FIN DU VOYAGE    (par Fanny)</title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;La fin du voyage.... des mots auxquels des voyageurs comme nous redoutent d'être confrontés un jour... Et pourtant ils savent bien que ce jour finit par arriver !&lt;br /&gt;C'est le cas pour nous, pas de doute... je regarde derrière, devant, sur les côtés.. pas d'échappatoire possible... Je devrais trembler, me lamenter... Mais non, la perspective de retrouver ma machine à laver est trop alléchante ! Bon, d'accord, c'est un peu décevant comme réflexion après tout ce qu'on a vécu, et je sens que je vais en choquer plus d'un... Tant pis parce que c'est ma réalité, et, de mon point de vue, ça n'enlève rien à l'extraordinaire que j'ai cotoyé pendant presqu'un an.&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Ce mot-là, extra-ordinaire, qui me vient spontanément à l'esprit quand je pense à notre expérience, ce mot-là est la clef.&lt;br /&gt;Parce que, finalement, qu'avons-nous fait d'autre que partager l'ordinaire des gens dans les pays approchés. Je me suis faite plusieurs fois la réflexion : "je n'ai pas l'impression de vivre quelque chose de complètement fou, décalé, je suis là simplement et je vis, j'avance le plus souvent au rythme des besoins du jour, des surprises des rencontres, j'observe et je me laisse gentillement imprégnée de ce qui m'entoure" . Rien de forcé là-dedans, rien de programmé, juste une respiration. Finalement, c'est dans ce mouvement que se joue l'extra de l'ordinaire, et c'est ce que j'ai aimé.&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;A quelques jours de notre départ maintenant je savoure les étapes du voyage parcouru, et je revois à chaque escale des visages, des gestes (parce qu'on parle souvent par gestes !), je ressens à nouveau des sensations, je me remémore mes réflexions, mes empressements, mes déceptions parfois aussi... je garde tout ça précieusement et je me réjouis à l'idée de relire le blog que Romuald a si rigoureusement et joliment écrit, pour ne rien oublier. Mais, après tout, pourquoi craindre d'oublier ? Ce qui demeurera sera bien le coeur de ma quête, et je m'en nourrirai encore longtemps.&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;A ce stade de notre cohabitation à 5 dans un si petit habitacle, surtout ici à St Martin où les distractions sont rares et chaques sorties soumises à 10 ou 15 mn d'annexe, nous commençons à ressentir chacun le besoin de prendre un nouveau large, et c'est pour ça que nous envisageons ce retour plutôt positivement. &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Nous avons fait un pari, avec Romuald, d'amener les enfants à vivre quelque chose d'irremplaçable... L'avenir nous dira ce que ça donnera ! Ce qui est sûr aujourd'hui, c'est que chacun d'eux, et nous aussi, avons besoin de nous reconstituer un espace de liberté.&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Je crois que cette expérience nous a touchés, chacun, au plus profond, et bien malin celui ou celle qui pourrait dire aujourd'hui ce que cela donnera comme fruits dans quelques semaines, voire quelques années... Il me semble bien qiue mon expérience du Liban,qui date maintenant du début des années 90, libère encore chez moi de l'énergie, quelque chose de lumineux, de vrai...&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Je m"engage à écrire dans quelques semaines la réalité du retour.;. Peut-être ne ressemblera t-il pas du tout à ce que nous imaginons aujourd'hui.... Alors, s'il vous reste un peu de patience, je vous donne rendez-vous fin août.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3301097922628147045-7937794041944415419?l=sidaventurealavoile.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://sidaventurealavoile.blogspot.com/feeds/7937794041944415419/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=3301097922628147045&amp;postID=7937794041944415419' title='4 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3301097922628147045/posts/default/7937794041944415419'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3301097922628147045/posts/default/7937794041944415419'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://sidaventurealavoile.blogspot.com/2009/07/la-fin-du-voyage-par-fanny.html' title='LA FIN DU VOYAGE    (par Fanny)'/><author><name>fanny</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>4</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3301097922628147045.post-4812863713371593093</id><published>2009-07-14T23:33:00.004+02:00</published><updated>2009-07-14T23:43:51.866+02:00</updated><title type='text'>Réflexion           (par Théana)</title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;Au début du voyage, j’ai déclaré ne pas vouloir partir. A ce moment, j’avais peur des tempêtes, des tsunamis, des cyclones, des icebergs (on ne sait jamais…), et de plein d’autres trucs dans le genre. Les petites conversations avec mes parents censées me rassurer n’y changèrent rien.&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt; &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt; &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;Puis les découvertes du voyage m’ont fait oublier mes peurs. Je me suis rendu compte qu’il y avait pas mal d’enfants dans mon cas. J’ai arrêté de voir uniquement le mauvais côté des choses pour me tourner vers le bon. Mais voir le bon côté des choses m’apporte aujourd’hui un sentiment plutôt désagréable : le regret. Il y a un an, j’ai regretté ma maison, mes amis(es) de France, ma ville et mon collège, bien que je ne le connaisse pas. &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt; &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt; &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;Eh bien là, je commence déjà à regretter les virées super-rapides en annexe, les mouillages, les amis marins, les siestes sur la bôme, et la fierté d’habiter un si beau bateau. &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt; &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt; &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;Voilà, au début du voyage, je ne voulais pas partir, aujourd’hui, je ne veux pas rentrer. Je n’accepte pas le fait que dans deux jours, ce voyage, ne sera plus qu’un souvenir, un rêve… Je désire vivre sur un bateau, continuer les cours avec le C.N.E.D, et garder la tristesse de perdre de vue des amis(es) lors d’une escale pour la joie de les retrouver pendant une autre. &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt; &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt; &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;Après cet article, j’espère que mes amis(es) ne se sentiront pas négligés, car quoi que je puisse dire je suis ravie de les revoir. &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt; &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt; &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;em&gt;C’est ma mère qui m’a mise au monde, c’est la mer qui me l’a fait découvrir&lt;/em&gt;.&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt; &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt; &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;P.S : A tous les gens qui, ne serait-ce que par des paroles, nous ont aidés à faire ce voyage, un grand merci!&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3301097922628147045-4812863713371593093?l=sidaventurealavoile.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://sidaventurealavoile.blogspot.com/feeds/4812863713371593093/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=3301097922628147045&amp;postID=4812863713371593093' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3301097922628147045/posts/default/4812863713371593093'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3301097922628147045/posts/default/4812863713371593093'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://sidaventurealavoile.blogspot.com/2009/07/reflexion-par-theana.html' title='Réflexion           (par Théana)'/><author><name>fanny</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3301097922628147045.post-7693237087356020042</id><published>2009-07-13T17:54:00.017+02:00</published><updated>2009-07-13T18:22:57.786+02:00</updated><title type='text'>Chronique antillaise: The end, Saint Martin, du 23 juin au 13 juillet (par Romuald)</title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SltdtSZZZQI/AAAAAAAAB2o/ZPVrGC5IHic/s1600-h/IMG_3589.JPG"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5357979214301193474" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 300px; CURSOR: hand; HEIGHT: 400px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SltdtSZZZQI/AAAAAAAAB2o/ZPVrGC5IHic/s400/IMG_3589.JPG" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;La date que nous a fixée le broker nous contraint à traverser au galop cette partie des Antilles, qu'on voit défiler sur tribord et sur babord, le jour et la nuit: Antigua, Barbuda, Saint-Kitts, Nevis, Saint-Eustatius, Montserrat, Saba, Saint-Barthélémy. On n'aura pas vu les sublimes Iles Vierges, Camille, c'est con. Mardi en fin d'après-midi, on longe enfin Saint Martin sur sa "dutch side", sa partie hollandaise, bardée de grands hôtels. On contourne les pointes Basse-Terre, Plum et Falaise avant de s'enfoncer dans la grande Baie Marigot, au fond de laquelle s'ouvre l'étroit passage vers l'immense lagon de Simpson Bay, où le bateau va rester pour être mis en vente. Dans la baie, on mouille d'abord à côté d'un couple américain dont le type fait carrément la gueule parce qu'il trouve qu'on est trop près, puis comme il a malgré tout raison, on se déplace un peu. Pas une raison pour nous regarder comme des demeurés! &lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5357974694771548754" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SltZmN1j4lI/AAAAAAAAB1A/aVoIzvBHcMI/s400/IMG_3480.jpg" border="0" /&gt; &lt;p align="center"&gt;&lt;em&gt;Arrivée à St Martin&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Appelé sur notre portable remis en fonction depuis deux semaines, Reg Bates, le broker, vient à notre rencontre en dinghie avec sa femme, Marianne, nous donne quelques repères dans la ville, prend ses premières photos du bateau qu'il découvre, et nous donne rendez-vous pour le lendemain, 14h30, à l'ouverture du pont levant qui permet d'entrer dans le lagon. C'est donc par le passage d'un pont levant que s'achève ce voyage, comme il avait commencé, en septembre l'an passé. Amusante boucle, du pont d'Arzal au pont de Saint-Martin...7000 milles nautiques, presque 13 000 kilomètres, ont passé entre-temps sous l'étrave! Nous voilà arrivés, et je me rappelle cette belle phrase de Lorette Nobécourt : "Un homme qui croit être arrivé est un homme égaré. Toujours il faut recoudre les habits du voyage et repartir en soi-même..."&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5357975142905800354" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SltaATRF5qI/AAAAAAAAB1I/Y4XfAUarUSc/s400/IMG_3496.jpg" border="0" /&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5357975373616186850" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SltaNuuvBeI/AAAAAAAAB1Q/bclg-nYQMjY/s400/IMG_3501.jpg" border="0" /&gt; &lt;p align="justify"&gt;&lt;br /&gt;La circulation dans le lagon est délicate. Le chenal côté français est plus ou moins dragué, et malgré le pilotage de Reg qui nous précède en dinghie et m'indique précisément où passer, nous manquons presque de toucher deux fois avec notre quille à deux mètres sous l'eau. Reg nous amène sous le vent d'une colline, le Mont Fortune, où une bouée nous attend. Enfin, nous attendait, car elle a été squattée par un autre bateau dont le propriétaire est introuvable. Reg nous place sur une autre bouée dont l'occupant viendra nous déloger quelques jours plus tard, et c'est à l'ancre que nous resterons enfin. Il visite le bateau, m'interroge sur notre périple, les points faibles et les problèmes posés par le bateau durant le voyage. Pour le vendre bateau, il a besoin de le connaître "en vérité", comme il dit. Il m'explique que ce type de voilier est très réputé et recherché de ce côté de l'Atlantique. Du reste, on en a déjà vu deux autres depuis hier après-midi, et lui-même en a vendu un récement. Le tout est de l'évaluer à sa juste valeur.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5357975589773514834" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SltaaT-qGFI/AAAAAAAAB1Y/uFHUYt0axjo/s400/IMG_3506.jpg" border="0" /&gt; &lt;p align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Ma première sortie à terre est édifiante: côté français, le ponton des annexes donne sur un petit centre-ville avec un marché artisanal assez pompier où déambulent des familles de touristes obèses en short et casquette de base-ball, avec enfants à poil ras et hamburger aux lèvres. Caricatural mais vrai. Saint Martin, c'est un peu déjà l'Amérique du nord. Une certaine Amérique... Des milliers de touristes y arrivent chaque semaine en avion ou paquebot, pour profiter des plages et du statut fiscal particulier de l'île qui permet de trouver détaxées toutes les grandes marques de vêtements ou d'alcools. Ile aux mille trafics de toutes sortes, Janus à deux faces, ou terre coupée en deux comme le manteau de l'officier romain qui la patronne, l'une française, l'autre hollandaise beaucoup plus développée économiquement - quinze casinos sur ses 38 kilomètres carrés! - mais où tout le monde vous parle d'abord en anglais. Pendant ces trois semaines, notre univers se limitera surtout au lagon, soit le quart ouest de l'île.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5357975775704425842" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SltalIoCpXI/AAAAAAAAB1g/F0hP3D_RkmY/s400/IMG_3518.jpg" border="0" /&gt; &lt;p align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Cet immense lagon est un monde en soi. Il étire trois grandes anses vers Marigot (partie française), Simpson Lagoon Marina (hollandaise) et l'aéroport "Reine Juliana", d'où les vingt ou trente décollages quotidiens d'avions rythment la journée, d'autant qu'ils survolent le lagon à chaque départ. Tout autour du lagon, les pontons se succèdent dans des styles différents: petits pontons de bois qui accueillent quelques bateaux et, toujours, un bistrot; série impressionnante de pontons en béton anti-cyclone, dont une vingtaine pour les maxi-yachts nombreux ici en saison; pontons des chantiers navals, petits chantiers, gros chantiers; pontons à dinghies des shipchandlers, pontons des restaus et des stations service. Beaucoup de bateaux ne sont pas au ponton mais mouillés sur bouée ou à l'ancre, un peu partout dans le lagon, certains regroupés dans des endroits plus protégés du clapot, d'autres isolés. La plupart de ces bateaux est habitée. On découvre cent façons de vivre sur l'eau: vieux ketch rouillé menaçant ruine, d'où sort une tête barbue aux cheveux blancs, petit monocoque démâté, grand catamaran neuf prêt à partir, grande cabane montée sur de gros flotteurs, etc. Toute la journée, le lagon est sillonné en tous sens par les annexes des navigateurs, les touristes en jet-ski grisés de bruit et de vitesse, les vedettes rapides qui amènent leurs passagers à l'aéroport où simplement d'un bord à l'autre, et toutes sortes de professionnels se déplaçant dans de gros et puissants pneumatiques.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5357975990667317682" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SltaxpbMEbI/AAAAAAAAB1o/h-_TQ2xyo2w/s400/IMG_3580.jpg" border="0" /&gt; &lt;p align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Sur le bateau, le travail s'organise. Le vent, assez régulier, souffle parfois en fortes rafales qui giflent le bateau et font claquer violemment le taud de soleil. De temps en temps, un grain trempe tout ce qu'on a oublié de protéger. Notre souci est de favoriser au mieux la vente voulue par les propriétaires. Myles nous a communiqué quelques consignes. Reg nous a mis à l'aise en nous disant qu'entamer des travaux de replâtrage n'aurait aucune conséquence favorable sur la vente du bateau, ces travaux devant être faits à fond par la suite par un nouveau propriétaire. Il reste quand même à ranger, nettoyer, réparer de petites choses.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p align="justify"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5357976312131743202" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SltbEW-R7eI/AAAAAAAAB1w/-czKvo6U3mY/s400/IMG_3522.jpg" border="0" /&gt;&lt;br /&gt;On change l'hélice du hors-bord, qui est cuite après quelques échouages sur les plages, on plie les voiles, on trie les cartes, dont Jean-Elie veut garder certaines pour décorer sa chambre, on replace une anode en apnée sur l'arbre d'hélice, on vide les coffres, on fait les pleins etc.&lt;br /&gt; &lt;/p&gt;&lt;p align="center"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5357976503384932962" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SltbPfcmAmI/AAAAAAAAB14/cm0jWC0yZPk/s400/IMG_3547.jpg" border="0" /&gt;&lt;em&gt;à la recherche de l'écrou perdu...&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Entre-temps, on a retrouvé avec joie les copains de la Comète, Stéphane, Stéphanie, et leurs trois enfants. Rencontrés brièvement à Mindelo en janvier, mais d'emblée fraternels, et leurs enfants rapidement copains des nôtres quoique plus jeunes. Des gens comme il y en a peu, qui se foutent de thésauriser et misent tout sur les rencontres. Stéphane m'avait parlé avec enthousiasme de son engagement passé dans le planing familial et l'éducation à la sexualité, à la manière québécoise: décomplexée et positive. Les parents, médecin et sage-femme, travaillent maintenant à l'hôpital, et la famille habite une sorte de chalet dans une résidence sur la plage où l'on se partage une piscine. Ils en auront goûté, des piscines, nos enfants, pendant ce voyage. On ouvre avec eux le champagne laissé par notre équipier Claude pour, avait-il dit, la fin du voyage: excellent, après trois mois de roulis! Merci Claude!&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5357976731359844658" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SltbcwuDGTI/AAAAAAAAB2A/9y7WlLlpluI/s400/IMG_3604.jpg" border="0" /&gt; &lt;p align="justify"&gt;&lt;br /&gt;On envoie en France une dizaine de cartons qui vont faire le voyage en cargo. Fanny part à la recherche de quelques sacs de voyage pour l'avion. Comme ce seront quasiment des sacs à usage unique, il faut trouver pas cher. Car enfin même détaxé, un grand sac Louis Vuitton à roulettes reste cher, on ne le dit pas assez! Marianne nous avait proposé son aide si besoin, et elle embarque donc Fanny pour une tournée des bazars indiens et chinois de Philipsburg, la capitale hollandaise. Derrière la "front street" qui déroule les boutiques de luxe, il y a la "back street" et ses bazars. Fanny trouve rapidement pour quelques dollars une grande valise et deux sacs qui font l'affaire. Certes une poignée reste dans la main du vendeur quand il saisit la marchandise, mais on pourra toujours rafistoler ça avec un boute, et du coup ça ne fait plus que six dollars: mieux qu'à la brocante de Margny! &lt;/p&gt;&lt;p align="justify"&gt;Les achats faits, Marianne emmène Fanny pour un tour de l'île où elle connaît partout du monde, avant de venir dîner sur le bateau. Au cours du repas, rendez-vous est pris pour le lendemain soir au Pine Apple Pete, où de ses amis transforment tous les mardis soirs ce bar-restau de la "dutch side" en "House of blues n' more", qui fait revivre les grands succès du blues et du rock américains. Trois heures magnifiques saturées de décibels, mais de ceux qui vous emportent, vous soulèvent et vous grisent. Des musiciens virtuoses qui partent dans des solos de guitare ou d'harmonica. Et ce couple disgrâcieux et mal sapé mais sans complexe qui se trémousse avec bonheur devant les musiciens. Et ce jeune homme à tête de night-clubber qui semble inventer, les yeux mi-clos, chaque pas où il entraine telle partenaire avec un plaisir contagieux qui fait rire autour de lui. Et ce bellâtre sur le retour qui vient comme au karaoké pousser la chansonnette, mais pousser fort alors, comme à l'opéra, un vieux tube à propos d'un certain Michaël (Maïkhôl dans le texte). Tout ça dans une ambiance camarade en éclusant de ces bonnes leffes qu'on trouve très peu aux Antilles et qui sont tout de même autre chose que les Carib, Presidente, Lorraine et autres bières fabriquées localement.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5357976972485265906" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/Sltbqy-1CfI/AAAAAAAAB2I/Z_P6u-rC5ds/s400/IMG_3559.jpg" border="0" /&gt; &lt;p align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Entre deux occupations, on prend le temps de méditer sur cette année passée. Cinq ans entre le premier stage de voile de Fanny, qui fut une impulsion, et le départ d'Arzal. Une étape après l'autre, "un jour à la fois", comme dit Myles, le projet s'est construit, au croisement de notre désir obstiné et de ce que quelques anges ont déposé sur notre route (un bateau, une association, de nombreux coups de main, des pensées, des paroles et des prières) où pourtant les obstacles n'ont pas manqué, qui auraient pu nous arrêter. Puis le voyage a eu lieu, à peu près comme on l'avait dessiné. Chacun de nous dira, s'il veut, comment il en revient. Pour ma part, je suis comblé de ce que j'ai vécu, et je crois un peu transformé. Je fais le pari qu'il en est de même, aux manières près, pour mes quatre coéquipiers. Me revient ce ver de René Char, déjà cité: "Impose ta chance, serre ton bonheur, et va vers ton risque". Tout cela, nous l'avons fait désormais. Mais comme "toujours il faut recoudre les habits du voyage et repartir", il faut aller de nouveau vers son risque. Alors, pour quelle aventure maintenant, vers quel ailleurs, quel horizon? "Un jour à la fois..."&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5357977215438879218" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/Sltb48De-fI/AAAAAAAAB2Q/juGCtUOJ3zA/s400/IMG_3329.jpg" border="0" /&gt; &lt;p align="justify"&gt;&lt;br /&gt;En attendant, vous lisez là mon dernier article de voyage. L'un ou l'autre écrira peut-être encore quelque chose, mais pas sûr. Freud dit que c'est l'absence de sa mère qui fait venir au tout petit enfant la pensée puis les mots, la représentation des choses. Comme un petit, il m'aura fallu l'éloignement d'auprès des "miens", famille et amis, pour me mettre, pour la première fois, à cet exercice. J'y ai pris beaucoup de plaisir, et ce plaisir s'est étayé sur les nombreuses visites au blog et les commentaires que certains y ont laissé. Le blog restera en activité quelques temps, et vous informera de l'actualité de l'association. Mais le voyage, lui, est terminé...&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5357977443376511362" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SltcGNMDOYI/AAAAAAAAB2Y/4Eee4lueH8c/s400/IMG_3594.jpg" border="0" /&gt; &lt;p align="justify"&gt;&lt;br /&gt;L'autre matin, un mail des amis Charles et Françoise, qui viendront, ces amours, nous récupérer à Orly, nous apprend qu'un premier banquet s'organise au retour, avec les amis pas encore partis en vacances d'été. Le retour va être aussi doux que le départ fut excitant. Quelle chance...&lt;br /&gt;Tous ces avions qui rugissent au-dessus de nos têtes nous accoutument à cette idée: dans trois jours, le 16, nous grimpons dans un vol de CorsairFly qui nous ramènera en quelques heures à notre point de départ. Entre deux vols long-courriers, de petits avions de tourisme décollent dans diverses directions. Petits avions..., serre ton bonheur..., voyager encore..., si d'aventure... Bon sang mais c'est bien sûr!! Le prochain tour de l'Atlantique sera un tour du monde, et on le fera...en coucou! Plus qu'à m'inscrire à l'aéro-club de Margny!&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5357977706973003938" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SltcVjKWgKI/AAAAAAAAB2g/tw9qgktfZko/s400/IMG_3545.jpg" border="0" /&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3301097922628147045-7693237087356020042?l=sidaventurealavoile.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://sidaventurealavoile.blogspot.com/feeds/7693237087356020042/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=3301097922628147045&amp;postID=7693237087356020042' title='6 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3301097922628147045/posts/default/7693237087356020042'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3301097922628147045/posts/default/7693237087356020042'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://sidaventurealavoile.blogspot.com/2009/07/chronique-antillaise-end-saint-martin.html' title='Chronique antillaise: The end, Saint Martin, du 23 juin au 13 juillet (par Romuald)'/><author><name>fanny</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SltdtSZZZQI/AAAAAAAAB2o/ZPVrGC5IHic/s72-c/IMG_3589.JPG' height='72' width='72'/><thr:total>6</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3301097922628147045.post-5942101123867436260</id><published>2009-06-27T17:08:00.053+02:00</published><updated>2009-06-27T20:22:36.279+02:00</updated><title type='text'>Chronique antillaise: Guadeloupe et dépendances, 4 au 22 juin (par Romuald)</title><content type='html'>&lt;div align="center"&gt; &lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SkY2ZafoS4I/AAAAAAAABvQ/yKs_c5gK4Ak/s1600-h/IMG_2786.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5352025017413028738" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 300px; CURSOR: hand; HEIGHT: 400px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SkY2ZafoS4I/AAAAAAAABvQ/yKs_c5gK4Ak/s400/IMG_2786.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt; &lt;em&gt;A hisser la grand-voile !&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&lt;p align="justify"&gt;On quitte la grande Anse d'Arlet tôt le matin pour la Guadeloupe. La côte martiniquaise est douce au regard, jusquà la montagne Pelée, tout au nord, qui, à mesure qu'on séloigne vers la Dominique, me fait penser au Fuji Yama, hiératique et sacré. On arrive le soir en face de Salisbury, un village au mouillage abrité que nous ont indiqué les amis de Nuage. On y est seuls, la nuit est calme et dès le matin, on repart vers la Guadeloupe. &lt;/p&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5352026241701115378" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SkY3grUp9fI/AAAAAAAABvY/W6PffJNDK3I/s400/IMG_2796.jpg" border="0" /&gt; &lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5352026476033027186" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SkY3uURvLHI/AAAAAAAABvg/8D_CUmbsz7Q/s400/IMG_2813.jpg" border="0" /&gt;&lt;br /&gt;&lt;p align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Sur cette route, on rencontre d'abord l'archipel des Saintes. A ne pas confondre, comme certains, avec les Vierges, plus au nord... Cet ensemble d'îles délimite une grande baie qui passe pour être l'une des trois plus belles du monde d'après, si j'ai compris, un classement de l'Unesco. Je ne connais pas les deux autres du podium, et je me méfie de ces classements, mais incontestablement, plus on s'approche de l'archipel, plus on pressent la beauté du lieu, la cohérence de ces montagnes, leur harmonie: Terre-de-Bas, compacte et drue, les cailloux austères des Augustins et de la Coche, l'îlet Cabrit à la jolie plage, qui n'est plus habité que par quelques poignées de chèvres sauvages et d'impressionnants iguanes, et enfin Terre-de-Haut, la plus grande île, au relief dansant et doux, et qui recèle cette fameuse baie, où nous allons mouiller après avoir embouqué la passe sud-ouest et viré les orgues de basalte du Pain-de-Sucre.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5352027183479950098" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SkY4XfuOixI/AAAAAAAABvo/tinz2YW0BAY/s400/IMG_2846.jpg" border="0" /&gt; &lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5352027463479309042" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SkY4nyzRsvI/AAAAAAAABvw/ddetp3lNhBI/s400/IMG_2875.jpg" border="0" /&gt;&lt;br /&gt;&lt;p align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Terre-de-Haut mène une double vie: en journée, de neuf à seize heures, les ferries débarquent par centaines des visiteurs venus de la Guadeloupe toute proche. Le bourg semble vivre pour eux pendant ces heures: commerces de vêtements chics, d'artisanat, de peintures, restaurants dans tous les styles, vendeuses d'accras, de boudin créole et de patés au lambi insipides, loueurs de scooters, etc. A seize ou dix-sept heures, toute cette activité retombe, et on voit les vieux du village s'asseoir en grapes ici et là, jouer aux dames ou discuter en regardant les passants.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;br /&gt;&lt;p align="center"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5352027774948426754" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SkY457HTRAI/AAAAAAAABv4/zQ1e5hyHolY/s400/IMG_2979.jpg" border="0" /&gt; &lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5352027987650833362" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 300px; CURSOR: hand; HEIGHT: 400px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SkY5GTfga9I/AAAAAAAABwA/lmZlE_rF9jk/s400/IMG_2870.jpg" border="0" /&gt;&lt;em&gt;Saints et saintes sur le chemin...&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;br /&gt;&lt;p align="justify"&gt;Dans la baie, quelques saintoises sont au mouillage, ces bateaux de pêche à voile traditionnels de l'île, maintenant puissamment motorisés, ou gréés pour la régate. Les guides prétendent que les saintois ont la réputation d'être les meilleurs pêcheurs des Antilles, mais curieusement, c'est l'un des seuls endroits de notre voyage où il sera impossible de se procurer un poisson frais! A chacune de nos visites, le petit marché au poisson est inexorablement désert. Je suppose que la maigre pêche locale, en cette basse saison touristique, est vendue aussitôt aux restaurateurs. Il reste donc le restaurant: notre choix se porte sur Couleurs du Monde, créé il y a quelques années par Didier Spindler, cuisinier devenu peintre, qui expose dans cette salle des toiles chargées de matière et foisonnantes de couleurs qui me séduisent d'emblée. La cuisine y est fine, et le punch maison, au gingembre, un régal inédit qui marque le palais.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5352028330157470706" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SkY5aPbc8_I/AAAAAAAABwI/gw_G2OixtQU/s400/IMG_2969.jpg" border="0" /&gt;&lt;br /&gt;&lt;p align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Je pars seul en promenade le lendemain vers le Fort Napoléon, qui surplombe l'île. Tout l'archipel est fortifié sur la moindre hauteur, témoin de son importance stratégique.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5352028630239123090" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SkY5rtUflpI/AAAAAAAABwQ/1URlzfdxWJo/s400/IMG_2893.jpg" border="0" /&gt;&lt;br /&gt;En 1872, Anglais et Français livrèrent dans la baie même et aux alentours une bataille navale mémorable qui opposa quatre-vingt navires de plusieurs dizaines de canons chaque. On peine à imaginer une telle débauche de violence dans ces eaux hospitalières. &lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5352028876170024210" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SkY56Be_VRI/AAAAAAAABwY/5DRUJ1nNTyg/s400/IMG_2923.jpg" border="0" /&gt; &lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5352029172412917474" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SkY6LREzJuI/AAAAAAAABwg/J1egtzFD2xg/s400/IMG_2928.jpg" border="0" /&gt; &lt;p align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Comme j'entre vêtu du polo marin offert et signé par mes collègues de travail à la veille du départ, la caissière du musée me hèle: "Ce sont toutes vos doudous, là, qui ont signé?" Je souris crânement, avant d'avouer. &lt;/p&gt;&lt;p align="justify"&gt;Le Fort, construit "à la Vauban" en pierre volcanique, impressionne: douves profondes, murailles obliques parfaitement rectilignes, sur lesquelles grimpent, on ne sait comment, quelques chèvres noires, long chemin de ronde qui offre un panorama remarquable tout autour et sur le muret duquel courent de gracieux petits iguanes aux habits de dandys, puis à l'intérieur de la forteresse, les casemates, et un grand bâtiment devenu musée à tout montrer: un squelette de baleine, des maquettes de saintoises, une reconstitution heure par heure de la bataille navale de 1872, un film des fonds sous-marins exceptionnels de l'archipel, une salle dédiée à l'amour malheureux de la jeune Caroline pour le sieur de Firminy, si je me rappelle bien, qui, venu en mission pour un temps puis reparti pour la suivante en promettant un retour rapide, tarda tant -à peine quelques semaines - que la belle désespéra et se jeta du haut d'un rocher. Le jeune aristocrate arriva peu après, souffrit beaucoup et s'adonna pour le restant de sa vie à l'étude de l'environnement. Ah, on savait aimer en ces temps romantiques... Et les paysages se prêtent bien ici aux tourments de l'âme... &lt;/p&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5352029531327158930" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SkY6gKIn2pI/AAAAAAAABwo/vViymdUauxo/s400/IMG_2935.jpg" border="0" /&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5352029788827568850" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SkY6vJZgStI/AAAAAAAABww/mVehs3stcf8/s400/IMG_2922.jpg" border="0" /&gt;&lt;br /&gt;&lt;p align="justify"&gt;&lt;br /&gt;J'apprends encore ici que c'est au chevalier François Cheyron de Pavillon, fort beau jeune homme dont le portrait est au mur, que l'on doit l'invention du code secret de communication qui porte son nom, à base de petits drapeaux, nommés depuis des pavillons! Autour du bâtiment, un jardin botanique offre de jolies métaphores de l'amour...&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5352030100414283186" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SkY7BSJkPbI/AAAAAAAABw4/FlIvq7ELG1E/s400/IMG_2914.jpg" border="0" /&gt;&lt;br /&gt;&lt;p align="justify"&gt;&lt;br /&gt;On part l'après-midi pour l'îlet Cabrit, dont on explore les coraux alentours. Mais quand on a plongé dans les Tobago Cays, on a quelques attentes en matière de fonds sous-marins. On devient difficile... Au sommet de l'îlet, on trouve les ruines du Fort Joséphine, refuge de biques. Je les imagine bien, Napo et Fifine, se faire des coucous d'un Fort à l'autre pour se dire bonne nuit, mais ils n'ont l'un et l'autre jamais mis les pieds ici. Ca n'empêche pas de rêver. &lt;/p&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5352031246337737522" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SkY8D_DAgzI/AAAAAAAABxA/ncuV_5W2h54/s400/IMG_2992.jpg" border="0" /&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5352031546394706482" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SkY8Vc2KgjI/AAAAAAAABxI/RKYPt-pH1ZY/s400/IMG_3052.jpg" border="0" /&gt;&lt;br /&gt;&lt;p align="justify"&gt;&lt;br /&gt;On passe encore une nuit au mouillage dans la petite crique de Terre-de-Bas, puis on s'en va vers Marie-Galante. Cette île moyenne, à la différence de toutes les autres, apparaît plate sur l'horizon, à quelques milles à l'est des Saintes: Marie-galette, plutôt! Le vent est trop de face, et le courant contre, on avance donc au moteur. On compte retrouver là-bas Guy et Noémie, les amis de Primadonna, ce voilier étonnant rencontré à Rabat voilà huit mois. Quasi-réplique du mythique voilier de course Josuah qui avait mené, dans les années soixante, le célèbre Moitessier en tête de la première course autour du monde en solitaire et sans escales, avant qu'il ne renonce spectaculairement à finir la course, pour reprendre son âme, dira-t-il, aux faux dieux de l'occident, compétition et consommation, le Primadonna est probablement le voilier le plus lent de l'Atlantique: vingt-neuf jours pour traverser entre Mindelo et Marie-Galante, une forme de record!&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;br /&gt;&lt;p align="center"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5352031832061984786" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SkY8mFCjQBI/AAAAAAAABxQ/tUe0s8HUIb4/s400/IMG_3093.jpg" border="0" /&gt;&lt;em&gt;Vanguard et Primadonna&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;br /&gt;&lt;p align="justify"&gt;Guy et Noémie, saltimbanques de la mer, s'en amusent, comme de tout, avec une drôlerie communicative qui nous détend comme rarement les zygomatiques. La performance, du reste, est revenue à eux pendant la traversée sous les espèces d'un bateau concurrent du Vendée Globe croisé à quinze ou vingt noeuds au beau milieu de l'océan et skippé par une jeune anglaise, Samantha Davis, qui a goûté leur compagnie pendant une demi-heure à la radio VHF.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5352032140150092146" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SkY84AwesXI/AAAAAAAABxY/30mHVpYPVY8/s400/IMG_3116.jpg" border="0" /&gt;&lt;br /&gt;&lt;p align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Le petit port de Grand Bourg, sur l'île, est abordé sur les coups de midi. Immobile et blanchi sous le soleil, quasi désert, l'endroit nous plaît aussitôt. Primadonna est là, au quai des pêcheurs, un peu vieilli par quelques mois de mer et d'attente, et une place nous attend juste derrière. Devant le port, une grande place au bord de laquelle de petits lolos ambulants vendent de succulentes grillades et des sandwiches bon marché. Après les Saintes, il est certain qu'ici, le tourisme, s'il est présent, ne domine pas le mode de vie. C'est le visiteur qui s'adapte, s'il veut rencontrer le lieu.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;br /&gt;&lt;p align="center"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5352032435741589410" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SkY9JN6-_6I/AAAAAAAABxg/sIhuN8k0J6w/s400/IMG_3120.jpg" border="0" /&gt;&lt;em&gt;et pour avoir du poisson, il faut le vouloir&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;br /&gt;&lt;p align="justify"&gt;&lt;em&gt;&lt;/em&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5352033005717489490" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SkY9qZP1B1I/AAAAAAAABxo/HwcyID8c4A4/s400/IMG_3243.jpg" border="0" /&gt;&lt;br /&gt;Alors qu'ailleurs parfois l'impression de surface, de superficialité, d'étendue, s'impose de façon frustrante pour le voyageur - peut-être trop pressé, il est vrai, d'aller au coeur des choses -, on pressent ici d'emblée une profondeur du pays, un arrière-monde par-delà le premier regard, une perspective et de l'inconnu à rencontrer. On sent que l'île ne se donnera pas d'emblée, qu'il faudra y aller doucement. &lt;/p&gt;&lt;p align="center"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5352033383357880258" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SkY-AYEUF8I/AAAAAAAABxw/pHZTPzKJy8w/s400/IMG_3111.jpg" border="0" /&gt; &lt;p align="center"&gt;&lt;em&gt;la petite maison dans le champ de cannes, notre nouvelle série télé au coeur tendre!&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p align="justify"&gt;Mais c'est par du connu que nous commençons, les amis venant de la jolie maison qu'ils habitent depuis quelques semaines, dans l'attente imminente d'un premier bébé, nous chercher pour prendre une douche et repérer les lieux, avant un apéro qui tourne à la dégustation exhaustive et euphorique de tout ce que la maison compte de rhums locaux, purs ou arrangés avec les fruits du jardin - tamarin, cajou, banane, prune de cythère -, du Père Labat à 59° (l'île est la seule autorisée à produire un rhum aussi titré en alcool), du rhum vieux "Albert Godefroy", jusqu'à cet audacieux rhum aux piments, dont une seule goutte a fait exploser mes papilles et cracher du feu. Qui ne tente rien... &lt;/p&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5352033709751828082" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SkY-TX-sfnI/AAAAAAAABx4/irTAYHnMn-Y/s400/Enfants%2BGuy.jpg" border="0" /&gt;&lt;br /&gt;&lt;p align="justify"&gt;&lt;br /&gt;On retrouve avec un certain plaisir les sensations du bateau amarré au ponton: sécurité de l'amarrage, facilité pour quitter le bateau et aller faire quelques pas sur les quais, ce que je fais volontiers le soir. Et c'est au clair de la pleine lune que je marche maintenant sur les jetées. La pleine lune éveille toujours des tas de pensées, et je regarde à distance notre bateau en pensant à tout ce qu'il aura rendu possible pendant cette année. Une nostalgie commence à s'installer, qui fait savourer de façon plus aigüe ces derniers temps du voyage. Guy m'a expliqué ce qu'il fera si un cyclone est annoncé: il appareillera, prendra le large en direction opposée, subira là la tempête qui accompagnera nécessairement les entours de l'ouragan, puis rentrera. Je n'aimerais pas vivre ça. &lt;/p&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5352034077494107298" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SkY-ox7SXKI/AAAAAAAAByA/mUF2SH0rzX8/s400/IMG_3102.jpg" border="0" /&gt;&lt;br /&gt;&lt;p align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Sur le quai, un homme sourd-muet un peu étrange entreprend, je ne sais pourquoi, de me raconter ce que je comprends être le drame récent de l'avion Paris-Rio: il mime de façon stupéfiante, s'accompagnant de borborygmes, la terreur du pilote, le blocage des ailerons, ou des moteurs, la chute de l'avion, la noyade des passagers, leur dévoration par les requins, la douleur des familles et leur prière. Après un quart d'heure de ce manège, il disparaît comme il est venu.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;br /&gt;&lt;p align="center"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5352034430287941346" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SkY-9UL5DuI/AAAAAAAAByI/4T9GptRPRyM/s400/IMG_3168.jpg" border="0" /&gt;&lt;em&gt;boeufs tirants, de retour d'amener la canne&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;br /&gt;&lt;p align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Comme les amis nous ont prêté leur voiture, on part pour un tour de l'île qui commence par la distillerie de Bellevue. Son rhum rafle depuis plusieurs années quasiment toutes les médailles d'or au concours général agricole de Paris. La visite a lieu pendant le travail des ouvriers, les machines fument, les roues dentées brillent de graisse noire, actionnées par de lourdes bielles qui donnent à l'ensemble un air de vieille locomotive à vapeur, et partout se répandent des effluves d'alcool sucrées qui dilatent les narines.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;br /&gt;&lt;p align="center"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5352034871140973538" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SkY_W-fce-I/AAAAAAAAByQ/1jQByjabJKU/s400/IMG_3165.jpg" border="0" /&gt; &lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5352035450186623986" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 300px; CURSOR: hand; HEIGHT: 400px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SkY_4rmr6_I/AAAAAAAAByY/j0SOF6QjNps/s400/IMG_3152.jpg" border="0" /&gt; &lt;em&gt;les colonnes de distillation, au coeur de cette alchimie...&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;br /&gt;&lt;p align="justify"&gt;"C'est Germinal", s'exclame Jean-Elie. Mais ici, les ouvriers sont fiers de ce qu'ils fariquent, et à chaque poste, il en est un pour expliquer le fonctionnement des machines et le circuit du précieux liquide extrait de la canne. On comprend là qu'on est dans un pays d'ancienne culture.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;br /&gt;&lt;p align="center"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5352036586594009634" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SkZA61DUgiI/AAAAAAAAByo/XAyIt6QwyIg/s400/IMG_3155.jpg" border="0" /&gt;&lt;em&gt;le rhum vu du ciel...&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;em&gt;&lt;/em&gt;&lt;p align="justify"&gt;&lt;br /&gt;S'ensuit une dégustation de ponches divers, bons mais trop sucrés à mon goût, et on repart avec simplement un cubi de rhum qui nous fera les ponches planteurs du soir, tels que Fanny sait les préparer. Le Père Labat hier, le Bellevue aujourd'hui, les rhums de Marie-Galante sont décidément mes préférés. C'est d'ailleurs par la distillerie du Père Labat, du nom de ce dominicain du 18ème siècle, naturaliste et ethnographe des Antilles, importateur d'une amélioration significative du procédé de la distillation, qu'on poursuit la balade. Celle-ci est au repos, mais on discute dans la cabane de dégustation, à l'ombre d'un splendide flamboyant. "Ceux de l'Habitation Murat sont les plus beaux", nous indique la femme qui travaille là, avant de nous conseiller un restaurant dans la baie de St Louis. &lt;/p&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5352036920365525666" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SkZBOQcpqqI/AAAAAAAAByw/XIzLLEdvl1Y/s400/IMG_3177.jpg" border="0" /&gt;&lt;br /&gt;&lt;p align="justify"&gt;&lt;br /&gt;C'est qu'il est temps de passer aux choses sérieuses: on fête aujourd'hui les vingt-huit ans (environ) de Fanny! Sur la plage, les pieds dans le sable, devant cette cuisine locale du "Plaisr des marins" concoctée par la famille de pêcheurs qui tient le lieu. La jolie Gladys, une des filles de la maison, s'extasie de notre aventure et nous parle de sa vie ici. C'est pour des moments comme ça qu'on aime voyager. &lt;/p&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5352037960215106882" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SkZCKyMHFUI/AAAAAAAABy4/0ksoaGZ5Xuo/s400/IMG_3210.jpg" border="0" /&gt; &lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5352038330854233842" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 300px; CURSOR: hand; HEIGHT: 400px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SkZCgW7XVvI/AAAAAAAABzA/srVRKoxfMsQ/s400/IMG_3220.jpg" border="0" /&gt;&lt;br /&gt;&lt;p align="justify"&gt;&lt;br /&gt;On remettra ça le soir, autour d'un barbecue chez les amis, à qui on laisse le beau tambour de machine à laver donné par Michel à Cayenne, après quelques bons et loyaux services. Entre-temps, on achète du miel à une vieille femme à qui on promet d'envoyer la photo qu'elle nous a laissé prendre d'elle après quelques minauderies, puis on visite cette Habitation Murat, ancienne sucrerie où s'est récemment produit un festival de jazz. Le parc est très beau. &lt;/p&gt;&lt;p align="justify"&gt; &lt;/p&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5352039078810620402" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SkZDL5SEEfI/AAAAAAAABzI/1u1pmmkWGN4/s400/IMG_3254.jpg" border="0" /&gt; &lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5352039850817128770" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SkZD41OwiUI/AAAAAAAABzY/i52Pyfymj38/s400/IMG_3279.jpg" border="0" /&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5352039491459965010" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SkZDj6hVYFI/AAAAAAAABzQ/UstsY63EsCo/s400/IMG_3268.jpg" border="0" /&gt;&lt;br /&gt;&lt;p align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Le lendemain mercredi, on prépare le bateau pour partir à la Guadeloupe, mais avant cela, on achète sur internet les billets d'avion pour revenir en France. Ca y est, la date est fixée, ce sera le 16 juillet, arrivée le lendemain. Le retour devient très concret. On envoie aussi les toutes dernières enveloppes du Cned. Les enfants sont en vacances, trois semaines avant les autres. On a quand même un peu de mal à quitter cette île, alors avant la Guadeloupe, on a décidé de mouiller l'ancre dans l'Anse Canot. Chose faite au milieu d'après-midi, à cinquante mètres de la plage, qu'on a tôt fait de rejoindre à la nage. La plage est magnifique, on y est presque seuls, Fanny cherchant des coquillages pendant que j'observe un énorme poisson-coffre dans un trou de rocher. Le lendemain, on part pour la Guadeloupe.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p align="justify"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5352040234433944786" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SkZEPKUInNI/AAAAAAAABzg/RJspgw4eJOw/s400/IMG_3297.jpg" border="0" /&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5352040669626348882" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 300px; CURSOR: hand; HEIGHT: 400px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SkZEofiFtVI/AAAAAAAABzo/L9lwUvJTTEk/s400/IMG_3318.jpg" border="0" /&gt;&lt;br /&gt;C'est à la marina de Saint-François qu'on aborde la Guadeloupe, sur Grande-Terre. C'est là que se trouvent les amis sur Ténès, connus à la Graciosa aux Canaries en novembre dernier. On avait aimé cet équipage dont le skipper n'avait, six mois avant son départ, jamais mis les pieds sur un voilier, tandis que sa femme souffrait depuis le début du voyage d'un tenace mal de mer, et qu'on avait retrouvé à Mindelo, Cap-Vert. Deux heures après notre départ pour Dakar, stoppé lui à Boa Vista en attente d'une amélioration du temps, ils quittaient le mouillage pour la traversée de l'Atlantique, un peu de peur au ventre au su des prévisions météo pour les jours à venir, vent de 25 noeuds et houle de nord de courte période, promesse de roulis et d'inconfort pour ce bateau de taille modeste. On avait su par la suite que leur traversée, comme celle des bateaux partis à la même période, avait été très éprouvante: tempête, nuits successives sans sommeil, un peu de casse, impossibilité de cuisiner, etc. Leur fils Maxime de douze ans, bâti comme une armoire normande, avait pu dans ces conditions donner toute sa mesure, et on avait été fiers pour eux trois de cette traversée audacieuse. &lt;/p&gt;&lt;p align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5352041182154958978" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SkZFGU2bqII/AAAAAAAABzw/d4EhV3b62J4/s400/IMG_3331.jpg" border="0" /&gt;&lt;br /&gt;Nous voilà donc dans cette marina toute neuve, récemment réhabilitée avec des fonds européens, tout comme le port de pêche tout proche et le terrain de golf attenant. Les enfants attendent beaucoup de cette escale. Maxime, qui est là depuis six semaines, s'est fait des tas de copains, et certains de nos enfants sont en manque de ce côté. Sitôt amarrés, les voilà partis avec Maxime venu nous accueillir. On ne les verra plus beaucoup dans les jours suivants. Alexandre et son frère Nicolas, Floriant, jeune champion de windsurf, Antoine, qui prodiguera à François-Clair ses conseils de planchiste, Lisa et Manon, Romain et d'autres les entrainent dès après l'école et jusque tard le soir dans des flâneries autour du port, des soirées vidéo, et des plans piscine dans la résidence voisine. On profite volontiers de leur absence... Mais d'abord, Françoise nous accueille sur Ténès avec un repas de rois qui se termine le soir. C'est qu'il y en a, des choses à se raconter, depuis Mindelo, des réflexions à partager sur le bonheur de voyager, les questions parfois difficiles nées de cette expérience, et Cedric a un don pour remuer entre deux blagues le substrat, disons, philosophique de nos modestes aventures. &lt;/p&gt;&lt;p align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5352042526931714018" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SkZGUmiMf-I/AAAAAAAABz4/VQOeOmajR48/s400/IMG_3448.jpg" border="0" /&gt; &lt;p align="center"&gt;&lt;em&gt;la planche collective&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p align="justify"&gt;&lt;br /&gt;On sent vite que cette escale est le "début de la fin": il ne s'agit plus de découvrir l'île, mais de commencer sur le bateau les travaux de rangement, de nettoyage, de remise en état, qui s'imposent après un an de voyage. avant de rendre Vanguard à son propriétaire. C'est à quoi on s'attelle: on passe le pont et la coque au Chorobrill, dilution d'acide phosphorique dont on avait découvert grâce à Jean-Jacques, sur Nuage, la vertu quasi magique pour faire disparaître les taches de rouille omniprésentes sur le bateau, on ponce avec ardeur - et merci aux enfants d'avoir participé - les bois vernis du pont, tous d'un teck qui gagnera à rester nu et lavé par les paquets de mer. On lave encore les voiles, qu'on plie soigneusement avant d'en encombrer la cabine arrière. Pas facile de préparer un bateau qu'on va quitter tout en habitant dessus. En dix jours, on ne sortira pas de St François, et je ne prendrai quasiment aucune photo. &lt;/p&gt;&lt;p align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5352043695969575042" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SkZHYpiioII/AAAAAAAAB0I/zbc51ppDtTs/s400/IMG_3333.jpg" border="0" /&gt; &lt;p align="center"&gt;&lt;em&gt;au travail...&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Cedric nous emmène tout de même écouter les joueurs de gwo-ka réunis tous les mardis soir au "Filet du pêcheur", en face de la plage où je me suis remis pour quelques heures, avec François-Clair, chaque matin sous le contrôle du débonnaire Raymond, à la planche à voile. Les musiciens sont là, le tambour entre les jambes, accompagnés de joueurs de calebasse, et un chanteur, puis un autre se relaient au micro pour entonner des chants créoles qu'on ne comprend pas mais qu'on devine chargés de significations anciennes bien au-delà de leur pouvoir dansant. Musiciens et chanteurs se relaient selon une logique qui échappe au spectateur, le jeune fils tout rondouillet de Thierry, un fabriquant réputé de bokits au coin de la place du marché, se met à la calebasse avec une concentration qui fascine, tandis qu'une fillette commence à danser devant les percussions des pas qui nous ramènent aussitôt en Afrique, sur le Saloum. De jeunes gars se démènent avec une énergie et un talent qui font simplement plaisir à voir, invitant telle femme parmi les spectateurs à partager un moment ce bonheur de danser que, pour ma part, je ne connais que de vue, ce qui est déjà quelque chose, mais tout de même peu. Voilà hélas une chose que je n'aurai jamais incorporée. &lt;/p&gt;&lt;p align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5352043086918331170" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SkZG1MpaKyI/AAAAAAAAB0A/bF83JAEjKBQ/s400/IMG_3388.jpg" border="0" /&gt;&lt;br /&gt;Dimanche, c'est dimanche (!), et Cedric nous entraine pour un barbecue sur la plage des cocotiers, derrière le jetée est du port. Le plan d'eau est protégé par de grands bancs de corail, cauchemar des navigateurs et bonheur des plongeurs. L'hôtel du Méridien, derrière la plage, abandonné depuis quelques années à la suite de grèves du personnel qui avaient excédé les patrons, fournit aux enfants un domaine d'exploration et des raisons de se faire délicieusement peur (cf l'article de Théana). &lt;/p&gt;&lt;p align="center"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5352044668542833730" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SkZIRQqE1EI/AAAAAAAAB0Q/uTd3SnBAw5M/s400/IMG_3442.jpg" border="0" /&gt; &lt;p align="center"&gt; &lt;em&gt;la guerre du feu, remake après l'apocalypse, sur fond d'hôtel Méridien abandonné&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Il y a un autre bateau qu'on s'est promis de revoir, et dont je suis depuis quelques semaines les pérégrinations. C'est Bilbo, avec qui on avait partagé des soucis et des joies à Mindelo au mois de mars, avant de quitter ensemble la baie pour la grande traversée. Bilbo est monté à St Martin quand nous arrivions en Martinique, et redescend actuellement vers le Marin, tandis que nous remontons à notre tour les Antilles. On tâche l'un et l'autre bateaux de viser un lieu de rencontre, mais les soucis mécaniques de Bilbo, qui l'obligent à relâcher ici et là plus que prévu, et nos propres délais incompressibles rendent la chose aléatoire. Enfin Bilbo est aux Saintes, où le bateau a perdu son hélice au moment de mouiller, et nous sommes encore à St François pour trois jours. Marc parvient à réparer et nous rejoint, avec sa fille Sarah, après douze heures contre le vent et un moteur rétif et bridé. In extremis. C'est aussi une loi de la mer, cet aléatoire des rencontres à pourtant seulement trente milles de distance. L'équipage de Bilbo nous fait rêver: une fois rejoint par la femme de Marc, le bateau poursuivra doucement vers Panama, traversé en décembre, puis le Pacifique: île de Pâques, Galapagos, Polynésie peut-être, avant de faire route sur le Chili, où Marc et son épouse comptent s'établir. "La viande y est excellente et bon marché", me disait déjà Marc à la Graciosa. &lt;/p&gt;&lt;p align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Avant leur arrivée, j'avais revu avec Fanny sur l'ordinateur du bord le film de Cedric Klapisch: "Les poupées russes". Il s'achève sur une hypothèse anthropologique, ou psychologique si l'on veut: et si chacun de nous était comme ces poupées russes, un emboitement de personnalités que les rencontres importantes découvrent, dévoilent l'une après l'autre jusqu'à la plus petite, la plus intime? A l'heure où le voyage s'achève doucement, où s'aiguise la conscience de ce qu'il a transformé en soi, la formulation me séduit. Mais ces métamorphoses ont leur revers... Un ami à qui j'écrivais m'être rapproché de moi-même durant ce voyage m'a répondu aujourd'hui: "Cette sagesse n'a pas de prix, sauf peut-être celui de la décision..." &lt;/p&gt;&lt;p align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5352045985312031618" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SkZJd6AUQ4I/AAAAAAAAB0Y/KBfkBG-fOF0/s400/IMG_3464.jpg" border="0" /&gt; &lt;p align="center"&gt;&lt;em&gt;Vanguard et Bilbo, sur le départ...&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Dès lundi matin, il faut partir. Notre propriétaire Myles a confié son bateau à Reg Bates, un courtier de St Martin, afin qu'il le vende. Celui-ci nous demande instamment d'arriver avant le 24 juin. On a donc juste le temps de faire la route. Marc, qui doit partir lui aussi, nous a demandé de l'accompagner dans la sortie du chenal, pour éventuellement le remorquer. Il craint que son moteur soit trop faible contre le vent dans cette passe délicate bordée de bancs coralliens. Au moment de partir, surprise: Bilbo est échoué sur sa quille, contre le quai! Le chef de port lui-même est surpris d'avoir si peu d'eau à cet endroit. On déhale Bilbo au winch en frappant une aussière sur un bateau voisin. En quelques tours de cabestan, il peut partir, et nous le suivons. Le remorquage s'avère inutile, et il reste à se faire de grands signes, nous continuant vers l'est pour virer la pointe des Châteaux avant de prendre au nord-ouest, tandis que Bilbo reprend au sud vers Marie-Galante. Hasta luego al Chile? &lt;/p&gt;&lt;span style="BACKGROUND-COLOR: #c0c0c0"&gt;&lt;/span&gt;&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5352046726968027746" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SkZKJE44qmI/AAAAAAAAB0g/1PQnX4fCq0k/s400/equipages.jpg" border="0" /&gt; &lt;p align="center"&gt;&lt;em&gt;équipages se quittant...&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5352047243139483298" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SkZKnHxwBqI/AAAAAAAAB0o/7NBsrTEACt0/s400/IMG_3469.jpg" border="0" /&gt; &lt;p align="center"&gt; &lt;em&gt;Max et le trio, ce n'est qu'un au-revoir...&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;br /&gt;Avant de partir, je me suis blessé à la poitrine,&lt;br /&gt;tout seul comme un idiot,&lt;br /&gt;en commerçant avec un bois rare, rencontré là à même le quai,&lt;br /&gt;le bout d'un bois biblique,&lt;br /&gt;l'extrémité polie d'une lignée ligneuse pourtant toute en rondeur.&lt;br /&gt;Ce que c'est que la maladresse...&lt;br /&gt;D'abord ça m'a fait mal, et puis une fois en mer,&lt;br /&gt;j'y ai taillé une plume pour raconter mon aventure.&lt;br /&gt;On dirait qu'il faut ces étendues d'eau bleue&lt;br /&gt;pour accoucher l'esprit des labyrinthes où il se perd&lt;br /&gt;parfois à terre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5352048445862216626" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SkZLtIRMg7I/AAAAAAAAB0w/IQ9vl6O1Cio/s400/IMG_3472.jpg" border="0" /&gt; &lt;em&gt;Cédric, le jeune homme et la mer...&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;Je reprends ma lecture de Nicolas Bouvier. C'est avec lui que j'avais commencé le voyage, puis je l'avais délaissé par longues périodes. Rappelez-vous, lu sur un mur au cercle de voile de Dakar: "Quelque chose grandit en vous et détache les amarres, jusqu'au jour où, pas trop sûr de soi, on s'en va pour de bon. Un voyage se passe de motifs. Il ne tarde pas à prouver qu'il se suffit à lui-même. On croit qu'on va faire un voyage, mais bientôt c'est le voyage qui vous fait, ou vous défait". C'est l'introduction de "L'usage du monde". Sa conclusion est non moins belle et profonde: "Comme une eau, le monde vous traverse et pour un temps vous prête ses couleurs. Puis se retire, et vous replace devant ce vide qu'on porte en soi, devant cette espèce d'insuffisance centrale de l'âme qu'il faut bien apprendre à côtoyer, à combattre, et qui, paradoxalement, est peut-être notre moteur le plus sûr." Comme c'est juste... &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt; &lt;/div&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5352049093579564850" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SkZMS1NC5zI/AAAAAAAAB04/bWcuvEUFVYg/s400/IMG_3478.jpg" border="0" /&gt; &lt;p align="center"&gt;&lt;em&gt;en remontant Grande Terre...&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3301097922628147045-5942101123867436260?l=sidaventurealavoile.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://sidaventurealavoile.blogspot.com/feeds/5942101123867436260/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=3301097922628147045&amp;postID=5942101123867436260' title='3 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3301097922628147045/posts/default/5942101123867436260'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3301097922628147045/posts/default/5942101123867436260'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://sidaventurealavoile.blogspot.com/2009/06/chronique-antillaise-guadeloupe-et.html' title='Chronique antillaise: Guadeloupe et dépendances, 4 au 22 juin (par Romuald)'/><author><name>fanny</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SkY2ZafoS4I/AAAAAAAABvQ/yKs_c5gK4Ak/s72-c/IMG_2786.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>3</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3301097922628147045.post-5849533052867528512</id><published>2009-06-26T13:29:00.004+02:00</published><updated>2009-06-26T13:36:10.135+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='La parole aux enfants...'/><title type='text'>L’horreur au paradis    (par Théana, le 26/06/09)</title><content type='html'>&lt;div&gt;&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SkSyOb49NNI/AAAAAAAABvA/LtJ1ijp7CXI/s1600-h/Le+M%C3%A9ridiens+2.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5351598218297554130" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SkSyOb49NNI/AAAAAAAABvA/LtJ1ijp7CXI/s400/Le+M%C3%A9ridiens+2.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;Vous avez sûrement déjà vu un de ces films ou le héros se retrouve dans un endroit désert et détruit, un endroit comme un manoir, un hangar, un magasin ou… Un hôtel.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;A ce moment du scénario, généralement, il y a quatre choix pour la suite : soit le héros combat plein de monstres puis il va rouler une pelle à sa copine du moment, soit il ouvre une porte et découvre une salle pleine de cadavres avec du sang sur les murs, soit il se retourne et meurt sans qu’on sache pourquoi, ou bien il se réveille en sursaut et se rend compte que c’était un cauchemar qui l’a fait mouiller ses draps. Et bien pour ce genre de film, j’connais l’endroit parfait, gnar, gnar, gnar… Sur une paradisiaque plage de St François, en Guadeloupe, l’eau est claire et chaude, si on regarde devant, on voit la mer, si on regarde derrière, on voit… L’hôtel du Méridien, Connu aussi sous le nom d’hôtel désaffecté. Et si la plage du Méridien est un endroit charmant, l’hôtel, lui, pas. &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;Et oui. Déjà, vous commencez à trembler, gnar, gnar, gnar ! &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;Bon, j’arrête le délire. Cet hôtel, j’y suis pas allée seule. A chaque fois, il y avait les garçons (F.C et J.E) et puis la première fois, Maxime, un ami marin de l’âge d’F.C, et Alexandre, un garçon du coin, nous ont accompagnés. La seconde fois, il y avait Maxime, Alexandre, Lisa et Manon (Lisa et Manon sont aussi des filles du coin). Et la dernière fois, il y avait Maxime, Alexandre, Antoine, Florent, et Romain (que des garçons du coin !). &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;Pour vous donner une idée de l’hôtel en un mot, je dirais lugubre. Les murs sont presque tous tagués, les vitres sont réduites à des éclats de verre sur le sol, et les 200 chambres sont entièrement vides, a part une bouteille de bière et des cigarettes ici et là. Les ascenseurs, vous vous en doutez, ne marchent plus, mais comme l’un d’eux a les portes ouvertes alors que la cage n’y est pas, on peut voir en grand vide noir en se penchant un peu. &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5351598328007374306" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SkSyU0l0NeI/AAAAAAAABvI/nqclX22h3ZQ/s400/Le+M%C3%A9ridiens.jpg" border="0" /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;Les deux endroits les plus réputés de l’hôtel sont le couloir et l’escalier de la mort … Gnar, gnar, gnar…. Ça vous la coupe, hein ? Le couloir, j’avais déjà décampé quand les autres y sont allés. Je sais juste que c’est un long couloir tout noir. Et l’escalier, c’est un escalier tout noir qui fait vraiment très peur. Bon, quand on y est allé, j’avais pensé à prendre une lampe de poche. N’empêche que ça fait très très peur ! &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;Le reste de l’hôtel est tout aussi lugubre. Il est difficile d’imaginer que ça a été un hôtel de luxe. Je crois que ça a fermé car la moitié du personnel était en grève. Alors les patrons ont déclaré que soit les employés se remettaient au boulot, soit l’hôtel fermait. Il a fermé. Et peu à peu, les racailles et le temps ont tout dégradé. Et maintenant, on pourrait y filmer un Alien… &lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3301097922628147045-5849533052867528512?l=sidaventurealavoile.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://sidaventurealavoile.blogspot.com/feeds/5849533052867528512/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=3301097922628147045&amp;postID=5849533052867528512' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3301097922628147045/posts/default/5849533052867528512'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3301097922628147045/posts/default/5849533052867528512'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://sidaventurealavoile.blogspot.com/2009/06/lhorreur-au-paradis-par-theana-le.html' title='L’horreur au paradis    (par Théana, le 26/06/09)'/><author><name>fanny</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SkSyOb49NNI/AAAAAAAABvA/LtJ1ijp7CXI/s72-c/Le+M%C3%A9ridiens+2.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3301097922628147045.post-3114546563332112418</id><published>2009-06-15T00:20:00.035+02:00</published><updated>2009-06-15T01:25:33.969+02:00</updated><title type='text'>Chronique antillaise: la Martinique, du 20 mai au 3 juin (par Romuald)</title><content type='html'>&lt;div align="center"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SjV5fJiu21I/AAAAAAAABrI/UXXJaxWeL_k/s1600-h/IMG_2733.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5347313708616833874" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SjV5fJiu21I/AAAAAAAABrI/UXXJaxWeL_k/s400/IMG_2733.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;On arrive en Martinique par le mouillage du Marin, au sud de l'île. Mouillage impressionnant de plusieurs centaines de bateaux, peut-être plusieurs milliers. Pas évident de trouver une place dans cette forêt de mats, qui ne soit pas au fond de la baie, à une demi-heure d'annexe des pontons et commodités. On finit par repérer une bouée libre. &lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt; &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;A terre, on apprend qu'on est à la veille d'un très long week-end: demain, c'est l'Ascension, et vendredi, c'est le "22 mé", la fête de l'abolition de l'esclavage, jour chômé et festif dans toute l'île. C'est une bonne et une mauvaise nouvelle: pour le passeport de Fanny, il faudra attendre quelques jours pour seulement entamer les démarches. Pour récupérer les cartes bancaires, idem, et nous n'avons quasiment plus un rond en poche. On aura quelques heures pour bricoler un transfert de liquide depuis notre agence de Compiègne avant la fermeture de cinq jours! En revanche, pour découvrir la première des Antilles françaises, c'est une chance d'arriver à l'occasion de cette fête qui représente beaucoup ici, et de pouvoir circuler facilement en auto de location sans les embouteillages quotidiens. &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt; &lt;/div&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5347313841373127554" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SjV5m4GTI4I/AAAAAAAABrQ/0qYzGoBAJ38/s400/IMG_2498.jpg" border="0" /&gt; &lt;p align="center"&gt;&lt;em&gt;entrainement des yoles de régate&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Le Mango Bay est le bar-restaurant incontournable du port. Tout le monde y boit un verre, y croque une assiette d'accras ou une pizza en faisant son courrier électronique. On savait l'ami Luc quelque part en Martinique, et c'est là qu'on le trouve évidemment, ou plutôt, il nous aperçoit et nous hèle. On avait connu Luc sur Bilbo, dont il était équipier, à la Graciosa, puis plus tard à Las Palmas et encore à Mindelo, et on avait aimé son amitié fraternelle et joueuse, sa sensibilité et son oeil de photographe. Luc a quitté Bilbo qui continue vers le nord, et trouvé un dur travail dans une plantation de bananes à flanc de coteau. C'est une joie de le revoir. On programmera avec lui et Claude, un autre navigateur connu, lui, à Mindelo, une belle balade à l'Habitation Clément, vieille distillerie de rhum et théâtre de nombreuses rencontres politiciennes de haut niveau. Le même soir, on retrouve aussi l'équipage de Sualiga, le catamaran de Yannick, Cécile et leurs enfants. J'y reviendrai.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5347314405965794386" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SjV6HvXrjFI/AAAAAAAABrY/I2i0-nnFZ3M/s400/AvecLouis.jpg" border="0" /&gt; &lt;p align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Partis le lendemain piqueniquer sur une plage, on a la surprise d'y voir arriver les amis de Nuage: Jean-Jacques, Gaëlle et petit Louis, qui accapare avec un incontestable talent de séducteur l'attention des deux garçons, devenus pour un temps des grands frères. Décidément, cette escale est d'emblée celle des retrouvailles avec des marins appréciés dès l'autre côté de l'Atlantique. La vie avec un tout petit enfant dans l'espace réduit d'un bateau n'est pas toujours facile, mais bientôt Jean-Jacques fera un remplacement de médecin qui lui réouvrira un espace professionnel bienvenu. En attendant, il s'entraîne avec nous. Depuis la Guyane, nous faisons à tour de rôle abcès sur abcès. J'en abrite encore deux, Jean-Elie en a eu un énorme au pied, et Théana en démarre un qui s'avèrera le plus terrible. Jean-Jacques examine tout ça, et le lendemain, comme nous piqueniquons ensemble au pied de la cascade du Saut Gendarme, il passe aux soins. Imaginez le curetage au scalpel du genou d'un type qui, douillet, râle en grimaçant exagérément au milieu des quelques baigneurs perplexes, dont l'un nous offre pour finir, réconfort du patient héroïque et de son thérapeute, un punch maison avec cannelle, grenadine, gindembre, bois bandé, raisin, cerise, etc. "Que des ingrédients qui chauffent", m'explique le jeune homme.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5347314630451910962" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SjV6UzpV2TI/AAAAAAAABrg/9ew2H7y0D1M/s400/IMG_2433.jpg" border="0" /&gt; &lt;p align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Auparavant, on a visité avec les amis le jardin de Balata. Jean-Jacques, en entrant dans le parc, nous expose sa stratégie thérapeutique pour les abcès: parlant des microbes qui nous infectent de façon chronique, il annonce: "Il faut détruire toute la flore". Regard méfiant du gardien du jardin... Le parc est magnifique, avec quelque chose de japonais dans la construction du paysage, désencombré, épuré, et l'utilisation des pièces d'eau. On repart de là avec des ordonnances qui nous débarrasseront enfin de nos abcès.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5347315035888567266" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SjV6saA-Q-I/AAAAAAAABro/q0M-QYWLQ7Q/s400/IMG_2373.jpg" border="0" /&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5347315262884178146" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SjV65no8aOI/AAAAAAAABrw/UmQeekU76FQ/s400/IMG_2377.jpg" border="0" /&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5347315417537108786" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SjV7CnxE2zI/AAAAAAAABr4/qZNjiGfE9RM/s400/IMG_2410.jpg" border="0" /&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5347315623756211362" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SjV7On_ipKI/AAAAAAAABsA/zefkY5xXuS4/s400/IMG_2390.jpg" border="0" /&gt; &lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5347315794723601730" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SjV7Yk5V_UI/AAAAAAAABsI/Kap3dvhYKbU/s400/IMG_2369.jpg" border="0" /&gt; &lt;p align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Plus tard, on part avec Luc et Claude pour l'Habitation Clément. Ce n'est plus là que le rhum Clément est distillé, mais on y entretient toute la machinerie à des fins touristiques et pédagogiques. Là encore, le parc est très beau, et je ne peux m'empêcher d'être songeur à l'idée de la cohabitation, de la simultanéité entre cette beauté paysagère, née du bon goût des maîtres, probablement, et l'infamie du système esclavagiste par lequel on produisait ici le rhum, raison d'être de tout cet ensemble.  &lt;/p&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5347315983585951618" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SjV7jkdov4I/AAAAAAAABsQ/uijF-DocjdE/s400/DSCF4133.jpg" border="0" /&gt; &lt;p align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Attention certes aux anachronismes, la plupart de ces "habitations" sont postérieures à l'abolition officielle de l'esclavage, mais on sait aussi que l'organisation du travail qui lui a succédé fut souvent à peine moins dure aux travailleurs. Laurent, sur les bords du Maroni, me suggérait, pour sortir de l'impasse des revendications d'identité et de réparation très en vogue en ce moment de la part des Noirs antillais, de situer le phénomène historique de l'esclavage dans la perspective plus générale et non moins tragique de la longue histoire de l'exploitation de l'homme par l'homme.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5347316217337595698" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SjV7xLQXxzI/AAAAAAAABsY/J2d3dzUw4pc/s400/DSCF4048.jpg" border="0" /&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5347316441256568242" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SjV7-Na0JbI/AAAAAAAABsg/fkJ7ijxPeRg/s400/DSCF4059.jpg" border="0" /&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5347317034155819874" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SjV8guJAw2I/AAAAAAAABso/5gZDl5PMXc4/s400/FannyLuc.jpg" border="0" /&gt; &lt;p align="center"&gt; &lt;em&gt;avec Luc...&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5347317560487399394" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SjV8_W4PT-I/AAAAAAAABs4/Jokzb3mEqZA/s400/DSCF4084.jpg" border="0" /&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5347317917326850818" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SjV9UINZOwI/AAAAAAAABtA/NzPyeTrC0ZI/s400/DSCF4087.jpg" border="0" /&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5347318166294839714" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SjV9inr_QaI/AAAAAAAABtI/4cq7gmJLAY4/s400/IMG_2548.jpg" border="0" /&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5347318553836163250" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SjV95LZCkLI/AAAAAAAABtQ/DqNsNMJc-UM/s400/IMG_2559.jpg" border="0" /&gt; &lt;p align="center"&gt; &lt;em&gt;oeuvre&lt;/em&gt; &lt;em&gt;au noir&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5347319000149545026" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SjV-TKCcUEI/AAAAAAAABtY/OG-yEOhMJdc/s400/IMG_2570.jpg" border="0" /&gt;&lt;em&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5347319272662846194" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SjV-jBOrSvI/AAAAAAAABtg/YfvTCIL9kj4/s400/IMG_2586.jpg" border="0" /&gt;&lt;/em&gt; &lt;p align="center"&gt;&lt;em&gt; le lieu garde la mémoire de quelques ouvriers&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5347319516894759906" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SjV-xPEGi-I/AAAAAAAABto/UPMLKVoR-PM/s400/IMG_2618.jpg" border="0" /&gt; &lt;p align="center"&gt;&lt;em&gt;l'Habitation Clément&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;em&gt;&lt;p align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;On ne se promène pas en Martinique sans rencontrer la figure d'Aimé Césaire. On est peu après le premier anniversaire de sa mort, et la ville de Fort-de-France affiche partout son effigie assortie de phrases, sentences, extraits poétiques. L'homme est immense, et on s'incline de respect devant cette existence engagée totalement dans la création poétique comme dans la réflexion sur la négritude et la tâche politique au jour le jour pendant plus de cinquante ans. Sa mise en question des sociétés occidentales dans leur rapport à l'Afrique, aux colonies et au reste du monde est d'une formidable force, et sa portée universelle. Je trouve dans ces textes, dans les questions qu'ils soulèvent, les indignations qu'ils portent, une des raisons profondes de ce voyage, entre Afrique, Guyane et Antilles. &lt;/p&gt;&lt;p align="justify"&gt;Plus anecdotique, Jean-Elie trouve à la bibliothèque Schoelcher l'annonce d'un concours d'écriture d'une nouvelle policière sur le thème "Nouvelles du large". En trois jours, ou plutôt trois nuits, son texte est prêt et part pour St-Gilles-Croix-de-Vie, organisatrice de l'événement. Résultats fin juillet... &lt;/p&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5347320171536201330" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SjV_XVyyNnI/AAAAAAAABt4/ENcMDdHd_rQ/s400/IMG_2639.jpg" border="0" /&gt; &lt;p align="center"&gt; &lt;em&gt;au centre culturel de FdF.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;em&gt;&lt;p align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;Vient le moment de dire au revoir aux amis de Sualiga. Cécile et les enfants repartent en avion, et Yannick reprend la mer avec le catamaran et deux équipiers, pour les 3600 milles nautiques qui le ramèneront à Saint-Malo. L'histoire de ce voyage sabbatique est instructive. Cadre supérieur dans une des très grandes entreprises de BTP françaises, Yannick fait le choix de cette coupure familiale qui peut lui coûter sa carrière, puisqu'il met sa démission dans la balance. Ce ne sont pas des choses qui se font, dans ce milieu et à ce niveau de responsabilité. Mais sa décision est ferme, et c'est l'entreprise qui, en quelque sorte, se met à épouser les contours de l'aventure personnelle de l'un de ses cadres. Le very big boss, après avoir tenté de le retenir, lui avoue qu'il pense au fond que l'avenir est de son côté, et l'entreprise crée à la hâte, dans la foulée d'un départ que Yannick ne consent même pas à retarder d'un an, une fondation qui vise à promouvoir les projets personnels des salariés. On y verra peut-être la récupération coutumière et rusée de toute forme de créativité par le grand capital. J'y vois, moi, la puissance d'infléchissement dont est capable un individu à l'égard d'un collectif même nombreux (en l'occurrence de plusieurs dizaines de milliers d'autres individus), quand il pose en son seul nom un acte libre, anticonformiste dans son genre, et désaliénant, sans pour autant renier le collectif dont il s'abstrait momentanément. nous, il est temps de quitter ce mouillage et faire route vers le nord.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5347321010975991330" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SjWAIM805iI/AAAAAAAABuI/4UKp8ZG_wf0/s400/IMG_2462.jpg" border="0" /&gt; &lt;p align="center"&gt;&lt;em&gt;St Pierre et la Pelée&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5347321295655990498" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SjWAYxd09OI/AAAAAAAABuQ/8kfBx1A-bOI/s400/IMG_2473.jpg" border="0" /&gt; &lt;p align="center"&gt;&lt;em&gt;le théâtre après l'éruption de 1902&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p align="justify"&gt;Puis c'est notre tour de quitter le Marin. Certaines escales sont moins tournées vers la découverte des environs que vers l'approfondissement des relations avec les autres voileux. Les au-revoirs sont l'occasion, avec certains, de se raconter l'histoire de nos départs premiers. Dans une étude anthropologique, Sarah, jeune femme rencontrée sur Bilbo à Mindelo, fait remarquer que, contrairement aux terriens qui se questionnent mutuellement sur le thème: "que fais-tu dans la vie?", les voyageurs se posent entre eux d'autres questions: "D'où viens-tu? Où vas-tu?" Autrement dit: comment est-ce arrivé, ce voyage? C'est sous le signe de la narration que se font les rencontres entre voileux aux escales, et d'une narration longue, puisque le départ se raconte souvent comme un moment décisif dans l'histoire d'une vie. Le voyageur place donc son existence sous le signe du narrable. Voyager pour avoir voyagé, comme écrit Gilles Lapouge.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5347322219955645682" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 300px; CURSOR: hand; HEIGHT: 400px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SjWBOkwCbPI/AAAAAAAABug/yIcP3Ca42lM/s400/IMG_2699.jpg" border="0" /&gt;&lt;br /&gt;Pour notre part, nous partons vers la Grande Anse d'Arlet, en remontant la côte sous le vent.&lt;br /&gt; &lt;/p&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5347322546604886658" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 300px; CURSOR: hand; HEIGHT: 400px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SjWBhlnSSoI/AAAAAAAABuo/EWAQVdgP40Q/s400/IMG_2724.jpg" border="0" /&gt; &lt;p align="center"&gt;&lt;em&gt;après le cyclone.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;em&gt;&lt;p align="justify"&gt;&lt;/em&gt;On y retrouve Nuage, mais aussi Lou, un catamaran connu à Cayenne, dont les deux jeunes enfants entrainent les nôtres dans leurs plongées, avant de leur servir la langouste pêchée le matin même par le père quasiment sous le bateau! Jean-Jacqes, apnéiste confirmé, nous prodigue quelques conseils, et le passage involontaire de quelques objets par-dessus bord fournit aux garçons une bonne occasion de s'entraîner. Après le week-end de la Pentecôte, l'anse est soudain très calme, et les quelques équipages présents ont la plage pour eux seuls. Mais pour nous, il est temps de quitter ce mouillage et faire route vers le nord.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5347323705914242258" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SjWClEYLNNI/AAAAAAAABuw/PuZFeMwMrf4/s400/IMG_2694.jpg" border="0" /&gt; &lt;p align="center"&gt;&lt;em&gt;le bonheur est sur la bôme&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5347323987126527826" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SjWC1b-aJ1I/AAAAAAAABu4/C3NxPbgP-XE/s400/IMG_2712.jpg" border="0" /&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3301097922628147045-3114546563332112418?l=sidaventurealavoile.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://sidaventurealavoile.blogspot.com/feeds/3114546563332112418/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=3301097922628147045&amp;postID=3114546563332112418' title='3 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3301097922628147045/posts/default/3114546563332112418'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3301097922628147045/posts/default/3114546563332112418'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://sidaventurealavoile.blogspot.com/2009/06/chronique-antillaise-la-martinique-du.html' title='Chronique antillaise: la Martinique, du 20 mai au 3 juin (par Romuald)'/><author><name>fanny</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SjV5fJiu21I/AAAAAAAABrI/UXXJaxWeL_k/s72-c/IMG_2733.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>3</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3301097922628147045.post-5480727453907740930</id><published>2009-05-29T02:00:00.040+02:00</published><updated>2009-05-29T03:46:08.127+02:00</updated><title type='text'>Chronique antillaise: Grenadines vincentines et Sainte-Lucie, du 9 au 18 mai (par Romuald)</title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt; &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/Sh8mdUQocSI/AAAAAAAABnI/0L2Ni0JvLqQ/s1600-h/IMG_1606.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5341029968181227810" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 300px; CURSOR: hand; HEIGHT: 400px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/Sh8mdUQocSI/AAAAAAAABnI/0L2Ni0JvLqQ/s400/IMG_1606.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;En deux heures, on change de pays en passant de Carriacou à Union Island, la plus sud des Grenadines de Saint-Vincent. Le port est une baie environnée de bancs coralliens, très lumineuse, où défilent sans arrêt catamarans et autres monocoques de location, et parfois quelques voyageurs. Nous n'avons pas mis l'étrave dans la baie que déjà des boat-boys nous escortent pour nous proposer qui une bouée d'amarrage, qui du poisson ou d'aller remplir nos bidons de gas-oil. On décline tout, et on fait bien, car on va s'apercevoir que les prix grimpent très sec dans ces Grenadines. Dans ces régions où le poisson pullule, le big-eye, ou vivaneau, un poisson rouge-rose très fin, nous sera proposé à 20 euros le kilo! On saura par Laurent, un français qui s'est établi ici comme shipchandler depuis plusieurs années avec sa famille, que la clientèle américaine des bateaux de location a donné aux locaux la regrettable habitude de sortir les dollars sans compter. &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5341030262537811218" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/Sh8muc0tdRI/AAAAAAAABnQ/RBjV6CffyGc/s400/IMG_1546.jpg" border="0" /&gt; &lt;p align="center"&gt;&lt;em&gt;Union&lt;/em&gt; &lt;em&gt;Island&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Avant même d'aller à la douane et l'Immigration, je pars chez ce Laurent, qu'on vient de m'indiquer sur le ponton, chercher deux bouteilles de gaz. Il a également une étagère où s'échangent des livres d'un navigateur à l'autre, une coutume retrouvée chez de nombreux ship. En mer et dans les ports, les livres circulent... Fanny y retournera pour renouveler la bibliothèque du bord. Les livres circulent, mais pour les navigateurs, c'est plus compliqué: le jeune douanier ne laisse pas passer l'absence de passeport de Fanny, et la consigne à bord pour toute la traversée des Grenadines! Interdiction de débarquer! On laisse dire, et Fanny ne changera rien à ses habitudes. Je sais que certains navigateurs ont cessé d'aller déclarer leur entrée, faisant l'économie des taxes habituelles, et je me demande s'il ne faudrait pas en faire autant. Jamais personne ne contrôle... D'autant que la facture est cette fois salée: plus de cent euros pour pénétrer en territoire vincentin. Merci les américains...&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5341030706375699746" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/Sh8nISP6LSI/AAAAAAAABnY/htuuiu2juYc/s400/IMG_1554.jpg" border="0" /&gt; &lt;p align="center"&gt;&lt;em&gt;Place du marché.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Mais Laurent nous a aussi indiqué un restau pas cher où il a ses habitudes, chez Nola, sur la place du marché, une sorte de prairie entourée de cabanes colorées qui exhibent joliment fruits et légumes. Le douanier, pas chien, a autorisé Fanny à y déjeuner avec moi avant de se cloîtrer à bord. Trop aimable... Nola a déjà tout rangé à cette heure tardive, mais pour des "amis" de Laurent, qui lui demandent de leur préparer "quelque chose de typique d'ici", sans autre précision, elle ressort tout et s'affaire pendant trois quarts d'heure à préparer des bananes frites, du poisson en sauce, du poulet, de bons légumes, etc: Pantagruel aux Antilles!&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5341031093912660210" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/Sh8ne1766PI/AAAAAAAABng/4JAJyDv1dQk/s400/IMG_1711.jpg" border="0" /&gt; &lt;p align="center"&gt;&lt;em&gt;Tobago Cays&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Dès le lendemain matin, on file vers un endroit dont je rêve depuis un moment: les Tobago Cays. A une heure de bateau, face à l'île de Mayreau, un petit archipel d'îlots inhabités se tient à l'abri d'une barrière de corail de plusieurs kilomètres, le Horse Shoe Reef, et d'une seconde plus lointaine appelée Reef du bout du monde. Les eaux y sont très claires, et l'immensité de ce territoire nous fait croire au paradis. On arrive dans le chenal entre deux des îles, Petit rameau et Petit bateau (notez ces noms français comme on en trouve beaucoup dans les îles anglophones, vestiges de périodes où tout cela était français), et qui on voit? Porthos, bateau ami quitté à Mindelo début mars! Maxime et Céline y naviguent désormais sans Audrey, partie à pied poursuivre la vadrouille au Vénézuela.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p align="center"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5341031598780419762" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/Sh8n8OtxjrI/AAAAAAAABno/_nWyccSbB7U/s400/IMG_1724.jpg" border="0" /&gt; &lt;em&gt;Porthos et Vanguard&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Entre-temps, on pense aux amis Jean-Pierre et Eliane, qui nous ont bien aidés avant le départ puis en nous envoyant la météo pendant la transat. Ils préparent depuis longtemps leur année sabbatique et cette fois, ça y est: ils sont partis ce week-end d'Arzal, comme nous en septembre, mais pour un tour de la Meditérannée, sur un joli et rapide bateau qu'ils ont rebaptisé Fleur de Lune. Alors bon vent à vous, amis, et belles rencontres...&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p align="center"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5341031911573601426" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 300px; CURSOR: hand; HEIGHT: 400px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/Sh8oOb9evJI/AAAAAAAABnw/CWSrfL-kTes/s400/IMG_1827.jpg" border="0" /&gt; &lt;em&gt;Pour vous, Eliane et Jean-Pierre, cet "arbre du voyageur", dont la base des feuilles recueille l'eau qui désaltère le nomade.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p align="justify"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5341050867431965490" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/Sh85d0CTAzI/AAAAAAAABrA/MiNLnzcnAdY/s400/IMG_1715.jpg" border="0" /&gt;&lt;br /&gt;Le Pardesh biblique, le Paradis des origines et des fins dernières, contrairement à ce qui se raconte, pratique l'entrée gratuite sans condition d'âge ni de résidence, ni même passeport valide. On ne le dit pas assez. Tandis qu'ici, le paradis est payant. Des "rangers" se présentent donc pour encaisser la taxe de contribution à la protection de cette réserve marine. La république de Saint-Vincent y va quand même un peu fort sur les touristes! &lt;/p&gt;&lt;p align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p align="center"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5341032493993292930" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/Sh8owVpJ9II/AAAAAAAABn4/a-H9UZafaDM/s400/IMG_1611.jpg" border="0" /&gt; &lt;em&gt;La préparation du poisson&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p align="justify"&gt;&lt;br /&gt;On se rattrappe sur un beau vivaneau que le pêcheur nous cède en rouspétant pour la moitié de son prix initial, soit encore deux fois plus que le prix moyen du poisson en Guyane ou au Cap-Vert. Mais surtout on sort l'équipement de plongée et on fonce, non, on se rend doucement en annexe, pour ne pas saccager l'environnement de bruit et de fureur motoristique, sur le bord de la barrière de corail, d'où nous faisons nos premières explorations. &lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5341049732082558546" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/Sh84buh55lI/AAAAAAAABq4/rz4mSSpgO28/s400/IMG_1750.JPG" border="0" /&gt; &lt;p align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Je retrouve à peu près les mêmes poissons qu'à Sandy Island: le perroquet outrageusement fardé comme ces femmes que peint Rouault, et pourtant si farouche, la murène qui se glisse entre les pierres en robe du soir scintillante, ici verte, là violette, le coffre-rond et son cousin, le coffre-zinga, à la forme comique et qui agitent sur place leurs nageoires comme des précieuses leurs éventails, le marignan avec son oeil de femme qui a trop pleuré, le pagre-queue-jaune, le poisson-trompette qui se glisse dans un banc de platax paissant benoitement un plateau de corail, comme pour y passer inaperçu pendant que je rôde, alors que sa forme en tige le distingue immédiatement de ces poissons plutôt ronds ... On se demande quelles hiérarchies et connivences implicites règlent ce ballet. Les coraux, eux, sont beaucoup plus variés et leur étendue fait de cette promenade une surprise constante, de commencement en commencement... Cette astronomie inversée, comme vous dites, Jean-Damien, ne nous fait cependant découvrir aucune étoile de mer. Elles doivent illuminer d'autres yeux, sous d'autres latitudes...&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5341033528578302450" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/Sh8psjxcYfI/AAAAAAAABoI/jPtdxpohI1U/s400/IMG_1753.jpg" border="0" /&gt; &lt;p align="justify"&gt;&lt;br /&gt;L'après-midi, on repart, cette fois pour la plage minuscule de Barradal, un troisième îlot qui protège un fond de sable sur lequel s'est développée une végétation particulière de maigres algues dont sont friandes les tortues vertes. Beaucoup plus petites que les tortues luth observées de nuit en Guyane, elles sont quinze ou vingt sur les quelques centaines de mètres carrés où pousse cette algue, à brouter avec une ardeur placide, pardon pour l'oxymore mais c'est bien ça, en surveillant du coin de l'oeil les nageurs qui viennent les observer. Elles se laissent approcher, mais pas toucher. Le spectacle de leur envol d'ange, toutes les quelques minutes, vers la surface toute lumineuse, pour y respirer, est infiniment beau et apaisant.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5341034215692628866" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/Sh8qUjeQ84I/AAAAAAAABoQ/KUxCE11U83E/s400/IMG_1672.jpg" border="0" /&gt; &lt;p align="justify"&gt;&lt;br /&gt;On resterait bien encore une heure ou plus quand soudain une grande raie détale mollement (encore un oxymore, décidément c'est le coin qui veut ça; pensez-vous, un paradis payant, c'est un oxymore par excellence, quoique "l'occis mort" relève plutôt du pléonasme, mais alors si l'oxymore est un pléonasme, on n'y comprend plus rien, et d'ailleurs si l'occis mord, est-il seulement aussi mort qu'on l'a cru, enfin tout ça n'est pas simple, qu'en pensez-vous, Jean-Damien?) devant vous, que vous suivez aussi longtemps qu'elle veut bien ne pas accélérer. La veille, Fanny a retrouvé la pochette étanche que j'avais achetée à Las Palmas pour faire de la photo sous-marine. Le résultat est médiocre. Une première série est très floue, pendant la seconde l'appareil ne prend même plus les photos, et je m'en tiens là pour ne pas risquer l'appareil. Vous n'aurez rien de plus que ces deux photos-ci.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p align="center"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5341033109228218514" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/Sh8pUJkl6JI/AAAAAAAABoA/zWyy3T2fwAE/s400/IMG_1705.jpg" border="0" /&gt; &lt;em&gt;Oxymorus marinae&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Sur le bateau, on a la visite des oiseaux de l'île. Des sortes de merles, beaux comme des aigles avec leur oeil jaune et leur bec acéré, et chapardeurs comme des pies qui tentent de picorer tout ce qui traîne sur le pont.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5341034694377992850" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/Sh8qwatv8pI/AAAAAAAABoY/CV0HlIQuS3M/s400/IMG_1630.jpg" border="0" /&gt; &lt;p align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Visite aussi des boat-boys dont les bateaux se nomment Desperado ou Hero, et ont des silhouettes de hors-bords de course.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5341035287910817426" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/Sh8rS9zAHpI/AAAAAAAABog/QmmXeg3lPus/s400/IMG_1784.jpg" border="0" /&gt; &lt;p align="center"&gt;&lt;em&gt;Salt Whistle Bay&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Après une dernière balade à pied des garçons sur l'île, et une plongée pour nous, on quitte ce joli coin pour aller mouiller dans la Salt Whistle Bay de l'île de Mayreau, juste en face. Cette manoeuvre est devenue une routine pour tous, il n'est plus besoin comme au début de faire trois fois le tour du mouillage comme un chien qui tourne sur lui-même avant de se coucher. On grimpe jusqu'au village où nous accueille Robert, un vieux rasta aux dents flinguées, tout sourire néanmoins, qui tient ce restaurant qu'il a fait entièrement de ses mains, une institution dans l'île.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5341035752152207506" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/Sh8rt_OxkJI/AAAAAAAABoo/oEfpsCZQNBE/s400/IMG_1808.jpg" border="0" /&gt; &lt;p align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Partout sur ses murs, des photos défraichies de famille, d'amis navigateurs, des posters anciens de héraults et héros de la cause noire, des pavillons nationaux pendus aux poutres, et plus surprenant, un grande bannière de la marque pétrolière "Total": la révolution rastafarie n'est pas sectaire. On aurait aimé rester ce soir et en apprendre un peu plus sur cette culture rasta omniprésente dans les Antilles anglophones, mais il fait nuit et les enfants attendent sur le bateau.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On passe trop rapidement par les îles de Bequia (baie de Ste Elisabeth, découverte culinaire de l'excellent lambi, ce gros coquillage dont la conque est vendue aux touristes et servait à communiquer), et de Saint-Vincent, où nous faisons à Kingstown les formalités de sortie pour continuer vers le nord.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5341036855248292002" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/Sh8suMlYCKI/AAAAAAAABo4/JNVwMkKVzUQ/s400/IMG_1811.jpg" border="0" /&gt; &lt;p align="center"&gt;&lt;em&gt;Pirates des Caraïbes&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5341037222619822514" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/Sh8tDlJkubI/AAAAAAAABpA/_RJM_zkk460/s400/IMG_1831.jpg" border="0" /&gt; &lt;p align="center"&gt; &lt;em&gt;Bequia, Tyrell Bay&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5341037609290289650" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 300px; CURSOR: hand; HEIGHT: 400px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/Sh8taFm_0fI/AAAAAAAABpI/cfxQSLingrs/s400/IMG_1840.jpg" border="0" /&gt; &lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5341037961946227890" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/Sh8tunWuZLI/AAAAAAAABpQ/StRQzMNrUxk/s400/IMG_1872.jpg" border="0" /&gt; &lt;p align="justify"&gt;&lt;br /&gt;C'est un martyrologe à la main que Christophe Colomb a découvert ces Petites Antilles, les baptisant du saint du jour. Ainsi l'île suivante se nomme Sainte-Lucie. Partis le soir pour naviguer de nuit, on a affaire à un vent capricieux qui nous malmène, et des aberrations du GPS au passage du sud de Ste-Lucie. Jean-Elie, qui est de quart, me les fait remarquer. Je ne comprends pas, un GPS, ça ne se trompe pas, au pire le positionnement disparaît si l'appareil est mal alimenté ou l'antenne défectueuse... Tout redevient normal après quelques heures, mais curieusement, Jean-Elie, encore lui, tombe par hasard dans une revue nautique sur le courrier d'un lecteur de septembre précédent qui signale la même anomalie au même endroit et demande des explications. Le journal titre: "Un nouveau triangle des Bermudes?" Les montagnes de l'île seraient en cause.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5341038355780536018" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/Sh8uFigJBtI/AAAAAAAABpY/kab-c4MBxZU/s400/IMG_1908.jpg" border="0" /&gt; &lt;p align="justify"&gt;&lt;br /&gt;On finit par arriver au matin à Rodney Bay, au nord de l'île, spacieuse et agréable, dont le fameux rallye de l'ARC (Atlantic Rallye for Cruisers, 200 bateaux qui partent chaque année ensemble de Las Palmas aux Canaries) a fait son point d'arrivée aux Antilles.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5341038773480738802" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/Sh8ud2joT_I/AAAAAAAABpg/uQH7xz5alCE/s400/IMG_1930.jpg" border="0" /&gt; &lt;p align="justify"&gt;&lt;br /&gt;C'est vendredi, et chaque vendredi soir, le village de Gros-Ilet, au fond de la baie, fait la fête dans la rue: musiciens et barbecues partout, paraît-il. En fait de musique, il n'y a que de gros sound-systems qui crachent sans retenue les décibels de musiques sans intérêt, mais dès qu'on s'éloigne de la rue principale, on découvre le charme de ce village aux maisons de bois, devant lesquelles jouent les enfants le soir venu, dans des odeurs de grillades.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5341039245591358802" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/Sh8u5VTkrVI/AAAAAAAABpo/MT4fk_mOarE/s400/IMG_1929.jpg" border="0" /&gt; &lt;p align="justify"&gt;&lt;br /&gt;On boit ici un punch, on avale là une brochette de foie de porc. Une vieille créole a installé son stand, plus chic que les autres. Elle y propose dans de beaux plats en inox une excellente variété de cuisine créole, jusqu'à ces beignets de "christofine". Plus loin, à l'écart, au bord du chenal, les pêcheurs ont une grande tente sous laquelle grillent poissons et lambis. Il n'y a que des créoles ici, et qui se ruent sur la grille de lambis enfin prête. "It is here a delicacy", m'explique cette femme qui en prend un tupperware entier pour ramener aux Etats-Unis, où elle vit.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5341039837130523298" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/Sh8vbw9gAqI/AAAAAAAABpw/Paow7nS-0XI/s400/IMG_1926.jpg" border="0" /&gt; &lt;p align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Le lendemain, on redescend vers la Soufrière, plus au sud. Il paraît que le film Pirates des Caraïbes a été en partie tourné sur l'île, et les enfants, experts du film, tentent de reconnaître les décors naturels.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5341040353844033218" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/Sh8v513mdsI/AAAAAAAABp4/gzjt6-HhWzQ/s400/IMG_2073.jpg" border="0" /&gt; &lt;p align="center"&gt;&lt;em&gt;Frères siamois&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Dans la baie, le mouillage est quasi impossible, les fonds remontent trop raidement près du bord rocheux. Il faut s'amarrer à une bouée de corps-mort, comme nous l'indique une famille de basques déjà au mouillage. On passera une très bonne soirée avec ces voyageurs qui naviguent depuis des années sur un petit bateau et retournent bientôt au Vénézuela. Etrange comme certaines amitiés sont immédiates... On apprend au passage que le "Carpe diem" d'Epicure se dit en espagnol: "lo bailado, bailado esta!"&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p align="justify"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5341040951719563010" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 300px; CURSOR: hand; HEIGHT: 400px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/Sh8wcpIPDwI/AAAAAAAABqA/YecJ708Wzms/s400/IMG_2110.jpg" border="0" /&gt;&lt;br /&gt;Mouiller au pied des "Deux Pitons", emblème du pays reproduit sur son pavillon national, est assez impressionnant. Voir un banc de poissons faire bouillir la mer l'est aussi, et c'est un festin pour les mouettes et les frégates noires comme des vautours.&lt;br /&gt; &lt;/p&gt;&lt;p align="justify"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5341041367848299794" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/Sh8w03VDrRI/AAAAAAAABqI/2J2soptBsKg/s400/IMG_2255.jpg" border="0" /&gt;&lt;br /&gt;On ira voir bien sûr les Sulphur Springs, la soufrière, cette géhenne puante née d'une éruption qui a jadis ouvert la montagne en deux, et fut exploitée par les Français autrefois, d'où elle a gardé son nom. &lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5341041762525375842" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/Sh8xL1nZ7WI/AAAAAAAABqQ/CWrUuvgDrUw/s400/IMG_2200.jpg" border="0" /&gt; &lt;p align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Je plonge aussi sur le bord du Grand Piton, où poussent des coraux en tubes jaunes qui font penser à de vieilles cités englouties, et d'autres en plaques rouges, bleues, vertes comme la palette d'un maître de la Renaissance.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5341042206184332722" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/Sh8xlqX8XbI/AAAAAAAABqY/zhQ-TAANvCQ/s400/IMG_2274.jpg" border="0" /&gt; &lt;p align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Après deux nuits à l'ombre des Pitons, on repart vers Rodney Bay. A quelques encablures de là, un sloop blanc se dirige sur nous. Fanny à la barre s'inquiète, mais tribord amures, nous sommes prioritaires, et j'indique à Fanny de garder son cap. Surprise, il s'agit des très sympathiques Jacques et Kate, connus aux Canaries, et qui nous avaient aidés à larguer les amarres du ponton de Las Palmas sous un grain violent avec de fortes rafales qui nous avait tous surpris. Les revoilà donc, mais qui font route au sud tandis que nous remontons. Ils se déroutent un quart d'heure, le temps de quelques nouvelles, puis reprennent sud. J'aime ces rencontres furtives qui abolissent les mois intermédiaires depuis la fois d'avant, donnant le sentiment d'un continuum entre les voyageurs séparés et entre les temps de retrouvailles, continuum matérialisé par cette eau qui nous entoure.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5341042610195338690" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/Sh8x9LbrFcI/AAAAAAAABqg/OHXD5q0VR0w/s400/IMG_2293.jpg" border="0" /&gt; &lt;p align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Le soleil tape encore fort aujourd'hui, mais nos corps se sont habitués à son rayonnement des heures durant. Ils l'accueillent désormais comme un familier, parfois un peu insistant, c'est vrai, et plus comme une menace, ainsi qu'au début de la transat quand il nous cuisait l'épiderme implacablement. A sa fréquentation, mon front se dépigmente par petites taches claires qui font un archipel où je reconnais, si je veux, dans la glace, le Cap-Vert, les Canaries ou les Antilles. Les enfants en sont à l'avant-dernière séquence du Cned, et accélèrent le rythme pour tenir les délais et s'octroyer enfin des vacances scolaires. J'arrive pour ma part doucement au bout de l'épais cahier vierge relié de cuir que m'avait offert Maryvonne au moment de partir pour y déposer mes notes de voyage. Ne sachant trop qu'en faire, c'est très progressivement que je me suis mis à en noircir les feuilles, et je m'aperçois que ses deux-cent pages auront suffi exactement à recueillir les notes à partir desquelles j'ai écrit pour le blog. Drôle de hasard. Quelques paquets de mer infiltrés dans la cabine ou sur la table à cartes ont fait déteindre le cuir sur les pages de papier à l'ancienne, en ont détrempé l'encre et l'ont marqué du poids de l'aventure vécue ensemble. Il est devenu un objet précieux, tabernacle d'impressions fugaces, de questions intimes, de faits banals ou importants, et de taches d'eau salée, ou bien pense-bête des courriers à faire.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5341043013759777234" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 300px; CURSOR: hand; HEIGHT: 400px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/Sh8yUq07udI/AAAAAAAABqo/XTgTrGjnEHs/s400/IMG_1571.jpg" border="0" /&gt; &lt;p align="justify"&gt;&lt;br /&gt;A Rodney Bay, l'unique boat-boy vend fruits et légumes. François-Clair lui avait pris l'autre jour une conque de lambi qu'il avait percée et arrangée selon ses indications pour en faire une corne de brume. Malheur: pas un son n'en sortait, si ce n'est un gargouillis d'allure intestinale inapte à avertir quiconque de notre présence. On questionne l'homme à nouveau, qui explique comment placer les lèvres, un peu à la manière de la trompette. François-Clair tire alors de la conque un son grave et beau, primordial. On peut quitter Sainte-Lucie...&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5341043513770420082" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/Sh8yxxgwp3I/AAAAAAAABqw/lUhlSKVr4To/s400/IMG_2303.jpg" border="0" /&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3301097922628147045-5480727453907740930?l=sidaventurealavoile.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://sidaventurealavoile.blogspot.com/feeds/5480727453907740930/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=3301097922628147045&amp;postID=5480727453907740930' title='3 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3301097922628147045/posts/default/5480727453907740930'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3301097922628147045/posts/default/5480727453907740930'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://sidaventurealavoile.blogspot.com/2009/05/chronique-antillaise-grenadines.html' title='Chronique antillaise: Grenadines vincentines et Sainte-Lucie, du 9 au 18 mai (par Romuald)'/><author><name>fanny</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/Sh8mdUQocSI/AAAAAAAABnI/0L2Ni0JvLqQ/s72-c/IMG_1606.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>3</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3301097922628147045.post-5618627286668656506</id><published>2009-05-24T01:34:00.006+02:00</published><updated>2009-05-25T03:33:10.481+02:00</updated><title type='text'>Mes trois mondes  -  le 23 mai  (par Théana)</title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/ShnzRj4O4bI/AAAAAAAABmM/piwvgLBeJX4/s1600-h/PC215064.JPG"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5339566316238856626" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/ShnzRj4O4bI/AAAAAAAABmM/piwvgLBeJX4/s400/PC215064.JPG" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;Comme certains l’auront sûrement remarqué, cela fera bientôt un an que ce blog vous raconte nos aventures. &lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;Bien sûr, quand je dis un an, tout est relatif. Notre voyage ne se finira que dans environ deux mois. Mais moi, je m’aide du CNED pour savoir à peu prés où on en est. Et, dans toute l’année, nous avions 12 devoirs à envoyer ; Or, nous en avons déjà envoyé 10, bientôt 11. Donc, je dis sans hésiter que, pour moi, le voyage est bientôt terminé. Et n’allez pas croire que je suis spécialement triste ou spécialement heureuse. Non, j’suis dans la lune. Disons que j’ai un pied dans chaque monde, chose problématique, car des mondes, j’en ai trois, pour le moment. Les voilà :&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;Mon premier monde est celui dans lequel je vis, le monde du bateau, du CNED, du sommeil et inévitablement des repas -oui, c’est important- car dans un bateau, y’a pas la possibilité de faire des cornes de gazelles, du pain de poisson, du chili con carne,… Bref, ça, c’est mon premier monde.&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;Mon deuxième monde est constitué du moment où j’ouvrirai la VRAIE porte de ma VRAIE chambre et quand je dormirai sur mon VRAI lit. Parce que ce monde, je l’imagine très souvent.&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Mais le troisième monde, le meilleur, c’est celui de mon collège -que je ne connais pas-. Ce collège, j’y suis allée de nombreuses fois, mais c’était juste pour la cantine. La seule fois où je l’ai plus ou moins visité, ce que j’avais vu m’est sorti de la tête dès que j’ai quitté l’endroit. Mais les garçons m’en parlent, et c’est bien assez pour que je veuille y aller. Certaines des personnes qui liront ça se diront que je suis bizarre de tant vouloir retourner à l’école, mais ce n’est pas spécialement l’école qui me fait rêver, c’est la perspective de revoir des amis(es) de CM2. Je sais que je ne les reverrai pas tous, mais il y en a à qui je pourrai à nouveau parler et, après un an, ce n’est pas nul !&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5339564510459774402" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/Shnxoc08xcI/AAAAAAAABmE/ia3TTe3Z9wY/s400/PB304059.JPG" border="0" /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;Voilà, mes trois mondes actuels. J’ajoute au passage que j’ai parlé des amis(es) d’école, mais que je désire aussi beaucoup revoir d’autres amis(es)-et de temps en temps leurs parents quand je les connais- qui ne sont jamais allés à l’école avec moi.&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;Et, en plus des amis(es), il y a ma famille que je n’oublie pas. Car il me tarde de revoir mes deux grandes cousines, mes deux petits jumeaux de cousins, mes grands parents, mes tantes et oncles,… TOUTE ma famille !!!!!!!!!!!!!!!!!!!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Certain d’entres vous, lecteurs (si j’en ai), se souviennent peut être de m’avoir demandé : « Tu es heureuse de faire ce voyage ? ». Si vous vous souvenez des cette question, vous vous souvenez sûrement de la réponse, qui était une petite grimace, un « nnnnoooonnnnn… » ou, quand j’étais de bonne humeur, un « moouaaiiiiis » pas très convaincu.&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Maintenant, sachez le tous, J’AIME CE VOYAGE.&lt;br /&gt;Et ça me fera vraiment bizarre de penser que, bientôt, je ne pourrai plus dire :&lt;br /&gt;« Moi ? Je suis du VANGUARD, le beau vagabond 42 avec ses deux mâts peints en noir. »&lt;br /&gt;Oui. Je n’arrive pas à imaginer ma couchette occupée par quelqu’un d’autre que moi, les murs de ma cabine avec d’autres dessins que les miens, et de ne plus être « matelot » dans ce bateau.&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;J’espère que vous avez pris plaisir à lire cet article, qui est le plus long que j’aie fait dans ce blog. &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt; &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5339561874547148770" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/ShnvPBSaB-I/AAAAAAAABl8/Y8l2pea_O4g/s400/IMG_1612.JPG" border="0" /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3301097922628147045-5618627286668656506?l=sidaventurealavoile.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://sidaventurealavoile.blogspot.com/feeds/5618627286668656506/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=3301097922628147045&amp;postID=5618627286668656506' title='4 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3301097922628147045/posts/default/5618627286668656506'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3301097922628147045/posts/default/5618627286668656506'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://sidaventurealavoile.blogspot.com/2009/05/mes-trois-mondes-le-23-mai-par-theana.html' title='Mes trois mondes  -  le 23 mai  (par Théana)'/><author><name>fanny</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/ShnzRj4O4bI/AAAAAAAABmM/piwvgLBeJX4/s72-c/PC215064.JPG' height='72' width='72'/><thr:total>4</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3301097922628147045.post-356369528026216912</id><published>2009-05-13T22:15:00.035+02:00</published><updated>2009-05-29T02:00:40.359+02:00</updated><title type='text'>Chronique antillaise: Grenade et ses grenadines, 30 avril au  9 mai  (par Romuald)</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://3.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/Sgsq74R-qOI/AAAAAAAABh8/y5pk5IHMaVI/s1600-h/IMG_1311.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5335405391758928098" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: pointer; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/Sgsq74R-qOI/AAAAAAAABh8/y5pk5IHMaVI/s400/IMG_1311.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;Cette fois, ça y est, nous entrons dans la zone des Petites Antilles. Tobago est géologiquement dépendante du Vénézuela et du continent sud-américain. Avec Grenade commence l'arc antillais que nous allons remonter jusqu'à Saint-Martin, où nous laisserons le bateau après l'avoir, trois semaines durant, remis en état. C'est un peu la dernière ligne droite de notre long et court voyage, et elle devrait consister davantage, à la différence de ce qui a précédé, en baignades en eaux claires, farniente sur la plage, cabotage au long des îles en traites journalières de 5 à 70 milles maximum, soit des conditions de croisière côtière sans difficulté particulière dans les alizés. C'est une bonne façon de clore notre année sabbatique, en faisant le plein de repos, de "thalassothérapie" et de soleil avant de reprendre le collier.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SgsrGE1eHvI/AAAAAAAABiE/MwvhtL5j4ww/s1600-h/IMG_1142.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5335405566927707890" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: pointer; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SgsrGE1eHvI/AAAAAAAABiE/MwvhtL5j4ww/s400/IMG_1142.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;L'arrivée à Grenade est nettement plus détendue que notre passage à Tobago. On mouille tout d'abord au sud de l'île, dans la Prickly Bay. Près des pontons, un petit bâtiment contient douanes et immigration, laverie et douches. Le jeune homme qui s'occupe des formalités en accompagnant à voix basse le rappeur qu'il écoute sur son lecteur est si détendu que c'est moi qui doit lui rappeler que les passeports sont peut-être à tamponner, isn't it? Son collègue, entre deux paperasses, me change aimablement 100 dollars US en East Caribbean Dollars, la monnaie qu'on va retrouver dans nombre d'escales antillaises. Après cela, à nous la liberté de circuler où bon nous semble dans l'île et ses dépendances: les Grenadines de Grenade (à distinguer des Grenadines de St Vincent, à venir). Liberté sitôt utilisée à des baignades pluri-quotidiennes autour du bateau, pendant lesquelles Jean-Elie et moi nettoyons les oeuvres vives de Vanguard, c'est-à-dire la partie immergée de la coque.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://3.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SgsrdsyzZuI/AAAAAAAABiM/NAl811o8tXA/s1600-h/IMG_1129.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5335405972790929122" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 300px; CURSOR: pointer; HEIGHT: 400px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SgsrdsyzZuI/AAAAAAAABiM/NAl811o8tXA/s400/IMG_1129.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;L'anglais que parlent les Grenadiens est sensiblement plus compréhensible que celui de Tobago. Deux à trois répétitions suffisent en général à mon interlocuteur pour faire naître sur mon visage une lueur de compréhension. L'île fut jadis française, mais il y a longtemps que les Anglais en ont pris le contrôle, avant de lui consentir son indépendance il y a quelque trente ans. C'est du reste un peu l'histoire de toutes ces îles, DOM français exceptés. Caboter le long de ces îles, c'est changer de pays constamment. Ce qui revient cher en pavillons de courtoisie!&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://1.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/Sgsr2KHD-GI/AAAAAAAABiU/drWl-952Hu8/s1600-h/IMG_1196.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5335406392977389666" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: pointer; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/Sgsr2KHD-GI/AAAAAAAABiU/drWl-952Hu8/s400/IMG_1196.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;Comme on est arrivés la veille du 1er mai, ici férié, lui-même veille de week-end, et que tout sera fermé pour trois jours, on se dépêche d'aller en ville avec un taxi collectif pour avancer avec le problème des cartes bancaires. "Entre un et deux mois, depuis la Guyane française" (où nos cartes sont en attente chez l'ami de St Laurent), nous apprend la guichetière de la Poste centrale. Il faut chercher autre chose. DHL? Fedex? Trop cher. On va tâcher de tenir jusqu'en Martinique, où nous avons des contacts.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://1.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SgssOcsKbQI/AAAAAAAABic/eOJUyQyLP5E/s1600-h/IMG_1213.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5335406810281700610" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: pointer; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SgssOcsKbQI/AAAAAAAABic/eOJUyQyLP5E/s400/IMG_1213.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;Le temps est occupé par les corvées du bord et la nouvelle séquence à envoyer au Cned. Les bateaux, pour la plupart très beaux et chers, sont nombreux au mouillage, il y a beaucoup d'anglais et de nord-américains. On sent là qu'on est entré dans la zone Antilles. Les équipages se retrouvent en fin d'après-midi au bar de la marina, qui fait aussi restaurant, et éclusent en habitués bières et cocktails jusque tard. Après nos escales si humainement denses du Sénégal, du Cap-Vert et de Guyane, on sent ici comme une frivolité, une superficialité, qui fait contraste, et on se demande si on a bien envie de ça maintenant. Et pourquoi pas? Que celui qui n'a jamais succombé à l'attrait d'une plage de sable fin bordée de cocotiers et ouverte sur une eau turquoise, que celui-là me jette la première bière...&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SgssduNepuI/AAAAAAAABik/6fXxB3KNIt4/s1600-h/IMG_1181.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5335407072682878690" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: pointer; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SgssduNepuI/AAAAAAAABik/6fXxB3KNIt4/s400/IMG_1181.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;De fait, des plages de sable fin et des cocotiers, vous allez en voir, sur notre blog. Jusqu'à l'écoeurement, je le crains. Nous évoluons désormais dans un monde de cartes postales, et le rythme que nous devons soutenir pour être à Saint Martin dans six semaines nous interdit de nous attarder aux escales, d'"approfondir" le contact. On va rester sur les plages...Néanmoins, au nom de votre fidélité sans faille et des valeurs les plus sacrées du voyage océanique, je m'engage à essayer de vous présenter autre chose que des cocotiers sur plage de sable fin. Par exemple et en gage de ma bonne foi, cet arbre mort sur falaise:&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://1.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/Sgss2LDbItI/AAAAAAAABis/NRehreAJ0_k/s1600-h/IMG_1171.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5335407492742193874" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 300px; CURSOR: pointer; HEIGHT: 400px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/Sgss2LDbItI/AAAAAAAABis/NRehreAJ0_k/s400/IMG_1171.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Ou cet autre, bien vivant, sur bord de route. Vous voyez, les Antilles, c'est pas ce qu'on croit...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SgstGGIuDoI/AAAAAAAABi0/g7Rew-Awg0k/s1600-h/IMG_1291.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5335407766300135042" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 300px; CURSOR: pointer; HEIGHT: 400px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SgstGGIuDoI/AAAAAAAABi0/g7Rew-Awg0k/s400/IMG_1291.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;Samedi, c'est le fameux marché aux produits frais et aux épices. On appelle Grenade "l'île aux épices", Spice Island, et le marché couvert est quasi entièrement dévolu aux étals des vendeuses de ces épices ennivrantes, vendues sous tous les conditionnements et déclinées en une infinité de sauces en bouteille: cinnamon, girofle, paprika, vanille (une merveille odorante quand la femme ouvre la boite plastique qui en contient les bâtons), safran, bay leaf, curry, tumeric, et bien sûr la noix de muscade, "nutmeg", emblème du pays qui en produit le quart des besoins mondiaux, et son enveloppe appelée macé. Une femme sert aussi là des "roties", sortes de sandwiches chauds fourrés au poulet et aux patates au curry - du lourd, donc -, accompagnés de jus de fruits locaux. Elle me recommande son "sea-moss" avec un sourire entendu, mixture laiteuse à base d'une algue appelée mousse d'Irlande, et "qui rend les hommes plus forts", dit-elle. Un délice.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="TEXT-ALIGN: center"&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SgstjSixysI/AAAAAAAABi8/f7uXMXRBsO0/s1600-h/IMG_1284.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5335408267846863554" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: pointer; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SgstjSixysI/AAAAAAAABi8/f7uXMXRBsO0/s400/IMG_1284.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt; &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;le marché ferme le dimanche...&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;Le lendemain, Fanny paresse sur une plagette de la baie pendant que je vais marcher dans Saint Georges, la petite capitale. On est surpris d'être partout salué dans la rue par des inconnus, comme dans un village. Il faut toujours grimper ou descendre, dans cette ville construite sur des collines. Je grimpe donc jusqu'au Fort St Georges, vestige français du début du 18ème siècle, qui porte encore beau malgré l'absence totale d'entretien. De vieux canons y pointent en ordre dispersé leurs fûts vers l'océan tranquille et lumineux du milieu d'après-midi.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/Sgst95onfLI/AAAAAAAABjE/k0DTPlytacE/s1600-h/IMG_1244.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5335408725016935602" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: pointer; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/Sgst95onfLI/AAAAAAAABjE/k0DTPlytacE/s400/IMG_1244.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SgsuRIT4THI/AAAAAAAABjM/p0Zisp6zDgE/s1600-h/IMG_1262.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5335409055374003314" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: pointer; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SgsuRIT4THI/AAAAAAAABjM/p0Zisp6zDgE/s400/IMG_1262.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;De nombreux toits envolés et vitres explosées sur les batiments publics comme les maisons individuelles me rappellent qu'avec Grenade, nous sommes entrés dans la zone des cyclones. Il y a peu, les Grenadiens n'en savaient rien, puisque les ouragans passaient toujours plus au nord dans les Antilles. Mais en 2004, le cyclone Yvan a bifurqué pour la première fois vers le sud, et l'île, absolument pas préparée à ça, a été dévastée. Beaucoup a été reconstruit, mais les vieilles bâches grises de l'USAid flottent encore sur certains baraquements du Fort. Depuis, les assureurs de bateaux ont abaissé la latitude à partir de laquelle ils assurent le risque cyclonique. Mais nous n'en sommes pas là, puisque la saison des cyclones ne commence sérieusement qu'en juillet.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="TEXT-ALIGN: center"&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://1.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/Sgsun_y4SFI/AAAAAAAABjU/UWlBOReWt5o/s1600-h/IMG_1272.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5335409448225097810" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: pointer; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/Sgsun_y4SFI/AAAAAAAABjU/UWlBOReWt5o/s400/IMG_1272.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt; &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;le Fort St Georges, vaguement fantomatique&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;La visite du cimetière est un régal. Des tombes blanches à l'écriture surannée s'étendent sur tout un flanc de colline dans un désordre maîtrisé, envahies de délicates fleurs mauves et roses. Le souvenir des morts est ici cultivé en terrasses. Un homme apparemment assez misérable s'y recueille. On se salue.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://1.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SgsvBYd2M_I/AAAAAAAABjc/q5KX7lezhVU/s1600-h/IMG_1342.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5335409884344497138" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: pointer; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SgsvBYd2M_I/AAAAAAAABjc/q5KX7lezhVU/s400/IMG_1342.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SgsvZLqSW7I/AAAAAAAABjk/bWjGA5GdRQw/s1600-h/IMG_1338.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5335410293223873458" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: pointer; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SgsvZLqSW7I/AAAAAAAABjk/bWjGA5GdRQw/s400/IMG_1338.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;Au loin, en bas, l'ellipse bleue du stade tout neuf aux couleurs flambantes affirme la vie, ou du moins la vitalité sportive. Tout autour, les coteaux sont peuplés de maisons en équilibre sur des piliers, qui me rappellent celles des vallées de Santo Antao, au Cap-Vert. Deux colibris, les premiers que je vois de ma vie, s'échappent d'un arbuste et se poursuivent comme des avions de voltige. Emerveillement de suivre des yeux ces lilliputiens de l'avifaune.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://3.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/Sgsv1xTSUcI/AAAAAAAABjs/AhNsWRos_V8/s1600-h/IMG_1333.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5335410784364286402" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: pointer; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/Sgsv1xTSUcI/AAAAAAAABjs/AhNsWRos_V8/s400/IMG_1333.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;On passe pas mal de temps sur internet. Outre les affaires courantes, on demande aux copains des bateaux rencontrés depuis six mois et qui croisent dans ces eaux de nous faire signe et de nous indiquer leurs meilleures expériences de mouillages, de visites, d'avitaillement pas cher et de baignades de rêve. En deux jours, nous avons un "guide des Antilles" fait sur mesure, qui complète l'autre. On a pris aussi le temps de répondre longuement à deux élèves de la classe de cinquième de notre amie Aude, en région parisienne: Sherazed et Polina. Ce dialogue qui s'instaure sur le tard entre nos enfants et ceux-là, qui nous prêtent leur attention, qui ont sans doute leurs propres rêves d'avenir - si toutefois l'expression n'est pas brevetée Ségolène, comme bravitude -, m'intéresse beaucoup.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://1.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SgswPQgKbgI/AAAAAAAABj0/QwJ_0BWEKiQ/s1600-h/IMG_1293.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5335411222236524034" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 300px; CURSOR: pointer; HEIGHT: 400px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SgswPQgKbgI/AAAAAAAABj0/QwJ_0BWEKiQ/s400/IMG_1293.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SgswyNTkGNI/AAAAAAAABj8/1aZZLAjcxqY/s1600-h/IMG_1307.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5335411822673795282" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: pointer; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SgswyNTkGNI/AAAAAAAABj8/1aZZLAjcxqY/s400/IMG_1307.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;Mardi, on se déplace benoîtement de quelques milles jusqu'au port de Saint Georges, au sud-ouest de l'île, pour y faire un gros avitaillement. On n'est pas encore habitués à ces courtes distances, et on prépare chaque fois le bateau comme pour une transat. Arrivés dans le "lagoon", l'un des bassins du port, un vieux créole vient à nous en barque à la rame: il vend des pavillons nationaux qu'il fabrique lui-même. J'avais vu les prix des pavillons chez le shipchandler à Prickly Bay: une fortune pour un rectangle de tissu de piètre qualité (dans les alizés, nos pavillons antérieurs, Cap-Vert, Sénégal, ont tenu quelques semaines avant de partir en quenouille) fabriqué pour trois sous en Chine ou ailleurs. Là, c'est du solide: trois coutures sur l'extrémité qui faseye dans le vent, la plus vulnérable donc, de beaux tissus aux couleurs éclatantes, et cela pour moitié moins cher que le shipchandler. On lui prend Grenade et Saint Vincent, notre prochaine escale. Du reste, il n'a rien d'autre.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://1.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SgsxOwRIU2I/AAAAAAAABkE/sfmRENSNiaU/s1600-h/IMG_1331.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5335412313095164770" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: pointer; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SgsxOwRIU2I/AAAAAAAABkE/sfmRENSNiaU/s400/IMG_1331.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;Dans la baie de St Georges, un supermarché a fait construire un petit ponton à sa porte uniquement pour les bateaux clients. On apprécie... Cette facilité nous fait gagner un temps précieux que les parents réinvestissent en sortie dans un restaurant qui, non seulement sert une exquise cuisine aux épices, mais expose aussi les sculptures sur bois d'un fermier des environs, Victor Francis, dont la naïveté et l'expressivité me touchent beaucoup: visages aux grands yeux qui vous regardent et vous convoquent, comme disait Emmanuel Lévinas, surmontés de coiffures qui sont des petits mondes faits d'arbres, de personnages portant des offrandes, de soleils, comme s'il s'agissait de rendre tout ce que ce visage porte dans la tête, son monde intérieur. Tout cela avec une touche d'enfant qui fait tout de suite reconnaître qu'on n'a pas affaire à quelqu'un qui est sorti des Beaux-Arts, mais à un simple.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://1.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SgsxuEgT0zI/AAAAAAAABkM/kARHBsFTVI4/s1600-h/IMG_1381.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5335412851103486770" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: pointer; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SgsxuEgT0zI/AAAAAAAABkM/kARHBsFTVI4/s400/IMG_1381.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Bon, je dois ouvrir une parenthèse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="TEXT-ALIGN: center"&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://3.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SgsyPIhlBmI/AAAAAAAABkU/74vzuIhBQGs/s1600-h/IMG_1204.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5335413419118233186" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: pointer; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SgsyPIhlBmI/AAAAAAAABkU/74vzuIhBQGs/s400/IMG_1204.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt; &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;la table à cartes, pendant l'escale&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;Jean-Elie juge que ce blog contient trop de photos en extérieur, au détriment de photos plus intimistes. Je ne lui donne pas tort. Lui-même a pris quelques photos de scènes d'intérieur du bateau, dont je vous livre dans un premier temps deux natures mortes, puis je ferme la parenthèse.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="TEXT-ALIGN: center"&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/Sgsyq5D5O1I/AAAAAAAABkc/x4SasbWbom4/s1600-h/IMG_1364.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5335413896003533650" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: pointer; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/Sgsyq5D5O1I/AAAAAAAABkc/x4SasbWbom4/s400/IMG_1364.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;Epices et poisson frais&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;De Grenade, vingt milles nous séparent de l'île de Carriacou, que nous atteignons jeudi 7. Précisément Tyrell Bay, au sud de l'île. Pas mal de bateaux sur ce mouillage cependant très calme.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://1.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SgszP1rABvI/AAAAAAAABkk/mf2GLgruZLk/s1600-h/IMG_1425.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5335414530748974834" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: pointer; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SgszP1rABvI/AAAAAAAABkk/mf2GLgruZLk/s400/IMG_1425.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;Un pêcheur nous aborde en barque: lui, vend des huîtres de palétuvier, récoltées dans la mangrove toute proche. Ca faisait un moment que j'attendais cette occasion. Il m'en fait goûter une demi-douzaine, de quoi me convaincre de lui acheter la douzaine suivante. Il part servir un autre bateau puis revient, amarre sa barque à couple et prépare mes huîtres sur une assiette du bord, avec filet de citron fourni en prime. Une sorte de livraison à domicile que je déguste sur le bord du bateau pendant que la nuit tombe et que la lune s'installe. Ces huîtres sont un régal.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/Sgs0Lv96FrI/AAAAAAAABk0/u-gNUJn7YqM/s1600-h/IMG_1418.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5335415560009815730" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: pointer; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/Sgs0Lv96FrI/AAAAAAAABk0/u-gNUJn7YqM/s400/IMG_1418.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Le temps, le lendemain, de consulter les mails, d'acheter un gros sac de glace pour la glacière qui nous fera vingt-quatre heures de fraîcheur, et nous poussons jusqu'à Sandy Island, de l'aure côté de Cistern Point, à trois milles de là.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://1.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/Sgs0-VlKkiI/AAAAAAAABlE/pWMCj_mEIMY/s1600-h/IMG_1434.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5335416429100044834" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 300px; CURSOR: pointer; HEIGHT: 400px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/Sgs0-VlKkiI/AAAAAAAABlE/pWMCj_mEIMY/s400/IMG_1434.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;Sandy Island est une langue de sable et de galets bordée de récifs de coraux, à quelques encablures de la côte. On peut y mouiller, et surtout y plonger dans les coraux. C'est notre première expérience du genre, si on excepte la lointaine et brève plongée sur l'Isla de los Lobos, dans les Canaries, d'ailleurs sans coraux.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/Sgs1i8fRzNI/AAAAAAAABlM/YpzBzVjEt9E/s1600-h/IMG_1453.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5335417058019626194" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: pointer; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/Sgs1i8fRzNI/AAAAAAAABlM/YpzBzVjEt9E/s400/IMG_1453.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;Le vent est assez vif, vingt à vingt-cinq noeuds établis, et le mouillage, sans être inconfortable, est chahuté. Le transport en annexe jusqu'à la plage de l'îlot est arrosé, mais nous sommes bientôt dans l'eau avec masque, palmes et tuba - faut-il vraiment appeler ça du vilain nom de "snorkeling"? Lançons un concours pour inventer quelque chose de plus gracieux! - et atteignons un premier jardin corallien.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://1.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/Sgs2OlKl_BI/AAAAAAAABlU/ticP4kHJ_PE/s1600-h/IMG_1491.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5335417807673097234" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: pointer; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/Sgs2OlKl_BI/AAAAAAAABlU/ticP4kHJ_PE/s400/IMG_1491.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;La beauté de ce monde sous-marin est époustouflante. Certaines "patates" de corail sont somptueuses comme des vases de céramique antiques, d'autres coraux offrent leurs corolles géantes, ou leurs "bois de cerf", et des dizaines de variétés de poissons évoluent là. On a vu déjà bien des aquariums (La Rochelle, Brest, Boulogne, etc), on se sent un peu familier de ces paysages et de cette faune, mais cette fois, on est DANS l'aquarium, et il est géant. On suit doucement une famille de poulpes qui se promène en ondulant du jupon comme les danseuses de flamenco, on débusque un grand timide aux couleurs de rouge délicat tirant sur le rose, qui se tenait coi dessous un surplomb, on est soudain entouré d'une nuée de dizaines de milliers d'alevins qui scintillent au soleil en virant à droite et à gauche, on effraie une raie qui somnolait sur le sable, en bordure du récif, et va chercher plus loin son repos. Tout à coup, on se sent observé: c'est un de ces poissons qui, loin d'exhiber ses couleurs vives, se confond avec le sol sableux et pierreux, et on se doute que celui-là pourrait nous faire du mal. Il lance du reste une attaque, mais d'intimidation. On se déporte ailleurs, où un serpent couleur de sable avec des taches marrons glisse entre les algues. Le monde du silence, si beau, comporte aussi ses dangers.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/Sgs20AL6QfI/AAAAAAAABlc/0_zrjGDwLEU/s1600-h/IMG_1466.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5335418450581537266" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: pointer; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/Sgs20AL6QfI/AAAAAAAABlc/0_zrjGDwLEU/s400/IMG_1466.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;Le lendemain, on remet ça, après avoir récolté un peu du sable de l'île, si particulier en ce que des particules de corail broyé par le ressac lui donnent une teinte rosée, et même: grenadine! Ensuite, on traverse la baie jusqu'à Hillsborough, la capitale de l'île où il nous faut faire les formalités de sortie du territoire, puisque nous passons ensuite aux Grenadines de Saint Vincent&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/Sgs3XJ2aZbI/AAAAAAAABlk/7u9UDes-4Ik/s1600-h/IMG_1507.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5335419054471144882" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: pointer; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/Sgs3XJ2aZbI/AAAAAAAABlk/7u9UDes-4Ik/s400/IMG_1507.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;Le temps d'une soirée, on croise sur les entours de Hillsborough une vendeuse de poulet au barbecue qui se moque quand on lui demande où est le marché aux fruits et légumes ("I am the market", dit-elle en montrant son étal où restent trois tomates et quelques concombres); une soeur de mère Térésa, qui disparaît en nous souriant derrière la porte du jardin communautaire; et une multitude de crabes rouges qui font bruire intensément le taillis vers lequel il se sauvent quand on s'approche sur la plage.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/Sgs37QUhGJI/AAAAAAAABls/ScUlQpB-vtk/s1600-h/IMG_1525.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5335419674683316370" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: pointer; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/Sgs37QUhGJI/AAAAAAAABls/ScUlQpB-vtk/s400/IMG_1525.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Le lendemain, tôt, on appareille pour l'île voisine: Union Island, à deux heures de navigation.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/Sgs4ey1ZjyI/AAAAAAAABl0/imzUACxs214/s1600-h/IMG_1532.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5335420285243461410" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 300px; CURSOR: pointer; HEIGHT: 400px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/Sgs4ey1ZjyI/AAAAAAAABl0/imzUACxs214/s400/IMG_1532.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3301097922628147045-356369528026216912?l=sidaventurealavoile.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://sidaventurealavoile.blogspot.com/feeds/356369528026216912/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=3301097922628147045&amp;postID=356369528026216912' title='7 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3301097922628147045/posts/default/356369528026216912'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3301097922628147045/posts/default/356369528026216912'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://sidaventurealavoile.blogspot.com/2009/05/chronique-antillaise-grenade-et-ses.html' title='Chronique antillaise: Grenade et ses grenadines, 30 avril au  9 mai  (par Romuald)'/><author><name>fanny</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/Sgsq74R-qOI/AAAAAAAABh8/y5pk5IHMaVI/s72-c/IMG_1311.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>7</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3301097922628147045.post-8446958116019147120</id><published>2009-05-04T23:31:00.009+02:00</published><updated>2009-05-04T23:57:05.526+02:00</updated><title type='text'>Tobago, l'escale manquée, du 22 au 29 avril, (par Romuald)</title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;Merci, Jean-Damien, pour votre nouveau poème, né des tribulations du caillou de St Joseph. Existentialisme doux-amer. Lecteurs, allez-y voir dans les commentaires...&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;D'abord, je dois revenir un instant sur le ver macaque. Une amie anthropologue m'a conseillé à posteriori de consulter un chamane. Logique, dans ces forêts, mais c'était trop tard. J'ai banalement été voir le sorcier des blancs, qui s'est trouvé du reste être un docteur noir, sénégalais comme je l'ai dit. Toujours est-il que cet épisode a visiblement marqué les enfants. Il était donc logique que leur psychologue de père les invitât à exprimer dans un dessin la scène qui hantait leurs nuits depuis qu'ils me savaient aux prises avec cet alien. Le résultat est sans doute à verser aux annales de la psychologie infanto-juvénile (ou de la psychiatrie adulte?) Je vois déjà Rosemarie qui se marre...&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt; &lt;/div&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5332085046798365458" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/Sf9fGXaWsxI/AAAAAAAABg8/mSL0-AnIjB0/s400/Papa+et+son+anaconda.jpg" border="0" /&gt; &lt;p align="center"&gt; &lt;em&gt;Jean-Elie me prend pour Adam...&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5332086237834459618" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/Sf9gLsXfOeI/AAAAAAAABhE/6Oen_kdCHq8/s400/L%27unique+travail+de+Romuald.jpg" border="0" /&gt; &lt;em&gt;...et Théana pour Héraklès (ou pour l'amphore peut-être, ce n'est pas très clair pour moi!)&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;On quitte Saint-Laurent mercredi 22 avec regrets, on passe devant le village de Fred avec le remords de ne pas être retourné le voir comme convenu. Frank lui expliquera... &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;La descente du Maroni se fait sans difficulté malgré le courant contraire (toujours cette nécessité d'être à mi-marée au passage de la barre), et il fait presque nuit quand nous atteignons la bouée d'eaux saines à partir de laquelle nous prenons notre cap au nord-ouest, vers Tobago. Le vent est doux, par le travers, le courant des Guyanes nous porte, et nous avançons à bonne vitesse.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;p align="center"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5332086685832204386" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/Sf9glxSeUGI/AAAAAAAABhM/jSVcmWfxrdc/s400/IMG_1074.jpg" border="0" /&gt;&lt;em&gt; Sur le Maroni&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Il nous faut presque quatre jours pour couvrir les 520 milles entre l'embouchure du Maroni et le port de Scarborough, capitale de Tobago. Curieusement, cette traversée facile sur une mer assez belle, nous l'éprouvons fatigante. Il nous semble que nous sommes encore sous l'influence accablante du climat de la forêt, humide, chaude, oppressante. On se sent devenus comme des aïs, ces moutons-paresseux, aperçus au zoo de Cayenne, et qui ne se déplacent qu'avec lenteur, quand seulement ils quittent la branche fourchue au creux de laquelle ils sont allongés, comme sur un hamac. On avait su par les amis sur place que le climat d'ici entraîne fréquemment chez l'un ou l'autre des symptômes de fatigue, de malaise, d'indisposition, sans vraiment de maladie déclarée. Eh bien nous y voilà. Il faut dire que les veilles de nuit contribuent à la fatigue...&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5332086854585299730" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/Sf9gvl8WMxI/AAAAAAAABhU/z1DxA7ya54c/s400/IMG_1083.jpg" border="0" /&gt; &lt;p align="center"&gt;&lt;em&gt;Ciel du matin&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Bref, dimanche au petit jour apparaît l'île de Tobago, dont on observait le halo dans la nuit depuis déjà un bon moment. Cette île de taille moyenne, qui fait partie de la république de Trinidad et Tobago, est réputée pour sa beauté. Elle aurait inspiré Daniel Defoë qui y aurait situé son "Robinson Crusoë". &lt;/p&gt;&lt;p align="justify"&gt;Il n'y a que deux voiliers quand nous arrivons, mais le port est petit et surtout, y évoluent de grands ferrys et quelques cargos qui réclament de la place pour "éviter" (= tourner sur soi-même).&lt;/p&gt;&lt;p align="justify"&gt;L'ancre mouillée, on va pour faire les formalités d'entrée, et quelqu'un nous apprend que tout est fermé aujourd'hui dimanche. Soit, on a l'habitude de ce genre de réponse. Le lendemain, on remet ça. Après trois heures d'attente au bureau de l'immigration, on a affaire à un officier qui tique sur l'absence de passeport de Fanny, mais fait les papiers d'entrée, puis nous envoie à la douane. Là, un autre officier me gronde comme un enfant, car il est faux que les services étaient fermés hier, et j'aurais dû me débrouiller pour le savoir. En plus, arriver le dimanche implique une taxe d'heures supplémentaires de 30 dollars US! C'est la première fois que les formalités sont si compliquées et je commence à trouver ce pays peu accueillant. Pas un sourire, pas un mot sympathique, mais une espèce de neutralité vaguement hautaine aux faux airs de professionnalisme. D'accord, la douane, ce n'est pas l'office du tourisme, mais tant de rigidité finit par être symptômatique de quelque complexe. Pourquoi faux airs? L'une des questions des trente-six formulaires que nous avons remplis est: "Does the vessel have a holding tank?" Ne connaissant pas le sens de "holding tank", je n'ai rien écrit. L'officier me tend la feuille, le doigt sur l'item, j'explique et demande: "What do you mean with holding tank?" "I don't know...", répond-il après un temps de réflexion sans même sourire, et tâchant de garder son petit air suffisant de représentant de l'Etat. On dirait du Queneau. Je comprends une fois de plus que tous ces contôles sont une vaste comédie, qu'il s'agit d'entretenir des croyances en la maîtrise que cet Etat aurait de son espace propre. Grotesque!&lt;br /&gt; &lt;/p&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5332089022072819234" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/Sf9itwdpDiI/AAAAAAAABh0/io7lC6Prc4M/s400/IMG_1096.JPG" border="0" /&gt; &lt;p align="center"&gt;&lt;em&gt;Arrivée à Tobago, sous les bons auspices de l'arc-en-ciel&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p align="justify"&gt;Après ce pensum, on se balade dans cette ville sans centre-villle, étalée comme un faubourg le long du port et de la baie. Et là, on croise des gens d'une autre qualité. D'abord, la musique est partout, du genre calypso, je crois, mais comme je ne connais rien aux musiques des Caraïbes, je vais dire des bêtises - au secours, Pascal! Au marché, indolent comme jamais je n'ai vu un marché, on nous questionne sur notre provenance, pour nous saluer ensuite d'un "Have a blessed day" ou "Enjoy your sailing around" qui nous rendent infiniment sympathiques les tobagoniens. J'aime par exemple cette vieille créole à qui il pousse de la barbe, qui porte une casquette de travers et mal enfoncée comme font les rappeurs, et me rend la monnaie sur quelques tomates en m'appelant "darling". Ou ce jeune restaurateur, dont l'adresse m'a été donnée par l'équipier polonais d'un maxi-catamaran rencontré à l'immigration, et qui propose "the true jamaican chicken" et passe un quart d'heure à expliquer à Fanny ce que sont les "nizberries", des fruits délicieux, inconnus, qu'il vend sur un étal au-dehors. Manifestement, la violence qui affecte la grande île voisine de Trinidad, aux dires de navigateurs rencontrés, n'a pas atteint Tobago.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5332087301898229554" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/Sf9hJoUD1zI/AAAAAAAABhk/m78hThHqno8/s400/IMG_1098.jpg" border="0" /&gt; &lt;p align="center"&gt;&lt;em&gt;Jus de coco verte sur le marché&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p align="justify"&gt;&lt;br /&gt;On a décidé de caboter le long des baies de la côte nord-ouest, où l'on pourra faire de belles balades en plongée, avant de monter vers l'île de Grenade. &lt;/p&gt;&lt;p align="justify"&gt;Je retourne donc à l'Immigration, où je sais devoir demander l'autorisation de naviguer dans telle baie, puis dans telle autre, ce qui est déjà une étrange manière de concevoir la liberté de circulation dans un territoire donné, et tombe sur le même officier. Il prend aimablement des nouvelles de l'équipage, puis commence un méthodique travail de sape. J'avais compris que ces fonctionnaires étaient arrogants, mais je suis tombé là sur un vicieux. Tout ce que je demande est possible mais... Et à chaque nouvelle tentative, il y a un mais. Sans compter que l'absence de passeport de Fanny, il commence d'ailleurs par là, va devoir entraîner une procédure d'expulsion! Oh certes, purement virtuelle, le temps que vous visitiez les baies - ah! lesquelles, déjà? - mais quand même, les lois de ce pays interdisent d'entrer sans passeport, et la photocopie n'y change rien, non plus que la déclaration à la police de St Laurent. Je comprends qu'il cherche à me pousser vers la sortie et lui dis, écoeuré, que nous partirons finalement ce soir pour loin d'ici. Ca le satisfait visiblement, il tamponne les passeports et m'envoie de nouveau à la douane. Où un grand gaillard à chemise impeccable, pantalon à pinces et lourde montre en or - il faut tenir son rang -, me fait remplir sans un regard une série de formulaires normalement faits pour les cargos, manifeste son impatience à chacune de mes questions, et lâche pour finir: "I give you two hours". Pour déguerpir? Plier bagage? Quelle détestable façon! Tant pis, on ira chercher plus au nord les petits paradis tropicaux qu'on espérait ici. En une heure, le bateau est prêt et nous levons l'ancre dans la belle lumière de fin d'après-midi, direction Grenade, à 75 milles, soit une quinzaine d'heures de navigation...&lt;/p&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5332087538903880130" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/Sf9hXbOnEcI/AAAAAAAABhs/tk5-S0NJTsU/s400/IMG_1120.jpg" border="0" /&gt;&lt;br /&gt;&lt;p align="center"&gt;&lt;em&gt;Tant pis...&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3301097922628147045-8446958116019147120?l=sidaventurealavoile.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://sidaventurealavoile.blogspot.com/feeds/8446958116019147120/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=3301097922628147045&amp;postID=8446958116019147120' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3301097922628147045/posts/default/8446958116019147120'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3301097922628147045/posts/default/8446958116019147120'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://sidaventurealavoile.blogspot.com/2009/05/tobago-lescale-manquee-du-22-au-29.html' title='Tobago, l&apos;escale manquée, du 22 au 29 avril, (par Romuald)'/><author><name>fanny</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/Sf9fGXaWsxI/AAAAAAAABg8/mSL0-AnIjB0/s72-c/Papa+et+son+anaconda.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3301097922628147045.post-1239630022678860226</id><published>2009-04-28T22:00:00.003+02:00</published><updated>2009-04-28T22:09:37.646+02:00</updated><title type='text'>Chronique d'un porte feuille envolé - St Laurent du Maroni - (par Fanny)</title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;Alors que nous prenions plaisir à nous laisser initier par notre ami Laurent aux charmes de St Laurent du Maroni &lt;em&gt;(&lt;strong&gt;cf article suivant&lt;/strong&gt;),&lt;/em&gt; nous promenant dans les diverses bourgades communautaires et beaux alentours, un évènement fâcheux a quelque peu entamé notre enthousiasme. &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Revenant d'une matinée de courses, je me rends compte qu'il manque à mon sac à dos mon porte feuille... Quelques heures plus tôt je venais d'y ranger 300 € en liquide sortis d'un distributeur... Il contenait aussi ce jour-là nos deux cartes de crédit, mon passeport et ma carte d'identité, mon permis de conduire, ma carte vitale et mon attestation de S.S.... &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;Panique à bord... &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;Les garçons proposent de m'accompagner pour refaire mon itinéraire et passer chez les commerçants susceptibles d'avoir récupérer mon bien... Peine perdu, personne n'a rien vu, rien trouvé.&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Je téléphone à Franck, l'ami de Laurent vers lequel nous savions pouvoir nous tourner pendant l'absence de Laurent et de sa famille, partis à Cayenne quelques jours. Chez Franck j'entame les démarches d'opposition, inquiète à l'idée que nos cartes aient déjà été débitées... Dans ce cas, notre voyage serait arrivé à sa fin. Il semblerait que les voleurs de porte feuille soient plus intéressés ici par le liquide et la récupération des cartes d'identité, recyclées pour le passage de la frontière surinamienne, que par l'usage informatique des cartes qui nécessite du matériel (peu fréquent chez les populations locales) et une certaine habitude des transactions à distance, ce qui est rare. &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;L'attestation remise par la gendarmerie me servira de laisser-passer pour mon passeport (dont j'ai retrouvé une photocopie), ma carte d'identité et mon permis. &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Il nous reste à trouver une solution pour sortir du liquide. Ca sera à l'aide d'un mandat postal que nos précieux amis Charles et Françoise se sont dépêchés de nous faire parvenir.&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Je n'en mène pas large du début jusqu'à la fin, retournant dans ma tête toutes les étapes de cette matinée marquée d'une croix rouge. Impossible de comprendre ce qui a bien pu se passer. Aucun souvenir de bousculade ou de négligence quelconque, le vide.... Evidemment, je m'en veux beaucoup, sachant pourtant que ça ne changera pas grand chose.&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Nous avons la chance (façon de parler...) d'avoir vécu cette mésaventure en territoire français, ce qui a simplifié toutes les démarches, et aussi d'avoir à nos côtés des amis disponibles. &lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3301097922628147045-1239630022678860226?l=sidaventurealavoile.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://sidaventurealavoile.blogspot.com/feeds/1239630022678860226/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=3301097922628147045&amp;postID=1239630022678860226' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3301097922628147045/posts/default/1239630022678860226'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3301097922628147045/posts/default/1239630022678860226'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://sidaventurealavoile.blogspot.com/2009/04/chronique-dun-porte-feuille-envole-st.html' title='Chronique d&apos;un porte feuille envolé - St Laurent du Maroni - (par Fanny)'/><author><name>fanny</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3301097922628147045.post-2901578102411069642</id><published>2009-04-28T17:23:00.036+02:00</published><updated>2009-04-28T22:07:55.526+02:00</updated><title type='text'>Amazone française: Saint Laurent du Maroni, 10 au 22 avril (par Romuald)</title><content type='html'>&lt;div align="center"&gt; &lt;/div&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5329765151786791106" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: pointer; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SfchKtCB8MI/AAAAAAAABfE/hoDr-iI7h8s/s400/IMG_0958.jpg" border="0" /&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5329764458856363330" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 300px; CURSOR: pointer; HEIGHT: 400px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SfcgiXqitUI/AAAAAAAABds/E-oFbm5MuSY/s400/IMG_0852.jpg" border="0" /&gt;&lt;br /&gt;&lt;p align="center"&gt;&lt;em&gt;Calebassier sur un seuil&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;em&gt;&lt;/em&gt;&lt;p align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Le courant des Guyanes qui nous a portés vers les îles continue ses bons offices vers le fleuve Maroni, de sorte qu'on arrive relativement trop tôt aux abords du chenal, situé bien avant l'embouchure du fleuve lui-même. Il a fallu une douzaine d'heures pour venir des îles du Salut, et on est obligé de ralentir le bateau! Explication: un plateau sableux s'étend sur plusieurs dizaines de milles nautiques au large de la côt guyanaise, fait de bancs plus ou moins profonds et de chenaux. L'un de ces chenaux a été balisé afin de permettre à de petits cargos calant jusqu'à 4 mètres de remonter le fleuve. Ce balisage commence à plusieurs milles de l'embouchure, et doit passer sur une barre où la sonde, c'est-à-dire la profondeur d'eau théorique calculée pour une basse mer de coefficient maximum, soit 120, est proche de zéro. Autrement dit, au minimum du minimum des grandes marées, il n'y a plus d'eau dans cette portion du chenal. Tu parles d'un chenal! Aussi faut-il arriver dans ce passage au moins à la mi-marée, voire un peu plus pour avoir assez d'eau. Mais il faut aussi arriver assez tôt pour avoir le temps de remonter le fleuve, soit encore plusieurs heures de navigation, avec le courant montant. Devoir avancer contre un courant descendant qui peut être aussi fort que sur le fleuve Mahury que nous venons de quitter, pourrait nous contraindre au sur-place jusqu'à la renverse suivante. Au total, l'heure de passage de la barre doit être calculée précisément, et à force de réduire le génois jusqu'à la taille d'un tourmentin, mini-voile utilisée dans les tempêtes, on arrive à tenir l'horaire. Voir à ce moment au passage de la barre les chiffres du sondeur descendre jusqu'à huit pieds dans les creux de houle - eh oui, notre sondeur s'est mis un beau jour à Mindelo à faire l'anglais, ne donnant plus les profondeurs en mètres mais en pieds, et n'a jamais voulu se rétracter, donc il a fallu se rappeler que trois pieds font un mètre - n'est pas très rassurant, mais je ferme les yeux en invoquant dans la foi nue la mémoire des océanographes d'antan qui ont fait ce travail admirable de cartographier nos côtes... et ça passe, bien sûr! &lt;/p&gt;&lt;br /&gt;&lt;p align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5329764106679822562" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: pointer; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SfcgN3tHKOI/AAAAAAAABdE/V7J4VdO-X4U/s400/IMG_0814.jpg" border="0" /&gt;&lt;br /&gt;Avant cela, on assisté à un phénomène très curieux: bien au large encore, une ligne parfaitement nette sépare la mer en deux couleurs: on passe du vert au marron. Il s'agit, on l'a su par Michel ou Joël à Cayenne, des alluvions déversés par le lointain fleuve Amazone et qui remontent le long de la côte, sous l'effet du courant, jusqu'au Mexique, à ce qu'il paraît. &lt;/p&gt;&lt;p align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5329764169211200946" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: pointer; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SfcgRgpwRbI/AAAAAAAABdM/jzHK6zijBGY/s400/IMG_0820.jpg" border="0" /&gt;&lt;br /&gt;La remontée du Maroni est finalement facile, le courant porte doucement et on arrive vendredi en fin d'après-midi dans ce coude du fleuve dans lequel s'étire la petite ville de Saint-Laurent. Face à un ponton, une épave, au milieu du fleuve, qui a cessé là d'amener les bagnards de France, et s'est reconvertie naturellement en jardinière de plantes vertes locales. Elle fournit un abri du courant et nous mouillons là, à côté de Phébus, un autre ketch arrivé deux jours plus tôt avec aussi trois grands enfants. &lt;/p&gt;&lt;br /&gt;&lt;p align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5329764240669821186" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: pointer; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SfcgVq20SQI/AAAAAAAABdU/y1Jo4DXOCsk/s400/IMG_0821.jpg" border="0" /&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5329765477274129714" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: pointer; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SfchdpkQlTI/AAAAAAAABfs/plyD-K97NEY/s400/IMG_0986.jpg" border="0" /&gt;&lt;br /&gt;C'est Laurent qui nous accueille dans cette ville où il enseigne le français depuis deux ou trois ans, dans un collège qui ne reçoit que des Bushinengés, à l'exception des enfants blancs de certains profs (soit trois enfants sur neuf cents). Notre chance est double, et même triple: Laurent est en vacances, il aime ce pays, il a pris le temps de le connaître. Il nous promène donc dans sa ville, dont il brosse le portrait: la domination sociale exercée par les créoles venus jadis des Antilles, le pacifisme des Amérindiens, restant dans leurs villages ou leurs quartiers, mais qui portent leurs revendications aux niveaux internationaux, l'afflux massif des Bushinengés, ces descendants des Noirs marrons, suite à la guerre civile qui embrasa le Surinam voisin dans les années soixante-dix, et enfin la présence des "métro" qui occupent pas mal de postes dans la police, l'enseignement et à l'hôpital, et font tenir ce qu'ils peuvent. Il faut y ajouter les Chinois, qui tiennent ici les commerces et restaurants, et un groupe d'Haïtiens, venus pour les soins. Tout cela compose une société complexe, aux équilibres précaires, et un bout de France assez improbable, dont le Maroni constitue une frontière toute relative, surtout pour ces Bushinengé qui sont "du fleuve" avant d'être d'un territoire administratif.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;br /&gt;&lt;p align="justify"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5329764578916515490" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: pointer; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SfcgpW7HPqI/AAAAAAAABd8/RZcOxAprFWg/s400/IMG_0860.jpg" border="0" /&gt;&lt;br /&gt;L'histoire des Marrons, ces esclaves héroïquement évadés des plantations, et qui ont recréé de toutes pièces des communautés sociales au fond de la forêt la plus hostile, faisant preuve d'un goût admirable pour la liberté et d'un esprit de résistance hors du commun, est spécialement fascinante. Plus anecdotique, on s'amuse d'apprendre qu'ici, le soir de la Toussaint, c'est la fête au cimetière où tout le monde vient boire une bière ou un ponche sur la tombe de ses morts illuminée de bougies votives et fleurie de bouquets en plastique depuis que la mairie a interdit les vraies fleurs, qui attirent les moustiques. &lt;/p&gt;&lt;br /&gt;&lt;p align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5329765343962923346" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: pointer; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SfchV48ZAVI/AAAAAAAABfc/V4E_iY0UMq8/s400/IMG_0974.jpg" border="0" /&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5329765406322944066" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: pointer; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SfchZhQLaEI/AAAAAAAABfk/KE9djtGoo-U/s400/IMG_0983.jpg" border="0" /&gt;&lt;br /&gt;Ici les routes sont rares, et c'est le fleuve et ses criques (rivières) qui organisent la vie. Des centaines de pirogues y circulent chaque jour d'un village à l'autre, ou pour rejoindre en face la ville surinamaise d'Albina, où tout est moins cher. Les pirogues ici se nomment "Psalm 27" ou "Let them talk". Le quartier Bushinengé de la Charbonnière, en bordure de la ville et du fleuve, est en journée une ruche d'échanges tous azimuths, avant de redevenir le soir un espace de causerie et de détente où nous allons manger au soleil couchant un poulet boucané en buvant une Parbo, la bière surinamaise. &lt;/p&gt;&lt;p align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5329765554594531826" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: pointer; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SfchiJm4SfI/AAAAAAAABf0/y7XU_B3156Q/s400/IMG_0990.jpg" border="0" /&gt;&lt;br /&gt;On aura admiré au passage les portes des maisons, peintes selon les traditions de l'art Tembé, qui font des entrelacs colorés qui couvrent les panneaux de bois un authentique langage destiné jadis à communiquer sans être compris des étrangers au groupe. Il s'agissait alors de survie. J'espérais en apprendre davantage sur ce langage pictural, notamment en discutant avec Thomas, un jeune peintre à qui nous venions d'acheter un de ses panneaux tembés aux qualités particulières, et qui était resté étonnamment réservé, et comme embarrassé, sur les significations de son propre travail. Laurent m'expliqua: Ce jeune Thomas connaît bien le jeu des significations dans l'art tembé, mais précisément, il est issu d'une tradition qui a tenu la discrétion à ce sujet pour une condition de sa perpétuation. Alors ne t'étonne pas s'il t'en dit aussi peu... Impénétrable densité d'une culture qui résonne avec celle de la forêt même qui l'abrita... &lt;/p&gt;&lt;br /&gt;&lt;p align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5329765917958179970" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 300px; CURSOR: pointer; HEIGHT: 400px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/Sfch3TPhjII/AAAAAAAABgc/h1k5gzR6HWA/s400/IMG_1061.jpg" border="0" /&gt;&lt;br /&gt;&lt;p align="center"&gt;&lt;em&gt;Panneau ancien, sous-préfecture&lt;/em&gt; &lt;/p&gt;&lt;p align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Cette forêt, Laurent nous y entraîne un jour. Sur un petit chemin qui sent, non pas la noisette, comme chante François-Clair, mais l'écurie, au passage de certains arbres. C'est Noé, son fils, qui mène l'équipée. Ce garçon connait chaque plante, chaque insecte et oiseau, le danger des fourmis et les cris des singes hurleurs. Avec un tel prénom, on est porté à prendre soin de la création. &lt;/p&gt;&lt;br /&gt;&lt;p align="center"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5329826238191463746" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SfdYuZn1bUI/AAAAAAAABg0/u4klNnmmTzU/s400/IMG_0866.JPG" border="0" /&gt;&lt;br /&gt;&lt;p align="center"&gt;&lt;em&gt;Noé, l'homme des bois&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;br /&gt;&lt;p align="justify"&gt;&lt;em&gt;&lt;/em&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5329764777704702946" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: pointer; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/Sfcg07d6Q-I/AAAAAAAABeU/e4dAOWx6LG0/s400/IMG_0898.jpg" border="0" /&gt;&lt;br /&gt;Laurent Schmidt est un homme rare. La forêt, il l'arpente en poète et en amateur éclairé, mais il en peint aussi la touffeur sur de grandes toiles sombres et denses. Et puis il l'écrit, la décrit, dans un petit livre artisanal et quasi-confidentiel, comme il en commet à l'occasion, un livret si joli que j'ai voulu, s'il voulait bien, le partager un peu. Voici: &lt;/p&gt;&lt;br /&gt;&lt;p align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5329764371880342994" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: pointer; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SfcgdTp19dI/AAAAAAAABdk/zgc_ghGxsXE/s400/IMG_0850.jpg" border="0" /&gt;&lt;br /&gt;&lt;p align="justify"&gt;&lt;br /&gt;"Où la base du tronc de l'arbre s'élargit de racines naissantes, à hauteur d'oeil, l'écorce le nappe jusque sous l'incertaine mangrove: nul sol pour délimiter une vie différente. Un peu plus haut, le diamètre de l'arbre se stabilise et il monte. Très haut. Conversant avec d'autres arbres d'autres espèces, assez proches parfois, parfois bien étrangères, plus hauts, moins droits, plus vite divisés en bouquets de branches élancées ou retombantes, ou plus longtemps effilés. Quand de fines lianes désordonnent la régularité trop pensée des frondaisons, les branches s'emmêlent, et se réorganisent un peu plus loin, s'échappent un peu plus bas. Il arrive qu'elles s'écrasent sur de grandes feuilles plates, lisses, n'ayant pour tige qu'une seule courte ligne, essentiellement juste (...) &lt;/p&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5329765087903486914" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: pointer; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SfchG_DEE8I/AAAAAAAABe8/kRAo9eAgX9k/s400/IMG_0939.jpg" border="0" /&gt;&lt;br /&gt;&lt;p align="justify"&gt;"De fraîches dentelles vertes aux lumières clignantes, frissonnent en jupons successifs, légères, mais dont la légèreté sera bientôt surpassée par un bouquet encore plus audacieux (...)&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5329765018109656210" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: pointer; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SfchC7C6vJI/AAAAAAAABe0/W8dGIibWB2g/s400/IMG_0920.jpg" border="0" /&gt;&lt;br /&gt;&lt;p align="justify"&gt;&lt;br /&gt;"La forêt n'est pas un paysage, elle ne recèle pas de point de vue, on y conduit des guerres sans apparence. La forêt est une connaissance, une matière-énergie pour qui y pénètre, car elle change, se change, sans relâche, convaincue naturellement de devoir toujours corriger son imperfection. C'est ainsi qu'elle dépeint, qu'elle représente l'imperfection universelle. Alors que les plis de bois du pied de l'arbre s'enrobent de rosés aux reflets froids de lichen, je sens, tout en dedans, se dissoudre des noeuds sous des remous nerveux, se défroisser des mouvements: j'apprécie l'inquiétude (...)&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5329764832477001794" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: pointer; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/Sfcg4HgpOEI/AAAAAAAABec/pyRn8XOF9h4/s400/IMG_0906.jpg" border="0" /&gt;&lt;br /&gt;&lt;p align="justify"&gt;&lt;br /&gt;"Au centre, un arbre en majesté, essaie la verticale pure, une droiture un peu idiote au milieu de toutes ces envies de lumière contrariées. Mais le temps a figé cette érection sur laquelle se sont enroulées, sans irrespect, lianes dorées et plaques mousseuses. Les frontières des eaux, les frontières du sol, les frontières des airs fondent sous une intention de confusion incompréhensible. La désorientation ne s'impose pourtant pas: sans qu'il apparaisse, on soupçonne sous tout cela, un plan. Mieux, on le vérifie, ce que l'on croit est validé par une magie immédiate. C'est comme une bonne apparition. &lt;/p&gt;&lt;br /&gt;&lt;p align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5329764896776706610" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: pointer; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/Sfcg73C42jI/AAAAAAAABek/FP6hgRSsT2k/s400/IMG_0919.jpg" border="0" /&gt;&lt;br /&gt;&lt;p align="justify"&gt;&lt;br /&gt;La forêt n'appartient ni à celui qui s'y avance, ni à celui qui l'y aurait précédé. Sur ces touffes de feuilles d'une épaisseur étrange, et d'une variété inépuisable, le pied se pose mollement, investi d'un respect inattendu pour ces sédiments accueillants. Des souffles humides explosent au ras du chemin tracé par des branches décomposées qui craquent à peine sous le pas."&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5329764704714037074" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: pointer; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SfcgwrjlF1I/AAAAAAAABeM/rI3KDPrBrbY/s400/IMG_0888.jpg" border="0" /&gt;&lt;br /&gt;&lt;p align="justify"&gt;&lt;br /&gt;La forêt n'est pas tout. En ce dimanche de Pâques, c'est sur la plage des Hattes, après le village d'Awala-Yalimapo, que Laurent et Noé nous emmènent chercher les oeufs de circonstance. Ceux que les tortues luths viennent, par centaines en cette saison, pondre selon un instinct immuable qui laisse pantois d'admiration. La nuit tombe, le ciel est chargé, il pleut par intemittences, mais les curieux sont nombreux sur la plage, de ce spectacle souvent "vu à la télévision" et pourtant totalement neuf cette fois. La mer est haute, et la première de ces dames approche le rivage, se hisse avec effort sur quelques mètres - trois pas en avant, une pause, quatre pas cette fois, une pause -, et s'installe. Cette géante de 450 kilos creuse alors patiemment un trou parfait avec ses pattes arrière qu'elle manie comme des mains, reine d'une heure que ne semble pas déranger la cour que forment autour d'elle les vingt ou trente promeneurs à l'écoute des explications fournies par une guide de cette réserve naturelle. La tortue pond alors en chapelet une centaine d'oeufs dans ce nid qu'elle couvre en même temps de l'une de ses pattes, en un geste tout maternel, puis recouvre délicatement le trou avant de se lancer dans une danse tournoyante et infiniment lente de derviche, sur plusieurs mètres carrés, en soufflant et en râlant, qui vise à effacer les traces de son précieux dépôt, comme si elle savait, et d'ailleurs elle sait - mais d'où donc?-, que des chiens et des braconniers viendront vite fouir le sol après elle. Après deux heures, elle en a fini et s'en retourne à l'eau qui lui fait oublier sa gauche pesanteur. Elle reviendra encore d'autres fois cette saison déposer chaque fois une autre centaine d'oeufs, et dans six mois des milliers de petites tortues courront de toutes leurs pattes vers la mer à dix mètres, dont une grande partie nourrira les oiseaux et les poissons carnassiers aux aguets de cette manne. C'est peut-être ce mélange d'opiniâtreté, de précision et de vulnérabilité qui nous rend ces tortues si aimables, et aussi la bonne grâce avec laquelle elles admettent les curieux à leur parturition. De nuit, on n'aura pris aucune photo, pour ne pas déranger, et la suivante vient du stock de Laurent. &lt;/p&gt;&lt;br /&gt;&lt;p align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5329764010465243698" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: pointer; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SfcgIRRxMjI/AAAAAAAABc8/0D6ahSB5T8c/s400/101_0609.jpg" border="0" /&gt;&lt;br /&gt;&lt;p align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Entre-temps, j'ai droit à mon petit furoncle qui, comme pour Fanny, se met à puruler et s'enflammer, cette fois dans le pli du genou. J'étais déjà arrivé passsablement fiévreux à St Laurent et avais dû passer un jour ou deux au repos. Je me décide à consulter. Le médecin, un sénégalais qui a grandi sur la plage de Hann, à Dakar, où nous avons passé trois semaines au mouillage, rappelez-vous, me trouve d'abord une tête de dengue. La dengue est propagée par les moustiques, et une épidémie a récemment frappé la région. Ce serait la cause de la fatigue qui ne me quitte pas depuis l'arrivée. Ensuite, il y a ce furoncle surinfecté, probablement de staphylocoques, très fréquents ici, mais également habité, m'explique-t-il, par un "ver macaque", parasite familier des épidermes locaux. Je m'imagine cette sorte d'anaconda sous-cutané qui fait son trou dans ma chair, et j'apprends comment s'en débarrasser: il va falloir l'étouffer. Je rêve déjà de corps à corps avec la bête, dont j'empoigne la tête hurlante surgie de ma jambe dans un giclement de chairs écrasées, l'étranglant de toutes les forces qui me restent, mais le docteur me ramène à la réalité: un pansement bien étanche suffira. Bon, ok! Un pansement et quelques antibiotiques plus tard, le corps va mieux, mais la fatigue reste. Affaire de patience... &lt;/p&gt;&lt;br /&gt;&lt;p align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5329765287974256626" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: pointer; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SfchSoXpv_I/AAAAAAAABfU/UOiykFHCLQ4/s400/IMG_0963.jpg" border="0" /&gt;&lt;br /&gt;&lt;p align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Avant d'être le sous-préfecture d'aujourd'hui à la démographie galopante, Saint-Laurent fut principalement le grand centre pénitentiaire des bagnes de Guyane, le point d'arrivée des quelques soixante-dix mille condamnés envoyés là par la France en cent ans. Les "transportés", disait-on, avant de les stocker indifféremment, petits délinquants récidivistes et grands criminels pervers, dans des cachots collectifs de quarante places pour parfois le double de détenus. De cela, il reste l'immense camp de la Transportation, dont les murs longent le fleuve, en face de notre mouillage, et font surgir discrètement la mémoire de ces temps-là. &lt;/p&gt;&lt;br /&gt;&lt;p align="center"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5329765210559763570" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: pointer; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SfchOH-mVHI/AAAAAAAABfM/uyI5tmjo9Og/s400/IMG_0961.jpg" border="0" /&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5329765612247764226" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: pointer; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SfchlgYezQI/AAAAAAAABf8/OxlGJ-LMlGY/s400/IMG_1013.jpg" border="0" /&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5329765690391675394" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: pointer; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SfchqDfcQgI/AAAAAAAABgE/Bvh7--YDlYU/s400/IMG_1016.jpg" border="0" /&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5329765762758133682" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: pointer; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SfchuRE8x7I/AAAAAAAABgM/eL3Rq4w1Wsw/s400/IMG_1024.jpg" border="0" /&gt;&lt;br /&gt;Au marché, on retrouve les bons fruits cultivés par les Hmongs, ceux-ci du village de Javouhey.&lt;br /&gt;&lt;p align="center"&gt;&lt;br /&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5329766013647191506" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: pointer; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/Sfch83tj_dI/AAAAAAAABgk/GbXylOZ6Nk4/s400/IMG_1068.jpg" border="0" /&gt; &lt;em&gt;Sirop sur glace râpée, il fallait y penser...&lt;/em&gt; &lt;/p&gt;&lt;br /&gt;&lt;p align="justify"&gt;On découvre la chair incroyablement fine du "fruit du dragon", le pitaya. On cuisine le "couac", farine de manioc qui rappelle notre semoule, on déguste en papillotte chez Franck et Nathalie le poisson spécifique du fleuve, le "jamais-goûté"! Avec leur aide, on a fait les démarches que la perte de ses papiers par Fanny rend nécessaires.Puis Franck m'emmène rencontrer son ami amérindien, Fred. C'est vrai que "Fred", ça fait pas du tout amérindien, désolé pour l'exotisme. D'ailleurs je le questionne, quel est son nom "indien", allons-allons, vous avez bien un autre nom, dans votre communauté? Eh bien non, il s'appelle seulement Fred, pour nous comme pour sa famille. Il me donne quand même au passage quelques feuilles pour soigner mon vilain furoncle, pas encore vu par le médecin, des feuilles à tamponner en décoction sur la plaie - ah! la science des vertus naturelles des plantes transmise chez les Indiens d'Amazonie...-, qui n'auront aucun effet! Ironique, quoiqu'involontaire façon de tailler une croupière à mes préjugés ethnologiques. &lt;/p&gt;&lt;br /&gt;&lt;p&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5329764301529647426" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: pointer; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SfcgZNk7iUI/AAAAAAAABdc/pFdjy2U62fs/s400/IMG_0828.jpg" border="0" /&gt;&lt;/p&gt;&lt;br /&gt;&lt;p align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Fred nous emmène ensuite au bord du fleuve, où il nous explique la fabrication de la pirogue dans un tronc évidé, détrempé puis chauffé et écarté à force pour avoir la largeur voulue. Mais le bois doit se fendre, à ce moment, non? Là, Fred nous livre le secret des Amérindiens: pour que le bois ne se fende pas, l'homme doit s'abstenir de toucher sa femme pendant la durée de la fabrication. Et combien de temps faut-il pour construire une pirogue? Fred sourit sans répondre. Enfin, je sais comment réagir en cas de voie d'eau sur Vanguard... Fred, qui voit avec regret les jeunes de son peuple délaisser la langue traditionnelle au profit du taki-taki, rêve de voir la métropole de ce pays auquel il sait appartenir. J'espère qu'il la connaîtra un jour, comme nous avons pu connaître sa terre.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5329766097768676706" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: pointer; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SfciBxFr_WI/AAAAAAAABgs/g-pv0r_MWIk/s400/IMG_1070.jpg" border="0" /&gt;&lt;br /&gt;&lt;p align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Pour nous, il est temps de quitter cette région fascinante, en direction de la dernière partie de notre voyage: la Caraïbe. C'est d'ailleurs l'occasion de rectifier le parcours initial. Le rythme propre du voyage, la longueur des escales techniques et la naïveté de nos premières intentions nous ont contraint à revoir nos ambitions à la baisse. Nous avions déjà renoncé à la Casamance et au Brésil. Nous savons désormais que dans le temps qui nous reste, ni Cuba ni surtout Haïti ne nous seront accessibles, sauf à sauter d'un endroit à l'autre, ce qui n'a pas de sens après un tel voyage. On se contentera de remonter tranquillement l'arc antillais depuis Tobago, notre prochaine escale, jusqu'à Saint-Martin, terme de notre voyage dans deux mois.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5329765828311780146" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: pointer; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SfchyFSKCzI/AAAAAAAABgU/AknGg3b_mgg/s400/IMG_1057.jpg" border="0" /&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3301097922628147045-2901578102411069642?l=sidaventurealavoile.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://sidaventurealavoile.blogspot.com/feeds/2901578102411069642/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=3301097922628147045&amp;postID=2901578102411069642' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3301097922628147045/posts/default/2901578102411069642'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3301097922628147045/posts/default/2901578102411069642'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://sidaventurealavoile.blogspot.com/2009/04/amazone-francaise-saint-laurent-du.html' title='Amazone française: Saint Laurent du Maroni, 10 au 22 avril (par Romuald)'/><author><name>fanny</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SfchKtCB8MI/AAAAAAAABfE/hoDr-iI7h8s/s72-c/IMG_0958.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3301097922628147045.post-2013633340974978530</id><published>2009-04-17T21:12:00.030+02:00</published><updated>2009-04-20T22:05:54.092+02:00</updated><title type='text'>Iles du Salut, 6 au 9 avril     (par Romuald)</title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SejVgTPDGII/AAAAAAAABZc/rqfEAQ52hp0/s1600-h/IMG_0455.JPG"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5325741310261532802" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SejVgTPDGII/AAAAAAAABZc/rqfEAQ52hp0/s400/IMG_0455.JPG" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;Il faut quelques heures seulement pour rejoindre les îles, poussés que nous sommes par un fort et continuel courant qui porte à trois noeuds au nord-ouest, soit parallèlement à la côte. On arrive en fin d'après-midi et on a le temps de faire un tour complet des îles avant de jeter l'ancre. Les trois îles sont assez petites et beaucoup plus groupées qu'on ne l'avait pensé. Des îles de carte postale, pleines à craquer de cocotiers. Mais arrivés à la pointe de l'île du Diable, un grain nous tombe dessus. Tout le monde à l'abri, sauf moi qui reste à la barre, en maillot et veste de ciré léger, sous ce déluge tiède qui réduit la visibilité à trois cents mètres. Je fais demi-tour et on se dirige vers la baie des Cocotiers, à côté du petit débarcadère de l'île Royale. Le mouillage est rouleur, inconfortable, et je guigne déjà l'île voisine, qui paraît offrir un meilleur abri. On verra demain... &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt; &lt;/div&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5325742429302790002" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SejWhb_Rl3I/AAAAAAAABZk/91TBvA1ukag/s400/IMG_0607.JPG" border="0" /&gt; &lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5325743410892610850" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SejXakshnSI/AAAAAAAABZs/hAbGkGiomNw/s400/IMG_0513.JPG" border="0" /&gt;&lt;br /&gt;Le lendemain, on débarque. L'île Royale était le centre administratif du bagne pour les îles. On y trouvait le commandement central, les logements des gardiens, l'hôpital militaire et celui des bagnards, l'église, etc. Une sorte de colonie pénitentiaire assez complète, dont la plupart des bâtiments ont été restaurés, et les jardins paysagés. L'atmosphère y est bucolique. &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5325744772298994930" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SejYp0VGdPI/AAAAAAAABZ0/Ak6byCKALXQ/s400/IMG_0535.JPG" border="0" /&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5325751758133042178" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SejfAclunAI/AAAAAAAABZ8/YX-h5GHJyuc/s400/IMG_0503.jpg" border="0" /&gt; &lt;p align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Ce sont les petits singes saïmiris qui nous accueillent d'abord, curieux de l'arrivage quotidien des touristes aux mains parfois dispensatrices de friandises. Partout dans les allées, sur les places herbeuses, courent les agoutis, à peine gênés par notre présence. Sur le muret qui borde l'ancien réservoir à eau douce paresse un iguane de belle taille, qui rejoint bientôt les siens sur les grandes pierres en contrebas. &lt;/p&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5325751931279051778" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SejfKhm9DAI/AAAAAAAABaE/dNjOhGap3ZU/s400/IMG_0499.jpg" border="0" /&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5325752095860270850" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SejfUGuLJwI/AAAAAAAABaM/mAU_8mnKeOU/s400/IMG_0827.jpg" border="0" /&gt; &lt;p align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Un vieux guide - fut-il surveillant ici? - nous invite à nous joindre au groupe avec lequel il termine.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5325752244308182434" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/Sejfcvu6haI/AAAAAAAABaU/bZILzSAqL8I/s400/IMG_0553.jpg" border="0" /&gt; &lt;p align="center"&gt;&lt;em&gt;Ici, on dressait une guillotine...&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Il détaille pour nous le rituel observé lors de l'exécution par guillotine des bagnards qui, au cours de leur peine, avaient commis un nouveau crime grave, jusqu'à cette phrase déclamée après que la lame fût tombée: la tête saisie par les deux oreilles, puisque les bagnards étaient rasés, et présentée à l'assemblée des officiels en tenue blanche (dérisoire dénégation vestimentaire de cette barbarie "républicaine") et des détenus les plus durs, pour leur donner à penser, le bourreau déclarait: "Au nom du peuple français, justice est faite!" Le fait est que le peuple français n'en savait pas grand-chose, de cette justice et de ce bagne, jusqu'à ce que le journaliste Albert Londres vienne ici en 1923 et rapporte une enquête qui devait éclairer l'opinion et faire bouger les choses. Il faut lire son "Au bagne", aussi truculent qu'instructif. Cette part noire de notre histoire nationale, du pays des droits de l'homme, doit nous faire réfléchir sur la capacité d'une collectivité à rester complaisamment aveugle au sort de ses "déviants", et sur la nécessité de contrôler démocratiquement le bon fonctionnement des institutions. &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt; &lt;/div&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5325752570643440098" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SejfvvbTYeI/AAAAAAAABac/LL-WFmSAnHw/s400/IMG_0520.jpg" border="0" /&gt; &lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5325752744478781106" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 300px; CURSOR: hand; HEIGHT: 400px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/Sejf53A4LrI/AAAAAAAABak/1CI2bpVC9G4/s400/IMG_0524.jpg" border="0" /&gt; &lt;p align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Retour sur le bateau: le vent s'est levé dans la journée, et on a vu de loin Vanguard danser sur la houle qui contourne l'île et s'engouffre dans cette baie. On décide sans retard de rejoindre l'île Saint Joseph, à cinq cent mètres de là, où un autre voilier est au mouillage, nettement moins chahuté. Sitôt en place, les garçons filent en annexe pour un trip "Robinson", machette en main, sur cette île inhabitée, au légionnaire de garde près. C'est le lendemain que je prendrai le temps de la parcourir.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5325752914021721970" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SejgDunEJ3I/AAAAAAAABas/bvacydO5kBg/s400/IMG_0674.jpg" border="0" /&gt; &lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5325753182010430498" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SejgTU8jVCI/AAAAAAAABa0/I9UY1KJE-xo/s400/IMG_0759.jpg" border="0" /&gt; &lt;p align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Quelqu'un m'avait prévenu: cette île a quelque chose de mystique. François-Clair, à son retour hier soir, m'avait dit: il y a une salle d'une grande sérénité, comme une cathédrale. Et en effet, l'ambiance est saisissante. A quelques petits locaux près, une seule et immense enceinte couvre le plateau qui domine l'île, comprenant les cachots des réclusionnaires (les plus incroyablement inhumains), la salle des relégués, d'autres rangées de cachots d'un type différent, etc, le tout formant une sorte de vaste labyrinthe. Les toits sont écroulés, mais les grilles subsistent, et la végétation envahit tout, avec parfois des poses de femme lascive, comme les bagnards ont dû se les imaginer...&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p align="justify"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5325753357641261474" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SejgdjONIaI/AAAAAAAABa8/jbgzmSOAGMg/s400/IMG_0634.jpg" border="0" /&gt;&lt;br /&gt;Dans le silence de cette forêt, entre les murs de ces rangées de cages, et dans les cages elles-mêmes, il me semble entendre le pas lointain et lourd des reclus, condamnés au silence des années durant, et voir suinter le désespoir de la paroi moussue des cachots. &lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p align="justify"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5325759520957006658" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SejmETXMA0I/AAAAAAAABc0/wduqq89hwlo/s400/IMG_0664.JPG" border="0" /&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5325753706122165298" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/Sejgx1ahvDI/AAAAAAAABbE/6mdPq-mHNQc/s400/IMG_0642.jpg" border="0" /&gt;&lt;br /&gt;Une fois redescendu, on retrouve les nourritures terrestres: baignades sur l'unique micro-plage de l'île, ou au débarcadère, piques-niques avec les amis de rencontre du voilier Veronika - chouette, de grands enfants à bord -, dont Benédicte soignera les vilaines plaies de Fanny en attendant d'aller aux urgences de St Laurent. &lt;/p&gt;&lt;p align="justify"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5325753877406203650" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/Sejg7zf0vwI/AAAAAAAABbM/ZMZJ0-wUb6s/s400/IMG_0771.jpg" border="0" /&gt; &lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5325754063425496962" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SejhGoeR54I/AAAAAAAABbU/MrMVd9KKNcc/s400/IMG_0694.jpg" border="0" /&gt;&lt;br /&gt;Avant de quitter les îles, il nous reste une mission importante à accomplir. A quelques mois de notre départ, il y a deux ans déjà, le cher Gontran, collègue et néanmoins ami, avait posé l'air de rien entre une réunion et une conduite (il est chauffeur pour les enfants de l'institution) un geste d'une pure poésie: "Je te confie un petit caillou de mon jardin, tu le déposeras quelque part, où tu voudras, sur ton chemin de voyageur". Voilà bien un geste comme je les aime, un comble d'inutilité et de grâce. Le petit caillou ovale, noir, ou plutôt gris anthracite, incrusté par quelque fantaisie géologique d'une sorte de croissant de lune beige, poli comme un galet de Dieppe, faisant à peine ses deux centimètres de long, a pris sa place dans une petite poche de mon sac à dos. Pas si facile d'éviter d'égarer ce "mandat", dans cette vie de bateau où on a paumé pas mal de choses, où la mer, la nuit, le vent et les entrées d'eau ont plus d'une fois désorganisé le bord. Il faut croire qu'on tenait à ce que le caillou arrive à destination... &lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5325754548387505986" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/Sejhi3GO50I/AAAAAAAABbk/OSL6D8M8q8g/s400/IMG_0786.jpg" border="0" /&gt; &lt;p align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Mais laquelle? Il fallait que ce fût loin, pour que le caillou oublié là élargît au maximum la tente de l'imaginaire entre Gontran, resté chez lui et dont il constituait une parcelle, une relique même, nous plus tard revenus, et lui-même, enfoui dans sa terre d'adoption après ce long voyage, symbolique du nôtre. On avait pensé à l'île de Fogo, au sud-ouest de l'archipel du Cap-Vert, île volcanique entre toutes, où le minéral eût demeuré en haute compagnie. Mais c'était encore trop près de Picardie. C'est la lecture des aventures de Papillon qui nous a décidés pour les îles du Salut.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5325754288742766274" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SejhTv2GlsI/AAAAAAAABbc/xVzoVL5ugD0/s400/IMG_0630.jpg" border="0" /&gt; &lt;p align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Le bagnard évadé, raconteur de talent, chantre de la liberté et de la rédemption par-delà le crime, ces trois petites îles qui sont des tas de cailloux posés sur l'eau à dix milles nautiques au large de Kourou, le bagne qu'elles abritèrent cent ans durant, lieu de relégation, de réclusion, d'abandon pour des milliers de délinquants et de criminels que notre société n'a su qu'expulser au loin pour mieux ne pas les voir, tout cela collait assez bien avec l'idée que je me fais du Beau de Kin: humaniste, engagé par son travail auprès d'autres "mis à part", diseur profond de textes de Bernard Dimey, truculent raconteur d'histoires. Ce serait donc l'île Saint Joseph, la plus dure des trois quant aux conditions de détention, la plus déserte aussi (hormis l'île du Diable, où résida Dreyfus, désormais interdite d'accès, et de fait quasi-impossible à accoster), où les ruines du bagne sont restées les plus éloquentes. L'île, propriété du Centre spatial, est gardée par un vieux légionnaire (de deux mètres cubes, nous avait averti un voisin de mouillage) aux manières d'ours. Il reste néanmoins discret et laisse les visiteurs se balader à peu près partout, malgré les innombrables panneaux d'interdiction, à la mode de chez nous.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p align="justify"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5325754899212292562" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/Sejh3SBYUdI/AAAAAAAABbs/4PpozxxUkLQ/s400/IMG_0706.jpg" border="0" /&gt;&lt;br /&gt;Très bien, mais où ça, sur St Jo? Arpentée une première fois, l'île recèle bien des lieux possibles pour le dépôt du caillou. Ce pourrait être parmi d'autres énormes cailloux qui apparaissent sur le bord de l'île et menacent d'éboulement. Ou bien dans l'une de ces petites cages nommées cellules, ouvertes, à une grille près, sur le ciel et ses pluies diluviennes, et surtout sous le regard du surveillant qui va et vient en surplomb de cette batterie de fauves reclus, interdits de parole comme de sortie, envoyés là par surcroît de punition, frappés de double et triple peine. &lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5325755214178411074" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SejiJnXJ4kI/AAAAAAAABb0/SC6TUkuw6BU/s400/IMG_0646.jpg" border="0" /&gt; &lt;p align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Ou encore dans l'immense salle des relégués, vaste comme une abbatiale romane, qui conserve aux murs les fers rouillés soutenant les bâts-flancs de cette armée de délinquants moyens mais récidivistes.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p align="justify"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5325755443769271730" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SejiW-p4ZbI/AAAAAAAABb8/N63lE6CUEuY/s400/IMG_0626.jpg" border="0" /&gt;&lt;br /&gt;Et pourquoi pas sur la grande allée dallée, oeuvre des forçats dont on imagine l'effort, suant soi-même comme un boeuf rien qu'à écrire ces lignes à l'ombre du bateau, et qui mène en pente raide de la petite plage au plateau où sont les bâtiments? Ou dans un coin du cimetière où repose le souvenir des enfants des surveillants fréquemment morts en bas âge dans ces contrées infestées, et de quelques jésuites venus tempérer la dureté du lieu et du temps? &lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5325756396833264850" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SejjOdGC1NI/AAAAAAAABcE/tnRuRyRwL9s/s400/IMG_0701.jpg" border="0" /&gt; &lt;p align="justify"&gt;&lt;br /&gt;C'est finalement ailleurs que notre choix s'arrête: dans l'une des longues allées de cette géométrie de l'horreur, entre deux rangées de cachots, un arbre a poussé, magnifique de vitalité. Comme ailleurs dans ces ruines, ses racines longent l'allée comme de gros serpents, contournent les obstacles, pilier, reste de mur, grille, qu'elles enserrent comme fait avec sa proie le boa constrictor, pour rejoindre un tronc impressionnant qui s'élève en une fête de verdure et de lumière.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p align="justify"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5325756676843217298" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 300px; CURSOR: hand; HEIGHT: 400px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SejjewNnoZI/AAAAAAAABcM/TpdDcGR1K5Y/s400/IMG_0783.jpg" border="0" /&gt;&lt;br /&gt;"Mors et vita duello etc", disait une antienne pascale. Ici, la vie et la mort se livrent une sorte de duel, pipé bien sûr puisque la vitalité de ces arbres ne vainc aucune mort, elle ne fait que succéder à cet univers de mort enfin délaissé. Il n'empêche, le symbole nous convient, et je dépose le caillou de Gontran sur l'une des racines du bel arbre. A la première pluie sérieuse, le caillou en équilibre précaire basculera comme une graine, un gros haricot, d'un côté ou de l'autre dans l'humus qui l'attend. &lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p align="justify"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5325756984271501138" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 300px; CURSOR: hand; HEIGHT: 400px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SejjwpeO91I/AAAAAAAABcU/OJeKalGHORc/s400/IMG_0791.jpg" border="0" /&gt;&lt;br /&gt;Qui sait s'il ne poussera pas là quelque chose d'inconnu, d'inédit, un arbre à poèmes, peut-être, ou à souvenirs. Dis, Gontran, tu n'en ferais pas une histoire, de ce caillou voyageur? &lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5325757200772864162" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 300px; CURSOR: hand; HEIGHT: 400px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/Sejj9QALmKI/AAAAAAAABcc/v9gc6SFzz0E/s400/IMG_0764.jpg" border="0" /&gt; &lt;p align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Quatre jours passés ici, c'est peu pour ce coin de paradis. Mais un ami nous attend à St Laurent et il est temps de rendre l'île à ses derniers forçats, ces bagnards ataviques qui ont repris leurs droits sur l'île depuis que le gouvernement les a débarrassés des autres: le peuple infatigable des fourmis.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5325757421672167410" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SejkKG6rd_I/AAAAAAAABck/8WwkZj97pTQ/s400/IMG_0748.jpg" border="0" /&gt; &lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5325757762356282242" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/Sejkd8EGg4I/AAAAAAAABcs/-gr0mvB4qZs/s400/IMG_0723.jpg" border="0" /&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3301097922628147045-2013633340974978530?l=sidaventurealavoile.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://sidaventurealavoile.blogspot.com/feeds/2013633340974978530/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=3301097922628147045&amp;postID=2013633340974978530' title='4 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3301097922628147045/posts/default/2013633340974978530'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3301097922628147045/posts/default/2013633340974978530'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://sidaventurealavoile.blogspot.com/2009/04/iles-du-salut-6-au-9-avril-par-romuald.html' title='Iles du Salut, 6 au 9 avril     (par Romuald)'/><author><name>fanny</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SejVgTPDGII/AAAAAAAABZc/rqfEAQ52hp0/s72-c/IMG_0455.JPG' height='72' width='72'/><thr:total>4</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3301097922628147045.post-5011582981675211373</id><published>2009-04-16T21:53:00.037+02:00</published><updated>2009-04-17T20:34:40.478+02:00</updated><title type='text'>Sous le signe d'Epicure: Cayenne, 24 mars au 4 avril (par Romuald)</title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SeeN85bwGsI/AAAAAAAABVE/tI38hvTqPRM/s1600-h/IMG_0324.JPG"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5325381161737788098" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SeeN85bwGsI/AAAAAAAABVE/tI38hvTqPRM/s400/IMG_0324.JPG" border="0" /&gt;&lt;/a&gt; &lt;br /&gt;Il n'y avait pas de place à l'unique ponton, on a donc jeté l'ancre à trois longueurs de bateau de la rive. Le port se nomme énigmatiquement Dégrad des Cannes. On apprendra qu'un dégrad est ici synonyme d'embarcadère: n'importe quelle structure qui permet de mettre un bateau à l'eau, ou de charger un navire, de la plus simple cale inclinée en béton jusqu'au port de commerce de la capitale, le Dégrad des Cannes (à sucre, j'imagine). Ces premières heures, comme chaque fois, sont magiques: odeurs de végétation et de fleuve boueux, bruits inouïs des cigales, rappelant nos débroussailleuses ou tronçonneuses thermiques, plus stridentes que les électriques, et des oiseaux aux formes et aux couleurs inconnues. A commencer par ces oiseaux noirs, mi-poulet, mi-vautour, mi-corbeau, qu'Albert Londres appelle urubus et décrit ainsi, dans "Au bagne": "C'est beaucoup plus gros que le corbeau et beaucoup plus dégoûtant que le vautour. Et cela se dandine entre vos jambes et refuse de vous céder le trottoir. Et ils vous suivent comme si vous aviez l'habitude de laisser tomber des morceaux de viande pourrie sur votre chemin". Enfin les nôtres sont moins incivils et les enfants sont subjugués par ce premier contact. On rejoindra le ponton quelques jours plus tard, quand il y aura de la place, entre voiliers résidents et tapouilles brésiliennes, ces bateaux sur lesquels vivent quelques pêcheurs venus du pays voisin. &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5325381828797994610" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SeeOjubTFnI/AAAAAAAABVM/uRTiFsllWA4/s400/IMG_0175.JPG" border="0" /&gt; &lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5325382470902933858" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SeePJGdC6WI/AAAAAAAABVU/BcAN1anELrI/s400/IMG_0378.JPG" border="0" /&gt;&lt;br /&gt;Passée la magie, on comprend que le port est vraiment loin de tout, à 15 kilomètres de la ville. On part en stop louer une voiture à Cayenne. Un créole s'arrête. Comme il est en vacances, il a du temps, nous accompagne chez le loueur et nous propose une visite de la ville. On arrive de transat, on n'a plus rien bu de frais depuis plus de deux semaines, on est recru de soleil, on lui demande d'abord de nous indiquer un bistrot. Voilà-t-il pas qu'il nous offre un "pot de bienvenue en Guyane" à l'élégant bar des Palmistes, sur la grand-place! Je peux vous dire que cette bière-là, une Leffe, a eu une saveur dont je me souviendrai longtemps! La discussion embraye sur la Guyane et les guyanais, l'histoire compliquée de ce "pays" multiethnique, sa mauvaise réputation due à l'expédition désastreuse de Kourou, en 1763 (une tentative mal préparée d'implanter une colonie française, qui s'est soldée par la mort par maladie du plus grand nombre et le refuge des survivants sur les îles qu'on nommera après cela "du Salut"), puis à l'instauration du bagne pendant une centaine d'années. Jean, le bienfaiteur de nos palais asséchés, a beaucoup appris de sa mère qui, enfant, vivait souvent au bagne des îles où ses grands-parents étaient surveillants. Les blancs, là, n'étaient pas les dominants, mais les dominés, le rebut, la lie de leur société. De là, un esprit de fraternité et d'hospitalité s'est transmis dans cette famille, dont bien des discussions ultérieures avec d'autres guyanais, tous "métro", nous fera comprendre la rareté et le prix dans cette région marquée par le communautarisme et la défiance réciproque. Quelle chance de rencontrer cet homme, qu'on reverra quelques fois ensuite! &lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt; &lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;br /&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5325383193444730338" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SeePzKIbxeI/AAAAAAAABVc/kxeFVjYK5bU/s400/IMG_0177.JPG" border="0" /&gt;&lt;em&gt;La tour Dreyfus, à Kourou&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Le temps de refaire un peu les vivres, et le soir même, on accueille celui qui sera l'alpha et l'oméga de cette escale, Michel, frère de ma collègue Catherine qui s'est prise d'intérêt pour notre petite aventure. Michel nous ouvrira grandes les portes de sa maison, réjouissant fouillis de plantes et de fleurs (pour le jardin) et de sa machine à laver, où processionneront des tombereaux de linge crasseux et empuanti par l'humidité du bord. C'est chez lui, au cours d'un repas de ponches aux rhums arrangés maison avec les cerises-pays ou les prunes du coin, dégustant un fameux plat marocain mijoté 24 heures dans les braises du four à pain maison, d'où sortent aussi de fameuses miches, qu'on ouvrira LA bouteille qu'on avait mise de côté pour célébrer la réussite de la transat, un Vougeot de 95 nullement gâché par six mois de roulis sur le chahut de la mer, dernière bouteille reçue de mon père deux ou trois ans avant sa mort, et bue à la mémoire du vieux capitaine, qui m'inspira bien malgré lui cette aventure. &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5325726319633169650" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SejH3uyu_PI/AAAAAAAABZM/ze5JxmBq7Zk/s400/IMG_0391.JPG" border="0" /&gt;&lt;br /&gt;&lt;p align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Mercredi, jour de marché à Cayenne. Les sens sont assaillis par tous ces fruits et légumes inconnus: coupoissous, chadèques (gros pamplemousses très doux), rambutans (sorte de litchis), parepous (petites baies grosses comme des noix, cuites à l'eau et rappelant un peu l'artichaut), etc. Les tomates sont hors de prix, mais on fait des "orgies" de concombres et de batavias. Après tous ces jours de navigation aux boîtes de conserves, on est à la fête. Entre deux, on boit un jus frais de prune de cythère ou de maracudja. Le marché aux poissons, un peu plus loin, exhibe acoupas, requins, machoirans et autres carangues ou thazards. On y trouvera de délicieux filets de croupia, et plusieurs fois des crevettes, de pêche locale, préparées au retour à la poêle avec ail et persil. Avant de repartir, les enfants achètent quelques livres de poche au bouquiniste (Dan Brown et son Da Vinci Code fait ainsi son entrée à bord, mais aussi Werber et ses fourmis, Pennac et son Malaussène), et on s'assied comme il se doit pour une soupe vietnamienne telle qu'on n'en trouve guère dans nos restaus asiatiques de province.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5325385473348588818" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SeeR33b31RI/AAAAAAAABVs/bd47b_WQMwo/s400/IMG_0390.JPG" border="0" /&gt;&lt;br /&gt;&lt;p align="justify"&gt;&lt;br /&gt;L'après-midi, un voisin est arrivé au mouillage. Claude l'a amené en ville. Il s'appelle Kofi mais on n'a pas encore eu le temps de se connaître. Il fait maintenant nuit, je suis seul sur le bateau, et je le vois repartir vers son Bounty II avec son annexe en alu. Soudain, je l'entends appeler à l'aide. Je pressens qu'il n'a pas réussi à remonter à bord. Je crie à Kofi que j'ai entendu et que quelqu'un va venir. Dans ce courant de trois-quatre noeuds et de nuit, le pire peut survenir très vite: qu'il lâche et il est emporté dans la nuit vers l'estuaire. J'ai encore en mémoire l'histoire de cet espagnol sur l'île de Sal. Ma propre annexe est à terre, les enfants et Fanny étant partis en courses. Je m'apprête à passer un appel à la VHF pour alerter les bateaux au ponton, dont nous connaissons quelques équipages, transfuges du Rallye des îles du soleil, qu'ils ont quitté au Brésil. A ce moment, je distingue notre annexe avec Claude et les deux garçons qui arrivent. Ils entendent l'appel au moment où je les envoie lui porter aide. Ils foncent et découvrent Kofi suspendu à ses filières, incapable de se hisser à son bord, son annexe sous lui à moitié coulée déjà, Dieu sait comment. Ils parviennent à le prendre dans notre annexe. L'homme a eu chaud. Claude est monté sur le Bounty, et voilà que Kofi enjoint aux garçons de partir avec lui à la recherche de son annexe qui dérive maintenant rapidement dans le courant du fleuve, à son maximum à ce stade de la marée. Ils s'enfoncent dans la nuit, deux garçons avec un inconnu, sans torche pour chercher, et je suis trop loin pour savoir ce qui se passe. Claude, resté à bord de l'autre bateau, me crie de demander de l'aide. J'appelle Sualiga, un cata ami, et Yannick me prend avec son dinghie et nos deux projecteurs. On retrouve assez vite l'équipée, qui a elle-même retrouvé l'annexe perdue. Je suis soulagé, car tout s'est fait dans la précipitation, sans moi, et aurait pu mal tourner. Mais les garçons ont fait preuve d'une formidable présence d'esprit! Ils viennent de sauver un bonhomme.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;br /&gt; &lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5325386495230935106" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SeeSzWPnAEI/AAAAAAAABV0/4We9PLDR89M/s400/IMG_0411.JPG" border="0" /&gt; &lt;em&gt;Premières tentatives, laborieuses, à la machette&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;On fera ensuite connaissance avec Kofi. Parti de Martigues il y a dix ans avec ce bateau, il arrive là de Cape Town, Afrique du Sud, après 45 jours de mer en solitaire. Il voulait gagner le Cap-Vert pour rentrer en France, mais la rupture de son étai l'a contraint à faire du portant, donc à traverser vers la Guyane, pour réparer. Il est assez fatigué, et sa première sortie à terre l'a un peu grisé. Il est ce que les premiers moines d'Egypte ou de Syrie appelaient un gyrovague: un homme qui ne sait pas se fixer, qui a besoin de vadrouiller, de vagabonder plus que de voyager. Trente ans qu'il circule ainsi, travaillant peu, trafiquant parfois un peu d'or ou quelques diamants glanés au Brésil et revendus à Anvers ("je les revends aux juifs, eux, ils ont une parole, je leur dis que je suis arménien, comme ça ils me font un prix correct"). Il veut en terminer avec ce bateau qu'il revendra une fois rentré, et prépare une expédition à la recherche d'un trésor. "J'ai la fièvre, me dit-il, je tente la chance". Il a beaucoup lu sur la question, connait l'histoire des pirates, fait ses hypothèses, et sait précisément où il promènera sa "poêle à frire", comme il nomme le détecteur de métaux qu'il va s'acheter, ainsi qu'un revolver, quand il aura vendu son Bounty. Vous comprendrez que je ne vous en dise pas plus sur l'emplacement de sa quête future, la concurence étant brutale en matière de chasse au trésor. Kofi est comme un enfant, et sans ce genre de rencontre, la mer aurait moins de goût.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;p align="justify"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5325387221159187522" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SeeTdmiZFEI/AAAAAAAABV8/iER97I5T7Sg/s400/IMG_0377.JPG" border="0" /&gt;&lt;br /&gt;Entre deux machines à laver, on visite le zoo tout juste réouvert, où le porc-épic arboricole a un air de Confucius méditant sur le sort du monde. On va au petit musée de Cayenne, sa remarquable salle d'entomologie aux papillons lumineux, aux mygales effrayantes, et aussi à l'étage cette salle consacrée aux peintures de Francis Lagrange, bagnard et peintre qui décrit sur ses toiles la vie du bagne. On croit relire "Papillon" en accéléré. Dehors, le temps a changé. Le "petit été de mars", comme on appelle cette courte saison sèche qui précède la longue saison des pluies, a donné son congé avant la fin du mois et cédé la place au grand déluge d'avril! On n'avait plus connu ça depuis quatre mois, et le ciel nous pisse dessus à droite et à gauche par divers trous dans le pont, notamment la nuit sur notre couchette arrière.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p align="center"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5325387798335613330" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SeeT_Mr-aZI/AAAAAAAABWE/dLdf1tzKZ64/s400/IMG_0155.JPG" border="0" /&gt;&lt;em&gt; Souvenirs, souvenirs...&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;br /&gt;&lt;p align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Un jour, on va visiter le Centre spatial guyanais, big business de satellites commerciaux qui tournent à l'infini au-dessus de nos têtes une fois qu'ils ont fini de servir. Ce sont comme ça des milliers d'épaves qui errent dans le vide sidéral: c'est émouvant...&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5325388467453101602" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SeeUmJWBBiI/AAAAAAAABWM/AjfjW9xpRf8/s400/IMG_0132.JPG" border="0" /&gt;&lt;br /&gt;&lt;p align="center"&gt;&lt;em&gt;Lignes pures&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5325389414868026690" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SeeVdSvVhUI/AAAAAAAABWU/KU9dNEB11vk/s400/IMG_0138.JPG" border="0" /&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5325390036370861618" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SeeWBeBKLjI/AAAAAAAABWc/NUZ3jLPfBaA/s400/IMG_0141.JPG" border="0" /&gt; &lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5325390913375004114" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SeeW0hHPZdI/AAAAAAAABWk/n5EQ8F5ydjw/s400/IMG_0125.JPG" border="0" /&gt;&lt;br /&gt;Et comme est belle la terre vue du ciel à ces hauteurs-là!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5325397090059050338" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SeeccDDeXWI/AAAAAAAABXM/2H4EILY5d2M/s400/IMG_0160.JPG" border="0" /&gt;&lt;br /&gt;Dimanche, on part au fameux marché de Cacao, le village Hmong dans la montagne. Les Hmongs sont un peuple d'Asie centrale émigré vers le sud-est, puis victime des guerres coloniales, pris entre le marteau du communisme et l'étau (ou la faucille?) des puissances coloniales: France et Etats-Unis. La France a proposé à quelques milliers d'entre eux dans les années 70 de venir se réfugier en Guyane, au climat et à l'environnement similaires à leur Laos. &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5325397820369739954" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SeedGjrHILI/AAAAAAAABXU/CR919D3uZQs/s400/IMG_0064.JPG" border="0" /&gt;&lt;br /&gt;&lt;p align="center"&gt;&lt;em&gt;CACAO, Village Hmong&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5325398783560844242" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/Seed-n1xA9I/AAAAAAAABXc/ZN0AWBUUGnU/s400/IMG_0027.JPG" border="0" /&gt;&lt;br /&gt;Sur le marché, donc, une jeune fille nous prépare une étonnante salade de papaye avec dix ou douze ingrédients pilés ensemble, en nous expliquant que son peuple, d'obédience traditionnellement chamanique, est passé au catholicisme, "beaucoup moins contraignant"! Après une dégustation des spécialités Hmongs, on va visiter, à côté du marché, le petit et extraordinaire musée des insectes, guidés par l'étonnant instituteur du village, qui se bat contre toutes les inerties pour sauvegarder un patrimoine ethnologique qui a tendance pour l'instant à partir pour l'étranger, au plus offrant. &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5325399556660735042" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/Seeern3JLEI/AAAAAAAABXk/AZeTtXJzQNw/s400/IMG_0035.JPG" border="0" /&gt; &lt;p align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Son enthousiasme à présenter un tas de bébêtes affreuses et vivantes est contagieux, et la joie des garçons est à son comble quand se balade sur leur main la grande amblipyge, la même araignée qui a tourné dans "Harry Potter IV: la Coupe de Feu" (pendant un cours du professeur Maugrey Fol-Oeil, qui enseigne la défense contre les forces du mal, me précise Théana, accablée par tant d'inculture).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5325400409925764850" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SeefdShYRvI/AAAAAAAABXs/-OSp4AiS5w8/s400/IMG_0036.JPG" border="0" /&gt;&lt;br /&gt;&lt;p align="center"&gt;&lt;em&gt;Tant d'amour dans ces yeux...&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Scorpions et mygales sont passés en revue, et on repart de Cacao convaincu que la Guyane n'est pas tant terre des piqûres que d'Epicure. Au retour, les trombes d'eau font ruisseler la latérite sur la route défoncée, comme dans le roman de Barbara Kingsolver, "Les yeux dans les arbres".&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5325401508370847378" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SeegdOjGFpI/AAAAAAAABX0/sqzjj0GoiXQ/s400/IMG_0081.JPG" border="0" /&gt;&lt;br /&gt;&lt;p align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Le lendemain, Joël vient travailler sur le bateau. Solide comme un Lorrain, Joël est un ami de Michel, qui nous en fera connaître d'autres. Un copain comme les chantait Brassens, et un homme de coeur. Il diagnostique rapidement le problème de pilote qui nous avait handicapé les dix derniers jours de traversée: le petit axe à remplacer est une goupille "élastique" ou mécanindus"(!), qu'il se procure pour cinq centimes!! A quoi tient le confort en mer... Quant à la dureté de l'inverseur (boite de vitesse, en quelque sorte), c'est qu'il n'y a plus une goutte d'huile dans le carter. J'aurais quand même pu m'en apercevoir tout seul. Un bateau, c'est une histoire, celle de tous ceux qui l'ont soigné à un moment ou un autre. Je voudrais à l'occasion fabriquer une plaque commémorative à la mémoire de tous ceux qui ont bossé sur ce bateau pour nous sortir d'un pétrin ou d'un autre et nous permettre d'avancer. Ils commencent à être nombreux, après six mois de navigation. Ca donnerait quelque chose comme:&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;" A Jean-Pierre T. (Arzal),&lt;br /&gt;Eliane et Jean-Pierre R. (Arzal),&lt;br /&gt;Jesus Z. (Gijon, Camarinas, Nazaré et Cascais),&lt;br /&gt;Alberto B. (Rabat),&lt;br /&gt;John and John (Graciosa),&lt;br /&gt;Gilles et Joan (Mindelo),&lt;br /&gt;Guy B. (Mindelo),&lt;br /&gt;Marc C. (Graciosa, Mindelo),&lt;br /&gt;Gérard N. (Dakar),&lt;br /&gt;Joël L. (Cayenne),&lt;br /&gt;le VANGUARD reconnaissant (et nous avec)". &lt;/p&gt;&lt;br /&gt;&lt;p align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5325723847734857490" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SejFn2QQDxI/AAAAAAAABZE/wB2bQk2GwTE/s400/IMG_0216.JPG" border="0" /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5325402361011594242" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SeehO24fZAI/AAAAAAAABX8/5eEDtIgoHbE/s400/IMG_0192.JPG" border="0" /&gt; &lt;p align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Une fois réparé tout ça, Joël nous propose une balade avec sa pirogue sur la crique Gabrielle, en amont de fleuve. Joël ne fut pas seulement marin professionnel, il est aussi guide de brousse, mécanicien et beaucoup d'autres choses. Crique est synonyme de rivière, et celle-ci débouche sur un grand marais, au bord duquel Michel et ses amis ont construit un carbet, un abri de brousse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5325403074876690354" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/Seeh4aPMT7I/AAAAAAAABYE/-hP1dnHsEQs/s400/IMG_0183.JPG" border="0" /&gt; &lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5325403920804008002" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/Seeippj-0EI/AAAAAAAABYM/dwQ6_HY08oU/s400/IMG_0257.JPG" border="0" /&gt;&lt;br /&gt;On s'enfonce dans cette forêt primaire que Joël nous explique, on poursuit gentiment les splendides morphos bleus, on croit distinguer des anacondas à la surface de l'eau couleur de thé, qui ne sont que des troncs morts, on s'émerveille de voir les caciques, culs-jaunes et culs rouges, jaillir de leur nids suspendus, et pour finir, on déjeune au carbet dans la paix du marais. &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5325404618809393314" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SeejSR1bwKI/AAAAAAAABYU/C1De0njuZgY/s400/IMG_0356.JPG" border="0" /&gt;&lt;br /&gt;Il faudrait prendre bien plus de temps pour apprivoiser cette forêt, lui devenir un peu familier. Cette vie de la forêt passionne les garçons, et le maniement de la machette n'y est pas pour peu. On reviendra, inch'Allah... &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5325405857890922626" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SeekaZxfcII/AAAAAAAABYc/gliPl8mW0YM/s400/IMG_0301.JPG" border="0" /&gt;&lt;br /&gt;En attendant de revenir, il y en a un qui doit partir. Notre équipier Claude, dont la présence nous bien soulagés pendant la transat, veut encore passer quelques jours dans le pays, mais seul et à son rythme, avant de retourner dans "sa" forêt. On n'aura quasiment pas parlé ensemble de ce que fut cette expérience d'une vie partagée somme toute très intimement six semaines durant, et ce n'est qu'après coup, comme si la saturation de la relation empêchait de la penser, que je me suis mis à réfléchir à ce qu'une telle expérience implique d'adaptation, d'accomodements les uns aux autres, et plus encore pour lui qui s'est trouvé "inclus" dans notre grande famille aux habitudes établies. Peut-être y reviendra-t-on, de retour au bercail. En tout cas, un grand merci à toi, Claude, qui n'a pas ménagé ta peine lors des manoeuvres et des quarts, et grâce à qui, par ton insistance à démonter le pilote, nous avons gagné une heure et demie de repos! Never give up!&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5325406680413537090" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SeelKR6Kg0I/AAAAAAAABYk/YyEhxb_UEQ8/s400/IMG_0003.JPG" border="0" /&gt;&lt;br /&gt;&lt;p align="center"&gt;&lt;em&gt;Arrivée de transat&lt;/em&gt; &lt;/p&gt;&lt;br /&gt;&lt;p align="justify"&gt;A un autre niveau, la même question se pose pour nous cinq. On n'a jamais été ensemble aussi longtemps et aussi intensément, 24 heures sur 24, et jusqu'à ces dix-sept jours enfermés sur notre esquif de 20 mètres carrés. Qu'est-ce que cela change en nous et entre nous, c'est à chacun de répondre, et il faudra sans doute attendre le retour pour le comprendre un peu. &lt;/p&gt;&lt;p align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Il y a peut-être ici deux sortes de "métro": ceux qui viennent en Guyane, et ceux qui y restent. Michel nous fait remarquer que les "métros" qui vivent ici depuis plusieurs années sont souvent des personnages aux parcours singuliers, romanesques même, à ce que j'en pressens. Des vies drues, touffues, un peu sombres, opaques, en clair-obscur, comme est cette forêt au bord de laquelle ces amis-là se sont trouvés. Ainsi tel ancien militaire, un homme étrange, rencontré à l'orée de la grande forêt vierge, vivant avec Marie-Noël, le boa constrictor de dix-huit ans qui est né dans ses bras un matin de noël, maniant l'humour le plus cru avec distinction puis offrant à Théana des pierres d'acoupa, extraites sous nos yeux du squelette du poisson et accompagnées d'un très joli texte sur l'amour-toujours. L'homme collectionne les insectes, spécialement les longicornes, tout bardés de carapace, un peu comme lui d'ailleurs au premier abord, et a dernièrement découvert une dizaine d'espèces inconnues des scientifiques. Mais aussi cet autre, marin baulois du temps des Peyron et des Pajot, aviateur, conseiller spécial de Mobutu pendant dix ans, constructeur de palais en Arabie et qui nous en apprend long, si j'ose dire, sur la libido intacte des eunuques gardiens du harem. Les copains de Michel sont attachants...&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5325407695150304658" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SeemFWGQzZI/AAAAAAAABYs/7qc9XBryWsw/s400/IMG_0417.JPG" border="0" /&gt;&lt;br /&gt;&lt;p align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Fanny a des soucis avec ses jambes. Elle se dégrade des cannes! Pendant la traversée, elle s'est sévèrement ébouillantée dans un coup de roulis. Le mollet a tout pris. La biafine a bien aidé, mais dans cette chaleur humide, la plaie devient noire, laide, suintante. Par chance, il y a deux médecins parmi les équipages, dont les conseils viennent à bout du problème. Mais voilà que lui poussent sur une cuisse des boutons de chaleur, qui deviennent des cratères purulents et saignants extrêmement douloureux. Aux îles du Salut, un peu plus tard, c'est une infirmière de rencontre qui pose le diagostic: probablement un staphylocoque. Elle fait le pansement adéquat, et conseille les antibiotiques, dont elle nous fait parvenir une boite le lendemain par un copain du catamaran géant qui amène les touristes sur les îles. Impressionnant comme de petits bobos peuvent évoluer dans ce climat. C'est une des premières fois que notre super-pharmacie de bord trouve à servir. &lt;/p&gt;&lt;p align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Si je n'ai pas encore parlé du bagne, c'est que le bagne n'est pas à Cayenne, n'y a jamais été. Il faut aller plus loin en chercher les vestiges. Vient le temps de partir pour les îles mythiques du Salut. C'est dimanche matin, la voiture de location a été rendue après les derniers achats, Michel et les autres sont là, pour larguer nos amarres après nous avoir dotés d'un pain-maison, d'un barbecue géant (un tambour de machine à laver!) et d'un ultime rhum arrangé, pour plus tard. Sûr, on reviendra, ici et puis à Natal...&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5325729072851158626" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 300px; CURSOR: hand; HEIGHT: 400px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SejKX_VDhmI/AAAAAAAABZU/nxCquaDM3lk/s400/IMG_0404.JPG" border="0" /&gt;&lt;br /&gt;&lt;p align="center"&gt;&lt;em&gt;On remonte l'annexe&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5325409748486215330" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/Seen83XsVqI/AAAAAAAABY8/8CQKC2WcK4k/s400/IMG_0427.JPG" border="0" /&gt;&lt;em&gt; Au revoir&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3301097922628147045-5011582981675211373?l=sidaventurealavoile.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://sidaventurealavoile.blogspot.com/feeds/5011582981675211373/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=3301097922628147045&amp;postID=5011582981675211373' title='4 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3301097922628147045/posts/default/5011582981675211373'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3301097922628147045/posts/default/5011582981675211373'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://sidaventurealavoile.blogspot.com/2009/04/sous-le-signe-depicure-cayenne-24-mars.html' title='Sous le signe d&apos;Epicure: Cayenne, 24 mars au 4 avril (par Romuald)'/><author><name>fanny</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SeeN85bwGsI/AAAAAAAABVE/tI38hvTqPRM/s72-c/IMG_0324.JPG' height='72' width='72'/><thr:total>4</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3301097922628147045.post-3188885030912443495</id><published>2009-04-11T23:23:00.010+02:00</published><updated>2009-04-12T21:37:59.515+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='La parole aux enfants...'/><title type='text'>la crique Gabrielle    (par François-Clair)</title><content type='html'>&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5323884625252451890" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SeI83AlWBjI/AAAAAAAABUU/riXguS14UmA/s400/IMG_0221.JPG" border="0" /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;&lt;div&gt;&lt;div&gt;&lt;div&gt;&lt;div&gt;&lt;div&gt;&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SeELrTM0KcI/AAAAAAAABT8/T1ejOpeTa7k/s1600-h/IMG_0373.png"&gt;&lt;span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;Hop !! On referme le coffre et on monte dans la voiture !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;On est prêts mais un peu en retard (comme d’habitude) pour notre petite excursion en brousse.&lt;br /&gt;Nous sommes habillés pour les circonstances, en ce qui me concerne j’ai ma machette (achetée récemment comme souvenir de Guyane), mon sac en bandoulière avec mon couteau. &lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;Dans la voiture on parle déjà des anacondas et boas constrictors que l’on va tuer et cuire à la broche avec des mygales aux champignons. &lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;On arrive au point de rendez-vous où Joël , notre ami qui va nous faire faire la balade doit nous conduire au point de mise à l’eau. Jean-Elie, Théana et moi allons dans sa voiture où il nous parle des 32 espèces de palmiers. &lt;/div&gt;&lt;div&gt; &lt;/div&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5323883816476324690" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SeI8H7qFs1I/AAAAAAAABUE/QK4Eobr6ebQ/s400/IMG_0178.JPG" border="0" /&gt;&lt;br /&gt;On arrive au débarcadère et nous procédons à la mise à l’eau. A cet endroit, j’ai eu la preuve que ma machette était une bonne machette car d’un coup de sabre je tranchai net une noix de coco qui malheureusement était toute pourrie et mangée par les vers. &lt;/div&gt;&lt;div&gt; &lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5323888434064405890" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SeJAUtg4NYI/AAAAAAAABU8/aNFCtzslnNQ/s400/IMG_0373.png" border="0" /&gt;&lt;br /&gt;On met la barque à l’eau et autant vous dire qu’avec un moteur de 30 chevaux, on a bien tracé.&lt;br /&gt;On entre dans la crique Gabrielle (ici une crique est un ruisseau) où l’eau a une couleur coca-cola (mais pas le gout, dommage). &lt;/div&gt;&lt;div&gt; &lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5323884853116370610" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SeI9ERcVfrI/AAAAAAAABUc/qiw2aV2VRLM/s400/IMG_0264.JPG" border="0" /&gt;&lt;br /&gt;Apres un peu de route, nous voyons un carbet-restaurant où sont amarrées plusieurs pirogues (un carbet est un abri construit pour dormir avec son hamac). &lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;Encore un peu de chemin et nous faisons demi-tour car nous venons de voir passer un morpho , le plus beau des papillons, mais lorsqu’on repasse, il a disparu. C’est dommage, mais on en verra d’autres. &lt;/div&gt;&lt;div&gt; &lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5323884059133886962" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SeI8WDoKQfI/AAAAAAAABUM/QU4iRuiN7R4/s400/IMG_0192.JPG" border="0" /&gt;&lt;br /&gt;Une demi-heure après, on arrive au carbet construit par Joël et ses amis pour la chasse aux insectes (sachez que le plus gros des insectes, le titan, peut atteindre les 2000 euros) mais aussi pour dormir au milieu de la brousse. &lt;/div&gt;&lt;div&gt; &lt;/div&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5323886369471341122" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SeI-ciTiIkI/AAAAAAAABUk/J6EF4-VpnLY/s400/IMG_0339.png" border="0" /&gt;&lt;br /&gt;Une fourmilière immense se dresse au milieu des plantes et je peux vous dire que la morsure de ces fourmis ne fait pas que du bien.&lt;br /&gt;Une termitière se dresse à environ 20 mètres de haut sur un arbre.&lt;br /&gt;Nous mangeons, ou plutôt tout le monde mange sauf moi qui suis parti un peu plus loin pour me confectionner un arc. &lt;/div&gt;&lt;div&gt; &lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5323886621306646338" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SeI-rMdv70I/AAAAAAAABUs/F18ifRse1u0/s400/IMG_0348.JPG" border="0" /&gt;&lt;br /&gt;Une heure après, nous repartons et le retour se passe sans embûche . &lt;/div&gt;&lt;div&gt; &lt;/div&gt;&lt;div&gt; &lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5323887102801440162" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SeI_HOLDbaI/AAAAAAAABU0/Q1ryLC6HLd0/s400/IMG_0367.JPG" border="0" /&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3301097922628147045-3188885030912443495?l=sidaventurealavoile.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://sidaventurealavoile.blogspot.com/feeds/3188885030912443495/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=3301097922628147045&amp;postID=3188885030912443495' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3301097922628147045/posts/default/3188885030912443495'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3301097922628147045/posts/default/3188885030912443495'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://sidaventurealavoile.blogspot.com/2009/04/la-crique-gabrielle-par-francois-clair.html' title='la crique Gabrielle    (par François-Clair)'/><author><name>fanny</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SeI83AlWBjI/AAAAAAAABUU/riXguS14UmA/s72-c/IMG_0221.JPG' height='72' width='72'/><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3301097922628147045.post-8560410584846180409</id><published>2009-04-11T23:03:00.006+02:00</published><updated>2009-04-11T23:31:20.610+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='La parole aux enfants...'/><title type='text'>La transat et tralala et trala !    (par Theana)</title><content type='html'>&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SeEHXAgvHYI/AAAAAAAABTc/SG3BTnwa4P0/s1600-h/Morpho.png"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5323544326384328066" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SeEHXAgvHYI/AAAAAAAABTc/SG3BTnwa4P0/s400/Morpho.png" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;Je ne fais pas cet article pour vous raconter la longue et peu périlleuse traversée de l'Atlantique ( je crois que papa l'a déjà fait, et beaucoup mieux que je ne le ferais), mais pour vous raconter ma façon de vivre l'arrivée. &lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;Voilà mon long récit : &lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;On pourrait croire que quand j'ai vu, depuis le bateau, la terre qui apparaissait au loin,,j'ai sauté au plafond et hurlé ma joie ! Eh bien, non ! Et pour plusieurs raisons : &lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;- 1ère raison : sur le bateau, j'étais en dehors du temps et ça m'allait très bien ! &lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;- 2ème raison : je pouvais dormir lonnnnngtemps. &lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;- 3ème raison : il y avait toujours une raison pour éviter le C.N.E.D (vous savez les excuses à deux balles du genre "J'ai le mal demer" ou "Le bateau bouge trop, je peux pas écrire" ou encore "Mon quart au soleil m'a donné mal à la tête"...). Bien-sûr, Jean-Elie, lui, n'ayant jamais eu le mal de mer, faisant ses quarts le matin ou le soir sans soleil et étant l'ainé, donc le moins crédible, devait toujours faire son boulot pendant que François-Clair et moi nous la coulions douce devant un bouquin ou une P.S. &lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;- 4ème et dernière raison : quand j'ai vu la terre, j'étais dehors et il n'y avait donc pas de plafond auquel je pus sauter... &lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;Voilà voilà mon récit. &lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;/div&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5323544463172674706" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SeEHe-FnpJI/AAAAAAAABTk/EITOdzlfNlc/s400/signe+du+tao+de+t%C3%A9aona.png" border="0" /&gt;&lt;br /&gt;Vous apprendrez aussi que nous nous sommes faits, F-C, J-E et moi, des amis de notre âge sur le ponton de Dégrad de Cannes : Bastien, Jade et son frère Anja, Morgane et ses frères Maxime et Julien,&lt;br /&gt;et aussi deux amis chiens que nous avons surnommés Yin et Yang (une chienne blanche et un chien noir, comme le signe du Yin et du Yang) &lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5323546801927891026" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SeEJnGoUKFI/AAAAAAAABT0/tOfTKFyd1LA/s400/IMG_0402.png" border="0" /&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5323545669082118562" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SeEIlKc1eaI/AAAAAAAABTs/5z78r9BI1VU/s400/IMG_0418.png" border="0" /&gt;&lt;br /&gt;A bientôt,&lt;br /&gt;Théana&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3301097922628147045-8560410584846180409?l=sidaventurealavoile.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://sidaventurealavoile.blogspot.com/feeds/8560410584846180409/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=3301097922628147045&amp;postID=8560410584846180409' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3301097922628147045/posts/default/8560410584846180409'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3301097922628147045/posts/default/8560410584846180409'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://sidaventurealavoile.blogspot.com/2009/04/la-transat-et-tralala-et-trala-par.html' title='La transat et tralala et trala !    (par Theana)'/><author><name>fanny</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SeEHXAgvHYI/AAAAAAAABTc/SG3BTnwa4P0/s72-c/Morpho.png' height='72' width='72'/><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3301097922628147045.post-36930847914670347</id><published>2009-04-11T22:44:00.003+02:00</published><updated>2009-04-11T23:03:27.944+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='La parole aux enfants...'/><title type='text'>Sieste sur transat   (par Jean-Elie)</title><content type='html'>&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SeEFURpnfcI/AAAAAAAABTU/B6sveCREnAg/s1600-h/Poesmes+Jean-Elesques.png"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5323542080422116802" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SeEFURpnfcI/AAAAAAAABTU/B6sveCREnAg/s400/Poesmes+Jean-Elesques.png" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;Le bateau se détache de son entrave au quai.&lt;br /&gt;Il file doucement, au moteur et commence&lt;br /&gt;Deux semaines intrépides d’un voyage des plus gais&lt;br /&gt;Il est déjà au loin, qui mène la cadence.&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;Les premiers jours sont doux&lt;br /&gt;Empreints du béat flou&lt;br /&gt;Qu’annoncent les voyages&lt;br /&gt;Les longs, exempts de rage&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;Les chemins de la mer,&lt;br /&gt;Sillons de vagues (parfois amers !)&lt;br /&gt;Guident nos milles entre eau et air,&lt;br /&gt;Affermissant nos âmes et chairs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Chaque soirée, jusqu’au Nadir,&lt;br /&gt;Les quarts sont pris, sans même une ire&lt;br /&gt;Les flots reposent, le pilote dure&lt;br /&gt;D’aucun n’ose jouer au Palinure *.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La nuit profonde, sceau des ténèbres&lt;br /&gt;Après un quart, fait qu’on célèbre&lt;br /&gt;L’air sain qui vient et nous fait perdre&lt;br /&gt;Notre conscience, endort notre être.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La ligne de traîne de l’équipier&lt;br /&gt;Celui qui pêche (Qui prend son pied !)&lt;br /&gt;Ramène toujours un hameçon las&lt;br /&gt;Qui revenant, fait entrelacs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;D’étranges formes, bleues à violettes&lt;br /&gt;Passent parfois, pointent leurs têtes&lt;br /&gt;Des caravelles portugaises, des sales bêtes&lt;br /&gt;Toxiques, peut-être, mais qui en jettent !&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;Malheur à nous, le pilote lâche,&lt;br /&gt;Vers le milieu de notre marche&lt;br /&gt;L’équipier, le père et l’ fils&lt;br /&gt;Tentent un bouche à bouche, à base de vis.&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;Nous tentons tous un coup bizarre,&lt;br /&gt;En installant un gros bazar.&lt;br /&gt;Le spinnaker nous fit hagards&lt;br /&gt;Nous le rangeâmes dans son placard !&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;Barrant maintenant à force de bras&lt;br /&gt;Nous nous tenons œil sur compas&lt;br /&gt;Et toute la nuit, jusque au sommeil&lt;br /&gt;Gardons la tête loin de tout fiel.&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;Les vivres baissent, constate la Mère&lt;br /&gt;Régime de pâte, plus de bonne chère&lt;br /&gt;Nous nous languîmes des pommes de terre&lt;br /&gt;Et du produit des bêtes à traire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Plus vraiment loin de la patrie,&lt;br /&gt;Nous croisons plus de voiles amies&lt;br /&gt;Et même une base, base pétrolière&lt;br /&gt;Qui nous semblait une bête de guerre.&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;La terre en vue ! crie le barreur,&lt;br /&gt;Et nous tous de même clameur :&lt;br /&gt;YOUPI, voici la dernière heure&lt;br /&gt;Avant de goûter à du bonheur !!!&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;*Palinure est un pilote d’ Enée, dans l’œuvre de Virgile. Il tombe à l’eau et se noie, car endormi par le vicieux dieu Sommeil. Enée lui fit une tendre épitaphe orale, plein de tristesse. &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;Zi aind, Baî&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3301097922628147045-36930847914670347?l=sidaventurealavoile.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://sidaventurealavoile.blogspot.com/feeds/36930847914670347/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=3301097922628147045&amp;postID=36930847914670347' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3301097922628147045/posts/default/36930847914670347'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3301097922628147045/posts/default/36930847914670347'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://sidaventurealavoile.blogspot.com/2009/04/sieste-sur-transat-par-jean-elie.html' title='Sieste sur transat   (par Jean-Elie)'/><author><name>fanny</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SeEFURpnfcI/AAAAAAAABTU/B6sveCREnAg/s72-c/Poesmes+Jean-Elesques.png' height='72' width='72'/><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3301097922628147045.post-3904387511845881635</id><published>2009-04-11T22:40:00.003+02:00</published><updated>2009-04-11T22:44:45.006+02:00</updated><title type='text'>Ma transat    (par Fanny)</title><content type='html'>&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SeEAefhgDWI/AAAAAAAABTM/bakbUej40t0/s1600-h/FannyRomuald.JPG"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5323536758386724194" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SeEAefhgDWI/AAAAAAAABTM/bakbUej40t0/s400/FannyRomuald.JPG" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Ma transat... après l'avoir tellement imaginée, puis après l'avoir vécue... Qu'en dire aujourd'hui ? &lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Ce fut un grand soulagement d'avoir la météo avec nous, une chance qu'on se redisait chaque matin, et encore à la barre (quand le pilote n'y était plus...) quand nos muscles sollicités supportaient néanmoins les effets des doux alizés. &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Les premiers jours, j'ai quand même connu des moments d'angoisse concernant nos réserves, constituées d'après nos expériences successives des traversées où personne n'a jamais eu très faim et où les envies ne répondaient pas à celles des temps ordinaires. Or, dès les premiers repas pris sous ce ciel clément et dans ce bateau à peine secoué par la houle, je constatai que les appétits égalaient ceux des escales. 6 bons appétits à satisfaire 3 fois par jour... &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;Et voilà que le premier paquet de farine retiré des coffres est à moitié mangé d'humidité...(= trois pains de moins...) Là, panique, je vide tous les coffres, vérifie chaque boite, sachet, bouteille, et ne trouve pas d'autres signes de détérioration... J'en profite pour répertorier précisément et dresser une liste de menus pour les jours à venir, et me calme un peu après être sûre de pourvoir à 20 jours au moins de traversée, avec des plats à peu près variés et consistants. &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Là dessus, s'installe pour moi une routine assez rythmée :&lt;br /&gt;Levée vers 10h00, petit-dèj, vaisselle, rangements divers, parfois schampoings dans le cockpit pour les enfants et moi-même,( à coup d'eau salée et rinçage parcimonieux à l'eau douce), préparation du pain (à peu près un jour sur deux), et un peu de lecture s'il me reste du temps avant la préparation du déjeuner, re-vaisselle, re-rangement, sieste événtuelle et/ou lecture jusqu'à 17hOO, heure du pointage sur la carte de notre position (et calcul de notre vitesse, prévisions pour les jours à venir...), ouverture de l'iridium pour lire les messages, en particulier ceux de Jean-Pierre et Eliane, nos routeurs, fidèles compagnons de notre voyage, et envoi de nos propres conclusions et/ou questions du jour. &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;C'est parfois le temps de faire un ou deux jeux de société avec l'un ou l'autre des enfants (UNO ou Scrabble en particulier), et aussi, assez régulièrement, nous regardons, les enfants et moi, un film (j'ai revu ainsi la trilogie du Seigneur des Anneaux). &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Vers 19h00, je prépare les punchs et nous trinquons à la bonne nouvelle du jour, nous en trouvons toujours une à célébrer ! Nous terminons les bonnes cacahouettes grillées de Dakar... Après quoi, vous vous en doutez, préparation du repas, vaisselle, rangement... et, rapidement, coucher. &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Les quarts sont assez réguliers la nuit : François-Clair, de 20h00 à 22h00, Jean-Elie, de 22h00 à minuit, Claude, de minuit à 3h00, moi, de 3h00 à 6h00, Romuald, de 6h00 à l'heure du réveil des uns et des autres... &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Pas de quarts pour moi le jour, je suis de quart permanent à l'intendance du bord. Peu de manoeuvres également, grâce à la présence de Claude qui répond toujours présent sur le pont, et me soulage beaucoup de ce qui reste pour moi, il faut bien le dire après tous ces mois de voyage, une vraie corvée ! &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Le temps est passé lentement, surtout pendant les trois heures de quart, à la barre, la nuit... Concentrée sur l'aiguille du compas, je n'avais pas tellement le loisir de laisser vagabonder mes pensées, contrairement aux quarts accompagnés du ronronnement du pilote automatique. &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Puis le calme du début s'est estompé jour après jour et les mouvements du bord se sont accentués, rendant toute préparation assez périlleuse et, parfois, épuisante. &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Je me suis renversée une casserole d'eau bouillante sur le mollet, me brûlant assez profondément (brûlure qui s'infectera au début du séjour en Guyane, où je l'ai finalement soignée grâce aux conseils de médecins de pontons...).Il me restera néanmoins des marques indélibiles de cette transat... &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Quelques lectures pendant ces 17 jours: &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;* "Papillon" de Henri Charrière, Folio, (mise en bouche pour la Guyane, un livre dévoré par les trois enfants avant moi)&lt;br /&gt;* re-lecture du "Journal d'Anne Franck", LGF&lt;br /&gt;* "Mon enfance en Allemagne nazie" de Ilse Koehn, collection Médium à l'Ecole des Loisirs&lt;br /&gt;* "Crime" de Meyer Levin, collection Phébus, Libretto&lt;br /&gt;* "La mémoire d'Abraham" de Marek Halter, Pocket (pas fini, trop découpé à mon goût)&lt;br /&gt;... pas de choses très drôles, j'en conviens !&lt;br /&gt;Plus légers :&lt;br /&gt;* "Les fourmis" de Bernard Werber, (pour ma culture de libraire, et aussi une certaine initiation au monde des nombreuses fourmis de Guyane...)&lt;br /&gt;* et enfin, un Exbrayat pour le fun !&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3301097922628147045-3904387511845881635?l=sidaventurealavoile.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://sidaventurealavoile.blogspot.com/feeds/3904387511845881635/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=3301097922628147045&amp;postID=3904387511845881635' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3301097922628147045/posts/default/3904387511845881635'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3301097922628147045/posts/default/3904387511845881635'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://sidaventurealavoile.blogspot.com/2009/04/ma-transat-par-fanny.html' title='Ma transat    (par Fanny)'/><author><name>fanny</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SeEAefhgDWI/AAAAAAAABTM/bakbUej40t0/s72-c/FannyRomuald.JPG' height='72' width='72'/><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3301097922628147045.post-2545797818041348323</id><published>2009-03-28T16:35:00.007+01:00</published><updated>2009-03-28T16:54:53.383+01:00</updated><title type='text'>Dis, papa, c'est loin, l'Amérique? Tais-toi et rame! Journal d'une transat' sous d'exquis alizés, 6 au 23 mars (par Romuald)</title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;Nous voici arrivés de transat depuis lundi soir 23, je viens de lire avec bonheur mails, commentaires et poèmes beaux comme des haïkus prolongés sur le blog, et je m'aperçois que nombreux n'ont pas compris que nous étions partis. Dans le dernier article, j'avais parlé d'une fenêtre météo favorable pour le 6 mars, ce n'était pas assez explicite, je m'en excuse. C'est une vraie joie de vous retrouver après trois semaines, et d'être portés par votre intérêt pour cette balade océanique. Alors en route pour deux milles milles de plus! Et c'est avec grand plaisir qu'on correspondra avec la classe de collège qui nous a écrit. &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5318263018494007890" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/Sc5ECbdumlI/AAAAAAAABS8/Niyl7vR3Fv8/s400/In+mare+diem.png" border="0" /&gt;&lt;br /&gt;jeudi 5 &lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;Dernières réparations, drosses de barre changées, remontage de la colonne de barre, et paix de l'esprit de savoir que ceci, du moins, ne cassera pas avant un moment.Le soir, à l'initiative de Bilbo, quatre équipages se retrouvent dans un petit restau de Mindelo, et il est bien doux de se quitter ainsi, nos conversations enveloppées par les mornas chantées doucement, comme pour ne pas déranger, avec des postures maladroites, par tel client ou ami qui s'est joint pour quelques minutes au trio de musiciens. Il est convenu que Bilbo et nous partirons ensemble, Porthos attendra quelques jours pour rallier Tobago. &lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;vendredi 6&lt;/div&gt;&lt;div&gt; &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;La foule habituelle des derniers préparatifs: achats, rangements, arrimage de chaque objet, l'expérience nous ayant appris que tout, absolument tout, valse dans un bateau quand survient le coup de roulis, la vague traîtresse qui couche presque le bateau par surprise, une fois ou deux dans une journée seulement, suffisamment pour casser du matériel, causer une sérieuse bosse, développer un sentiment de persécution à l'endroit de la mer et du bateau. J'ai encore le temps de plonger sous la coque pour une dernière vérification et pour gratouiller le ventre du bateau à qui ont poussé des sortes de tresses rasta sur la ligne de flottaison. A 16 heures, Bilbo est prêt, et à 17, nous appareillons et quittons ensemble la baie au son des cornes de brume amies. On vire le sud de Santo Antao, et cap sur l'Amérique. Bilbo part sur la Barbade, nous sur la Guyane, bien plus au sud, mais nous naviguerons de conserve sur une route intermédiaire pendant quelques milles. Pendant la nuit apparaît un bateau anglais qui se dirige vers les îles Vierges. Il nous accompagne jusqu'au petit matin. Toutes les deux ou trois heures, l'increvable Marc nous appelle sur la VHF et nous faisons un petit point. Bilbo apparaît très vite plus rapide que nous, mais nous attend obligeamment sous génois seul quand nous avons déjà hissé l'artimon en plus. La mer est belle, il y a peu de vent. &lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;samedi 7&lt;/div&gt;&lt;div&gt; &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;Au petit matin, j'aperçois encore Luc sur le pont de Bilbo, qui hisse l'artimon, et nous distance inexorablement. La très faible portée de notre VHF nous prive rapidement d'un au-revoir en bonne et due forme, sonore et trébuchant, alors que ces voiles amies sont encore longtemps visibles sur l'horizon. Elles ne sont bientôt plus qu'un point blanc dans le soleil d'après-midi, dont la vue sur notre avant tribord, fait chaque fois ressurgir, par cette extraordinaire capacité métonymique de l'esprit, l'ensemble des jours passés si agréablement. L'expérience, dans laquelle nous sommes en train d'entrer, de ces nombreux jours à venir loin de tout me rend comme plus sensible à ce déliement. Bilbo finit par disparaître tout à fait, et d'être alors seuls sur l'océan donne une sorte de gravité à cette disparition. JB Pontalis a écrit de belles choses sur cette expérience qu'est "perdre de vue". Mais, mystère des ondes, la radio de Bilbo retrouve tout à coup le chemin de notre mauvaise antenne, et Marc en profite pour m'inciter à poser, là sur le champ, l'antenne de secours qu'il sait que j'ai en réserve. C'est en effet bien facile, et la liaison revient, meilleure que jamais, pour encore 24 heures! 90 milles parcourus en 24 heures. La lune est déjà haute quand la nuit tombe, juste après la première moitié de son premier quartier, et c'est une consolation de penser qu'elle va nous accompagner durant toute la traversée... &lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;dimanche 8&lt;/div&gt;&lt;div&gt; &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;Ce soir, le ciel est rempli de cumulus plats comme des galettes. Le ciel change tout le temps.Dans la journée, on a installé l'hydrogénérateur, un appareil tout à fait génial qui transforme en électricité le mouvement d'une hélice laissée à la traîne derrière le bateau. Nos problèmes de batteries en seront réglés pour le restant de la traversée. Un message de Jean-Pierre et Eliane reçu par la liaison iridium, nous informe que ce temps clément va durer encore au moins les sept prochains jours. Cette année sabbatique, qui trouve dans la traversée de l'océan comme son point d'orgue, m'apparaît à ce moment moins comme un repos que comme une mise au travail, sorte de fermentation intensive, de tout ce qui lui a précédé. De quels effets sera-t-elle donc porteuse, de quels possibles est-elle grosse? Rarement la question m'était parue aussi ouverte. &lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;lundi 9&lt;/div&gt;&lt;div&gt; &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;Après plusieurs jours de mer, à des centaines de kilomètres de toute côte, on est surpris de rencontrer encore des oiseaux. Ceux-là ne rentrent donc jamais, jamais chez eux. Ils n'ont pas de chez soi, ne dorment pas, vivent solitaires et se reposent un peu sur l'eau houleuse entre les interminables séances de vol plané. Avec Claude, on discute pour savoir s'il s'agit de pétrels cul-blancs ou de pétrels tempête, qui se ressemblent, petits oiseaux bruns au croupion blanc, qui rappellent les martinets de nos façades. On voit aussi quelques puffins, amples et élégants, qui font encore matière à polémique, tant il y a de variétés parfois très semblables, d'autant que le roulis du bateau ne permet qu'une observation imprécise aux jumelles. Vanguard se dandine lourdement dans ce vent faiblard à la poursuite du soleil, qu'on voit se coucher de plus en plus tard, et Claude rentre la ligne de traîne munie d'un leurre qui, une fois de plus, n'a pas séduit la moindre dorade, le moindre thon.&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt; &lt;/div&gt;&lt;div&gt;115 milles parcourus.&lt;/div&gt;&lt;div&gt; &lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;mardi 10&lt;/div&gt;&lt;div&gt; &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;C'est l'anniversaire de François-Clair. Depuis trois jours, une joie monte en lui, et sa joie est contagieuse. Lui toujours si malade ou au moins nauséeux lors des traversées précédentes avait tout à redouter de celle-ci. Eh bien non, il avait juré depuis Dakar que cette fois, il se lèverait, prendrait ses quarts comme les autres et ferait un sort au mal de mer. Croyez-le ou pas, il a tenu parole. Pas une fois couché par la nausée, même quand plus tard le vent a forci et la mer grossi, tenant la barre de nuit quand l'équipage dormait et que de gros nuages noirs enveloppaient le bateau d'une inquiétante obscurité, il s'est offert pour ses treize ans une transat de marin!&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;Nous croisons au loin une sorte de petit paquebot qui fume très noir de la cheminée. Il ne répond pas à nos appels radio. &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;Hier, dix-huit oeufs en voie d'omelettisation dans un grand saladier sont tombés par terre dans un de ces coups de roulis imprévisibles. Aujourd'hui, c'est un kilo et demi de farine qui se répand de même, soit plusieurs pains que nous ne ferons pas. A ce train, il faudra bientôt tirer à la courte paille qui sera mangé en premier.. &lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;mercredi 11&lt;/div&gt;&lt;div&gt; &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;La journée s'écoule en un chapelet de pensées plus ou moins inavouables, petite folie intime et inoffensive, que rien dans cette solitude, fût-elle partagée à six, sur ce désert liquide, ne vient enrayer du poids de réalité qui l'arrimerait au socle des journées ordinairement affairées. Les objets internes vacillent, comme le saladier rempli d'oeufs, le paysage familier qu'ils formaient devient incertain. C'est pourtant bien maintenant l'épreuve de la réalité pour cette vieille mienne chimère de faire le marin. Il n'est pas anodin de faire place au désir...&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt; &lt;/div&gt;&lt;div&gt;77 milles parcourus. &lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;jeudi 12&lt;/div&gt;&lt;div&gt; &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;Au menu, terrine de lap...oups! de bête aux grandes oreilles. Vous connaissez la vieille croyance des marins: prononcer le nom de cet animal dont on fait du civet à bord d'un bateau attire immanquablement des ennuis graves. Ce privilège de porter un nom imprononçable, le lapin (gloups! ça y est je l'ai dit, je l'ai dit, je l'ai dit, encore une censure qui saute!) le partage donc avec le YHWH des Hébreux et Voldemort, le méchant pas beau qui embête tout le temps Harry Potter.&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;Jean-Elie vient de travailler une leçon d'optique. Il affirme que les lentilles sont dites divergentes quand...on les vomit! Vous voyez, on s'ennuie ferme et comme on peut dans ces dix noeuds de vent où le bateau se traîne. &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;A quand la reconstitution de cet anticyclone subtropical qui garantit ordinairement des alizés stables et qu'on avait clairement vu s'évanouir sur les cartes météo dans les jours précédant le départ?&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;On s'occupe en enlevant à Claude les fils de ses points de suture. Un pur morceau de bravouritude, étayée d'un solide whisky. Il s'était déchiré le bras à Mindelo en jouant les monte-en-l'air. &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;Toute la journée, le ciel est très couvert. J'ai le temps de repenser à toutes les escales qui ont précédé, à cet état permanent de partance qui caractérise le voyageur, et auquel s'applique la formule par laquelle l'antique évêque de Nysse - ou était-ce l'autre Grégoire, son collègue de Naziance? - définissait la vie éternelle après la présente: un état qui fait aller "de commencement en commencement". Du pur désir, en somme... &lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;vendredi 13&lt;/div&gt;&lt;div&gt; &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;Ouh là, un jour à ne pas servir de civet de voldemort à table! Les nuages ont fait place à un ciel particulièrement pur, totalement bleu. Je crois que c'est le poète Yves Bonnefoy qui faisait remarquer la différence de lumière selon qu'on est sur l'Atlantique ou sur la Méditerranée, et que tout l'univers mental s'en trouvait affecté. &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;En tout cas, l'eau a depuis plusieurs jours une couleur d'un bleu profond particulièrement intense quand sa surface n'est pas ridée ou clapoteuse par l'effet du vent, et pour tout dire hypnotique. Je cherche en vain le mot qui définirait cette couleur, la matière à laquelle elle me fait penser. C'est plus tard que je trouverai, jubilant de cette correspondance: de la pâte de verre, cette eau est comme la pâte de verre, elle en a la teinte profonde, la viscosité même, et la densité. C'est idiot, bien sûr, mais c'est pourtant bien ça.&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt; &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;Déjà une semaine de navigation. Nos routeurs nous annoncent le même temps pour les sept prochains jours, ce qui peut faire durer la traversée au-delà des prévisions. Il faut penser à contrôler les provisions. Les fruits et légumes frais ont déjà tous disparu. Fanny accomplit néanmoins bi-quotidiennement le petit miracle de préparer dans le chahut du bateau des repas variés avec des ingrédients répétitifs qui lui valent régulièrement les grognements de gratitude de l'équipage.&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;Un autre petit miracle: un papillon apparaît sur le pont, volète quelques minutes autour du mat, et disparaît. Il ne peut être venu de terre, il a dû s'installer ici comme chenille dans un fruit quelconque, et y a fait sa mue. Notre bateau abrite-t-il d'autres métamorphoses?&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;La nuit est sublimement étoilée. Allongé dans le cockpit pendant que le pilote automatique corrige par petites touches le cap du bateau en faisant le bruit de ma première voiture téléguidée de môme, je m'invente, comme font les enfants, une compagnie à qui je raconte des tas de trucs. &lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;samedi 14&lt;/div&gt;&lt;div&gt; &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;Toujours du petit temps. Je me rappelle tout à coup qu'il y a au fond du bateau une voile jamais essayée et spécialement dédiée à ce type de conditions: le drifter, sorte de spinnaker asymétrique en tissu très léger et de grande surface. Je m'étais mis dans la tête que cette voile impliquait de dégréer le génois, ce que je ne voulais pas faire en mer, et je l'avais finalement oubliée. On sort donc cette voile, on la hisse sans l'endrailler sur le rail de l'enrouleur de génois...et ça marche! La grande voile immaculée se gonfle comme un poumon géant qui respire au rythme des vagues que l'étrave fend maintenant avec une puissance nouvelle. On sent le bateau joyeux de courir sur l'eau. Mais bientôt, un grincement insistant m'inquiète, qui semble venir du haut du mat et se répercute à son pied. Je soupçonne un frottement de la drisse de cette nouvelle alliée, et me persuade qu'il faut y aller voir. Harnaché à une "chaise de mat" qui ressemble surtout à une couche-culotte de vilain tissu, assuré sur une drisse de secours confiée à l'attention de Claude, je grimpe au sommet en me cramponnant à ce mat qui, plus je monte, balance d'un bord sur l'autre. L'exercice n'est pas très amusant, mais d'en-haut, la vue sur le bateau fendant l'eau, tiré par ce plastron géant et frémissant sur une mer infinie, cette vue est une belle récompense. Hélas, j'avais raison: je sens sous les doigts une usure anormale de la drisse après seulement une heure d'utilisation. Je redescend et nous décidons d'affaler ce moteur tout neuf. Là, nous constatons que la drisse est à la limite de la rupture. On vient d'éviter un sérieux embêtement! On verra demain si on peut monter cette voile autrement...&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt; &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;Le soir, les cumulus déboulent de manière curieuse, en plaques comme de grands morceaux de banquise à la dérive.&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt; &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;57 milles parcourus.&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt; &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;Et puis la nuit, encore... Pendant mon quart, sous la lune, je me déplace sur le pont, changeant mon point de vue sur ce petit monde qu'est le bateau en marche. Quelques minutes adossé au balcon arrière, quelques autres à l'avant, assis sur le rouf ou allongé contre la trinquette pliée dans son sac. Comme il est facile, je me dis d'un seul coup, de traverser l'océan! Mais comme il a fallu s'y préparer, à travers bien des obstacles... &lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;dimanche 15&lt;/div&gt;&lt;div&gt; &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;Le vent a forci, le drifter n'est plus de circonstance. A 15-20 noeuds de vent, le bateau file ses six noeuds. Enfin! Claude, apôtre du "never give up!" avec lequel il entraînait ses papetières équipes, met chaque jour une ligne de traîne à l'eau avec de nouvelles améliorations: fil plus fin, bas de ligne en acier, plomb plus lourd, ou plus léger, rapala, faux poulpe, etc: rien, rien, rien! Il devient évident que nous sommes les témoins directs de l'épuisement de la ressource halieutique, du moins en Atlantique nord. Je note sur un post-it: "prévenir Greenpeace en arrivant. Aussi Nicolas Hulot". Néanmoins, à l'arrivée, de nombreux échanges avec des camarades de ponton et de mouillage nous apprendront que nous sommes les seuls à n'avoir rien tiré de l'eau durant une traversée. Champions de la non-pêche! Comme chantait Brassens, il est des jours où Poséidon s'en fout...&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt; &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5318263181848170402" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 223px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/Sc5EL8AZT6I/AAAAAAAABTE/MX_KtJUicD0/s400/p%C3%AAche.PNG" border="0" /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;Notre consolation, c'est de renouer avec des traites journalières à trois chiffres: 119 milles ces dernières 24 heures. On ouvre un pâté imprononçable pour fêter ça.&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;Des volées de flèches scintillantes surgissent devant l'étrave qui entame vigoureusement la surface, comme de petits elfes de mer. Plusieurs de ces poissons volants atterrissent sur le pont. Claude les préparera en une marinade au faible succès. On voit parfois passer une étrange bestiole de vingt centimètres, à la fois mollusque, méduse, poisson: la caravelle portugaise, Physalia physalis de son petit nom, être translucide qui déploie une sorte de voile gélatineuse rose-violet en forme de voile de jonque dont l'axe serait horizontal. C'est très joli, et un petit livre à bord nous apprend que c'est hautement toxique: on range l'épuisette, les enfants!&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt; &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;Depuis un moment, on vit la journée en maillot. Les températures, de clémentes, sont devenues chaudes. Aujourd'hui, le soleil est littéralement cuisant. Après les premiers coups de soleil, nos corps blafards malgré des mois de voyage prennent des teintes de caramel, de cannelle, de bon pain. Des années que je ne m'étais pas prêté comme ça au soleil. C'est bon...&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt; &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;Nous empannons pour faire un long bord sur la route directe vers Cayenne. Un cargo passe par là (cri de surprise de Fanny), que nous hélons par VHF. Philippin, il se rend du Brésil à La Pallice, le port de commerce de La Rochelle. Il transporte aluminium et pâte à papier, et ne nous propose pas la moindre caisse de vin ni de fruits frais comme autrefois il arrivait à Bernard Moitessier. Tout fout le camp!&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt; &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;Ce soir, le ciel nous offre un carnaval de nuages de toutes les formes, comme une chanson de Pierre Perret: des petits, des gros, des longs, des ronds, des roses au bout et des tout doux... &lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;lundi 16&lt;/div&gt;&lt;div&gt; &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;Tôt ce matin, pendant mon quart, le pilote a lâché. Tout à coup, il tourne dans le vide. Je pense que la courroie s'est rompue, on n'en a plus de rechange. Il reste à barrer pendant la moitié restante de la traversée. Claude insiste pour démonter, à juste titre car on découvre une courroie en parfait état mais aussi une petite goupille solidarisant deux pignons dentés qui s'est cassée. On met le bateau à la cape pour le stabiliser le temps de réparer, on perd dans l'opération un pare-battage mal attaché qu'on passe une demi-heure à récupérer (merci Jean-Elie) en se disant que si c'était un bonhomme, on n'en mènerait pas large, et on fabrique une nouvelle goupille qui va régler ce problème. &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;On est très content de soi pendant qu'on remonte le tout en sifflotant, on a dominé sa quasi phobie des problèmes mécaniques et l'accablement qui en résulte, on s'est montré à soi-même astucieux et déterminé. On s'allonge à côté de la barre que le pilote à nouveau dirige en faisant "bzzz"sur tribord et sur babord, on goûte un repos mérité quand, au bout d'une heure, ça lâche! On râle un coup mais on se reprend bien vite: on sait que le marin est appelé à souvent bricoler sur son bateau. Qu'à cela ne tienne, mettons à la cape (sans perdre de pare-battage ni rien d'autre), démontons (rapidement cette fois, car le métier rentre, on ne cherche plus l'outil adéquat, on le trouve), fabriquons une nouvelle goupille, plus solide cette fois, avec un gros trombone, remontons (sans siffloter, on se méfie quand même un peu) et reprenons la route. Une routine, en somme. Cette réparation tient une demi-heure! Ah, la peste soit de Simrad, le fabriquant, et de ses zélateurs! Matériel de m...! Brigands, voleurs, inconscients! Bachibouzouks! Cette fois, c'est sûr, "never give up" ou pas, on va devoir barrer jusqu'au bout. La poisse!&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt; &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;112 milles parcourus. &lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;mardi 17&lt;/div&gt;&lt;div&gt; &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;Nuit à la barre. L'air est doux, on peut désormais rester en tee-shirt pour faire son quart de nuit. Le ciel accueille encore un festival de stars, mais il n'y a pas de lune: plus nous avançons vers l'ouest, plus elle se lève tard dans le nuit. J'éteins l'écran inutile et fatigant du GPS, conserve celui de l'anémomètre-girouette. Je repère la constellation des Pléïades devant moi à une main de distance sur le tribord du grand-mât, qui me servira de cap durant les deux prochaines heures.&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;En 11 jours et 11 nuits, sans compter ceux qui viennent, soit des dizaines d'heures de veille solitaire sous le ciel étoilé, au soleil de midi, à son lever, à son coucher, on a le temps de penser à beaucoup de choses. Par exemple à cette morale de Tolkien, réentendue dans la bouche du Hobbit Mériadoc, quand les enfants ont regardé sur l'ordinateur du bord un épisode du Seigneur des Anneaux, et qui me plaît bien: "Il y a du bon en ce monde, et qui mérite qu'on se batte pour le préserver". &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;Penser encore au sens que prend cette année sabbatique. A ce qu'est le sabbat de cette année. Car tout repos n'est pas sabbat, qui comporte une dimension de retour sur soi. Que l'on croie ou pas au dieu de la Bible, celle-ci inscrit le sabbat dans un récit mythique: l'univers est le fruit d'une création, et son créateur y et s'y repose, l'ayant confiée aux hommes qu'il veut d'emblée co-créateurs. Adam assume son rôle jusqu'à l'heureuse et tragique transgression, découvre le sentiment de culpabilité et se cache. Dieu, qui prend les gens au sérieux et aime bien que ses collaborateurs répondent de leurs décisions, le cherche:"Où es-tu?", appelle-t-il dans le vaste jardin. Le philosophe Martin Buber reprend cette question au début d'un formidable petit livre, "Le chemin de l'homme", et en développe l'exégèse hassidique: c'est à lui-même que l'homme se cache depuis les commencements, et cette question, "où es-tu?", est la question centrale de l'existence humaine. Où en es-tu avec toi-même, ta vie, tes choix, ceux qui t'entourent? Qu'as-tu réalisé, que désires-tu, à quoi tiens-tu, qui dis-tu que je suis, moi ton semblable? Voilà donc ce qui me trotte dans la tête en cette nuit étoilée. On fait ce qu'on peut...&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt; &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;Les grands marins, ceux du Vendée Globe comme ceux de l'Abeille Flandres, au commerce au long cours comme à la pêche hauturière, savent combien ils sont pour peu dans ce qu'ils accomplissent, et que le principal leur y est donné. La mer, qui requiert de tout contrôler de l'état du bateau, de son équipement, de la météo à venir, etc, est paradoxalement le lieu de la démaîtrise. Alors ô combien plus pour nous, petits marins alizéens. La mer nous apprend cela depuis six mois maintenant. Les avaries, les rencontres, la météo favorable, les soutiens de toutes sortes, tout ce qui a permis qu'on en soit là aujourd'hui, au beau milieu d'accomplir cette vieille obsession de partir: la part de ce que nous avons reçu est largement supérieure à celle de ce que nous avons produit. Alors il peut arriver, au coeur de la nuit, qu'on sente monter en soi un sentiment doux et chaud comme un bon vin de paille qui vous envahit jusqu'au débordement de la gratitude. L'espace d'un instant, on n'est plus qu'un merci, et éventuellement on se prend pour Augustin sur son balcon d'Ostie, un certain soir d'été. &lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;mercredi 18&lt;/div&gt;&lt;div&gt; &lt;/div&gt;&lt;div&gt;Pas pris de notes. Un peu mal à la tête... &lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;jeudi 19&lt;/div&gt;&lt;div&gt; &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;D'agitée, la mer est devenue forte.. Le vent forcit à 20-25 noeuds. A midi passe notre première ligne de grains. On l'esquive de peu en forçant vers l'ouest.Au matin sont venus nous saluer de grands planeurs, des pétrels que je n'ai pas le temps d'identifier et baptise "pétrels à col roulé blanc". On assiste à une collision en plein vol de deux poissons volants partis en sens contraires. Cocasse! &lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;vendredi 20&lt;/div&gt;&lt;div&gt; &lt;/div&gt;&lt;div&gt;Grains, vent, inconfort. Grosse fatigue. Pas l'humeur d'écrire. &lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;samedi 21&lt;/div&gt;&lt;div&gt; &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;Dans la journée, nous croisons au loin ce qui ressemble à une plateforme offshore. Plus tard, ce sont des bateaux militaires, trois. La terre n'est plus très loin. En fin d'après-midi, apparaît en planant un oiseau blanc tout droit sorti d'un livre de contes, qui tire derrière lui deux longues plumes ondoyantes d'une grâce infinie: le petit phaéton. On bat un record de vitesse: 155 milles parcourus en 24 heures. Durant la nuit, avec la complicité de la houle, les rafales de vent poussent vers le nord l'étrave du bateau qui tente de chatouiller la Grande Ourse, mais celle-ci est un peu trop haut dans le ciel. Il faut tenir fermement le bateau. &lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;dimanche 22&lt;/div&gt;&lt;div&gt; &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;Les notes écrites se raréfient avec l'inconfort. Le soleil se fait plus cuisant que jamais, le visage brûle malgré le chapeau. C'est une chance d'être maintenant six pour barrer le bateau à tour de rôle, puisque les trois enfants prennent leur tour, et je suis admiratif de leur sérieux dans cette tâche. Ils tiennent le cap aussi bien sinon mieux que moi, et le bateau fait la meilleure route possible. Les confidences que me fait l'un ou l'autre quand, pendant leur quart, je reste allongé dans le cockpit, me montrent qu'eux aussi sont travaillés et transformés par l'expérience de la traversée. &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;Nos routeurs Eliane et Jean-Pierre, contactés chaque jour par mail, nous promettent une arrivée pour le 25 au matin. Pourtant au train où nous allons, je l'estime à demain soir, pile à l'étale de pleine mer, idéal pour remonter le fleuve Mahury. Mais le vent peut faiblir, comme l'annoncent les amis, et nous retarder d'une journée, puisqu'il ne faut pas compter remonter le fleuve au jusant, ni à la marée suivante qui tombe pendant la nuit. Ca va se jouer à deux heures près. On sort les cartes d'approche de ce nouveau continent, sur lesquelles a été préparée la route d'arrivée. &lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;lundi 23&lt;/div&gt;&lt;div&gt; &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;Le vent est toujours bien établi. Les fonds remontent, le sondeur reprend le boulot. L'eau est devenue verdâtre, en raison des fonds de vase. A quinze milles de cette côte peu élevée, de grands échassiers noirs viennent survoler le bateau avec des airs de vautours, puis s'éloignent sur les courants d'air ascendants. Quelques bateaux de pêche, des crevettiers, sortent en mer. &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;Enfin, un vague profil se distigue dans une brume de chaleur, et peu à peu apparaissent les îles Rémire aux noms amusants qui entourent l'embouchure du fleuve Mahury: la Mère, le Père, les Mamelles, l'Enfant perdu, le Malingre. &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;Nous arriverons comme on l'a prévu, les routeurs vont être déroutés par cette avance de 36 heures sur les calculs du logiciel. Il y a de l'excitation à bord, mais un peu seulement. Il ne reste plus qu'à remonter le fleuve boueux, chargé d'alluvions, entre mangrove d'un côté et forêt primaire de l'autre, en passant par les portes qui le balisent de vert et de rouge, couleurs inversées de ce côté de l'océan. &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;Un appel à la VHF annonce notre arrivée. L'unique ponton est très encombré, on doit se mettre à l'ancre un peu plus loin. On goûte à nouveau le plaisir d'un bateau immobile, après dix-sept jours de traversée et quelques 1900 milles parcourus. &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt; &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;Il est dix-huit heures en temps universel, soit quatorze heures locales. Hourrah!&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3301097922628147045-2545797818041348323?l=sidaventurealavoile.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://sidaventurealavoile.blogspot.com/feeds/2545797818041348323/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=3301097922628147045&amp;postID=2545797818041348323' title='10 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3301097922628147045/posts/default/2545797818041348323'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3301097922628147045/posts/default/2545797818041348323'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://sidaventurealavoile.blogspot.com/2009/03/dis-papa-cest-loin-lamerique-tais-toi.html' title='Dis, papa, c&apos;est loin, l&apos;Amérique? Tais-toi et rame! Journal d&apos;une transat&apos; sous d&apos;exquis alizés, 6 au 23 mars (par Romuald)'/><author><name>fanny</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/Sc5ECbdumlI/AAAAAAAABS8/Niyl7vR3Fv8/s72-c/In+mare+diem.png' height='72' width='72'/><thr:total>10</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3301097922628147045.post-3584203763488695280</id><published>2009-03-05T17:46:00.010+01:00</published><updated>2009-03-05T18:21:59.745+01:00</updated><title type='text'>Avaries et framboises sont les mamelles du destin ! 21 février - 05 mars (par Romuald)</title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;Eh oui, on quitte Dakar pour une transat, et on se retrouve bloguer - et bloqué - à Mindelo. Plus encore que d'autres fois, c'est le bateau qui fait le programme.&lt;br /&gt;Mais reprenons...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Samedi, la veille du départ, longue conversation téléphonique avec les amis de Pontchâteau. On met au point un protocole de suivi météo et de routage sur l'océan à partir d'un logiciel informatique dont ils disposent et qui nous calculera la route la plus favorable à l'écart des vents violents si possible. Surtout, ils nous enverront par iridium les prévisions météo tous les trois jours pour la zone en avant de notre étrave. &lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5309748007503959042" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SbADrjoclAI/AAAAAAAABR8/6-feKj88p04/s400/cvd.png" border="0" /&gt;&lt;em&gt;Le club de voile par Théana.&lt;/em&gt;&lt;em&gt;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;On dit au-revoir aux nouveaux amis de l'étape: les Ratatons, saltimbanques et jeunes parents d'une adorable Noémie, qu'on espère revoir à Compiègne où ils ont des attaches, Kaneka et La Belle Verte, partis sur le Saloum avec une autorisation spéciale pour pénétrer dans une réserve naturelle protégée, où ils feront un reportage, comme à d'autres escales, pour soutenir écologie et développement durable. Et encore Gérard, entre deux missions médicales pour l'association "Voiles sans frontières", qui mène d'année en année dans le Saloum et en Casamance des actions de soin, d'éducation à la santé, de soutien scolaire avec humilité et intelligence, du moins pour ce qui est de Gérard.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5309748211700932802" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SbAD3cUzIMI/AAAAAAAABSE/LNiBxHP3PKk/s400/etiffe.jpg" border="0" /&gt; &lt;p align="center"&gt;&lt;em&gt;Tissus d’Afrique par François-Clair.&lt;/em&gt;&lt;em&gt;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Dimanche, Dah et sa compagne nous apportent de la viande de mouton et de boeuf cuite à l'huile puis séchée pour se conserver. "Ca me fait trop mal de vous voir partir sans viande pour trois semaines", disait Dah hier soir. Ce même jour, notre bel appareil photo tout neuf lâche: écran noir, encéphalogramme plat. On verra à Cayenne ce qu'on peut faire, en attendant le blog va redevenir un peu indigeste...à moins que les enfants acceptent de l'illustrer (ils acceptent). &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5309749009853181042" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SbAEl5rH7HI/AAAAAAAABSM/SmDZXp9FDL0/s400/dakar.png" border="0" /&gt;&lt;br /&gt;&lt;p align="center"&gt;&lt;em&gt;Dakar par Jean-Elie.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;br /&gt;&lt;p align="justify"&gt;De fil en aiguille, on quitte Dakar dimanche en fin d'après-midi par un vent de nord-nord-est qui nous fait faire un cap au près dans une mer peu agitée. Le vent forcit doucement, on sent que la barre devient dure. On expérimente le confort de partager les quarts de nuit à trois adultes, bien qu'il faille à Claude le temps de s'amariner les tripes. On s'aperçoit au passage que la grand-voile commence à lâcher: deux coutures se défont entre les laizes, une déchirure se forme autour d'un coulisseau, une autre apparaît à l'extrémité du gousset de latte supérieur qui est en train de s'arracher. On se rappelle la prédiction de l'expert en août dernier: cette vieille voile explosera au premier coup de vent. Elle aura finalement tenu six mois dans des conditions pas toujours faciles. Il va être temps de sortir la grand-voile neuve dont Myles avait doté le bateau avant même notre rencontre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La deuxième nuit, je suis de quart après Fanny qui a déjà dû reprendre la barre après que le pilote a décroché, tant cette barre est devenue dure. Je m'étonne de la difficulté à tenir le bateau dans son cap quand il voudrait remonter au vent à chaque rafale. et je mets ça sur le compte d'un vent qui a encore forci et fait marcher le bateau à six-sept noeuds. A cette vitesse, on mettra deux jours à rejoindre Praia de Santiago, île sud-est du Cap-Vert, comme il est prévu pour une halte de 24 heures avant le grand saut, alors qu'il en avait fallu trois en sens inverse. Tout à coup, CLAC!, quelque chose vient de rompre et la roue de barre tourne dans le vide. La drosse tribord, câble de transmission du gouvernail, vient de lâcher et le bateau n'est plus dirigeable. Voilà bien une tuile de taille, à 36 heures de l'arrivée! Il fait nuit, je réveille les équipiers, car il s'agit d'installer la barre de secours. En fait,on s'aperçoit avec reconnaissance que le bateau garde son cap malgré l'absence de barre. L'équilibre de la voilure sous cette allure et dans ces conditions de vent l'en dispense. Alors on décide d'attendre le jour pour la manoeuvre qui promet d'être sportive dans une mer qui s'est formée à proportion du vent qui la balaie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le jour arrive, comme chaque matin, et il faut s'y coller. On extrait la barre de secours du coffre avant, on fait sauter au pied de biche le couvercle de laiton qui obture sur le pont arrière le trou par lequel la barre va traverser la cabine arrière, devenue inutilisable pour plusieurs jours, pour s'articuler directement à l'axe du safran. Ce faisant, je m'aperçois entre deux séries de vomissements que le radeau de survie si soigneusement installé au Portugal avec l'ami Jesus empêche de placer totalement le lourd axe en inox qui accueille la barre en bois dur. Il faut défaire tout l'arrimage de ce radeau de plusieurs dizaines de kilos sans poignées qui ne demande qu'à partir à l'eau dans les forts coups de roulis, et le refixer un peu plus loin dans le balcon arrière. On y parvient à trois, avec Jean-Elie toujours présent dans les coups durs. La barre enfin en place, elle reste très difficile à manoeuvrer à cet endroit du pont où aucune position n'est confortable, et il faut installer un système de boutes et de renvois par des poulies pour arriver à manoeuvrer cette barre de secours depuis le cockpit. On sort tous un peu épuisés de l'exercice, et la navigation reprend vers Praia, comme prévu. On verra là-bas quelles sont les possibilités de réparer, mais déjà j'envisage de rejoindre Mindelo, 170 milles plus loin, qui me semble un meilleur abri pour réparer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nos efforts pour ralentir le bateau afin d'arriver au petit jour sont vains, Vanguard est trop rapide et c'est vers minuit que nous approchons la baie de Praia, au sud de Santiago.Très peu de bateaux dans ce port capital. Le lendemain, nous découvrons une ville fantôme: c'est jour férié, car lendemain de carnaval, et c'est à l'aéroport qu'il faut aller chercher une connexion internet pour reprendre la météo. La ville est belle, sur le plateau qui domine la baie, avec ses rues larges, ses grandes maisons coloniales, sa caserne délabrée bordée de petits canons montés sur des chariots et qui ressemblent à des jouets. Retour sur le bateau pour installer la grand-voile neuve, curieusement taillée comme si elle était d'emblée arrisée. On peut oublier la vitesse...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le lendemain à l'aube, on repart vers Mindelo, à l'autre bout de l'archipel. Trente-six heures de navigation à la barre franche. Le vent qui s'est établi davantage au nord qu'au nord-est nous oblige à nouveau à remonter au près, et pour ne pas faire durer le plaisir trop longtemps, on avance "à voile et à vapeur". La traversée est plutôt agréable. Le vent mollit, je décide d'envoyer le génois en plus de la trinquette, et il n'est pas plus tôt déroulé que je constate sa déchirure sur un demi-mètre à la base du guindant engagé dans la gorge du tube d'enrouleur. Une seule chose à faire, l'enrouler dare-dare pour ne pas le déchirer totalement, et continuer très sous-toilé. Je commence à gamberger. Le génois me semble assez indispensable pour la grande traversée à venir. Comment, sinon, avancer dans le petit temps? Drosse de barre, grand-voile, génois, ça commence à faire pas mal d'avaries à la veille d'une transatlantique. Sûr, il y aura du boulot à Mindelo avant de repartir. Mais repartir pour où? Ce bateau peut -il réellement faire une transat? L'accumulation et la fréquence des problèmes permettent-elles de continuer sans prendre le risque que l'aventure tourne au cauchemar au beau milieu de l'océan? La prochaine fois, qu'est-ce que ce sera: voie d'eau, court-circuit électrique, démâtage sous un grain tropical? Avec trois enfants à bord, on sent ces questions un peu graves au fond de l'estomac, et l'esprit d'un Papillon, dont je viens de terminer le récit trépidant des cavales de ses bagnes de Cayenne et de Colombie, mû par l'incoercible nécessité d'avancer contre les vents et les marées contraires, réels et figurés, n'est pas d'un grand poids sur une balance dans l'autre plateau de laquelle je fais asseoir trois enfants qui n'en ont pas tant demandé et nous suivent jusqu'à présent avec confiance. Je pense à changer le programme. On pourrait rester sur ce bord-ci de l'océan, flaner quelques mois entre Cap-Vet et Sénégal, où il y a encore tant à voir et à vivre... Me revient cette phrase du poète de la nuit Jean de la Croix: nous allons vers où nous ne savons pas, par où nous ne savons pas. Et comme dit Myles, un jour à la fois... On répare et on réfléchit. &lt;/p&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5309750093234282994" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SbAFk9lTofI/AAAAAAAABSc/dGj-yyaEyYE/s400/Mindelo.jpg" border="0" /&gt;&lt;br /&gt;&lt;p align="center"&gt;&lt;em&gt;La baie de Mindelo par Jean-Elie.&lt;/em&gt; &lt;/p&gt;&lt;br /&gt;&lt;p align="justify"&gt;C'est encore de nuit qu'on arrive à Mindelo. Comme toujours, la nuit transforme tous les repères que l'on croyait avoir de cette baie (ce doit être la framboise du titre) connue il y a un mois, et c'est bien prudemment que nous allons mouiller près des pontons. A l'évidence, il y a cinq fois moins de monde qu'à notre dernier passage. Savoir tous les amis de rencontre maintenant de l'autre côté, qui à la Barbade, qui au Brésil, qui en Martinique, me pince un peu le coeur. Le lendemain, on lève l'ancre pour se rapprocher du groupe de voiliers mouillés tout près de la plage, mieux protégés du vent qui souffle en rafales. Et là, joyeuse surprise de retrouver Bilbo le Rouge et son cher équipage, Marc l'ingénieux et Luc le poète athlétique, augmenté d'une belle, fille du premier. L'escale forcée déjà commence à sourire. &lt;/p&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5309750850681443858" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SbAGRDSyFhI/AAAAAAAABSk/_QfluloRlfA/s400/lallemanddemindelo.jpg" border="0" /&gt;&lt;br /&gt;&lt;p align="center"&gt;&lt;em&gt;"L'allemand", patron antipathique et redouté de la marina, Jean-Elie.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p align="justify"&gt;Les jours passent. On ne traîne pas à démonter la drosse cassée, le génois et la grand-voile sont confiées à Touga, l'homme ressource de la marina, et les conseils techniques de Marc balaient les difficultés au fur et à mesure. Ce Mindelo de mars n'est pas celui que nous avons laissé en janvier. Le carnaval vient d'avoir lieu et beaucoup de bateaux sont partis juste ensuite. Après la journée bien remplie de nos travaux, la soirée se poursuit au clube nautico. Devant un ponche coco ou un grogue velho, la discussion s'engage vigoureusement sur l'anthropologie de l'excision en Ethiopie, le destin de l'ancien Congo belge ou les chances du micro-crédit. Autant de prétextes à cultiver cette autre forme du voyage, qu’on nomme conversation, dans les yeux et sur les lèvres de celui ou de celle qui raconte. Qu'importe le flacon, pourvu qu'on ait l'ivresse, illusoire peut-être, comme toutes les ivresses, de rencontres éphémères et heureuses... Hôtes momentanés ou plus durables de la mer, passants qui se rencontrent dans ses marges portuaires, c'est ce statut qui fonde sans cesse la simplicité avec laquelle de nouveaux liens se créent, authentiques et superficiels à la fois, de passants bienveillants les uns pour les autres. J'aimerais écrire, à l'ombre d’un cyprès, une petite étude de ce type de marins - ah! le mot est trop beau, sans doute, pour nous autres voyageurs occasionnels d'une année sur une route somme toute clémente, mais après trois mille milles de sillage déjà, on peut bien accepter de revêtir le titre. &lt;/p&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5309749520259574050" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SbAFDnFfaSI/AAAAAAAABSU/DWmSiR87WA8/s400/ti+punch.jpg" border="0" /&gt;&lt;br /&gt;&lt;p align="center"&gt;&lt;em&gt;Le soir, le soleil est dans le verre, par Jean-Elie&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;div align="justify"&gt;Au marché, les femmes ont reconnu Fanny et l'embrassent. Les enfants pillent une vingtaine de films pour la longue traversée sur l'ordinateur de Porthos, le bateau voisin mené par trois infirmier(e)s. Les réparations vont bon train, et la météo nous prévoit, après deux jours de grand frais, une fenêtre de calme idéale pour nous lancer à partir de vendredi, 6 mars. On ne pense même plus à faire autre chose que ce qui était prévu. Un mail du bateau Ulysse, quitté ici même en janvier, nous apprend tardivement leur arrivée après dix-huit jours de mer et un génois éclaté! Alors, si même Ulysse... Jean-Elie déniche d'ailleurs à son sujet une lettre de Sénèque à Lucilius qui ne manque pas de sel pour nous, cas de le dire: "J'étais trop mal en point pour songer au danger: j'étais torturé par une de ces nausées qui se traînent sans effets, qui remuent la bile sans l'expulser (...) Arrivé près du quai, je n'attends pas la manoeuvre: vieil amateur d'eau froide, je me jetai dans l'eau! Sache-le, Ulysse n'était pas maudit de Neptune au point de faire partout naufrage: il avait le mal de mer!" En voilà une bien bonne que Du Bellay avait oubliée de nous dire. Alors, si même Ulysse... &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;/div&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5309753492490146418" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SbAIq0zD0nI/AAAAAAAABS0/AfnynOdHL0s/s400/bat%C3%B4.png" border="0" /&gt; &lt;p align="center"&gt;&lt;em&gt;Heureux qui comme Ulysse… par Jean-Elie&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3301097922628147045-3584203763488695280?l=sidaventurealavoile.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://sidaventurealavoile.blogspot.com/feeds/3584203763488695280/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=3301097922628147045&amp;postID=3584203763488695280' title='6 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3301097922628147045/posts/default/3584203763488695280'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3301097922628147045/posts/default/3584203763488695280'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://sidaventurealavoile.blogspot.com/2009/03/avaries-et-framboises-sont-les-mamelles.html' title='Avaries et framboises sont les mamelles du destin ! 21 février - 05 mars (par Romuald)'/><author><name>fanny</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SbADrjoclAI/AAAAAAAABR8/6-feKj88p04/s72-c/cvd.png' height='72' width='72'/><thr:total>6</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3301097922628147045.post-8053276495795900687</id><published>2009-02-21T18:30:00.046+01:00</published><updated>2009-02-21T21:11:35.073+01:00</updated><title type='text'>Sine Saloum: la vie est un long fleuve tranquille, 14 au 21 février       (par Romuald)</title><content type='html'>&lt;div align="center"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SaBYpW3gNrI/AAAAAAAABQU/om7_YdgPa0w/s1600-h/IMG_0165.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5305337828578703026" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SaBYpW3gNrI/AAAAAAAABQU/om7_YdgPa0w/s400/IMG_0165.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Avant de quitter Dakar, j'ai encore le temps de passer chez le coiffeur. Il exerce au bout de la rue qui mène au CVD dans un cabane de tôle dont il est en train de faire renforcer la porte par trois serrures. Je me demande ce qu'il protège ainsi. Une fois assis devant le miroir, je comprends: les cloisons du local sont couvertes d'objets de marine anciens. Jamais la conversation d'un coiffeur ne m'avait été aussi intéressante: il me raconte sa passion pour ces objets, qu'il échange ou revend à des collectionneurs plus fortunés, me parle théodolithes et globiformes, et coiffe avec précision cette tête de toubab si peu commune avec sa clientèle habituelle. &lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5305338319967474130" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SaBZF9bt0dI/AAAAAAAABQc/bb1ZoQOfcLM/s400/IMG_0156.jpg" border="0" /&gt; &lt;p align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Le soir, allant chercher du pain chez Fara, j'assiste devant la télé qu'il a toujours allumée derrière le comptoir, avec quelques autres copains à lui, à la finale en direct du tournois de lutte sénégalaise qui est en train de s'achever au grand stade de la ville. L'ambiance est tendue, tout le monde est pour Amadou Sene, le challenger du tenant du titre, Bella Gayde 2. Ces deux montagnes de muscles luisants, gladiateurs modernes parés comme des guerriers sur l'arène de sable autour de laquelle la foule excite et encourage ses champions, font beaucoup de spectacle et de bluff, avant de se jeter l'un sur l'autre au signal de l'arbitre. En trente secondes, l'un des deux trouve la faille, déséquilibre l'autre, lui fauche la jambe et le met à terre, parmi les hurlements de la petite assemblée de l'épicerie: Amadou Sene a vaincu. L'autre est prostré, puis se relève, ses entraineurs le consolent, il fait mine de s'énerver sous l'oeil complaisant des caméras de la télé qui repasse en boucle sous tous les angles la prise décisive. Fara m'explique les règles de cette lutte que pratiquent tous les enfants de ce pays, et me montre, caché derrière une pile de produits, le poster du véritable roi des arènes, invaincu jusqu'à ce jour et familier du quartier: Yakhia Diop Yekini. Il ne combattait pas ce jour là. &lt;/p&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5305305061043230194" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SaA62CSQVfI/AAAAAAAABNE/T0bhIO7MjpY/s400/CarteTrajetSine.jpg" border="0" /&gt; &lt;p align="center"&gt;&lt;em&gt;La balade qu'on a presque faite&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Pour partir dans le Saloum, on inaugure un mode nouveau de navigation. Le Saloum est un fleuve qui se ramifie en de multiples bras, les bolongs, dont l'ensemble forme, avec son affluent Sine, le delta du Sine-Saloum. Mes discussions avec d'autres navigateurs m'ont fait opter pour un certain parcours au milieu des bolongs qui devrait nous faire faire une jolie balade. Mais nous manquent les cartes pour ce parcours, hormis le trajet du fleuve lui-même. Comment se repérer dans ce dédale de canaux dont seuls certains sont navigables par notre quillard calant deux mètres sous la flottaison? Une grande carte très précise est affichée au mur du CVD. J'en décalque d'abord la partie qui nous importe, puis la photographie. La photo transférée sur l'ordinateur est très utilisable, d'autant qu'on peut zoomer. Fanny, de son côté, télécharge des vues du delta à partir de google-earth, qui permettent aussi de repérer les bancs de sable qui débordent parfois loin des îlots ou bien dans les virages des bolongs. Nous voilà parés, avec encore les informations données par les camarades, et quelques way-points (points de passage que l'on entre dans le GPS) pour les passes délicates. &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Les formalités de sortie du territoire sont vite expédiées. J'ai demandé au policier d'antidater notre sortie pour ne pas nous obliger à revenir à Dakar après notre balade dans le delta. Il me fait comprendre un peu gêné que le risque ENORME qu'il prend en tamponnant nos passeports avec six jours d'avance appelle un petit geste, une compensation, un remerciement, enfin quelque chose, quoi! Je suggère: cinq mille (CFA), ça irait? Mais il doit me rendre la monnaie sur dix mille, ouh là, ça, ça n'est pas si simple, la monnaie, etc... Enfin, il trouve et nous nous quittons avec de grands sourires, alliés dans la complicité de ce petit marchandage. Dehors, le Grand Magal de Touba, pèlerinage annuel de la confrérie mouride qui se tient tout le week-end et commémore le départ en exil du fondateur Hamadou Bamba, commence à vider la ville. Partout s'attroupent les dévots autour des cars rapides qui vont les emmener dans la ville sainte. Au bar du CVD, la radio annonce les premiers accidents de la route: sept pèlerins tués dans l'embardée de leur minibus qui tentait d'éviter un âne traversant la route.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5305305292386282562" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SaA7DgGvLEI/AAAAAAAABNM/Bk0OOT0oVCo/s400/IMG_0024.jpg" border="0" /&gt;&lt;br /&gt;On quitte Dakar samedi soir pour arriver le lendemain matin à l'entrée du Saloum. Le soleil couchant répand une liqueur d'or sur la ville et sur la baie, et on se dit qu'on a déjà très envie de revenir par ici. Toute la nuit, un vent modéré nous porte vers le sud, et aussi un courant que j'avais négligé et qui nous oblige à terminer au près, le lendemain, au milieu des pirogues et des bouées de filets et de casiers. La déclivité du fond est tellement faible qu'on navigue pendant des milles à l'approche du Saloum, encore hors de vue des côtes, avec moins de dix mètres de fond. Etrange impression. &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5305305612987456594" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SaA7WKcA3FI/AAAAAAAABNU/4dXC57fX0uE/s400/IMG_0053.jpg" border="0" /&gt; &lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5305305787652035698" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SaA7gVHS1HI/AAAAAAAABNc/EEsBZTnEUQo/s400/IMG_0068.jpg" border="0" /&gt;&lt;br /&gt;On pénètre dans le Saloum par la passe de Djifere. Gilles, qui est passé par là dans le cadre d'une mission médicale de "Voiles sans frontières", m'a fourni un croquis de la passe. Il vaut mieux ne pas se tromper. Devant la passe, un haut fond de sable à deux-trois mètres de fond menace d'échouement le bateau imprudent. Il faut viser le chateau d'eau devant un bosquet d'arbres, puis longer la plage à cinquante mètres par le nord sur un quart de mille, et contourner d'assez près les piquets qui dans l'eau entourent la pointe sableuse de Djifere. On est alors dans le fleuve, large et tranquille, qu'on commence à remonter, le long de berges plantées d'une mangrove basse qui laisse apparaître plus loin quelques baobabs. Un pélican glisse benoîtement le long de la mangrove. Quelques renards ou chacals grisâtres dans le contre-jour fouillent le sol de sable, un héron anthracite s'envole à notre approche. &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5305306237850771650" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SaA76iPCYMI/AAAAAAAABNk/GFfkqhoQQK0/s400/IMG_0127.jpg" border="0" /&gt;&lt;br /&gt;Des pirogues nous croisent sous voiles, descendant vers Djifere, où converge toute la pêche locale pour être ensuite traitée et exportée plus loin. Leurs voiles faites d'un patchwork de vieux sacs de riz roses, blancs, verts délicats ont une beauté qui les ordonne à cette esthétique de la récupération qui me plaît déjà tellement chez notre amie Elodie Barthélémy et dans certaines oeuvres de l'art brut. Plus en amont, nous hélons des piroguiers pour leur acheter un peu de poisson pour midi. En fait, le piroguier est avec un couple de français venus ici pour pêcher au lancer. On tombe bien, et dans un accostage rendu acrobatique par le courant, il nous envoie - cadeau! - cinq belles dorades encore frétillantes tirées de la cale de sa pirogue. &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5305339731290404402" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SaBaYHBUtjI/AAAAAAAABQ8/3a16vB36jt4/s400/IMG_0160.jpg" border="0" /&gt;&lt;br /&gt;C'est au gros bourg de Djirndia, à l'entrée d'un bolong, que nous mouillons en fin d'après-midi au milieu des pirogues. On installe des moustiquaires pour la nuit sur les manches à air et l'entrée du bateau, puis on cherche du pain. Un jeune homme, Chérif, qui étudie ici et parle français nous pilote auprès des villageois pour le pain, les oignons et le citron, escortés d'une vingtaine de gamins qui réclament d'être photographiés (cf article de Théana). Une femme passe dans l'arrière-cour où la boulangère nous vend des petits pains ronds. Elle s'exprime bien en français: c'est l'institutrice, je tente une demande de visiter sa classe, mais elle disparaît avant de répondre. On retourne au bateau, les pêcheurs partent les uns après les autres pour une nouvelle nuit de travail.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5305307176943627010" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SaA8xMoOKwI/AAAAAAAABN0/ipIlT3462Mc/s400/IMG_0192.jpg" border="0" /&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5305307438673887490" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SaA9AbplAQI/AAAAAAAABN8/uVqDzSd8e1o/s400/IMG_0205.jpg" border="0" /&gt; &lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5305338668060895122" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SaBZaOLp55I/AAAAAAAABQk/3eVVpJV8dWc/s400/IMG_0003.jpg" border="0" /&gt; &lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5305338919798876642" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SaBZo3-qqeI/AAAAAAAABQs/vQ66Aw13Hqo/s400/IMG_0016.jpg" border="0" /&gt; &lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5305339479793002626" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SaBaJeHq6II/AAAAAAAABQ0/4OoQNK3pEpk/s400/IMG_0013.jpg" border="0" /&gt;&lt;br /&gt;Le lendemain, on poursuit la remontée jusqu'au bolong Sangako dans lequel on s'engage. Apparait le petit village de Maya, devant lequel nous mouillons pour y chercher du poisson. C'est aussitôt l'attroupement des enfants sur la berge. Quelqu'un conduit Fanny dans quelque case, tandis qu'un homme qui réparait une pirogue m'emmène à la maison du chef du village. Les présentations sont faites, et la discussion s'engage, aidés par le jeune Benoit, un Sérère du Sine en contrat ici parmi ces Sérères Nyomingka pour alphabétiser les femmes du village dans le cadre d'un projet de développement de leur activité conchylicole. Fanny m'a rejoint, et le vieux Faly Thior nous invite à rester pour le repas. &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5305341253679366978" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SaBbwuXIw0I/AAAAAAAABRU/BNZMSUCXwys/s400/IMG_0055.jpg" border="0" /&gt;&lt;br /&gt;On part récupérer les enfants d'abord restés au bateau, et la discussion reprend avec le vieux Faly, comme l'appelle Benoit (cf les textes de Jean-Elie). Ses deux femmes viennent nous saluer, puis l'une de ses filles, Saly, gracieuse au possible. La grâce du reste semble partout ici: dans l'envol du héron immaculé ou bien du lourd et grave pélican au bord du fleuve, dans la fine pirogue, long croissant noir qui glisse sur l'eau scintillante au soleil de midi ou à la nuit tombante, sur le visage enfin de la fille du chef, au sourire éclatant et dont les grands yeux sombres rouleront comme des billes plus tard, de timidité, je pense, quand elle me demandera de la photographier avec sa famille. &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5305309467811223922" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SaA-2ixnmXI/AAAAAAAABOk/DbBWcsQRx04/s400/IMG_0114.jpg" border="0" /&gt; &lt;p align="center"&gt;&lt;em&gt;Faly Thior et les siens (cherchez l'intruse...)&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;A la fin du repas, une femme commence à frapper le djembé devant la maison, les mains claquent, et ce bruit nous attire de nouveau dehors: quelques femmes de tous âges et des fillettes improvisent une séance de danse et de chant. C'est beau de voir tour à tour telle vieille femme avancer dans le cercle des spectateurs et danser les yeux mi-clos ce pas caractéristique toute en retenue, presque ne bougeant pas alors que tout son corps est mouvement, épure concentrée de mouvement, puis telle fillette se lancer avec la même assurance, ou au contraire intimidée par la circonstance, pour une demie-minute débridée avant de laisser la place à la suivante.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5305309892018100162" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SaA_PPEa18I/AAAAAAAABOs/_sH1jgcccFQ/s400/IMG_0067.jpg" border="0" /&gt; &lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5305314285748445810" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SaBDO-_XYnI/AAAAAAAABO0/cgk4MjY0rW8/s400/IMG_0093.JPG" border="0" /&gt; &lt;p align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Après cela, les femmes cuisent les poissons que nous avions demandés, et ces fameux coquillages qu'elles récoltent dans la mangrove, les "yets", mijotés dans une sauce dont Benoit m'a promis que si je la goûte, je ne repars plus d'ici. Je la goûterai donc plus tard, sur le bateau... En remerciement, nous proposons de faire des photos de ceux qui veulent et de les envoyer plus tard sur papier. L'un m'emmène à sa maison et demande une photo de sa famille, des groupes se forment, par familles je suppose, et les prises s'enchainent, dont les hommes sont absents, la plupart étant partis à la pêche pour plusieurs mois, comme me l'a expliqué le vieux Faly. Il faut enfin se quitter.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5305314982895685570" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SaBD3kEOD8I/AAAAAAAABO8/NPEzeatKmds/s400/IMG_0106.jpg" border="0" /&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5305315379686004386" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SaBEOqOZ1qI/AAAAAAAABPE/oYNkmIfa4zY/s400/IMG_0120.jpg" border="0" /&gt; &lt;p align="justify"&gt;&lt;br /&gt;On repart enchantés de cette rencontre, pour avancer dans le bolong, quand à la première bifurcation, un quart de seconde d'inattention me fait planter le bateau sur un banc de sable! La mer baisse encore, et il faudra attendre la marée suivante. On organise le bord pour pouvoir déhaler le bateau dans le bon sens. Je me méfie du courant qui nous porterait plus loin sur le banc et nous bloquerait davantage, mais l'observation me montre que les courants n'obéissent plus du tout à la fluctuation des marées. C'est une logique beaucoup plus complexe qui semble régler les renverses de courant dans le dédale des bolongs. On s'est échoué à mi-marée, et le marnage très faible qu'on a ces jours-ci, de soixante centimètres environ, me fait craindre que l'eau ne remonte pas suffisamment pour soulever le bateau et se dégager. Il resterait alors à attendre plusieurs jours que les coefficients de marée augmentent... Finalement, au milieu de la nuit, tout se passe comme voulu, et on va mouiller un peu plus loin, dans quatre mètres d'eau. &lt;/p&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5305316667783577426" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SaBFZowy_1I/AAAAAAAABPU/Gdn7VhQJYtI/s400/IMG_0133.jpg" border="0" /&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5305317007892333698" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SaBFtbxCxII/AAAAAAAABPc/6hKToifUF5A/s400/IMG_0028.jpg" border="0" /&gt; &lt;p align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Entre-temps, nous avons décidé de retourner à Dakar. Les batteries de servitude ont confirmé leur faiblesse, elles se déchargent trop rapidement, obligeant à mettre le moteur le soir pour les recharger. Le problème dure depuis un moment, mais la perspective de devoir les changer (plusieurs centaines d'euros) m'a fait traîner les pieds. A la veille de la transat, je crois qu'il faut se résoudre à les changer. On aura trop besoin du pilote et des instruments de navigation. De plus, j'ai découvert lors d'un contrôle que le filtre d'eau de mer du circuit de refroidissement du moteur est presque rempli de sacs plastique, et qu'il faut le nettoyer. Or il a été imprudemment collé au sikaflex, une colle caoutchouc, et je ne veux pas tenter l'opération de décollage, avec ses conséquences possibles (casse, perte d'étanchéité) hors d'un port où je pourrai trouver de l'aide. Enfin, ce sera plus pratique pour récupérer notre équipier Claude qui arrive par avion. On n'a donc plus le temps de finir la balade prévue, et nous redescendons par où nous sommes passés. Une nouvelle nuit de navigation nous ramène à Dakar. &lt;/p&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5305341694444391378" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SaBcKYVtS9I/AAAAAAAABRc/NHbBXuLq3Nc/s400/IMG_0014.jpg" border="0" /&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5305324228457507346" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SaBMRud7qhI/AAAAAAAABPs/EusRFBH0CI0/s400/IMG_0029.jpg" border="0" /&gt; &lt;p align="center"&gt;&lt;em&gt;Jean-Elie cherche la passe&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;On longe cette fois de jour l'île de Gorée et ses esclaveries aux portes ouvertes sur la mer pour le "voyage sans retour".&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5305304638634718562" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SaA6dcsN9WI/AAAAAAAABM0/9Tp_5vc5yZo/s400/IMG_0165.jpg" border="0" /&gt;&lt;br /&gt;Claude arrive au CVD et prend pied sur le bateau. Il va nous accompagner pendant un mois. Il arrive avec Dah, frère dakarois d'un ami de Compiègne, qui nous donne un joli coup de main durant ces derniers jours de préparatifs. &lt;div align="justify"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5305340663467700034" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SaBbOXptb0I/AAAAAAAABRM/hpxmI-Vjwa4/s400/IMG_0001.jpg" border="0" /&gt; Les batteries sont changées, le filtre récuré, plus quelques bricolages qui attendaient l'occasion. Je cherche un bout de feuille de caoutchouc (pour fabriquer le joint du filtre) dans une des petite quincailleries qui bordent l'avenue principale de Hann. Partout, un bric-à-brac de récupération remplit les étagères et les tiroirs. Le recyclage est une attitude évidente dans ce pays qui manque de beaucoup de choses. J'ai déjà remarqué que tout ce qu'on a chez nous l'habitude de jeter si facilement trouve ici preneur pour de nouvelles vies: bouteilles vides, de verre comme de plastique, batteries flinguées, vêtements bien sûr, cartons, vieux cours du CNED, etc. Cette Afrique aux rues sans poubelles publiques et pleines de détritus recycle finalement tout et produit peut-être infiniment moins de déchets que nous autres français qui jetons et gaspillons tant mais cachons notre "merde" à notre propre vue dans des déchetteries de plus en plus modernes et chères dont la technologie affichée nous dispense de nous mettre en question à la source même de nos comportements consuméristes.&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5305342046491600546" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SaBce30TZqI/AAAAAAAABRk/c6sT3cbfFss/s400/IMG_0081.jpg" border="0" /&gt;&lt;br /&gt;Je trouve notre premier cafard sur le bateau: mort, les pattes en l'air au fond du cockpit. Comment est-il arrivé là? Où sont les autres? Les cafards à bord sont un cauchemar redouté des navigateurs, et je les vois déjà grouillant la nuit par centaines sur nos corps endormis, quand Dah nous offre des sachets d'une poudre radicale contre les bestioles. A suivre... &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5305327273721519570" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SaBPC-9c3dI/AAAAAAAABQE/JX4Im74maqM/s400/IMG_0063.JPG" border="0" /&gt;&lt;br /&gt;C'est aujourd'hui samedi, le 21 février. Demain, nous partons pour la grande traversée, inch'Allah. Il reste à changer la courroie de transmission de l'alternateur, dont je viens de m'apercevoir de l'usure prématurée, à trouver un système de fixation pour l'hydrogénérateur qui doit fournir une partie du courant, à refaire une surliure sur le lazy-jack, à doubler l'attache de la ligne de vie babord, cette sangle à laquelle on s'attache quand on doit manoeuvrer en dehors du cockpit. La courroie changée à Mindelo il y a deux mois est très usée. C'est que l'alternateur a perdu un boulon et la courroie a travaillé en porte-à-faux. Retour dans les quincailleries du boulevard pour en trouver de neuves. &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5305340242954538210" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SaBa15HjzOI/AAAAAAAABRE/6ExJVeVKqMU/s400/IMG_0020.jpg" border="0" /&gt;Avec l'aide efficace de Gérard, voisin de mouillage, on change la courroie, on essaie le moteur et clac! la tirette de l'étouffoir se casse au moment de l'arrêter! Belle illustration de la loi de l'emmerdement maximum formulée dans le temps par Deniau: à terre, les problèmes s'additionnent, en mer, ils se multiplient. Mais il y a un dieu pour les pauvres d'esprit mécanique, et Gérard est encore là, qui en quatre heures nous arrange une solution en montant un autre câble dans cette partie très malaccessible du moteur. &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Tous ces préparatifs nous occupent largement l'esprit, et l'idée de partir pour la plus grande navigation de ma vie, avec toute ma famille et notre équipier dont je prends la responsabilité en tant que "capitaine", d'avoir à faire potentiellement face à une grande variété de problèmes, cette idée m'habite tranquillement. Je m'étonne presque d'être si peu inquiet, mais pourquoi l'être? Le bateau est suffisamment prêt pour la haute mer, les problèmes potentiels ont des réponses pertinentes, réfléchies avec le temps, je me connais maintenant assez bien face aux difficultés en mer (du moins sous ces latitudes relativement clémentes), et notre équipage est bien rôdé, renforcé désormais par la présence de Claude. Pas de suffisance là, mais pas non plus de fausse humilité. La mer apprend à l'homme sa petitesse, s'il ne l'a pas déjà rencontrée ailleurs, et c'est pourquoi il y a tant de d'entraide entre les marins, mais elle lui enseigne aussi de quoi il est positivement capable, et à faire face. On y decroît et on y grandit... &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5305342412071386034" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SaBc0JtUO7I/AAAAAAAABRs/A2Z3EhDdm_M/s400/IMG_0138.jpg" border="0" /&gt;&lt;br /&gt;Mais assez de lyrisme, sinon on va encore rater la marée, et cap sur le Nouveau Monde!&lt;br /&gt;Tout l'équipage vous dit au-revoir, prochaines nouvelles dans trois semaines environ!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5305327750647842210" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SaBPevpjBaI/AAAAAAAABQM/B6Vgpra6hTM/s400/IMG_0027.jpg" border="0" /&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3301097922628147045-8053276495795900687?l=sidaventurealavoile.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://sidaventurealavoile.blogspot.com/feeds/8053276495795900687/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=3301097922628147045&amp;postID=8053276495795900687' title='6 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3301097922628147045/posts/default/8053276495795900687'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3301097922628147045/posts/default/8053276495795900687'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://sidaventurealavoile.blogspot.com/2009/02/sine-saloum-la-vie-est-un-long-flreuve.html' title='Sine Saloum: la vie est un long fleuve tranquille, 14 au 21 février       (par Romuald)'/><author><name>fanny</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SaBYpW3gNrI/AAAAAAAABQU/om7_YdgPa0w/s72-c/IMG_0165.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>6</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3301097922628147045.post-1227542181347316052</id><published>2009-02-21T18:22:00.004+01:00</published><updated>2009-02-21T18:29:13.575+01:00</updated><title type='text'>Le Siné de Théana         (par Théana)</title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;Nous sommes entrés dans le Sine Saloum (je fais remarquer au passage que mes frères diraient : « Mais NON !!! Pas Sine Saloum !!! On dit : La-lampe-de-la-salle-où-on-regarde-des-films-est-enclenchée ! Bref, c’est bien le genre des garçons !-Vous avez compris ? Sine Saloum= Ciné s’allume). &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5305303443896791218" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SaA5X58f8LI/AAAAAAAABMs/kZM5WZBCJrM/s400/EnfantsCharrette.jpg" border="0" /&gt; &lt;p align="justify"&gt;Après avoir vogué un peu sur les eaux calmes, on fut content de voir une plage surmontée d’un petit village. Comme maman n’avait plus de pain, ni d’oignons et qu’elle voulait aussi du citron, on a mis l’annexe à l’eau et on est tous parti !!!!!! Youpi !!!!&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;div align="justify"&gt;Une fois a terre, Chérif (Arrg ! Les indiens arrivent !!!), un jeune homme qui parle français nous aide à trouver un endroit où il y a du pain. Pendant que maman parle du prix de nos achats, des enfants arrivent et nous regardent en parlant dans leur langue. Ils se mettent soudain à glousser tandis qu’une femme arrive. Elle s ‘avère être l’institutrice.&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;Après nos achats, papa demande à Chérif s’il peut nous faire visiter le village. Ce dernier accepte et nous emmène là où il vit avec sa super grande famille. &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5305303253168887298" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SaA5MzbbFgI/AAAAAAAABMk/9A5j2jWPsds/s400/GroupeEnfants.jpg" border="0" /&gt; &lt;p align="justify"&gt;Puis on se promène un peu. Une file d’enfants arrive et ils commencent à nous donner la main. Une fille de 8 ou 9 ans prend la mienne puis un garçon du même âge me prend l’autre. Papa prend une photo et tous les enfants se jettent sur lui pour la voir. Puis on continue à marcher. Le garçon quitte ma main et laisse place à une toute petite qui étudie bien ma main avant de juger qu’elle n’est pas peinte. La promenade se termine, nous repartons au bateau et remontons l’ancre. &lt;/p&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3301097922628147045-1227542181347316052?l=sidaventurealavoile.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://sidaventurealavoile.blogspot.com/feeds/1227542181347316052/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=3301097922628147045&amp;postID=1227542181347316052' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3301097922628147045/posts/default/1227542181347316052'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3301097922628147045/posts/default/1227542181347316052'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://sidaventurealavoile.blogspot.com/2009/02/le-sine-de-theana-par-theana.html' title='Le Siné de Théana         (par Théana)'/><author><name>fanny</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SaA5X58f8LI/AAAAAAAABMs/kZM5WZBCJrM/s72-c/EnfantsCharrette.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3301097922628147045.post-4022350168669226672</id><published>2009-02-19T19:10:00.008+01:00</published><updated>2009-02-20T20:15:17.799+01:00</updated><title type='text'>Confidences de la ménagère hauturière      (par Fanny... évidemment!)</title><content type='html'>&lt;div align="center"&gt;&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SZ2g_tPfQCI/AAAAAAAABLk/B7ahUMRZEmU/s1600-h/M%C3%A9nag%C3%A8re.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5304572952449073186" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 300px; CURSOR: hand; HEIGHT: 400px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SZ2g_tPfQCI/AAAAAAAABLk/B7ahUMRZEmU/s400/M%C3%A9nag%C3%A8re.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;Le moment est venu des confidences de la ménagère ! &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Pour tous ceux que la popotte, le cabas et le savon ne passionnent pas, passez allégrement ce chapître et retrouvez les descriptions buccoliques (!) de mon skipper et écrivain de mari... &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Commençons par la nourriture...&lt;br /&gt;Ceux d'entre vous qui nous connaissent savent déjà - parfois à leurs dépens... - que les Delacour aiment manger !&lt;br /&gt;Me voilà donc confrontée chaque jour au questionnement anxieux de mes 3 grands adolescents : "Maman, qu'est-ce-que tu nous fais à manger ?"&lt;br /&gt;Je sais bien que pour vous aussi la question se pose; permettez-moi juste de vous la situer dans les contextes qui sont les nôtres depuis que nous avons quitté l'Europe. &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Les réserves faites en Bretagne ont fondu depuis belle lurette à l'exception de quelques crèmes Mont Blanc que je sors au goutte à goutte quand les esprits et les corps sont abattus. &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5304573733131723202" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SZ2htJgvIcI/AAAAAAAABLs/ksSPEz6301o/s400/Plong%C3%A9eCoffre.jpg" border="0" /&gt;&lt;em&gt;Le casse-tête du rangement dans les coffres...&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Nous n'avons pas l'usage du frigo depuis maintenant 3 mois, puisqu'il ne fonctionne qu'avec le 220v des pontons... Nous avons donc renoncé aux bières fraîches (dont l'envie nous vient toujours quand nous sommes coincés sur le bateau, évidemment...), aux laitages habituels et autres gâteries de chez nous... &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Comment survivre alors ?&lt;br /&gt;Eh bien par exemple, j'ai trouvé du beurre hollandais en boite, très longue conservation, pas mauvais du tout, qui tient bien la route, même une fois entamé. &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Nous avons aussi fait le plein de viande fumée, type chorizo ou bacon, aux Canaries et avec ça, j'essaie de varier les plaisirs, même si ces derniers s'émoussent un peu à force de combinaisons répétitives : pâtes-chorizo, riz-bacon, pâtes-bacon, riz-chorizo, etc... vous voyez ce que je veux dire...(Bon, c'est vrai que j'exagère un peu, il y a aussi les pommes de terre, la semoule, les lentilles... et les légumes dont je parlerai un peu plus loin). &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt; &lt;/div&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5304574145442767138" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SZ2iFJfWYSI/AAAAAAAABL0/B0Y1HF7BBlM/s400/Pilon.jpg" border="0" /&gt;&lt;em&gt;Grâce au pilon, les sauces varient aussi un peu plus&lt;/em&gt; &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Il y a aussi et heureusement des oeufs à peu près partout (sauf parfois à Mindelo où il m'est arrivé de parcourir les rues de la ville avec mes boites vides et de me confronter aux regards et aux gestes désolés des marchandes ..."demain, peut-être"...).Les oeufs sont une denrée précieuse sur un bateau, pour faire des omelettes bien-sûr, mais surtout des crêpes, des gateaux, et aussi du pain perdu dont j'avais complètement oublié l'existence mais que je propose aujourd'hui en bonne place sur ma carte... &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Nous avons dit adieu aux rayons de fromages de chez nous ou encore du Portugal (une révélation !) et nous nous sommes contentés au Cap Vert, de "Vaca" (qui ne rit plus beaucoup), de Gouda (omni présent) et parfois de Mozarella (très chère). Ici, au Sénégal nous avons le grand bonheur d'acheter chaque jour des petits fromages frais de chèvre, délicieux, qui trouveraient preneurs sur le marché de Compiègne. &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Et vous savez, dans tout ça, le plus important, c'est que jusqu'à présent, partout où nous passons, nous trouvons les ingrédients nécessaires à la Pizza.Vous voilà donc rassurés sur un point : Jean-Elie ne reviendra pas complètement défait de ce voyage grâce à ces piqûres de rappel hebdomadaires qui lui font oublier instantanément tous les désagréments susceptibles de lui peser. &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Le pain..&lt;br /&gt;Nous en trouvons partout, même s'il est toujours très loin d'égaler notre bonne Tradition compiègnoise.&lt;br /&gt;En traversée, quand les conditions le permettent, nous faisons notre pain et la bonne mie chaude fait long feu avec une boite de pâté de campagne... Je vais essayer la prochaine fois la recette de Gaêlle, une amie voyageuse, qui m'a dit qu'elle faisait son pain 100 % eau de mer, ce qui donne semble-t-il la juste mesure de sel, le plus difficile à réussir.&lt;br /&gt;J'ai découvert que faire le pain n'était pas très compliqué, même sans machine... (à dire vrai je m'en faisais tout un monde...), j'ai même préparé l'autre jour une miche avec un reste de pâte à pain destiné à la fameuse pizza : très peu de temps de levage, et une mie délicieuse... &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt; &lt;/div&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5304576432479184242" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 300px; CURSOR: hand; HEIGHT: 400px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SZ2kKRXUpXI/AAAAAAAABME/etaioUxgZtk/s400/PainChaud.jpg" border="0" /&gt; &lt;p align="center"&gt; L&lt;em&gt;a cuisinière béate devant son bon pain chaud...&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;em&gt;&lt;/em&gt;&lt;p align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les légumes et les fruits...&lt;br /&gt;Nous en trouvons sur les marchés, bien-sûr, assez chers au Cap Vert, à la porte du club de voile de Dakar, où nous apprécions de déguster du bon melon en février, et des haricots verts frais.&lt;br /&gt;Nous lavons tout ce que nous achetons avant de les rentrer sur le bateau, pour éviter : &lt;/p&gt;&lt;p align="justify"&gt;&lt;br /&gt;1 - la tourista à répétition (on a déjà donné, malgré tout...)&lt;br /&gt;2 - l'arrivée des cafards dont les oeufs se collent partout, sur les emballages, dans les sacs, sous les chaussures aussi, parait-il. &lt;/p&gt;&lt;p align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Le poisson ...&lt;br /&gt;Nos tentatives ne pêche n'ont pratiquement rien donné et j'ai renoncé à compter dessus.&lt;br /&gt;Par contre, il est sûr que nous en trouvons, et du bon, et du pas cher, partout, surtout à Mindelo où nous nous sommes régalés de thon et de mérou.&lt;br /&gt;Romuald a écrit quelques belles lignes là-dessus, j'ajouterais que même les enfants aiment le thon et que c'est un poisson pour lequel j'ai beaucoup d'estime (oui, oui...) parce qu'il se laisse préparer de multiples façons, sans faire de manières. &lt;/p&gt;&lt;p align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Le lait ...&lt;br /&gt;Nous nous sommes posés beaucoup de questions concernant le lait... Grands consommateurs, nous avons décidé aux Canaries de passer au lait en poudre pour diminuer la peine des transports de packs et de packs. N'oubliez pas que nos courses se font toujours - non pas à dos de mulet - mais à bout de bras et à pied, parfois loin du bateau; souvent, il faut ajouter le trajet périlleux en annexe où nous nous exposons aux éclaboussures, aux opérations délicates (pour monter dans l'annexe et/ou en descendre) et aux erreurs de manipulation, ce qui m'a valu par exemple de lâcher 6 bouteilles d'eau à la mer (comme si elle avait besoin de ça !) en plein milieu du port d'Essaouira. &lt;/p&gt;&lt;p align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Petit problème :&lt;br /&gt;- considérant qu'une boite de lait en poudre permettant de reconstituer 7 litres de lait coûte aussi cher que 6 litres en brick...(c'était le cas au Cap Vert, je n'ai pas encore vérifié au Sénégal)&lt;br /&gt;- considérant aussi que pour reconstituer ce lait nous devons acheter, transporter et stocker 7 litres d'eau minérale....&lt;br /&gt;Quel est le meilleur plan au bout du compte ?&lt;br /&gt;Réponse de la famille Delacour : nous achetons de nouveau nos packs de lait... pour le plus grand plaisir de nos p'tits déjeuners ! &lt;/p&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Et maintenant, un petit chapître sur la vaisselle et la lessive ...&lt;br /&gt;Une attention de tous les instants est nécessaire pour veiller sur notre réserve d'eau douce dans les réservoirs du bateau (350 l). Je lave donc dès que possible la vaisselle à l'eau de mer (j'ai une pompe à main spéciale dans l'évier). J'évite de le faire dans les ports et certains mouillages où le sel est mis en concurrence avec beaucoup d'autres éléments dont je ne vous ferai pas la liste ici...&lt;br /&gt;Le rinçage se fait toujours à l'eau douce, parcimonieusement, et, surtout en traversée, je garde l'eau de rinçage pour la vaisselle suivante. &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;La lessive...&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;l'appareil ménager qui me manque le plus est ma machine à laver, c'est sûr !&lt;br /&gt;Nous ne sommes pas très regardants sur l'état de nos tenues, mais quand même, à 5, il me faut régulièrement laver le linge, nos habits, les draps, les housses, etc. &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5304576839271504898" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SZ2kh8yK3AI/AAAAAAAABMM/1jzZlBErW7k/s400/FannyLessive2.jpg" border="0" /&gt; &lt;p align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Jusqu'au Cap Vert nous trouvions des machines à pièces, souvent chères, mais qui dépannaient et me soulageaient d'une partie du linge. Ensuite il a fallu laver sur le bateau, à l'eau de mer, sauf le dernier rinçage, dans une grande bassine aux couleurs locales. Quant au séchage, pas de problème, avec le vent qui ne cesse de souffler, parfois trop,( tellement d'ailleurs que plusieurs de nos vêtements ont été portés disparus en mer !..). Il faut aussi compter avec la poussière qui se dépose partout depuis que nous avons passé les tropiques, sur le moindre recoin du pont, corde à linge comprise et linge étendu aussi... Alors, évidemment le résultat est loin d'être parfait...mais on s'en moque un peu quand même !&lt;br /&gt;L&lt;/p&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5304577070515780178" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 300px; CURSOR: hand; HEIGHT: 400px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SZ2kvaPGelI/AAAAAAAABMU/4LF9h9iLEk4/s400/Linge.jpg" border="0" /&gt; &lt;p align="center"&gt;&lt;em&gt;Le grand pavois...&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;em&gt;&lt;/em&gt;&lt;p align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Ici, au club de voile de Dakar, Fatou lave le linge à la main, dans de grandes bassines au milieu du jardin. Je profite de ses services depuis que nous sommes là et parfois je lave à ses côtés, aidée de Théana ou de François-Clair l'autre jour pour les housses de banquettes et de coussins, imprégnées de sel. &lt;/p&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;La toilette ...&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;Depuis Les Canaries, nous ne connaissons plus les douches chaudes... Autant vous dire que notre motivation à nous laver a baissé de moitié... Déjà que ....(non, là, je ne vais pas plus loin parce que je vais heurter les sensibilités... olfactives !). Sur le bateau, nous avons deux douches solaires, sorte de sac en plastique qu'on accroche en hauteur et d'où part un tuyau et un petit pommeau de douche... Nous l'utilisons parfois dans le cockpit, pour faire des schampoings, c'est un peu juste pour une douche, mais pendant la grande traversée, nous nous en contenterons je crois... en récupérant peut-être de l'eau de pluie. &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Voilà donc la fin de cette chronique, digne des plus belles pages de "Femme actuelle"...&lt;br /&gt;Vous comprendrez après avoir lu tout ça et médité quelques minutes, que la vie d'une femme de marin n'est pas de tout repos, même en année sabbatique ! &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5304577249109806578" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SZ2k5zjPDfI/AAAAAAAABMc/cPFWiD6VKZM/s400/M%C3%A9nag%C3%A8reSchroumphette.jpg" border="0" /&gt; &lt;p align="center"&gt;&lt;em&gt;Entre deux tâches ménagères, la Schroumphette est parée pour les manoeuvres...&lt;/em&gt; &lt;/p&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;N'allez pas croire pour autant que je me plains de ma situation, je dois même dire que cette vie-là me rapproche davantage des femmes des pays que nous traversons, et j'apprécie de n'être pas concernée par les formules "tout compris" des nombreux hotels à touristes que nous apercevons de-ci de-là.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3301097922628147045-4022350168669226672?l=sidaventurealavoile.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://sidaventurealavoile.blogspot.com/feeds/4022350168669226672/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=3301097922628147045&amp;postID=4022350168669226672' title='5 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3301097922628147045/posts/default/4022350168669226672'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3301097922628147045/posts/default/4022350168669226672'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://sidaventurealavoile.blogspot.com/2009/02/confidences-de-la-menagere-hauturiere.html' title='Confidences de la ménagère hauturière      (par Fanny... évidemment!)'/><author><name>fanny</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SZ2g_tPfQCI/AAAAAAAABLk/B7ahUMRZEmU/s72-c/M%C3%A9nag%C3%A8re.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>5</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3301097922628147045.post-5174825651113634071</id><published>2009-02-19T18:22:00.008+01:00</published><updated>2009-02-19T19:07:24.970+01:00</updated><title type='text'>Le daily-J.E, Partie 1      17/02   (par Jean-Elie)</title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5304565189294903346" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SZ2Z71PTUDI/AAAAAAAABLI/PLN97psSJW0/s400/Daily1-5.jpg" border="0" /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;Invités à manger dans la maison du chef de village… &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;C’était la nouvelle apportée par papa et maman quand ils revinrent sur le bateau, après leur recherche (infructueuse) de poissons (on s’entend bien, hein ? Du poisson, du vrai, pas des cochonneries surgelées du genre Fish n’ chips™ du Carrefour du coin ;)&lt;br /&gt;Bref, voila qui porte à la curiosité. &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Nous descendons dans l’annexe déjà occupée à moitié par les parents, et F .C et Théana échangent avec moi-même des regards et des paroles inutiles dans l’attente de l’arrivée sur la plage. Laquelle est simple, jaune parchemin-qui-est-exposé-à-de-la-lumière-d’-une-bougie, et couverte de feuilles pourpres ou rouges, dont on se demande quand même d’où elles arrivent en si grand nombre, y a pas un arbre à 3000 M à la ronde. &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;/div&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5304561705794752322" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SZ2WxEMJT0I/AAAAAAAABKo/NOUT7OYa4cU/s400/Daily1-1.JPG" border="0" /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;Des enfants nous accueillent sur la plage, tous aussi émoustillés de voir des toubab (petite note dans laquelle je retiens l’attention du public : Je suis dans une quasi-certitude que « toubab » signifie « tout blanc », je fais le rapprochement entre le mot « baobab », qui pourrait peut être signifier « arbre blanc », auquel cas il porterait bien son nom, et avec le nom de l’ethnie « toucouleur », pour la partie « tou-» qui désignerait donc un ensemble quelconque…En gros, si quelqu’un parmi les fidèles lecteurs sait si ma déduction est bonne, serait-ce possible de l’indiquer dans un commentaire du blog ? Je tiens, pour finir, à vous dire que vous n’êtes pas obligés de lire tout ce paragraphe entre parenthèses sur ma polémique vocabularistique avant de finir votre prime lecture ^^En même temps, j’aurais dû coller cet appel au début de cette foutue parenthèse !) Je reprends : …Que ceux du village précédemment visité. Mais ils sont plus curieux par la vue que par le toucher : eux ne viennent pas vers nous, prendre notre main et nous sourire en palpant nos paumes dont elles leurs semblent peintes de blanc. Ils nous regardent tous tandis que nous nous dirigeons vers la demeure du chef du village, guidés par Benoît, un Africain chrétien, et jeune, qui est sur place pour alphabétiser les femmes Sérères du coin à leur langue natale; Il est aussi notre interprète auprès des villageois. &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;Nous finissons, après bien des sourires et des regards venant de partout, dans la maison de Faly Thiour , le patron de ce village Sérère, qui, nous l’apprenons, appartient à une branche de cette ethnie que l’on nomme « Niomignka » (pas sûr de l’orthographe…)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5304564485566932482" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SZ2ZS3pepgI/AAAAAAAABK4/gTkVWHJtX18/s400/Daily1-3.jpg" border="0" /&gt;&lt;br /&gt;Nous revoilà seul, pôpa, môman, F.C, Théana et môa.&lt;br /&gt;Ca nous semble bizarre…Nous pensions pouvoir manger en compagnie du chef. Nous apprenons finalement que le patron a eu la présence d’esprit de ne pas laisser la porte ouverte à cause de tous les gens de dehors qui nous auraient quelque peu gênés en nous regardant avec curiosité pendant que nous mangions. Ensuite, le chef dit que l’honneur est pour lui, quand nous lui disons être nous même honorés de manger ici. En gros, l’honneur, c’est d’être chez lui « comme chez nous », à manger seuls. &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Que faire, nous ne sommes pas sûr de savoir si nous pouvons manger maintenant, ou bien si l’on doit attendre d’autres accompagnements. La nourriture, parlons-en ! C’est (vous le savez peut-être) un de mes sujets préférés, je ne vais donc pas me priver de décrire ce qui se trouve devant nous…En fait, ça n’est pas énorme, ne vous attendez pas à une description longue comme une liste d’avitaillement ! Mais bon ! Allons ! Baffrons !!!! &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;/div&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5304564283062850882" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 300px; CURSOR: hand; HEIGHT: 400px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SZ2ZHFQvlUI/AAAAAAAABKw/fUeeAsf3shg/s400/Daily1-2.jpg" border="0" /&gt;&lt;br /&gt;Il y a deux plats de riz à notre pied : l’un contient du riz préparé de manière locale , d’une belle couleur rouge, ou rose-orangée aux extrémités, tel le plumage du Râle d’Aldabra( j’me décarcasse quand même pour les métaphores) , le centre est plus croquant, croustillant, et de mon avis, meilleur, et au dessus repose un pitit, pitit morceau de poulet.&lt;br /&gt;L’autre plat, qui eut d’ailleurs beaucoup moins de succès, ne contenait que du riz, qui ne mérite pas vraiment que je lui dresse une description gastronomique, tout le monde sait ce que c’est, même le plus éloigné des Japonais !&lt;br /&gt;Nous finissons notre repas familial en tête-à-tête-à-tête-à-tête-à-tête, dans cette demeure tranquille, qui elle pour le coup mérite une ‘tiote description : les murs sont ornés de moult photos du dirigeant du courant Niomignka, Baye-niass. Le chef possède aussi accrochés au dessus de sa porte, des gris-gris qui protègent sa famille. Je n’ai pas, je précise, l’intention de me situer par rapport à ces croyances dans cet article. &lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5304564897478984642" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SZ2Zq2I9w8I/AAAAAAAABLA/qa9vlymM-OE/s400/Daily1-4.jpg" border="0" /&gt;&lt;br /&gt;L’après-midi passe calmement, Papa va visiter un petit bout du village, tandis que Théana et moi discutons d’Harry Potter en marchant sur des bancs de coquillages (Nous sommes partis un petit peu visiter l’îlot, F.C se sentait visiblement une terrible vocation de cuisiner des coquillages avec Môman, et Pôpa était avec un couple qui parlait un peu français…Et, suspense …Il discutait avec eux !).&lt;br /&gt;Nous emportons, en repartant ,du poisson et des viscosités innommables (j’en fais trop, c’est juste des coquillages), avec des grands signes pour, et de la part des villageois attroupés sur la berge. &lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5304565538587698178" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SZ2aQKdMZAI/AAAAAAAABLQ/spz0mgPGmE4/s400/Daily1-6.jpg" border="0" /&gt;&lt;br /&gt;Doucement la nuit tombe, tandis que nous avançons dans les eaux sombres du Saloum… &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt; &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5304567280582078194" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 300px; CURSOR: hand; HEIGHT: 400px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SZ2b1j5BLvI/AAAAAAAABLc/_gYJ5RrldRg/s400/Daily1-7.jpg" border="0" /&gt;&lt;br /&gt;Vers un intempestif banc de sable………&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3301097922628147045-5174825651113634071?l=sidaventurealavoile.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://sidaventurealavoile.blogspot.com/feeds/5174825651113634071/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=3301097922628147045&amp;postID=5174825651113634071' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3301097922628147045/posts/default/5174825651113634071'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3301097922628147045/posts/default/5174825651113634071'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://sidaventurealavoile.blogspot.com/2009/02/le-daily-je-partie-1-1702-par-jean-elie.html' title='Le daily-J.E, Partie 1      17/02   (par Jean-Elie)'/><author><name>fanny</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SZ2Z71PTUDI/AAAAAAAABLI/PLN97psSJW0/s72-c/Daily1-5.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3301097922628147045.post-3794041675905112294</id><published>2009-02-19T17:50:00.004+01:00</published><updated>2009-02-19T18:21:34.576+01:00</updated><title type='text'>Le daily-J.E, Partie 2    17/02   (par Jean-Elie)</title><content type='html'>&lt;div&gt;&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SZ2RbPV8gdI/AAAAAAAABKY/9vhyz59Vcf0/s1600-h/Daily2-1.JPG"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5304555833273385426" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SZ2RbPV8gdI/AAAAAAAABKY/9vhyz59Vcf0/s400/Daily2-1.JPG" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;&lt;em&gt;Sssshhhhluchhhh….&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Le banc de sable semble heureux, il vient de happer le bas de la quille d’un bateau…Ca n’arrive pas souvent, il le regrette, car les piroguiers sont rusés ! Y z’ont pô d’quille ! Ou du moins, assez courte pour éviter le piège ! Que-du-bon-heur ! MMMmmmh…Combien de temps mettront –t-ils à se libérer ? Et …Par quels moyens ? (Rires maléfiques)&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Constatation faite par le chef de famille : nous sommes bloqués jusque à la marée montante de demain, on s’est enlisés ! Pas de panique, tout le monde semble cool.&lt;br /&gt;Même le skipper qui s’est traité de tous les noms après s’être aperçu du problème !&lt;br /&gt;Lequel arrive toujours à un plaisancier ou un autre ! (encore que j’estime, avec une modestie dépassant les plus suprêmes hauteurs de l’univers, qu’on tient plus des aventuriers que des banals touristes…) Pôpa et moi allons sonder avec un plomb…de sonde, surprise, je rame vers les environs, lui mesure la profondeur, j’active mes muscles,lui son cerveau…&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5304558755482087810" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SZ2UFVaysYI/AAAAAAAABKg/8sFpB83Cuhc/s400/Daily2-2.JPG" border="0" /&gt;&lt;br /&gt;Nous commençons alors la mise en place du stratagème sauveur que nous décidons d’appliquer vers 1 heures du mat’.&lt;br /&gt;Nous emmenons l’ancre du devant (dans l’annexe) vers l’arrière du bateau, afin que lorsque le bateau flottera au bon niveau, il ne soit pas encore plus déporté vers la vase.&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Nous ne savons pas encore si nous continuerons après dans ce bolong, ou si nous repartons sur nos pas, heureux tout de même de nos découvertes au village.&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Nous devons faire vite. Nous devons faire tout ce qu’il y a faire avant la tombée de la nuit. Nous mettons en place le second système, nous nous ancrons aussi à l’arrière, environ à vingt mètre du cul du bateau (c’est comme ça qu’on dit, si, si !), à l’aide d’une seconde ancre et d’un câble rouge et noir dont l’extrémité est enroulé au winch du génois. C’est encore moi qui ai dû ramer, avec cette &lt;span style="font-family:webdings;"&gt;« ∂¶‰„!•ÊÌý &lt;/span&gt;d’ancre lourdasse (je censure, des fois que de jeunes têtes plus blondes que la mienne s’intéressent un tant soit peu au blog…)&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Rusés, les touristes ! Le banc de sable écume silencieusement de rage : comme si se ramasser une ancre venant de l’avant du bateau en plein dans les bijoux de famille n’était pas suffisamment douloureux et humiliant, PAF ! Une seconde, de l’arrière, cette fois l’assomme. Knock Out ! Ils ont gagné et en plus ils ont été astucieux : en tirant sur le câble rouge, aidé par le moteur, le bateau va reculer, s’éloigner de son ennemi !&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Tout le monde rentre, sous des barricades de moustiquaires, regarde Pirate Des Caraïbes 1 puis chacun vaque à ses occupations : Papa reste dans le carré, F.C dort, je lis Vendredi ou la vie sauvage (beuh…), Théana est dans les bras de Morphée, et Maman a le nez dans un bouquin.&lt;br /&gt;Repos absolu, dans une chaleur étouffante : tout le monde somnole dans l’attente du moment dit, 1 heure du mat’ !&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Et tac ! L’heure H sonne !&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;F.C se réveille, Papa et maman s’habillent, je suis déjà prêt, et Théana pionce toujours !&lt;br /&gt;Allumage du moteur, mis en marche arrière, je dois tirer à la main le câble, Maman veille sur la remontée avant ;&lt;br /&gt;LE BATEAU SE DEHALE !!!&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Nous sortons finalement de la tourbe !&lt;br /&gt;…Et cherchons une autre zone plus profonde pour y rejeter l’ancre, et finir notre nuit !&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;RRRRRAAAAAAHHHHH ! Ils se sont échappés, s’étrangle-t-il ; ils ont réussi, mon précieux, ils nous ont fils entre les doiaaaaaaaaRRRRRRRGGGHHH !!!&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3301097922628147045-3794041675905112294?l=sidaventurealavoile.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://sidaventurealavoile.blogspot.com/feeds/3794041675905112294/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=3301097922628147045&amp;postID=3794041675905112294' title='6 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3301097922628147045/posts/default/3794041675905112294'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3301097922628147045/posts/default/3794041675905112294'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://sidaventurealavoile.blogspot.com/2009/02/le-daily-je-partie-2-1702-par-jean-elie.html' title='Le daily-J.E, Partie 2    17/02   (par Jean-Elie)'/><author><name>fanny</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SZ2RbPV8gdI/AAAAAAAABKY/9vhyz59Vcf0/s72-c/Daily2-1.JPG' height='72' width='72'/><thr:total>6</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3301097922628147045.post-8730157568965800259</id><published>2009-02-12T19:17:00.024+01:00</published><updated>2009-02-12T20:57:48.495+01:00</updated><title type='text'>Dakar: une initiation à l'Afrique, 28/01 au 12/02 (par Romuald)</title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;Merci Coline d'avoir patienté!&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;Encore peu de photos pour cet article, mais ça va revenir. On a acheté un appareil il y a deux jours.&lt;br /&gt;Grand merci à Laurent qui s'est joué des obstacles que rencontrait Fanny depuis plusieurs semaines pour mettre sa chanson en ligne.&lt;br /&gt;A lire aussi, le court et excellent poème de Jean-Damien parmi les commentaires. "Les cuisses de la mer", l'image est forte!&lt;br /&gt;J'aime que ce blog devienne un espace en co-création... &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Et nous, avec tout ça? &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt; &lt;/div&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5301988555700993090" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SZRygBG-fEI/AAAAAAAABJA/osCaRK1Z5cY/s400/IMG_0087.JPG" border="0" /&gt; &lt;div align="center"&gt;&lt;em&gt;Quels fantômes habitent ce mouillage ?&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Le club de voile de Dakar (CVD) diffère de tout ce que nous avons rencontré auparavant. Ici, les bateaux sont tous au mouillage. L'annexe reste suspendue à ses bossoirs et c'est un passeur, appelé d'un coup de corne de brume, qui transporte les équipages du bateau à terre et inversement. &lt;/div&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5301985917220602178" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SZRwGcAOwUI/AAAAAAAABIg/-Tyj6FhaFbI/s400/IMG_0063.JPG" border="0" /&gt; &lt;p align="justify"&gt;En haut de la plage, le club est un grand terrain de sable arboré où sont disséminés quelques bâtisses: le bar, lieu de rencontres entre tous, le bureau, une cuisine à disposition des navigateurs, de même que les ateliers de mécanique, voilerie ou menuiserie. On peut tout réparer soi-même sur son bateau, ou bien se faire aider. Fatou est là, qui lave le linge si l'on veut. Un shipchandler a ouvert boutique dans un petit atelier au mur duquel je retrouve inscrite cette citation de Nicolas Bouvier qui m'avait tellement plue, à l'entrée de son "Usage du monde". &lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5301988098977922642" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SZRyFbrtflI/AAAAAAAABI4/8TcFN6-XROY/s400/IMG_0102.JPG" border="0" /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p align="justify"&gt;Quelques chambres peuvent être louées par ceux qui veulent quitter le bord pendant un temps.Bien sûr, des douches et des wc. Ici, on ne paie pas une place et des services portuaires, comme dans une marina, on cotise au club, qui est la chose de chacun, et dont chacun prend soin. Ca crée une atmosphère, et les enfants sont d'emblée séduits par l'endroit, où ils passeront des après-midi entières, à se balancer dans les hamacs, jouer avec d' autres enfants et les chats du coin, et déguster les beignets de poisson ou les morceaux de nougat que vendent Natou et son amie en fin d'après-midi. &lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5301987359057814306" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SZRxaXRAoyI/AAAAAAAABIw/S1q6n7mnrsg/s400/IMG_0099.JPG" border="0" /&gt;On passe le portail bleu du club, et c'est la rue Bel-Air, route de sable qui longe la plage en desservant toute l'anse de Hann. Tout de suite à droite en sortant, Gagnssri a son étal de fruits et légumes. Oranges, concombres, tomates, pamplemousses, mais encore cacahouètes - l'une des principales ressources du pays - vendues dans des bouteilles de Badoit ou de whisky. A gauche, Safi vend de l'artisanat d'ici: sacs, bijoux, vêtements, etc. Son fils Cheikh de douze ans est tout de douceur et de sourire, et se fait de bons amis parmi les équipages.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5301993609208849458" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 300px; CURSOR: hand; HEIGHT: 400px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SZR3GK5I5DI/AAAAAAAABJ4/3DlrNIMPuMc/s400/IMG_0110.JPG" border="0" /&gt; &lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;em&gt;Safi la douce&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt; &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;En face, l'irremplaçable Fara tient une épicerie où il semble qu'on trouve de tout, et en particulier du sirop de sucre de canne, introuvable aux Canaries et au Cap-Vert, où l'on fait le ponche avec de la mélasse, qui donne au cocktail un autre goût qu'on aime moins. A côté de Fara, il y a Badou, un grand échalas, blouson de skaï, lunettes de soleil et casquette de base-ball, débonnaire et souriant, qui fait cabine téléphonique et micro-quincaillerie, et qui dit la difficulté croissante de gagner sa vie, la colère qui couve chez les gens, malgré l'islam qui fait accepter bien des choses, on dit c'est Dieu qui le veut, mais parfois ça explose. Comme il y a quelques semaines quand le gouvernement a voulu réglementer les vendeurs ambulants, ce vaste peuple des vendeurs à la sauvette, qu'on rencontre partout en ville, sur les routes dans les embouteillages, sachets de noix de cajou, de mandarines, ou cartes de téléphone aux mains, se penchant aux portières, et que le vase a débordé, provoquant des émeutes en ville, jusqu'au retrait de la loi. De l'autre côté de l'épicerie, ce sont quelques restaurants, cabanes sombres et peu avenantes où Taty, Aïda ou une autre proposent mafé, yassa poulet ou thiou poisson savoureux et copieux pour moins de deux euros. La plage est immense, et grouille au loin sur la droite de la foule qui se presse au marché aux poissons, alimenté par les pirogues qui reviennent sans cesse du large, certaines passant au milieu des voiliers en montrant leurs flancs colorés et peints de noms exotiques. Au dessus du quartier, comme plus tard du centre ville, planent nombreux les milans noirs, et quelques vautours. &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt; &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5301991763515458994" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SZR1avJixbI/AAAAAAAABJg/YHS5yakBVvA/s400/IMG_0061.JPG" border="0" /&gt;&lt;br /&gt;C'est comme ça que nous faisons nos premiers pas en Afrique, par cette porte magnifique, poussiéreuse et bruyante qu'est Dakar. Bien sûr, le Maroc était déjà l'Afrique, mais tout change avec la barrière du Sahara. Le Cap-Vert, était-ce l'Afrique? Seulement son antichambre, me dis-je maintenant. &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt; &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5301994486096884866" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SZR35NjidII/AAAAAAAABKA/xzE7VwQZ9lo/s400/IMG_0101.JPG" border="0" /&gt;&lt;br /&gt;Le CVD n'est pas à Dakar même, mais dans un faubourg nommé Hann, au-delà du vaste port de commerce. Ambiance de village calme, où les rapports sont d'emblée cordiaux et paisibles. Mais il faut aller en ville, d'abord au port de commerce pour les formalités d'entrée dans le pays, puis au centre pour changer de l'argent et faire connaissance avec la capitale. Les formalités sont vite expédiées, police d'abord au môle dix, puis douane beaucoup plus loin, môle deux, où le chef qui a des airs d'Amin Dada tout-puissant m'accorde néanmoins un "passavant" d'un mois pour le bateau au lieu des quinze jours habituels, pour m'éviter de faire une demande de prolongation, ce dont je lui sais gré. &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;Je retrouve ensuite la famille place de l'Indépendance, où nous nous faisons très vite nos premiers amis. "Tu es mon ami, alors tu viens en vacances?, et je te fais un prix car tu es français, etc". Une nuée de vendeurs nous assaille, nous offre ses bons mots ("alors, les sénégaulois?" "ici, il y a des mouches qui collent mais pas de moustiques qui piquent"), pendant que ce qui ressemble à des employés de bureau se retournent sur nous avec un mélange de dédain et de pitié. Un jeune homme élégant et qui parle bien le français nous dégage de là et nous accompagne jusqu'au restaurant que nous cherchions, où il tente d'obtenir une commission auprès du patron pour nous y avoir prétendûment conduit. Il faut se fâcher avec ce rabatteur aussi pénible maintenant qu'il était bien élevé tantôt, pour qu'il nous laisse.&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;Ce folklore se reproduit dès que nous sortons du restau. C'est amusant les dix premières minutes, puis ça devient oppressant. Le harcèlement est proportionnel à l'état de flânerie dans lequel on voudrait musarder dans ces rues pleines de vie. Les enfants le sentent et deviennent nerveux à chaque nouvel assaut, s'en prenant à moi de la moindre "faiblesse", à commencer par celle de répondre au salut. Réfléchissant plus tard à cette situation nouvelle pour moi, je comprendrai une chose: il y a du cannibalisme là-dedans. Ca fait peut-être cliché, venant d'un blanc parmi les noirs, mais c'est comme ça que je l'éprouve. La promenade est peu à peu gâchée par cet apprentissage de la fermeture, quand on était venu dans la disposition toute inverse: ne plus répondre, éviter les regards, ne pas montrer d'intérêt, surveiller ses affaires et finalement rentrer "chez soi" pour retrouver la paix. On se sent proprement rejeté, repoussé aux marges de ce monde aux codes inconnus, dont on sait bien pourtant qu'il a mieux à nous offrir. Mais par où entrer? Premier moment de notre initiation dakaroise. &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5301991141294154898" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SZR02hMbJJI/AAAAAAAABJY/ibO7udIhMhY/s400/IMG_0128.JPG" border="0" /&gt;&lt;br /&gt;Sur ce chemin, un premier viatique nous est accordé: le centre culturel français, au coeur de la ville, propose un hommage à Jean Rouch, et on part voir l'un de ses films, intitulé "Les maîtres fous". Tourné en un seul jour, il montre les pratiques rituelles des zélateurs du culte Haouka, travailleurs de toutes sortes venus des régions du Niger qui se réunissent à l'occasion de leur cérémonie annuelle, et se livrent, sous l'effet de la possession et de la transe, à un simulacre très cru et plein d'ironie des jeux du pouvoir et de l'amour. Le lendemain de cette délirante folie d'un jour - visages grimaçants et bavant comme des déments, corps tordus par les esprits en des postures comiques ou effrayantes - les hommes ont repris le boulot avec leur mesure habituelle. Jean Rouch termine sur une question: et si l'Afrique disposait, pour contrer la folie et l'anormalité, de remèdes que nous ne connaissons pas encore? La leçon, pourtant datée (1955), n'est pas mince pour qui fait métier comme moi de commercer avec les fous et, comme il dit, les "anormaux". En tout cas, même si c'est par cinéma français interposé, c'est cette altérité intense de l'Afrique par rapport à nos modes de penser et de vivre qui m'intéresse ici et que l'on est venu chercher dans cette escale, évitée par tant de bateaux qui filent plutôt vers les Antilles. &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Le lendemain, recherche d'un nouvel appareil photo avec Fanny. Les premières boutiques qu'on nous indique se trouvent autour du marché Sandaga. Rues bondées, trottoirs envahis d'étals à même le sol ou courant sur les murs des maisons, hommes et femmes allongés aux coins des rues, mutilés qui d'une main, qui d'une jambe, sollicitations continuelles, comme la veille, mais on a déjà appris à ne pas répondre. Après quelques magasins, nous partons au cybercafé pour étudier sur internet les tests comparatifs des appareils retenus, avant d'acheter éventuellement. Trois ou quatre jeunes gars nous accompagnent, comme chaque fois, en causant de tout et rien, et elles sont belles tes chaussures, me dit l'un, qui commence à agripper le bas de mon pantalon, et j'en suis à me demander ce qu'il me veut quand un autre me fait la poche gauche. La technique est astucieuse, mais je pige assez vite et me mets à gueuler, ce qui les dissuade de continuer. Autour, quelques uns s'attroupent et, comme à Mindelo, déplorent l'incident. Je m'amuse de l'impression qu'on veut décidément pousser l'initiation des toubabs, nom d'un blanc, et m'encolère de la méfiance et d'une certaine hostilité qui commencent à s'installer en moi. Ca n'est tellement pas ce que je veux...L'appareil attendra. &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;Second moment, rédimé le soir même par un formidable concert en plein air de Cheikh Lô, une star qui monte, toute intérieure dans son habit extravagant (tunique à grands carreaux noirs et blancs, recouverte d'une gabardine anthracite, chaussures vernies blanches, tresses rasta jusqu'aux genoux, lunettes noires et casque colonial), dont j'apprendrai plus tard par Dominique, le barman du CVD, qu'il est un mouride très pratiquant, suivant à la lettre les prescriptions de son marabout. &lt;/div&gt;&lt;p align="center"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5301995981102673698" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SZR5QO4sbyI/AAAAAAAABKQ/8YWIfmNebEw/s400/IMG_0097.JPG" border="0" /&gt;&lt;em&gt;Humour noir...&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Un troisième moment de notre initiation dakaroise consistera à quitter la ville en taxi-brousse. On a décidé de passer le week-end à la campagne. Départ du CVD en taxi jaune délabré, arrivée à la "gare routière", vaste champ où se côtoient d'innombrables véhicules en mauvais état, breaks peugeot à sept places (les taxi-brousse), minibus et autres 21 places. Un aspect de grande casse auto, bordée de marchands de quincaillerie, nourriture et autres dans des cabanes en bois ou en tôle. Un rabatteur nous cornaque jusqu'à un chauffeur qui ne parle pas français. Surprise, un moine bénédictin se trouve là, dans cette cohue, qui cherche un véhicule pour rejoindre son monastère de Keur Moussa. Il nous aide à discuter le prix de la course et le trajet, puis nous quitte. On se retrouve dans un de ces breaks 7 places, que sa décoration intérieure (dorures, rideaux noirs, velours, etc) nous permet de reconnaître comme un ancien corbillard, pour ainsi dire ressuscité! &lt;/p&gt;&lt;p align="justify"&gt;A la sortie du parking, notre chauffeur est remplacé par un autre à qui il semble passer les consignes. J'essaie de vérifier, mais il répond oui à chacune de mes questions, ou en répète les derniers mots comme un écholalique. Je fais sur mon carnet de petits dessins symboliques de nos destinations, un centre de soin pour les tortues (dessin d'une tortue), puis le monastère (dessin d'un moine aux mains jointes), fameux pour sa liturgie hybride entre le grégorien de Solesmes, la maison mère, et les instruments traditionnels de l'islam: kora, balafong, calebasse et djembés. C'est oui pour les dessins, tortue, oui, moine, oui. En fait, le pauvre garçon ne comprend rien, ou fait semblant (ou je dessine très mal!), et le rabatteur s'est fichu de nous. On ne verra jamais la maison des tortues, expédiés direct à Keur Moussa, et le jeune homme sera bien marri qu'on revoie son tarif à la baisse. &lt;/p&gt;&lt;p align="justify"&gt;Avant cela, il aura fallu traverser au pas de la tortue, eh oui, toute la banlieue dakaroise sur la route de Rufisque, unique voie de sortie de la capitale, une quatre-voies continuellement engorgée de milliers de véhicules aux moteurs déréglés qui vous enfument jusqu'à l'asphyxie, qui se faufilent partout où l'on peut, entre les voies qui de deux deviennent quatre ou cinq, arpentées par des armées de vendeurs ambulants offrant cacahouètes, mandarines ou pâte fromagère. Beaucoup s'engagent sur les bas côtés de sable, où circulent piétons et carrioles à cheval, qui se poussent alors. L'anarchie semble admise par tous, personne ne s'énerve, et quand deux voitures se cognent, ce qui finit tout de même par nous arriver deux fois, on se parle poliment, on s'excuse et on repart. Sauf si c'est un 4X4, conduit forcément par un nanti, un riche toubab ou peut-être un député, un homme supérieur donc, et qui comme tel incendie le pauvre chauffeur d'avoir effleuré son pare-buffle chrômé. &lt;/p&gt;&lt;p align="justify"&gt;Le retour dimanche soir sera pire encore. Mais avant cela, on s'arrête au fast-food. On y déguste de maigres chawarmas en discutant avec la jolie vendeuse. Je m'étonne que personne dans ce pays n'ait jamais de monnaie à rendre. C'est la pénurie chronique de ferraille. Comment fait-elle elle-même? Elle m'explique qu'un commerçant qui a besoin de monnaie se rend à Touba." Vous ne connaissez pas Touba? La ville sainte des mourides, comme moi. Il faut aller visiter". Le Cheikh Ahmadou Bamba y a fondé une confrérie islamique au 19ème siècle, et fut assez remuant pour que les colons français l'exilent au Gabon. Sur le bateau qui l'emmenait, mis au défi par les officiers français d'offenser son dieu soit en priant sur un sol impur, le pont du bateau, soit en renonçant à la prière le temps de la traversée, il aurait lancé son tapis sur les eaux, l'aurait rejoint en marchant et y aurait accompli son devoir religieux. On dit même, ajoute notre jolie vendeuse avec des yeux qui brillent, que quand il s'est relevé de sa prière, il avait du sable au front! Comble du merveilleux. Toujours est-il que cette confrérie entretient dans tout le pays via ses "baïfals", ses serviteurs, une activité de mendicité très organisée qui fait affluer la petite monnaie dans la ville. On va donc changer ses billets auprès des trésoriers du mouvement, moyennant une commission. On appelle ça la monnaie-touba! &lt;/p&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5301982128469166818" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SZRsp5zfyuI/AAAAAAAABH4/4ScMIJopZwE/s400/IMG_0010.JPG" border="0" /&gt; &lt;p align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Sur la route du retour, nous passons par la réserve de Bandia, vaste étendue de savane parsemée de baobabs, protégée des braconniers par des grillages et où l'on peut observer à l'arrière d'un pick-up découvert de grands et petits animaux en milieu naturel. Le couple de rhinocéros blancs (ainsi nommés par un de ces glissements de la langue qui a transformé le "wide" initial qui siginfie large, en anglais, en "white", blanc) qui se prélasse à l'ombre d'un acacia, à cinq mètres de nous, est spécialement impressionnant. La femelle s'étire sur ses pattes avant avec une raideur touchante qui fait bizarrement penser à un chat et s'exclamer Théana: "Comme il est mignon!" Girafes immobiles, antilopes cheval au masque noir et qui détalent à notre passage, merles métalliques, calaos, hérons garde-boeuf, buffles nains, singes patas et écureuils terrestres courent devant nous, s'envolent ou nous regardent benoîtement les regarder, jusqu'aux crocodiles rassemblés au point d'eau. Un baobab diffère des autres: immense, il est naturellement creusé d'une cavité à sa base et la population en a fait jadis un tombeau de griots, selon une tradition plus tard éradiquée par l'islam et par le christianisme. Quelques ossements y subsistent.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;br /&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5301982366856545250" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SZRs3x3eg-I/AAAAAAAABIA/xlcB5AFrn7k/s400/IMG_0018.JPG" border="0" /&gt; &lt;p align="justify"&gt;La plaine entière est comme une forêt d'ancêtres, ces baobabs tous plusieurs fois centenaires, géants au pied d'argile qui, mis à terre par l'attaque des termites à leurs racines, deviennent en quelques mois un amas de poussière de bois.&lt;br /&gt;La route vers Dakar nous fait traverser quelques villages où s'arrêtent les "cars rapides" parfois blancs, parfois barriolés et peints au nom de leur propriétaire: Al Abdoulillah est omniprésent sur les routes, Khalifa Ababacar Sy ou Elh N'Diaga N'Diaye se rencontrent beaucoup. A l'approche de la capitale, nous longeons le grand marché aux bestiaux de Rufisque: moutons, brebis et grands béliers aux cornes enroulées, vaches à l'échine bossue et aux cornes effilées, gardés par leurs bergers peuls, parfois dans des enclos, entre des amoncellements de bottes de foin. &lt;/p&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5301985561935978658" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SZRvxwdxoKI/AAAAAAAABIY/4gHZECyjsdY/s400/IMG_0041.JPG" border="0" /&gt; &lt;p align="justify"&gt;Plus loin, parmi les hangars géants d'un complexe industriel, une gigantesque tour de béton bardée d'échafaudages s'élève comme une Babel à la gloire du développement (de quelques uns seulement, hélas) et du profit: la SOCOCIM, première cimenterie du pays. Mais où passe donc la richesse de ce pays aux routes défoncées et insuffisantes, aux cohortes de vendeurs ambulants gagnant à peine de quoi vivre, aux ruisseaux envahis de déchets? Au passage, un panneau vante l'enseignement "coranique et informatique" d'une école privée. &lt;/p&gt;&lt;p align="justify"&gt;Jusqu'à présent, le plaisir espéré de découvrir Dakar et ses environs a été globalement oblitéré par la somme des ennuis rencontrés. La balance est négative. Il faut chercher encore, ou partir déçu. Je décide d'aller au "Village des arts", en périphérie, du côté du grand stade de l'Amitié. La veille, une autre sortie en ville et en famille a viré au vinaigre. Partis du côté du marché Sandaga à la recherche de ces beaux tissus dont se vêtent hommes et femmes non moins beaux (je me rappelle ce livre de Zagdanski dont je n'avais aimé que le titre: "Noire est la beauté"), et des fixés-sous-verre, peintures naïves qu'on voit aux murs des restaurants, nous finissons harcelés par d'odieux rabatteurs qui me fourguent jusque par la vitre ouverte du taxi ce qu'ils croient qui m'intéresse. Une sorte d'hystérie s'empare des garçons, je ne sais plus où donner de la tête, et l'ambiance familiale est plombée pour plusieurs jours. Fanny part avec eux au "Village des artisans", qui n'est qu'une nouvelle expérience touristophagique. &lt;/p&gt;&lt;p align="justify"&gt;Voilà une semaine que nous sommes là, et je suis triste de me sentir manquer la rencontre avec ce pays, ce continent. On ne vient pas une première fois au Sénégal comme on va aux Antilles, pour le plaisir du soleil et des eaux claires. On y vient pour l'Afrique, l'étrange Afrique, intense objet de l'imagination depuis la plus lointaine enfance. Et certainement, l'Afrique que nous découvrons, aussi partielle soit-elle puisque ce n'est qu'un seul aspect d'un seul petit bout d'un seul pays de ce grand continent, mais pour moi, c'est quand même l'Afrique, cette Afrique de la pollution, de l'inorganisation, de la misère, des inégalités sociales partout criantes, de la mendicité et des rabatteurs indélicats, c'est déjà l'Afrique réelle dans la rudesse, voire la violence de ses rapports sociaux. Violence contenue, anesthésiée par un islam populaire de résignation, souvent fruste, qui va jusqu'à mettre des enfants de cinq ou six ans, les talibés, dans la rue pour y mendier au bénéfice de leur instructeur coranique ("des bandits", me disait Yassine, musulman cultivé et galeriste tout proche du CVD, "et ça semble commencer à faire réagir dans le pays". Ajoutant: "l'islam, c'est tout autre chose"), mais violence latente qui infiltre et imprègne l'espace urbain, et parfois explose quand grimpe le prix du riz. Alors, cette Afrique là, je ne voudrais pas l'avoir manquée non plus. Elle participe de cette expérience du voyage, par quoi le voyage diffère du tourisme. Voyager non pas pour collectionner les souvenirs pittoresques et les jolies images, mais pour changer quelque chose en soi, pour transformer son oeil, à l'image d'un Jean Rouch, et son esprit, à celle d'un Nicolas Bouvier. Etre et avoir... &lt;/p&gt;&lt;p align="justify"&gt;Mais je ne me résous pas à ce que Dakar ne soit que ça, et je tente ma chance au Village des arts. Un grand terrain clos en bordure du périphérique, celui-là tout neuf, sur lequel cinq ou six rangées de bâtiments bas sont largement espacés par des allées encombrées de formes bizarres ou familières, esquisses et rebuts de la cinquantaine d'artistes qui ont chacun son atelier ici. C'est l'ancien campement des ouvriers (chinois?) qui ont construit le stade. Je commence par la galerie qui regroupe et met en valeur un certain nombre d'oeuvres. Omar Diack, élégant dans son costume traditionnel de tissu indigo, me parle des artistes exposés. Certains sont loin, comme le nigérian Tony Okujeni, qui peint à l'huile les denses marchés de son pays de façon presque abstraite, ou le congolais Papy Malambou, des Ateliers Botembé de Kinshasa, aux couleurs chatoyantes. La plupart est toute proche, et Omar appelle ceux que j'ai remarqués, puis me conduit. J'ai comme ça le bonheur de causer tranquillement avec Louis Bassène, dont les grands tableaux aux ciels immenses et rougeoyants avec des personnages tout petits en bas de la toile parlent de transcendance et de culte des ancêtres chez les Diolas de Casamance. Puis tout au fond du terrain avec Issa Diop, qui pratique comme toute sa famille la fonderie à la cire perdue, technique héritée de son père qui l'avait importée, et qui crée en ce moment avec un sens réjouissant du mouvement dans son vif même des sculptures de gamins en train de jouer, de grimper ou de lire ensemble. &lt;/p&gt;&lt;p align="justify"&gt;Enfin, je fais connaissance avec Moussa Sakho, peintre fameux de fixés-sous-verre qui exerça longtemps au centre culturel français et que les guides touristiques appellent, je ne sais pourquoi, Maître Sakho. De sa technique de peinture, on passe rapidement à son activité d'art-thérapie à l'hôpital psychiatrique. C'est que le vieil homme a depuis toujours des engagements auprès des mal-en-points: jeunes en difficulté sociale, malades mentaux, etc. A l'appel d'un psychiatre, il a introduit à l'hôpital un premier atelier hebdomadaire de pratique artistique, puis recruté d'autres artistes, exposé le travail des malades lors notamment des biennales d'art contemporain de Dakar, avec un vif succès et de nombreuses ventes. C'est un heureux choc pour moi, qui ne m'attendais pas à être rejoint comme ça dans mes propres engagements et centres d'intérêt professionnels. Avec la simplicité des gens qui se sont désencombrés de l'inutile et résolument tournés vers les autres, et c'est en quoi il est peut-être un "maître", il me raconte sa pratique, et accepte tout naturellement ma demande de l'y accompagner. Il me montre en passant un petit panneau peint d'une phrase: "Nit Niteyi Garabam". "L'homme est le remède de l'homme". Je suis bouleversé par cette rencontre, presque aux larmes. Je crois que cette fois j'ai trouvé une clef pour entrer dans la ville, en quelque sorte par les sous-terrains. Rendez-vous est pris pour le surlendemain, et je repars heureux. &lt;/p&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5301995260614523938" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SZR4mS27vCI/AAAAAAAABKI/VIQXQgQA_Vk/s400/IMG_0146.JPG" border="0" /&gt; &lt;p align="center"&gt;&lt;em&gt;Le bonheur est dans la caisse à savon...&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p align="justify"&gt;&lt;br /&gt;La visite à l'île de Gorée est incontournable. Sa valeur de symbole de la traite négrière l'a fait inscricre au patrimoine mondial de l'Unesco. Comme les camps d'Auschwitz-Birkenau, il faut avoir vu ce lieu de la plus extrême inhumanité. Mais à la différence du camp polonais, d'où l'horreur sourd à chaque pas dans les bâtiments restés intacts, l'esclaverie conservée ici réclame un certain effort d'imagination pour y faire revivre intérieurement le souvenir des quinze ou vingt millions de noirs déportés vers le Nouveau Monde, dont quelques centaines seulement auraient transités par Gorée. L'esclaverie est une maison de maître organisée autour d'une petite cour, où les esclaves sont parqués au rez-de-chaussée, hommes, femmes et enfants séparés, tandis que le propriétaire vit à l'étage. Rien d'autre ne rappelle le temps passé que les murs nus et le sol de terre battue de ces pièces humides et sombres, et l'ouverture dans le mur qui donne sur la mer, dite "porte du voyage sans retour", par où embarquaient les esclaves. Ce n'est plus le vieux Joseph N'Diaye, fondateur du lieu, apôtre infatigable de la mémoire et de la réconciliation entre les peuples, qui accompagne les visiteurs, mais un guide obèse et emphatique. Nous apprendrons plus tard le décès du vieil homme le lendemain de notre passage. Sitôt ressortis de cette maison, le tourisme reprend ses droits: restaurants, vendeurs de souvenirs. Entre mémoire de l'horreur et développement touristique, peut-il y avoir un compromis?&lt;br /&gt;Le déjeuner est pris dans une gargotte que nous a déconseillée notre guide et où quasi-personne ne rentre. Mais un équipage ami l'a testée avec bonheur la veille, et nous nous régalons de poisson grillé dans une sorte de cour de ferme où toute la famille vaque à ses occupations. Une jeune hollandaise, arrivée hier à Dakar, s'est agrégée à notre petit groupe familial. A l'âge de dix ans, elle est tombée en arrêt devant la photo d'une fillette casamançaise lors d'une exposition à Amsterdam, et s'est promis d'aller là-bas un jour. Vingt ans plus tard, elle a retrouvé la fille de la photo, qui vit toujours au village, et s'apprête à la rencontrer pour de vrai dans quelques jours. Force des rêves d'enfant...On finit la journée avec le petit musée historique dont l'abondante iconographie donne finalement un peu de consistance à la visite de la maison des esclaves. &lt;/p&gt;&lt;p align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Le lendemain, on commence à préparer les navigations qui nous attendent. Gilles, sur Silalune, qui revient d'une mission médicale avec l'association Voiles sans frontières, me prête des cartes du delta du Sine-Saloum, que je pars photocopier avec d'autres prêtées par Jérôme, sur Inouk, qui détaillent Cayenne, les îles du Salut et la route vers Trinidad et Tobago. Il a même une carte anglaise d'approche de l'île à Vache, sur la côte sud d'Haïti, l'extrême ouest de notre programme, comme une invitation à aller jusqu'au bout! Un jeune voyageur, rencontré à Mindelo et parti vers Cayenne avec ses potes étudiants en architecture navale, répond par mail à ma demande et nous envoie des informations précises pour arriver à bon port sur cette côte difficile pour laquelle nous manquions d'éléments récents. &lt;/p&gt;&lt;p align="justify"&gt;L'après-midi, je rejoins Moussa Sakho, qui m'emmène à l'hôpital militaire de Ouakham où se trouve le service de psychiatrie. Je lui demande en route quelles convictions l'animent, il me répond "Tout homme est le gardien de son frère". A l'hôpital, je suis vite accueilli par un souriant et tout jeune soldat revenu traumatisé de Casamance où il a combattu les rebelles et vu "trop de sang". Il semble encore bien fragile mais veut y retourner, finir son engagement puis devenir chef de rang dans un restaurant. Un autre se présente mécaniquement par son grade et son régiment, puis m'explique cette voix qui le poursuit depuis la mort de son père, et qu'il ira chercher des soins dans un hôpital traditionnel, où l'on pratique des rituels et des formules plus efficaces que les cachets. Ousmane, l'infirmier, me raconte leur coutume du "pench", l'espace de palabre où chaque semaine se réunissent malades, infirmiers, artistes et même les familles des patients pour discuter de l'accueil et de l'organisation du quotidien. Chacun peut apporter un thème, et la discussion est dirigée par le djaraf, patient désigné par le médecin. En fin d'après-midi, un homme plus âgé, personnage important d'après ce que je comprends, est accueilli dans le service, pour des accès de violence, semble-t-il, au sein de sa famille. Il vitupère les femmes qui l'ont amené, proteste de son innocence de ce dont on l'accuse, me prend à témoin en me tendant la moitié de son sandwich et, vidé de sa colère, part avec l'infirmier en pleurant. Ainsi va la psychiatrie, qui réunit dans une commune fragilité le plus haut des dignitaires et le dernier des 2èmes pompes. &lt;/p&gt;&lt;p align="justify"&gt;Le lundi, nous partons à deux récupérer le paquet de cours du CNED arrivé pour le second semestre chez un beau-frère de cousin d'ami (ou peut-être l'inverse) à Saly, sur la Petite Côte, à 80 kilomètres de Dakar. Jean-Claude et Eliane habitent là six mois par an et nous font visiter ce qui est devenu une vaste zone touristique sans cesse en extension. &lt;/p&gt;&lt;p align="center"&gt;&lt;em&gt;La transmission...&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5301992235136662578" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SZR12MEzPDI/AAAAAAAABJo/QtNqSk5y0P4/s400/IMG_0080.JPG" border="0" /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5301992506501266354" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SZR2F-_Ke7I/AAAAAAAABJw/kz8Vi4fh104/s400/IMG_0081.JPG" border="0" /&gt; &lt;/p&gt;&lt;p align="center"&gt;&lt;em&gt;... et ses accidents !&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Les jours suivants se passent davantage sur le bateau. Avant de repartir, s'impose un grand nettoyage du pont et du grément où s'est de nouveau accumulée une couche de poussière collante. Nouveauté, les oiseaux de mer ont lâché pas mal de fientes grisâtres sur l'annexe, les panneaux solaires et l'avant du pont, qui s'avèrent rebelles à la brosse. Les algues ont poussé dru sur la coque au niveau de la ligne de flottaison, où l'eau est plus chaude et la lumière plus forte. Il faut les gratter, sous peine de perdre de la vitesse en navigation. Je monte au mat vérifier l'état du gréement, et avec Jean-Elie, je calcule les points de passage de notre route vers la Guyane.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;br /&gt;&lt;p&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5301982773001694546" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SZRtPa4BrVI/AAAAAAAABII/IZYi6hLyE-Y/s400/IMG_0119.JPG" border="0" /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p align="justify"&gt;Durant ces préparatifs, sous un soleil de plomb, un gamin d'une douzaine d'années passe en pirogue en chantant à tue-tête. Il va pêcher, seul, et comme je lui fais un signe amical, il s'approche, demande "boire", puis "manger". Il récolte une orange, qu'il jette sur son filet, pour plus tard. Cheikh Ahmed repasse le lendemain, toujours guilleret.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5301982977102671826" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SZRtbTNfb9I/AAAAAAAABIQ/mj6IseHkFIc/s400/IMG_0120.JPG" border="0" /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;L'avitaillement du bateau, en vue cette fois de la transat, est conséquent. En comptant les jours dans le Sine Saloum, il faut calculer pour un mois pour six personnes. Ca représente une quinzaine de grands sacs de courses ou cartons remplis, plus l'eau minérale en bidons de sept litres, à porter jusqu'au bateau par le passeur, puis à ranger dans les coffres, soit pas mal d'heures de boulot. Fara l'épicier nous fournit une grande partie, le reste est acheté au supermarché. &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt; &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5301990165758089954" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 300px; CURSOR: hand; HEIGHT: 400px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SZRz9vCgGuI/AAAAAAAABJQ/igdjf6Cu4T4/s400/IMG_0107.JPG" border="0" /&gt;Gagnessri nous avitaille en fruits frais, légumes, oeufs et bouteilles de cacahouètes. Entre-deux, elle passe une heure et demie à tresser les cheveux de Théana qui se prend pour la reine de Saba. Il faut aussi refaire le plein d'eau dans les réservoirs, à coups de bidons de cinq et dix litres, filtrés dans la cuisine du CVD. Fanny trouve encore le temps d'aller au marché HLM, réputé pour ses marchands de tissus, et en rapporte de superbes coupons, dans lesquels le frère de Safi, qui est tailleur, fait des habits pour elle-même et François-Clair. Ni rabatteurs, ni harcèlement dans ce quartier éloigné du centre-ville, mais que du bonheur!&lt;br /&gt;Il est enfin temps de rédiger cet article et de vous le poster...&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5301986504730658546" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SZRwoopixvI/AAAAAAAABIo/nEmNuKsbjmk/s400/IMG_0047.JPG" border="0" /&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3301097922628147045-8730157568965800259?l=sidaventurealavoile.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://sidaventurealavoile.blogspot.com/feeds/8730157568965800259/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=3301097922628147045&amp;postID=8730157568965800259' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3301097922628147045/posts/default/8730157568965800259'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3301097922628147045/posts/default/8730157568965800259'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://sidaventurealavoile.blogspot.com/2009/02/dakar-une-initiation-lafrique-2801-au.html' title='Dakar: une initiation à l&apos;Afrique, 28/01 au 12/02 (par Romuald)'/><author><name>fanny</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SZRygBG-fEI/AAAAAAAABJA/osCaRK1Z5cY/s72-c/IMG_0087.JPG' height='72' width='72'/><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3301097922628147045.post-8231661333321783874</id><published>2009-02-05T20:14:00.002+01:00</published><updated>2009-02-05T20:18:31.225+01:00</updated><title type='text'>Arrivée à Dakar, 25-28 janvier     (par Romuald)</title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;La veille du départ vers Dakar, Philippe, sur Mischka, m'a donné quelques tuyaux sur le fonctionnement du fameux CVD, le cercle de voile de Dakar, et ce qui attend le primo-arrivant dans la capitale. Cet amoureux du Sénégal où il passe plusieurs mois par an m'apprend deux mots de wolof qu'il juge essentiels:"baï ma!" "laisse-moi, lâche-moi!" C'est un comble d'arriver en visiteur curieux avec ces mots de rejet, mais je suppose qu'il sait de quoi il parle. &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;Nous avons encore cherché une langouste, si fameuse en ces îles, mais la conserverie qui récolte la pêche locale est fermée ce samedi. Je quitterai le Cap-Vert sans avoir goûté sa langouste. Une bonne raison de revenir...&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;L'après-midi, c'est la longue corvée d'eau potable, avec l'aide de Sandro. Ce gamin de neuf ou dix ans, qui nous aborde souvent sur la plage où on laisse l'annexe, nous aidant à la remonter, et qui baragouine quelques mots en français, en allemand, en anglais et en italien (à dix ans!) a tout de suite pigé qu'on avait besoin d'une brouette pour porter nos bidons pleins, et va nous dégotter ça en vitesse. Ce gosse m'étonne par sa vivacité et son sens de débrouille. Il me glisse en passant quelques allusions salaces sur "la femme", comme il dit en parlant de Fanny, qui me font lui rappeler qu'il est encore un peu jeune pour parler comme ça. Le soir un dernier tour aux boites mails, par quoi les amis de Jean-Elie le tiennent informé "des dernières nouveautés vidéo-ludiques".&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Le lendemain matin dimanche, tournée des bateaux copains pour les au-revoirs, et départ vers le sud de l'île, donc au portant jusqu'à tourner la Praia de Santa Maria où nous retrouvons un cap qui nous met au près. Il est vite clair qu'une fois de plus, la météo a sous-estimé le vent, et nous revoilà avec 25 noeuds de vent de nord-est et une houle croisée qui vont durer deux jours. Rien d'extraordinaire pour un voilier, seulement une navigation inconfortable. Des vagues qui rincent le pont et parfois brisent sur la coque en arrosant le cockpit, détrempant les coussins et les vêtements quand on a laissé la salopette de ciré et les bottes de côté pour se sentir moins engoncé, car au fond il fait beau, le soleil brille et on aurait trop chaud avec tout l'attirail. Là encore, la vie est un choix: rester sec et crever de chaud (donc transpirer donc être mouillé), ou bien profiter de l'air doux et se faire mouiller. Autrement dit: être mouillé ou bien de transpiration ou bien d'eau salée, telle est la question. De toute façon, au bout d'un moment, telle n'est plus la question, vous êtes les deux, et il faut se résoudre à s'installer pour quelques jours dans cet inconfort de grognard napoléonien ou de poilu de la Grande Guerre. Le pantalon gorgé de sel ne sèche plus, même en plein soleil, le bateau secoué n'offre plus aucune position confortable et ne fait plus sentir que des arrêtes vives où que l'on s'appuie, et rester allongé devient insupportable. Comme précédemment, l'eau pénètre à l'intérieur du bateau par des voies mystérieuses et se met partout, ce qui rend l'habitacle poisseux de sel et continuellement humide. Ahhh...l'Afrique se mérite!&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Le troisième jour est plus clément, mais le bateau reste assez rapide et je calcule que nous arriverons à Dakar avec quelques heures d'avance, soit en pleine nuit. On pourrait par prudence faire des ronds dans l'eau en attendant le jour, mais tout le monde a envie de jeter l'ancre et dévorer un plat de nouilles, après trois jours de quasi-jeûne. Le ciel est pur, étoilé, mais sans lune et donc la nuit est obscure. On arrive en vue du phare dit du Cap-Vert, le plus lointainement visible de toute la presqu'île homonyme, sur laquelle s'étend Dakar . Puis les lumières de la ville apparaissent peu à peu. Dans le même temps, une senteur poivrée nous envahit les narines. L'hôtelier de Ponta do Sol, et avant lui tel noir de rencontre dans le bus ou le métro, ou dans mon bureau de consultation, m'avait ainsi chatouillé les narines. Là, c'est de la ville entière que provient l'agréable picotement. La senteur de l'Afrique...C'est par les sens qu'un pays inconnu prend possession de celui qui arrive. &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Une inquiétude se fait en moi plus précise: celle d'être abordé par ce qu'on appelle en mer des pirates: un bateau bien motorisé qui surgirait sans feux, accosterait notre bateau et dont les hommes, noirs bien sûr et patibulaires, grimperaient sur le pont en nous menaçant pour piller tout ce qui serait monnayable. Mais bon sang, d'où me vient tout à coup cette trouille que je n'ai pas éprouvée aux escales précédentes? Pourquoi ici, au moment d'aborder l'Afrique Noire? Préjugé racial, raciste? Fantasme d'européen commun? Banale peur condensée du noir et du Noir? Je rumine la question et tout à coup me souviens: j'étais gosse, à l'arrière de la voiture, et mon père, qu'on venait de prendre à l'aéroport de retour d'un long voyage, racontait à ma mère comment sur les côtes d'Afrique il avait fallu se défendre de l'attaque d'hommes venus silencieusement en pirogue tenter de monter à bord. Est-ce ce souvenir si longtemps endormi qui me fait venir ici, comme pour y vérifier quelque chose?&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;On passe la pointe des Almadies, puis, en évitant l'île des Madeleines non balisée qui pointe ses pieux de roche vers le ciel, le cap Manuel qui marque l'entrée proprement dite de la grande rade de Dakar. Là, on distingue mal la masse sombre de l'ïle mythique de Gorée, dont le balisage ne correspond pas aux indications de la carte, et que j'aurais tant voulu découvrir de jour. Le relief génère ici une survente dont on se serait bien passé au moment d'arriver et d'affaler les voiles. Le chenal est balisé et nous avançons prudemment entre les cargos au mouillage et ceux plus rares qui manoeuvrent vers le très grand port de commerce, en espérant ne pas heurter une de ces pirogues qui pêchent sans lumière. Le fond de la baie n'est plus balisé et totalement obscur. On longe l'épave fantomatique d'un cargo, impressionnante dans cette nuit, et nous cherchons à repérer les mâts des voiliers qui nous indiqueraient l'emplacement du mouillage du CVD. Mais il fait trop sombre, on renonce et l'ancre est jetée dans six mètres d'eau sur un fond censé être de sable et graviers, quelque part dans l'anse de Hann. Demain, il fera jour...&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3301097922628147045-8231661333321783874?l=sidaventurealavoile.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://sidaventurealavoile.blogspot.com/feeds/8231661333321783874/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=3301097922628147045&amp;postID=8231661333321783874' title='6 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3301097922628147045/posts/default/8231661333321783874'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3301097922628147045/posts/default/8231661333321783874'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://sidaventurealavoile.blogspot.com/2009/02/arrivee-dakar-25-28-janvier-par-romuald.html' title='Arrivée à Dakar, 25-28 janvier     (par Romuald)'/><author><name>fanny</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>6</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3301097922628147045.post-3164759650054413383</id><published>2009-01-24T20:03:00.002+01:00</published><updated>2009-01-24T20:06:07.782+01:00</updated><title type='text'>Indépassable Cap-Vert : Boa Vista, Sal, et encore Sal ! (10/01 – 24/01)  (par Romuald)</title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;(Rappel : cet article est sans photos suite au vol de notre appareil à Mindelo. APPEL : nous sommes acheteurs d’un appareil reflex numérique d’occasion avec bon zoom pour 200 à 400 euros, que notre ami Claude pourrait apporter avec lui en nous rejoignant à Dakar bientôt.)&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Le vent est vif quand nous quittons la baie de Mindelo en début d'après-midi après une grande tournée d'au-revoirs à des bateaux-amis que nous ne reverrons pas de sitôt, puisque tous partent vers le Brésil ou les Antilles, et sous les coups de corne de brume lancés par quelques uns, comme il est coutume. Il y a là des gens, des familles dont on se dit qu'on aimerait bien les revoir un jour où l'autre, qu'on a encore des choses à se dire. On longe rapidement l'île vers le sud afin de viser la petite voisine, Santa Luzia, où nous voulons mouiller pour la nuit. Ile inhabitée, non balisée, qu'on doit atteindre de jour. Il est vite évident qu'on n'y arrivera pas. On peut alors tenter Sao Nicolau, juste après. Mais là, le vent nous interdit de remonter vers l'île, et il faudrait tirer des bords jusque tard dans la nuit. On décide alors de poursuivre directement jusqu'à Boa Vista, tout à l'est de l'archipel. Ca nous avancera bien pour continuer vers Dakar. En faisant un près bien serré, on devrait y être demain soir.&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Las! C'est ne pas connaître le bateau dans ces conditions nouvelles d'avoir à remonter le vent. Jusqu'à présent, nous n'avons jamais eu à naviguer qu'au portant avec Vanguard, et le bateau a bien fait la preuve de sa capacité à avancer sous cette allure, même très toilé. Mais nous ne connaissons pas ses aptitudes à remonter au vent, tout en nous doutant de ses limites. Il nous faudra en fait 48 heures pour atteindre Boa Vista, sous grand-voile à un ris et génois plus ou moins enroulé selon les changements du vent. Le test est probant: Vanguard n'est pas un bateau de près. Néanmoins, on doit pouvoir jouer sur les réglages avec les autres voiles, non utilisées cette fois: trinquette et artimon. Ce sera pour la prochaine fois. En attendant, nous renouons avec une expérience oubliée depuis nos navigations en Manche: les paquets de mer. Au portant, le bateau accompagne la houle et surfe sur la vague. Au près, au contraire, le bateau, se confronte à la houle, la fend et la force. A la différence des cadeaux de ma maman autrefois toujours offerts avec délicatesse et amour, cette mer-là nous envoie ses paquets sans prévenir en travers de la figure, nous transformant progressivement et malgré nos cirés bien fermés en serpillières gorgées d'eau et cramponnées comme elles peuvent. La traversée de deux jours s'avère, de l'avis général, plus fatiguante que toutes les précédentes. &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;L'approche de l'île est étrange: il n'y a aucune brume, et pourtant il faut attendre d'être à quelques milles seulement pour en discerner les montagnes. Tout le relief est enrobé dans cette fameuse poussière qui vient du désert saharien et qui est apportée par les alizés quand ils sont assez forts, comme c'est le cas. Les extrémités de l'île disparaissent sous cette poussière qu'on ne sent pas sur le visage, mais qu'on verra peu à peu se fixer sur le bateau, salissant tout à bord. Malgré tous nos efforts, c'est seulement à la tombée de la nuit que nous abordons la baie de Porto de Sal Rei, entre l'Ilheu de Sal Rei et la ville. Pas de balisage là non plus, celui que les guides indiquent ne fonctionnant pas. Dans la pénombre, nous voyons au mouillage le grand trois-mâts hollandais qui a fait halte plusieurs fois à Mindelo. Un catamaran est là aussi, sans son feu de mouillage et donc peu visible. Nous évoluons l'oeil rivé sur le sondeur entre la côte et l'ilôt pour trouver un bon endroit près du bord. Finalement dans le noir nous jetons l'ancre dans quatre mètres d'eau, et le bateau s'immobilise au premier essai. &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Le lendemain, nous nous découvrons très proches de l'ilôt de Sal Rei, et de deux barres rocheuses non vues la veille. La houle contourne en partie l'ilôt par les deux côtés, et revient, atténuée, sur les bateaux au mouillage. Le bateau roule donc d'un bord sur l'autre. Mais je ne vois pas de meilleur endroit. Le "hollandais volant", comme l'appellent les garçons, qui se souviennent de "Pirates des Caraïbes", est déjà parti, le catamaran le suit de peu, et nous nous retrouvons seuls. Je m'attendais à voir plus de monde sur ces mouillages du Cap-Vert où les revues nautiques donnent l'impression qu'il passe tant de voyageurs à la voile.&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;En rangeant le bateau, je découvre que le coffre arrière tribord s'est effondré. Le bois pourri d'humidité n'a pas résisté au poids des bidons de gas-oil de réserve qui sont tombés au fond de la coque. Du coup, le coffre communique avec les fonds du bateau, et nous comprenons pourquoi il y avait tant d'eau dans la cale à l'arrivée : outre ce qui rentre par des hublots non étanches, les paquets de mer qui lessivent le pont les uns après les autres ruissellent en partie dans les coffres dont l'évacuation n'a jamais été efficace et l'eau passe dans la cale. Il reste à faire tourner les pompes automatiques.&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;L'après-midi, nous partons explorer la petite île du "Sel Roi". Plongée dans une eau légèrement trouble où nous voyons nos premiers coraux, balade vers le fortin où gisent huit canons rongés de rouille qui protégeaient la passe du temps où les pirates faisaient ici des incursions, au début du 19 ème siècle, et vers le phare désaffecté: maisonnette murée au toit envolé, structure métallique délabrée qui supporte l'optique du phare. Il reste encore un gardien bénévole dont plus personne ne se soucie et qui m'accueille avec acrimonie: un épervier, qui s'envole à mon approche et se fixe en planant, immobile, dix mètres au-dessus de ma tête, en me criant de partir. Sur la petite plage, un bébé murène échappe aux tentatives de capture de François-Clair. Nous allons enfin retrouver Jean-Elie qui a insisté pour rester seul à bord pendant ces heures. Il en a profité pour écrire quelques poèmes, un besoin qui le prend parfois, et qui me fait souvenir que cette île est le berceau de ce genre typiquement capverdien de poésie qu'on nomme "mornas". &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Le lendemain, il faut aller en ville chercher quelques fruits et légumes, téléphoner en France et prendre la météo pour envisager la suite vers Dakar. Débarquer à terre en annexe par ce vent et avec la houle qui revient croisée sur l'arrière de l'île est suffisamment acrobatique pour que nous soyons bien trempés au moment de partir en ville. La houle déferle sur la plage et remplit l'annexe avant que nous ayons pu la remonter plus haut sur le sable. Impossible de viser entre deux vagues, il en arrive une troisième d'ailleurs qui nous prend de vitesse. Embarquer sera encore plus difficile. &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Cette île que les guides décrivent comme un morceau de Sahara au milieu de l'Atlantique fait vivre des troupeaux de chèvres dont le lait produit un des meilleurs fromage frais que j'aie goûté. Pour le reste il faut acheter cher des fruits et des légumes qu'on fait venir de loin. La ville de Sal Rei ressemble à ces villes champignons poussées au Far-West sous l'effet de l'annonce d'une manne. Façades néocoloniales fraichement peintes, beaucoup de constructions inachevées, routes et rues plus ou moins finies, souvent à l'état de pistes de sable, et une indolence, une langueur, perceptible partout, qui situe l'endroit comme hors du temps commun. En fait, toute cette architecture date de l'époque bénie où l'île vivait aisément de la production du sel, avant de décliner face à la concurrence. Actuellement, les affaires reprennent, avec les nombreux touristes qui errent, attirés par les plages et le vent sur cette île qui devient peu à peu un spot international de planche à voile et autre kite-surf. L'ami Stéphane, rencontré peu avant à Mindelo et qui poursuit vers les Antilles avec sa famille, avait acheté ici une planche à voile d'occasion pour la suite du voyage. On avait un peu l'idée de faire la même chose, François-Clair ayant très envie de s'y mettre. Pour 300 euros on a un équipement complet. Mais réflexion faite, on renonce et on décide qu'on louera au fur et à mesure des escales. Et on commence tout de suite. François-Clair fait ainsi ses premiers bords de planche sur un des spots les plus tendance du moment: classieux, non? Plus loin, sur la dune de dix mètres de haut qui borde la plage en pente raide, je découvre sous le vent de chaque arbuste le sable le plus fin jamais vu, un sable de sablier, quasi liquide. Les enfants inventent cent façons de dégringoler la dune qui coule sous leurs corps déchaînés. Le sable permet ça: se laisser choir comme à l'infini, renouer avec d'archaïques sensations.&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;De retour au bateau, il s'agit de préparer le départ du lendemain matin tôt. La cyberboutique nous a permis de prendre la météo, qui annonce 25 à 30 noeuds de vent pendant plusieurs jours. C'est beaucoup mais le Sénégal nous appelle, nous attire avec force, et le temps y sera limité. Il faut donc avancer. Et puis nous savons que ce bateau a besoin de vent pour bien marcher. Alors force 6-7, ça doit aller. En outre, on va tenter cette fois un plan de voilure différent: grand-voile à deux ris (le minimum), artimon bordé plat, trinquette (neuve, elle peut aussi être bordée plat et doit donner de la vitesse) et génois déroulé au tiers ou plus. Avec tout ça, on devrait faire un près plus correct que la dernière fois. On commencera par un long bord bâbord amures en laissant l'île de Sal - la plus nord-est de l'archipel - sur notre tribord, avant de virer sur l'autre bord qui devrait nous amener jusqu'à Dakar, d'autant plus logiquement que le vent passe au nord au fur et à mesure que la côte approche. &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Le lendemain, au lever du jour, nous appareillons avec entrain. Quittant cette île au rythme lent, qu'on pressent avoir voulu nous donner beaucoup plus que le court temps y accordé n'a permis d'en recevoir, s'installe déjà au fond du coeur une nostalgie toute neuve. &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Mais passé le nord de l'île, nous voilà en plein vent et en pleine houle. Le bateau avance bien, comme prévu, avec ses quatre voiles, mais le cap reste médiocre. Je calculerai plus tard 145° bord sur bord! La dérive due au vent y est pour quelque chose ( j'en vois un qui rigole, du côté de Pontchâteau). Egalement le courant portant au sud-ouest indiqué par les instructions nautiques et renforcé par les alizés musclés que nous avons là. Peut-être encore quelques défauts de réglage à moi imputables. Mais tout de même: 145°!... Vanguard embarque pas mal d'eau, qu'il faut pomper de temps à autre, et les infiltrations diverses humidifient équipets et équipements, ajoutant à l'inconfort. La houle est toujours ce qu'il y a de plus fatiguant sur le bateau. Celle-ci, de trois à quatre mètres comme annoncé, nous met peu à peu le corps en vrac, à commencer par moi, qui pensait révolus les problèmes de mal de mer. Mais qu'est-ce que je fous là? A ce train là, ce ne sont pas trois jours et demi qu'il nous faut pour traverser, mais cinq ou six. D'autant que la météo annoncée prévoit un forcissement du vent et de la houle. On décide donc de relâcher à Palmeira sur l'île de Sal, jusqu'à ce que la mer se calme. Mais Palmeira est encore trop haut et nous nous rabattons sur la Baia de Mordeira, au sud-ouest de Sal, que nous atteignons à la nuit, sans clair de lune ni balisage pour nous guider, nous fiant au sondeur et au croquis contenu dans le GPS. Le mouillage, à l'abri du vent et des vagues est désert, et sans houle comme à Boavista, ce qui est bien reposant.&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;On se réveille dans cette grande baie bordée au nord de plusieurs plages que nous n'explorerons pas. Dommage. Le vent qui dépasse régulièrement les trente noeuds à l'anémomètre lève un clapot tel que mettre l'annexe à l'eau reviendrait à plonger directement. Nous continuons à prendre la météo sur RFI, via la radio BLU: le vent y est sous-estimé par rapport à ce que nous mesurons - et encore, on est à l'abri d'une côte -, et la mer est annoncée forte à très forte, soit quatre à six mètres de creux. Ce temps, que nous avons déjà eu au portant, je suis heureux de l'éviter au près. Mais Dakar? En attendant, le temps s'écoule à bord entre lecture, travail scolaire, (tout) petits travaux, cuisine, sieste et ponche du soir pendant que le vent siffle dans les haubans, rageur dans les rafales, et que le bateau tire sur sa chaine emporté sur un bord, puis sur l'autre, dans un bruit inquiétant de râclement sur les câbles qui tiennent le beaupré: moustaches et sous-barbe. Le second jour, un trois-mâts passe au loin, toutes voiles dehors. Il semble faire cap vers la côte africaine...Le « hollandais volant » ? Des allemands nous apprendront plus tard qu’il s’agissait du « Alexander von Humboldt », une gloire germanique passée de l'exploration lointaine.&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Le troisième jour, on quitte ce mouillage pour Palmeira, le port de l'île, afin d'y trouver des prévisions météo sur internet plus lointaines qui nous permettent d'envisager la suite, et de poster quelques articles sur le blog. Le port de Sal se résume à une jetée brise-lame, où accostent l'un après l'autre quelques petits cargos de marchandises, un ensemble de corps-morts où se fixent les barques des pêcheurs, et une baie bien abritée où mouillent une trentaine de voiliers. Au moment de jeter l'ancre, un bateau allemand nous apprend que juste devant nous gît une épave sous un mètre d'eau, signalée seulement par trois petites bouées dépareillées. Nous cherchons plus loin et mouillons finalement près de la plage. On saura que l'épave est le grand voilier (22 mètres) d'un couple d'allemands qui se sont installés ici après le naufrage, ouvrant un centre d'accueil pour les voyageurs à la voile de passage. Le petite baie regorge d'histoires de cette sorte. Ce voilier-ci, un Océanis de 40 pieds, appartenait récemment à un espagnol qui, alors qu'il revenait de terre en annexe dans la nuit noire après une soirée trop arrosée, ne retrouva jamais son bateau pourtant distant de cinquante mètres. Lui non plus ne fut jamais retrouvé, mais seulement son annexe échouée sur la côte. Depuis, le bateau attend, s'empoussière et le vent a presque déchiré son pavillon. Sur la côte gisent encore les restes d'un autre voilier qui s'y est fracassé il y deux semaines. Ce bateau, à peine acquis et assuré, était manoeuvré par un local qui évoluait dans la région depuis dix ans et la connaissait parfaitement. Il faisait entre Dakar et le Cap-Vert un business d'annexes d'occasions, qu'on suppose qu'il volait aux voiliers de passage imprudents. Le naufrage serait une escroquerie à l'assurance... Cet autre enfin a été arraisonné après avoir servi au trafic de drogue pendant quelques années. Bon, il y a aussi quelques honnêtes et sympathiques voyageurs sans histoires. Encore que...&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;La météo annonce le maintien du vent et de la houle jusqu'à samedi. Ensuite le vent tombe, et peu après, la houle se calme. On dispose donc d'une petite semaine avant de pouvoir repartir.&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Verrons-nous Dakar?&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Le nord de Sal est aride et peu attrayant au premier regard. Plaine de cailloux, collines de cailloux, rares oasis. Le village est un chantier. Sur la jetée, le hangar des pêcheurs jouxte un petit bistrot de dix mètres carrés avec sa terrasse couverte d'un vieux tissu déchiré tenu par des ficelles de nylon. Une femme vient y vendre de goûteux beignets au poisson qui accompagnent parfaitement la bière locale. Quelques jeunes pêcheurs sont là, certains titubent déjà, imbibés de grogue, comme celui-là qui pourtant, au son de la musique qui parvient d'une autre terrasse, se met à faire quelques pas de danse parfaitement réussis et maîtrisés, habité par la musique. Plus haut, à côté de la chapelle Sao José, simplissime bâtisse blanche ou certains soirs quelques bonnes femmes viennent réciter, assises face à face, des ave maria en créole, une jeune du village fait griller des morceaux de poulet sur un barbecue cabossé. Une aile, soixante-dix escudos, une cuisse ou un morceau de poitrail, cent cinquante. C'est dimanche à Palmeira, dans une ambiance de fin de kermesse.&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Notre vie dans ce village se réorganise autour des besoins de base: aller chercher le pain, qu'on ne vend ici que l'après-midi, et qu'une vieille dame, interrompant l'écossage des haricots, nous sert, gênée de se trouver incapable de nous compter le total d'un pain de mie, une brioche et trois petits pains, comme si elle ne vendait jamais qu'une seule chose à la fois; acheter quelques tomates ou carottes venues de Santiago, ou un jus de fruit, dans le petit "supermarché" du village, qui a de tout un peu, un peu seulement, mais de tout, en tout cas tout ce qu'il faut. Il est clair qu'on apprend à se passer de pas mal de choses ici. Nous tentons avec bonheur un restaurant. La carte est variée, mais comme les autres, il ne dispose que d'un quart des produits annoncés, de sorte qu'il ne nous reste qu'à nous rabattre sur un plat de poissons grillés, ceux que le pêcheur attitré de l'auberge a ramené ce jour-là: "turbina", "cabal", "modregal" et "gaillaté". Un régal, accompagné d'une petite sauce aux piments, ail, laurier et...whisky!&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Les enfants font connaissance avec les deux adolescents allemands d'une famille qui a voulu tenter une transat après être partie de Ténérife, aux Canaries, et a décidé de mettre fin à une aventure qui leur cause trop de déplaisir. En attendant, ce sont de nouveaux copains de jeux...vidéos. Une socialité qui vaut finalement bien celle du foot ou du badminton. Ensemble, nous partons pour le sud de l'île, où se trouve l'immense et très belle plage de Santa Maria: des kilomètres de sable blanc, de superbes rouleaux de vagues où se faire peur, et à proprotion, de vastes chantiers de construction d'hôtels et de résidences pour investisseurs étrangers désireux de faire des affaires sur ce site à fort potentiel touristique. Des affiches révèlent ce que sera la ville dans quelques années, avec sa marina et son golf. Deux autres projets similaires sont anoncés ailleurs sur la petite île. On a l'impression d'une banlieue champignon qui sort de la caillasse et du sable. Partout dans la ville déjà existante et bien développée, des agences immobilières proposent aux nombreux touristes européens d'investi dans un appartement qui sera ensuite loué à d'autres touristes. Je me demande s'il faut se réjouir ou s'affliger de cette économie qui envahit l'île en apportant beaucoup de travail et les devises des pays riches, mais qui lui promet aussi un avenir uniforme de station balnéaire standard, à la couleur des serveurs près. Dagmar, l'amie allemande, qui travaille dans le secteur du tourisme, prédit l'échec de ce programme: trop ambitieux, trop cher, trop loin. Nous rentrons en aluguer sur un tout beau ruban asphalté. L'île se donne des moyens. L'aluguer devrait être inventé en France: ce minibus de douze à quatorze places s'arrête là où l'on veut, s'attrape là où l'on est quand on le hèle, il est d'une souplesse remarquable et écologique comme le covoiturage. Voilà un système qu'il est astucieux!&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Il est déjà samedi, le 24 janvier. La météo confirme sa clémence, il nous reste à laver le bateau de toute cette poussière rouge et à faire le plein d'eau, celle de Dakar étant notoirement insalubre. Personne ici n'a l'eau courante. Chacun va avec ses bidons au "Fontenario", le local qui distribue à tout le village l'eau provenant de l'usine de dessalinisation de l'eau de mer. On s'y presse autour de trois robinets sur lesquels veille une employée municipale qui encaisse un prix dérisoire. Curieusement, aucun des jeunes hommes musclés qu'on voit partout discuter dans la rue ou faire leurs exercices de culture physique le soir sur les portiques de la plage, aucun d'eux n'est là pour porter les bidons de vingt litres, mais les femmes, les enfants et les jeunes filles, qui hissent le bidon sur cette calotte qui leur surplombe le crâne. Femmes du monde, que Titouan Lamazou a tellement bien fait de célébrer dans son exposition récente du Musée de...l'Homme!&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Demain, nous (re)partons pour Dakar...&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3301097922628147045-3164759650054413383?l=sidaventurealavoile.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://sidaventurealavoile.blogspot.com/feeds/3164759650054413383/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=3301097922628147045&amp;postID=3164759650054413383' title='5 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3301097922628147045/posts/default/3164759650054413383'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3301097922628147045/posts/default/3164759650054413383'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://sidaventurealavoile.blogspot.com/2009/01/indpassable-cap-vert-boa-vista-sal-et.html' title='Indépassable Cap-Vert : Boa Vista, Sal, et encore Sal ! (10/01 – 24/01)  (par Romuald)'/><author><name>fanny</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>5</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3301097922628147045.post-3600311386413186791</id><published>2009-01-22T13:14:00.028+01:00</published><updated>2009-01-22T20:38:34.526+01:00</updated><title type='text'>Monts et merveilles: Santo Antao (31/12 – 02/01)   (par Romuald)</title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SXhkb3XqVhI/AAAAAAAABEg/ouhPk6xwvxs/s1600-h/P1015459.JPG"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5294091791856457234" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SXhkb3XqVhI/AAAAAAAABEg/ouhPk6xwvxs/s400/P1015459.JPG" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Levés pour une fois à six heures, et le ferry de huit heures nous emmène en une heure de Mindelo à Porto Novo, de l'autre côté du détroit, sur l'île de Santo Antao. Sur cette île, le mouillage est déconseillé aux voiliers car tenant mal et obligeant à une surveillance constante, incompatible avec la visite des environs. Parmi les passagers, un homme nous propose son aluguer. Aluguer = à louer, dans le créole d'ici. On nomme ainsi les minibus et pick-up de transport collectif dans les îles du Cap-Vert. Avec lui, nous traversons l'île et gagnons les fertiles vallées du nord, réputées les plus belles, qui fournissent l'île voisine en produits de la terre. Une heure et demie de routes pavées en lacets qui serpentent au flanc des montagnes et sur des crêtes d'où le regard plonge à pic sur la droite et sur la gauche de la route, à la limite du malaise. C'est la route de la Corde. Il y a de l'Ardèche ici, du Pérou aussi ou de la Bolivie, du moins tels que je les imagine. Mais non, c'est le Cap-Vert, grandiose dès l'abord. &lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt; &lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5294092658788509522" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SXhlOU8Xp1I/AAAAAAAABEo/ZuztQqWw8h8/s400/P1025630.JPG" border="0" /&gt; &lt;p align="center"&gt; P&lt;em&gt;onta do sol&lt;/em&gt; &lt;/p&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Nous voilà à l'hôtel réservé pour deux nuits à Ponta do Sol, ancienne capitale tout au nord de l'île. Hati, la jeune et plantureuse hôtelière nous briefe rapidement et nous propose un programme de balades sur trois jours qui nous va très bien. Repas rapide dans un snack à côté du port. Ce port est étonnant. Minuscule, assailli par la houle qui brise violemment, alors qu'il y a peu de vent, en un mot: impraticable. Je peine à croire le guide qui le mentionne comme le port autrefois le plus important de l'île, d'où partaient les cargaisons de fruits et légumes et arrivaient les produits de la lointaine Europe, débarqués des navires au mouillage par de petites embarcations qui devaient traverser les remous continuels de l'entrée du port, justement nommée la Boca da Pistola. &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5294093553049621410" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SXhmCYU1U6I/AAAAAAAABEw/91SLGWrKZZo/s400/P1025489.JPG" border="0" /&gt; &lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5294094395863963154" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SXhmzcDblhI/AAAAAAAABE4/1h0hAoRWHTg/s400/P1015331.JPG" border="0" /&gt;&lt;br /&gt;On commence par la vallée de Xoxo (prononcez chocho), où un aluguer nous laisse au bout de la route praticable, vallée que nous voulons redescendre à pied. Pas plus tôt descendus d'auto, nous humons l'air alentour, observons quelques maisons accrochées de manière improbable sur les flancs abrupts qui encaissent la vallée, quand vient à nous un homme qui embraye en français. Il a passé vingt ans en région parisienne, passe maintenant quelques mois chez sa vieille mère, où il nous invite bientôt à monter. On ne se fait pas prier, et nous voilà dans la famille de Domingo (Dominique, nous précise-t-il), qui nous montre la photo de son père décédé, qui, comme beaucoup de capverdiens de l'île, fut marin sur le "Carmencita", cargo norvégien - norvégien, Carmencita? -, dont la photo aussi est au mur. Photos de ses filles également, issues de deux mariages faits et défaits en France - photos devant l'église ou la mairie -, où je perçois quelque chose de la précarité d'une vie d'émigré. De là on passe au jus d'orange pour rebondir sur la spécialité de l'île, et de cette partie même de l'île: "Vous voulez un grogue?" C'est au Cap-Vert le nom du rhum, et celui de Santo Antao est le plus réputé, issu de la canne à sucre locale, qui fleurit partout sur les terrasses aménagées dans les flancs de la montagne. Quatre heures de l'après-midi, c'est un peu tôt, mais la proposition ne se refuse pas. C'est un alcool blanc fortement titré mais long en bouche qu'il nous sert, accompagné de délicieux beignets à la banane, apportés par sa mère. Pendant ce temps, les jeunes frères de Domingo continuent d'installer la sono pour la fête du soir. C'est la saint sylvestre. Nous voilà invités, mais on décline cette fois, et nous commençons notre promenade. On quitte cette famille sur quelques photos, heureux de cet accueil que pour tout dire, on attendait du Cap-Vert. &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5294095357177424226" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SXhnrZOa6WI/AAAAAAAABFA/L13EjM889ls/s400/P1015355.JPG" border="0" /&gt; &lt;p align="center"&gt;&lt;em&gt;La terre vue du ciel : l’art d’irriguer&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;La vallée a l'acoustique des théatres grecs antiques, ou des cirques romains, et résonne du chant de quelques coqs déphasés, et des préparatifs de la fête à venir: essais de sono sur des musiques disco percussives à l'excès. Le réveillon ne se fera pas ici à la musique cap-verdienne. Quelques jeunes gens rentrent les chèvres, trois vaches ruminent sous un petit toit de chaume qui fait ausstôt penser en ces temps de noël à une crèche vivante, un enfant remonte la vallée avec un sac de courses, ou bien une vieille aux vêtements colorés, qui porte un sac sur la tête. On apporte des seaux d'épluchures et d'une soupe boueuse aux cochons parqués dans des soues circulaires de pierre noire disséminées sur le bord du chemin. &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5294096656427489234" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SXho3BTxl9I/AAAAAAAABFI/I-QJDUGhOss/s400/P1015364.JPG" border="0" /&gt; &lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5294097839088627986" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SXhp73EKcRI/AAAAAAAABFQ/cwtmIXQ6RUc/s400/P1015429.JPG" border="0" /&gt;&lt;br /&gt;Je retrouve le bourg à la nuit, délaissé par le reste de la famille qui a trouvé mon pas trop lent, et rentre en aluguer pour le réveillon organisé par l'hôtel, que nous abrégeons par fatigue autant que par désintérêt pour cette prestation faite sur mesure pour la clientèle européenne de la pension. C'est endormis que nous trouve l'an neuf. &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5294098999357966850" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SXhq_ZZ7igI/AAAAAAAABFY/Ybb6RxFQ_H4/s400/P1015381.JPG" border="0" /&gt;&lt;br /&gt;Le lendemain matin, réveillé dès l'aube par les coqs qui psalmodient leurs cocoricos et se répondent d'une basse-cour à l'autre comme les moines à mâtines, je me lève et vadrouille dans le bourg avant le petit déjeuner, exceptionnellement retardé. J'arrive sur la grand'place, où hommes, femmes et enfants endimanchés se dirigent vers l'église blanche. Il me reste un quart d'heure, j'entre avec eux dans la nef. Une vieille femme maigre et fripée me fait une place en souriant sur le banc du fond, d'où j'examine la décoration naïve du choeur. Il y a ici quelque chose de très rafraichissant. Un jeune homme remonte l'allée centrale et salue un ancien en prosternant un front que l'autre bénit de la main. On fait encore ainsi à Santo Antao. &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5294100139307037266" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SXhsBwC98lI/AAAAAAAABFg/YModWYKXIoE/s400/P1025517.JPG" border="0" /&gt;&lt;br /&gt;Je suis peu à peu frappé par la quantité de personnes qui arrivent en fauteuil roulant, pour la plupart affectées de troubles moteurs centraux, pour ce que j'en comprends: jeunes femmes coquettement coiffées à la manière d'ici, cheveux finement tressés au ras du crâne en succession d'ourlets noirs et de sillons de peau nue, autres plus âgés, et j'imagine un centre spécialisé quelque part dans le bourg. Le contraste entre ces corps contraints par le handicap et ceux, capverdiens, qui dansaient hier soir au rythme des trois musiciens sollicités par la pension, si totalement naturels dans la danse comme si la danse était l'état naturel d'un corps plongé dans la musique, ce contraste de corps rendus impuissants au pays des corps libres de la danse collée-serrée dansée l'autre soir au restaurant où nous étions, ces corps abîmés là réunis dans une communauté qui prend soin d'eux, m'inspire une variante de la fameuse béatitude: heureux les pauvres de corps, et non pas de coeur, ou d'esprit comme on dit d'habitude, ici ils ont une place d'honneur. Hati m'apprendra plus tard qu'une fièvre a frappé la région, qui a laissé ces terribles séquelles.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5294101097417337842" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SXhs5hSQ6_I/AAAAAAAABFo/vk5GKcvq-_8/s400/P1025472.JPG" border="0" /&gt;&lt;br /&gt;Nous partons ensuite pour une longue balade sur le chemin de mer. Le chemin de mer, ça sent la promenade tranquille, le chemin de douanier de notre Bretagne. "Quatre-cinq heures en faisant des pauses et en profitant de la plage", nous a dit Hati. Soit. On démarre plein d'entrain, en remontant le village de Ponta do Sol. Une vaste porcherie nous arrête quelques minutes, Jean-Elie tombant en arrêt devant son "signe astrologique chinois". En fait, dans cette partie de l'île, toute la côte est une falaise tombant plus ou moins abruptement dans la mer, et le "chemin de mer" est une route pavée, bordée d'un muret, qui serpente sur son bord.&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5294102202989213634" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SXht533I98I/AAAAAAAABFw/gqbDx9-NVoM/s400/P1025585.JPG" border="0" /&gt;&lt;br /&gt;Les vues sont surprenantes à chaque détour de la route. Trois chèvres nous hèlent d'une caverne en hauteur, je cherche des yeux le berger, et tombe sur une paire de tongs laissée sur la pierre en contrebas. Je me souviens de Moïse à Madiâne: "Quitte tes sandales ..." Le lieu a des accents bibliques. Chaque repli du rocher est mis à profit pour établir une terrasse et y cultiver quelque chose. Cette volonté tenace qu'a l'homme de faire rendre à la terre la plus ingrate un fruit qui le nourrisse m'impressionne chaque fois. &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5294103254530068226" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SXhu3FKBDwI/AAAAAAAABF4/dzO3CwSjiM8/s400/P1025562.JPG" border="0" /&gt; &lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5294104358194487506" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SXhv3UoHoNI/AAAAAAAABGA/UjAu0YosFfQ/s400/P1025600.JPG" border="0" /&gt;&lt;br /&gt;Le village de Fontainhas apparaît par surprise. Cramponné aux flancs de la montagne comme un petit miracle d'équilibre et de bucolisme, il nous accueille au son des adolescents qui se baignent et se shampouinent dans le ruisseau. En le traversant, nous tombons un peu par hasard sur la "mercearia", petite épicerie comme on en trouve dans tout le Cap-Vert. Le vieux Teofilteago nous y sert une superbock, la bière blonde qu'on trouve partout ici, en parlant de sa famille: sa fille à Marseille, etc. C'est étonnant comme les capverdiens sont cosmopolites. Toutes les familles ont des parents aux Etats-Unis, en France, en Hollande, en Norvège ou ailleurs. &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt; &lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5294105614520973698" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SXhxAczseYI/AAAAAAAABGI/N3iGHR9jYdQ/s400/P1025605.JPG" border="0" /&gt;&lt;br /&gt;Un capverdien très soigné, qui tranche sur les villageois que nous avons croisé, boit sa bière et nous explique: né ici, il vit en Italie - où il a manifestement réussi -, passe ses vacances au village. Celui-ci vit davantage de l'argent envoyé par les émigés comme lui que des productions locales qui tapissent les coteaux. Ainsi le plus reculé des villages est en lien, par ses enfants émigrés et fidèles à revenir, avec les plus développées des mégapoles du nord. Etonnant pays, mondialisé à sa manière... &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5294106748053948290" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SXhyCbjBB4I/AAAAAAAABGQ/W84mZR0-fA4/s400/P1025637.JPG" border="0" /&gt;&lt;br /&gt;La promenade se poursuit, prenant un air de randonnée, sur le sentier, toujours pavé, qui a succédé à la route. Après Fontainhas, on ne circule plus qu'à pied ou à dos de mulet. Le pentes sont de plus en plus abruptes, chemins de chèvres que des enfants grimpent ou descendent avec l'agilité des cabris qu'ils ont emmenés paître au piquet et qu'on croise de loin en loin. Deux d'entre eux nous suivent de loin et nous rattrappent quand on s'arrête pour pique-niquer. Nous partageons avec eux nos abondants sandwiches, qu'ils acceptent avant de filer en avant de nous. Ils restent ainsi à deux ou trois virages d'avance jusqu'au village suivant: Forminginhas. Ils nous montrent là leur maison. On saura qu'ici ces enfants se lèvent à quatre heures le matin pour rejoindre à pied le village précédent d'où un aluguer les emmènera à l'école de Ponta do Sol. Respect pour un peuple qui estime autant l'école... &lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5294107601016482354" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SXhy0FFIajI/AAAAAAAABGY/njUSYxMfj4c/s400/P1025647.JPG" border="0" /&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5294108389568325138" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SXhzh-qiphI/AAAAAAAABGg/-9J8U9MxhcA/s400/P1025658.JPG" border="0" /&gt; &lt;p align="center"&gt;&lt;em&gt;Universel football&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;On continue vaillamment, avec les pieds et les cuisses qui chauffent. La verdure et les animaux disparaissent peu à peu et laissent la place à de pures roches, où chaque virage est une surprise géologique. La falaise est maintenant verticale et le sentier est un simple rebord taillé au-dessus des flots d'écume engendré par la houle qui se fracasse. Ce monde strictement minéral a quelque chose d'inhumain. Magma rouge et noir à peine solidifié, creusé d'alvéoles comme des gueules béantes au-dessus de nos têtes, tranches crayeuses comme les arches d'Etretat, lames de pierre noire comme un métal, découpées en parallélépipèdes parfaits, surfaces noires encore, mais comme peintes d'un goudron luisant, grandes surfaces d'ocre rouge, qui nous rappellent les falaises d'El Golfo, à Lanzarote. Ailleurs, la falaise paraît avoir été imparfaitement brûlée au chalumeau. Le créateur des mondes s'est fait ici Raoul Ubac, là Rebeyrolles ou bien Manrique.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt; &lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5294109285825617202" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SXh0WJe7nTI/AAAAAAAABGo/fww1AQy4VAA/s400/P1025581.JPG" border="0" /&gt;&lt;br /&gt;Un vent vif s'est levé et nous fouette le visage, ajoutant à l'hostile beauté du lieu. Deux choucas planent en silence dans ce décor lunaire. Dans les replis de la roche, très en-dessous de nous, la mer bouillonne sa colère. Nous avons déjà rencontré ces lieux qu'on nomme "Boca del inferno", "Boca del diablo": à Cascais au Portugal, à Los Hervideros de Lanzarote, ils sont fléchés pour le promeneur et de maigres foules s'y pressent. Mais ici, cette fois, nous y sommes, aux bouches de l'enfer. Le rugissement des flots, l'absence de toute vie, la démesure des éléments, de cette rencontre furieuse entre la mer et cette montagne surgie de ses entrailles aux temps chaotiques, tout cela évoque un enfer, que confirment nos corps: les pieds en feu, nous tenons notre punition en même temps que notre récompense. Dante a dû venir ici en songe. L'appareil photo a prudemment vidé sa batterie sur les splendeurs précédentes, inspiré sans doute par le mot de Freud: "Le soleil ni la mort ne se peuvent regarder en face". Nous avançons péniblement sur le sentier parfois éboulé dans la mer quand un engorgement plus profond que les autres nous fait plonger vers un petit cirque minéral au centre duquel, inattendue, stagne une eau sombre parfaitement immobile dans un trou de pierre insondable et parfaitement rond, qu'alimente le suintement de la roche. C'est l'oeil impavide et hypnotique du dieu de ces profondeurs, qui nous voit passer sidérés par le spectacle. &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Il faut encore plusieurs montées et descentes sur ce mur nu de la falaise avant de retrouver, au détour du chemin, un monde de vivants: vallée verdoyante où chantent quelques oiseaux comme au printemps, où brille le soleil à nouveau sur les grillons et les sauterelles qui s'envolent à notre passage. C'est la Provence, cette fois. Un âne est amarré là à l'entrée de ce nouveau chemin, à portée de caresse, comme l'aimable forain qui rassure la clientèle à la sortie du tunnel de l'horreur. Petite symphonie pastorale, où je remarque le bruit très particulier du reflux de la vague sur les galets noirs qui roulent sous la poussée. Sur quelques mètres seulement, est répandu un sable noir d'une très grande finesse. Je crois reconnaître ce sable que j'ai vu tamiser hier dans la vallée de Xoxo sur un crible artisanal, et j'en ramasse précautionneusement quelques poignées pour la petite collection que nous avons entreprise. Pour se souvenir, plus tard... &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Nous finissons, n'y croyant plus, par arriver à Cruzhina da Garça, assemblage de cubes de parpaings aléatoirement distribués autour de quelques vagues rues et qui forment le bourg où nous attend depuis un moment devant le bistrot le chauffeur qui doit nous ramener à Ponta do Sol. Vitorinho nous accorde le temps de boire une bière en regardant une série d'affiches éditées par une administration de Praia, la capitale des îles, sur l'érosion, ses effets et son contrôle par la mise en culture. Pédagogie sans doute nécessaire dans ces terres qui reçoivent peu de pluies. Mais le nord de Santo Antao est bien l'exception qui confirme la règle. &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt; &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;Le retour se fait donc en taxi, par une route et des sommets magnifiques, qui me laissent le loisir de faire causer Vitorinho: sur l'accès du pays à l'indépendance ( des membres de sa famille ont connu la torture portugaise, dont il me détaille les méthodes, ayant été gardes du corps d'Amilcar Cabral en Guinée, le héros de cette indépendance), sur les mérites des fourgons Toyota pour le transport des personnes en aluguer, qui font 200 ou 300 000 kilomètres dans ces montagnes et qui ont détrôné dans tout le Cap-Vert depuis quelques années les anciens Peugeot 504 dont il me montre les carcasses encore stockées au bord des maisons, sur les deux partis qui se partagent le pouvoir, le MPD et le PAICV dont on voit partout les lettres peintes sur des pierres, jusqu'au fond des vallées. Et encore le Luxembourg qui finance ici l'hôpital et l'école, l'alcoolisme - "celui-là, me dit-il, c'est un spécialiste du grogue" -, qui est ici pacifique, pas comme à Mindelo où sévit aussi la drogue, et les papayers, manguiers, cacaoiers, "fruta pon" et "feijon branco" qu'il nous désigne au bord de la route où nous embarquons Eder, un jeune étudiant en soins infirmiers qui prendrait volontiers un travail en Europe si ça se présentait. &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5294110283023386418" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SXh1QMVaBzI/AAAAAAAABGw/9PT7ELdwZzA/s400/P1035690.JPG" border="0" /&gt; &lt;div align="center"&gt;&lt;em&gt;On sait ici le prix de l'eau&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Le soir, nous faisons connaissance avec Jandiro, jeune guide qui nous emmènera demain dans la réputée plus belle vallée de l'île, celle de Paul. Rendez-vous demain à huit heures.&lt;br /&gt;Jandiro a la parole rare et le visage d'une gravité qui m'intrigue. Après être passé devant la maison du "Racionalismo Christao", qui est je crois une récente secte qui s'implante dans les pays peu développés, et au fil de la marche dans des chemins à nouveau escarpés qui réveillent chez chacun les douleurs de la veille, il se livre davantage, peut-être en réponse à notre intérêt pour son île et pour lui-même qui est né ici. Nous découvrons un jeune homme sensible et très concerné par les enjeux de l'écologie et du tourisme, qui est ici la principale voie de développement possible. &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt; &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5294111270460057298" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SXh2Jq0p5tI/AAAAAAAABG4/LwD9b2kLdR0/s400/P1035735.JPG" border="0" /&gt;&lt;br /&gt;A 26 ans, il partage sa vie moitié à Freiburg, en Allemagne où il étudie la langue et le tourisme, et moitié ici où il effectue des stages et passe ses vacances à gagner de quoi vivre en Allemagne en guidant les gens de passage. Il voudrait ensuite avec sa compagne et leur petit garçon monter un lieu d'accueil à Santo Antao. Il nous dit son regret que les responsables politiques ne soient pas plus conscients des enjeux de cette activité, sa crainte paradoxale que la montée du tourisme n'altère son île comme elle a altéré sa voisine et notamment Mindelo, sa soif de voyager au maximum en Europe dont il connait déjà neuf pays, pour y comprendre les mentalités de ses futurs clients. &lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt; &lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5294112322806161458" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SXh3G7HhIDI/AAAAAAAABHA/MwBKFQrI3Mw/s400/P1035721.JPG" border="0" /&gt; &lt;em&gt;Jandiro en son jardin&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Il nous désigne aussi la variété des arbres et des plantes qui bordent le chemin et couvrent les terrasses: la lantana aux fleurs oranges dont les cataplasmes combattent les rhumatismes, le caféier, l'hibiscus à fleurs blanches, le maracuja et le néflier. &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt; &lt;/div&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5294114911068834978" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SXh5dlJbTKI/AAAAAAAABHI/nZBNQkwwfQ4/s400/P1035766.JPG" border="0" /&gt; &lt;p align="center"&gt;&lt;em&gt;Dangereuses fleurs rouges&lt;/em&gt;...&lt;/p&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;La datura encore, plante hallucinogène aux fleurs rouges qui pousse partout ici et me rappelle le temps où, adolescents, mon copain Brice tentait de la cultiver en pots dans son jardin d’Oléron pour s’envoyer en l’air, ce qui ne marcha jamais. Tant mieux : « Ici, ceux qui la boive en décoction partent très loin, se promènent nus en criant des folies, et certains ne reviennent jamais », dit Jandiro. &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;p&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5294115814000659538" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SXh6SI1JjFI/AAAAAAAABHQ/1QCW5af-iz8/s400/P1035749.JPG" border="0" /&gt; &lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5294116870041970674" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SXh7Pm5BJ_I/AAAAAAAABHY/FFdPbKfvJys/s400/P1035790.JPG" border="0" /&gt;&lt;br /&gt;On termine comme il se doit par une visite à la rhumerie traditionnelle, la dernière à ce qu'il paraît à presser la canne en faisant tourner les boeufs autour d'un pressoir que la famille se transmet depuis plus de quatre cents ans. Dégustation d'un délicieux ponche aux fruits de la passion, achats et retour dans l'aluguer de Vitorinho vers le ferry, dans les affres d'une tourista qui affecte les deux cinquièmes (je ne dirai pas lesquels) de la famille depuis quelques heures. "C'est rigolo mais c'est pas drôle", comme chantent les enfants qui ont réhabilité cette chansonnette fofolle héritée de leur maman, et qui concernait initialement les deux p'tites bosses de Carabosse. &lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5294117688840099570" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SXh7_RJtFvI/AAAAAAAABHg/VvwAy97LRIQ/s400/P1035739.JPG" border="0" /&gt;&lt;br /&gt;Nous quittons Santo Antao comblés. &lt;/p&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5294200904079045730" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SXjHrCEu9GI/AAAAAAAABHo/GS6n1CwtUXM/s400/P1035795.JPG" border="0" /&gt; &lt;p align="center"&gt;&lt;em&gt;"Photo ? Photo ? " me demande la fillette...&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt; &lt;/p&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3301097922628147045-3600311386413186791?l=sidaventurealavoile.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://sidaventurealavoile.blogspot.com/feeds/3600311386413186791/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=3301097922628147045&amp;postID=3600311386413186791' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3301097922628147045/posts/default/3600311386413186791'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3301097922628147045/posts/default/3600311386413186791'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://sidaventurealavoile.blogspot.com/2009/01/monts-et-merveilles-santo-antao-3112.html' title='Monts et merveilles: Santo Antao (31/12 – 02/01)   (par Romuald)'/><author><name>fanny</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SXhkb3XqVhI/AAAAAAAABEg/ouhPk6xwvxs/s72-c/P1015459.JPG' height='72' width='72'/><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3301097922628147045.post-3766863575721942496</id><published>2009-01-20T17:55:00.014+01:00</published><updated>2009-01-20T18:50:06.267+01:00</updated><title type='text'>Mindelo, la baie-village, 21/12 au 10/01   (par Romuald)</title><content type='html'>&lt;div align="center"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SXYC4weHG5I/AAAAAAAABCU/AcqJRGylyOs/s1600-h/PC245189.JPG"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5293421586127723410" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SXYC4weHG5I/AAAAAAAABCU/AcqJRGylyOs/s400/PC245189.JPG" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;La baie de Mindelo est grande. Une trentaine de bateaux y mouillent dans la partie nord, entre quelques cargos à l'ancre et une marina toute neuve qui ne figure pas encore sur les guides nautiques, montée par un allemand qui a le sens des affaires. De cette marina, les trois-quarts des pontons sont vides - les prix prohibitifs, peut-être? - mais je ne doute pas que ce soit une question de temps. L'appel du ponton finit toujours par être plus fort pour nombre de voileux habitués au confort de l'électricité, de l'eau courante et de la facilité de contact avec les autres équipages quand il n'y a que le ponton à traverser. &lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5293422216629959330" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SXYDddRjuqI/AAAAAAAABCc/z1sO008eZSQ/s400/PC245209.JPG" border="0" /&gt; &lt;p align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Les formalités de douane et de police reportées sagement à l'après-midi, ce ne sont pas les problèmes du bateau qui m'occupent d'abord, mais la vadrouille dans la ville. J'ai besoin à chaque arrivée de sentir le lieu sous mes pas, de humer la ville, le port, de laisser flotter mon attention sur les gens, les couleurs, les mouvements. Le mieux, c'est encore au zinc d'un bistrot, devant une bière. C'est donc au Club Nautique que nous partons en famille, avec les trousses de toilette. On a appris qu'on peut y prendre une douche, et chacun n'attend que ça après la longue traversée. Pendant le tour des garçons, je bois cette bière avec Carlos, un homme qui nous a abordé dès la sortie de la marina, où on a laissé l'annexe pour le prix exorbitant de 3 euros la journée, et qui nous propose moults services: chercher le gas-oil, laver le linge, faire les courses, me conduire au bureau de l'immigration, etc. Ils sont ainsi quelques uns à "tenir" le quartier de la marina et à se partager les services aux plaisanciers. Le premier qui entre en contact se considère comme seul habilité à dealer ses services, et gare à celui qui tente une approche. Il faudra à Carlos quelques jours pour comprendre que nous porterons nous-mêmes nos courses, et que nous n'avons pas besoin d'un serviteur. &lt;/p&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5293422939055825378" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SXYEHghToeI/AAAAAAAABCk/X4_9qqEcmIg/s400/PC245202.JPG" border="0" /&gt; &lt;p align="center"&gt;&lt;em&gt;Ces panneaux pédagogiques sont nombreux sur les murs.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;em&gt;&lt;/em&gt;&lt;p align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Au bistrot, je fais connaissance avec Patrick, français qui vient d'arriver là pour monter un restaurant après en avoir tenu un pendant dix ans au Sénégal. Il m'indique un petit restau de cuisine capverdienne simple, où nous allons déjeuner après les douches. Les enfants en reviennent comme souvent au hamburger. Au moins, on sait à peu près ce qu'on va trouver dans l'assiette. Ce n'est pas comme la "cachupa", ou le "garoupa", qui impliquent une prise de risque gustative. Mais le hamburger est un concept remarquable: chaque pays, chaque cuisinier l'accomode à sa façon. De sorte que c'est toujours quelque chose de différent qu'on trouve danc son assiette, malgré toute la puissance d'anéantissement de la gastro-diversité déployée par macdo, d'ailleurs invisible ici. Je me souviens d'un hamburger inoubliable dégusté avec Théana dans une brasserie parisienne un jour de Salon du cheval du côté de la Porte de Versailles. Ici, sur cette île du Cap-Vert, le pain, la viande, l'oeuf au-dessus, et la touche de la cuisinière font des hamburgers une spécialité locale. Bon, j'admets, le raisonnement a ses limites, et je préfère le steak de thon. Le thon est ici comme fruité, et grillé, il développe des arômes inouïs. Le coin des îles, entre Sao Vicente et Santa Luzia, est réputé pour les gros poissons. On y bat des records mondiaux de pêche au gros: thon, espadon, marlin, etc. Patrick déjeune là, et aussi un autre restaurateur, qui ouvre le soir le "Tradissom et Morabeza" sur la "rua da Praia", à deux pas. Morabeza? C'est comme ça, nous explique-t-il, que les capverdiens désignent l"attitude d'accueil, d'ouverture à l'autre qui caractérise le premier temps d'une rencontre. On se promet d'aller voir, d'autant qu'il accueille en fin de semaine des musiciens comme le Cap-Vert sait en faire. &lt;/p&gt;&lt;p align="justify"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5293423751176603874" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SXYE2x5_SOI/AAAAAAAABCs/ZRsZr8AATyM/s400/PC255217.JPG" border="0" /&gt;&lt;br /&gt;Le soir au bateau, l'électricité vient à manquer. Pas de problème, un coup de moteur pour charger un peu les batteries...mais le moteur ne répond plus! Une tuile de plus. Je m'attelle le lendemain aux multiples ennuis qui sont apparus. Je passerai plusieurs jours à tout réparer, conseillé par quelques uns et surtout efficacement aidé par l'équipage d'Ulysse. Pour Virginie en particulier qui m'a réclamé des détails techniques et des compte-rendus mécaniques, voici un bilan de l'escale. &lt;/p&gt;&lt;p align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Le WC du bord, on se rappelle, s'est bloqué quasiment dès le départ de Las Palmas. Au mouillage, on continue le manège des seaux. Je me rappelle Gandhi, racontant avoir institué dans sa première expérience communautaire un tour pour le nettoyage des latrines, auquel participaient ses enfants, et considérant cette activité comme de la plus haute spiritualité: la prise en charge de ses propres (!) déchets corporels. Ce qui vaut autant sur un plan métaphorique. C'est donc avec une ardeur toute mystique que je plonge à nouveau le nez dans la tuyauterie complexe où le bateau s'est constipé. Le WC redémonté ne fait apparaître aucun bouchon. Aïe! C'est alors probablement au niveau de la vanne passe-coque qu'est le problème. Avec Ulysse, nous démontons un à un les gros tuyaux de caoutchouc. Ils sont tous couverts d'une couche de calcaire d'un centimètre d'épaisseur, déposé là par des années d'usage et qui rétrécissent considérablement le diamètre du passage. On nettoie ça en frappant les tuyaux pour faire casser le calcaire qui part en lamelles. Ce sont quelques heures de boulot. Le bouchon est bien dans la vanne, inaccessible par l'intérieur. Il faut plonger pour accéder par l'extérieur. Cette fois, c'est Guy, de Primadonna, qui me donne un coup de main: il se tient dans son annexe, prêt à sauter sur le premier des requins dont on signale la présence dans ces eaux qui voudrait m'interrompre dans mes réparations. Accessoirement, il insuffle avec une pompe à pied de l'air dans le tuyau qui me relie à la surface afin que je puisse rester immergé le temps nécessaire, mais nous laissons vite tomber ce bricolage qui me conduit à une mort par étouffement plus certaine que tous les requins du Cap-Vert. Le bouchon enlevé, il apparaît que la vanne est détériorée et laisse entrer pas mal de litres d'eau en position fermée. Impossible ici de sortir le bateau pour installer une vanne neuve comme il le faudrait. Je remonte la tuyauterie en col de cygne, qui maintiendra l'eau hors du bateau. &lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p align="justify"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5293424431312701218" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SXYFeXnEhyI/AAAAAAAABC0/nen2o8QrNps/s400/PC285268.JPG" border="0" /&gt;&lt;br /&gt;Au moteur, ensuite! Gilles et Joan ont tôt fait de comprendre ce qui s'est passé en mer avant notre arrivée. Sous la pression de l'eau chaude contenue dans le ballon et chauffée par l'eau de refroidissement du moteur, un tuyau de sortie s'est libéré et l'eau chaude a aspergé le moteur. Telle était la redoutée voie d'eau. L'alernateur a dû être en court-circuit intermittent, chargeant aléatoirement et finalement plus du tout les batteries. La courroie de distribution a patiné et s'est usée au point d'être réduite de moitié, couvrant une partie du moteur d'une poussière de caoutchouc brûlé. La batterie moteur, en sous-charge (3,5 volts!), n'est plus récupérable. On remplace par une batterie neuve, on change la courroie, on nettoie tout, on met un collier de plus sur le tuyau coupable, et tout refonctionne parfaitement. Pas de voie d'eau, l'alternateur n'est pas grillé, ni le moteur noyé: le verre est à moitié plein. Très grand merci à Gilles et Joan! &lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p align="justify"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5293425322982858418" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_z_fwgimiaPw/SXYGSRVzXrI/AAAAAAAABC8/V7-_sE711K0/s400/PC245191.JPG" border="0" /&gt;&lt;br /&gt;Un après-midi, je m'aperçois que l'annexe a disparu! Petit moment de panique: le vent a bien forci depuis que je l'ai (mal) amarrée à un chandelier du bateau, elle s'est détachée et a dû filer au fond lointain de la baie où quelqu'un l'aura récupérée et mise à l'abri. Le vol d'annexe est réputé courant à Mindelo et nous comptions la revendre à l'arrivée. Je hèle quelqu'un qui est en train d'embarquer sur son dinghie. Il s'approche et...ouf! Il a vu passer l'annexe qu'il a attrappé au vol, et je la vois maintenant attachée à son gros bateau noir. Je récupère notre petit patrimoine flottant et plus tard lui apporte une de nos bonnes bouteilles pour les remercier, lui et son capitaine. Ces deux-là vivent à bord de Maagen, battant pavillon des îles Cook. Le Maagen n'est pas un voilier mais un gros bateau à moteur à la coque noire, qui me fait penser à Corto Maltese. Mouillé derrière nous, il m'a déjà intrigué, ni cargo, ni paquebot, ni bateau de pêche. Son capitaine espagnol, Carlos, m'explique: il a racheté pour faire du charter dans l'archipel cet ancien bateau militaire danois autrefois équipé d'un canon mitrailleur à l'avant et chargé de contrôler les bateaux de pêche opérant au Groënland. Il l'a entièrement reconditionné pour accueillir des passagers et me fait visiter pont, passerelle et salle des machines, impressionnante. Hélas, voilà six mois qu'il végète dans l'archipel sans succès. Aucun client ne se présente et il ne cache pas sa difficulté à vivre ici sans aucune ressource. Dès qu'il pourra, il repartira en Espagne où l'attend du travail l'été prochain. &lt;/p&gt;&lt
